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Le manuscrit de l’Enfer

Le manuscrit de l’Enfer

Lettre de l’au-delà

Le manuscrit suivant, que nous publions en version française, a été trouvé parmi les papiers d’une jeune fille morte au couvent, après seulement quelques années de vie religieuse.

J’avais une amie, ou plutôt, nous étions en contact pour raison de travail à *** Nous étions ensemble, l’une à côté de l’autre, dans une maison de commerce. Puis, Annette se maria et je ne la vis plus. Dans le fond, il régnait entre nous deux, depuis le début, plutôt de la courtoisie que de l’amitié. Je n’en ressentis, à cause de cela, que bien peu la privation, quand elle alla, après son mariage, habiter un quartier de la ville de *** très éloigné de ma demeure. Pendant l’automne de 1937, je passai mes vacances au bord du lac de Garde; ma mère m’écrivit vers la fin de la seconde semaine de septembre: « Pense donc! Annette est morte dans un accident d’automobile. Elle a été enterrée hier au Waldfriedhof» (cimetière du bois). Une telle nouvelle m’épouvanta. Je savais qu’elle n’avait jamais été très religieuse. Était-elle prête quand Dieu l’appela ainsi à l’improviste? Le matin suivant, j’entendis la Sainte Messe pour elle dans la chapelle des sœurs où j’avais pris pension, je priai avec ferveur pour la paix de son âme et offris aussi ma communion à cette intention. Mais pendant la journée, j’éprouvai un certain malaise qui augmenta, vers le soir, encore plus. Je m’endormis inquiète. Finalement, je fus réveillée comme par un coup violent. J’allumai la lumière. La pendule marquait minuit dix. Je ne vis personne. Aucun bruit ne s’entendait dans la maison. Seules les eaux du lac de Garde se brisaient d’une façon monotone sur la rive du jardin de la pension. On n’entendait pas même une brise de vent. Pourtant, au moment de mon réveil subit, en plus du coup, j’avais cru percevoir un bruit comme celui du vent, semblable à celui qui se produisait quand mon chef de bureau, agacé, me passait une lettre de mauvaise manière. Je me tournai de l’autre côté, récitai quelques Pater pour les âmes du Purgatoire et me rendormis. J’eus un songe.[1]

Je rêvais que je m’étais levée le matin vers 6 heures pour aller à la chapelle de la maison, quand, en ouvrant la porte de ma chambre j’aperçus une liasse de papier à lettre.

La ramasser, reconnaître l’écriture d’Annette et jeter un cri ne fut qu’une même chose. Les feuilles en main, j’étais tremblante. Je compris qu’avec un tel état d’esprit, je ne pourrais pas même dire un Pater, d’autant que je fus également assaillie comme par une sensation asphyxiante. Je ne trouvai pas de meilleure solution que de sortir dehors à l’air. J’ordonnai un peu mes cheveux, je cachai la lettre dans mon sac et laissai la maison. Une fois dehors, je grimpai par le sentier qui, de là, à partir de la route (la fameuse « Gardesana ») s’élève vers la montagne parmi les oliviers, les jardins des villas et les buissons de lauriers.

Le matin se levait lumineux. Les autres fois, tous les cent pas, je m’extasiais sur la vue magnifique qui, de là, s’ouvrait sur le lac et l’île de Garde, belle comme une fable. La merveilleuse couleur bleue de l’eau transparente me délassait toujours. Et je regardais étonnée la blanche montagne Baldo, qui, de l’autre côté, s’élevait lentement de 64 mètres au-dessus du niveau de la mer jusqu’à plus de 2200 mètres.

Maintenant, au contraire, je n’avais aucun regard pour tout cela. Après un quart d’heure de route, je me laissai tomber mécaniquement sur un banc qui s’appuie sur deux cyprès où encore deux jours auparavant, j’avais lu avec tant de plaisir la Junger Therese de Federer[2]. Alors, pour la première fois, je ressentis que les cyprès étaient les arbres des morts; ce qu’auparavant, dans les pays du sud où ils se voient souvent, je n’avais jamais soupçonné.

Je pris la lettre. La signature manquait, mais c’était très certainement l’écriture d’Annette. Il ne manquait pas même l’ample boucle ornementale des S et des T dont elle avait pris l’habitude au bureau pour contrarier M. Gr. Le style n’était pas le sien, ou tout du moins, elle ne parlait pas comme à son habitude, parce qu’elle savait converser d’une façon extraordinairement aimable et rire de ses yeux célestes. C’était seulement quand nous discutions de questions religieuses qu’elle pouvait devenir venimeuse et prendre le ton dur de cette lettre. (Voici qu’en la jugeant ainsi, je subis moi-même l’amertume de son style impitoyable.)

Cet écrit du monde de l’Au-delà, je le rapporte ici, littéralement comme je l’ai lu alors. Il se présentait ainsi:

« Claire, ne prie plus pour moi! Je suis damnée. Si je te le communique et t’en réfère plutôt longuement, ne crois pas que cela soit à titre d’amitié. Nous, ici, nous n’aimons plus personne. Je le fais comme contrainte à bien faire car je suis du côté de cette puissance qui toujours veut le Mal et fait le Bien. » (Parole de Méphistophèles dans Faust de Goethe.)

En vérité, je te voudrais voir aussi aboutir à cet état où moi, désormais, j’ai jeté l’ancre pour toujours[3]. Ne t’étonne pas de cette intention, ici, nous pensons tous ainsi; notre volonté est fixée dans le mal – tout du moins, en ce que vous, vous appelez mal. Aussi, quand nous faisons quelque chose de « bien », comme moi maintenant, en t’ouvrant tout grands les yeux sur l’enfer, cela ne procède pas d’une bonne intention[4]. Te souviens-tu, qu’il y a quatre ans, nous nous sommes connues à ***? Tu avais alors 23 ans et tu te trouvais déjà là depuis six mois quand j’arrivais.

Tu me tirais de quelque embarras; en tant que débutante, tu me donnais de bonnes adresses. Mais que veut dire « bon »? Je louais alors « ton amour du prochain ». Ridicule!

Ton secours dérivait d’une pure courtoisie comme du reste, déjà, je le soupçonnais. Ici, nous ne reconnaissons rien de bon, en personne.

Tu connais le temps de ma jeunesse. Je comblerai quelques lacunes. Selon le plan de mes parents, à dire vrai, je n’aurais jamais dû exister. Ce fut pour eux, proprement une « disgrâce ». Quand j’arrivai au monde, mes deux sœurs avaient 14 et 15 ans.

Puissè-je n’être jamais née! Puissè-je maintenant être anéantie et fuir ces tourments! Aucune volonté n’égalerait celle avec laquelle je laisserais mon existence comme un vêtement de cendre, se répandant dans le néant.[5]

Mais je dois exister. Je dois exister ainsi, comme je me suis faite, avec une existence manquée.

Quand papa et maman, encore jeunes quittèrent la campagne pour la ville, tous deux avaient perdu le contact avec l’Église, et ils sympathisèrent avec des gens éloignés de la foi; ce fut mieux ainsi.

Ils s’étaient connus dans un lieu dansant et six mois après, ils « durent » se marier. De la cérémonie nuptiale, il ne leur resta que juste assez d’eau bénite pour que maman allât à la messe du dimanche, environ deux fois par an. Elle ne m’a jamais enseigné à prier vraiment, tout se terminait avec les soucis de la vie quotidienne, bien que notre condition fût aisée.

Des mots comme: prier, messe, eau bénite, église, je les écris avec une répugnance intérieure sans pareille. J’abhorre tout cela, comme j’abhorre ceux qui fréquentent l’Église, et en général tous les hommes et toutes les choses. De tout, en effet, nous vient le tourment. Chaque connaissance, chaque souvenir de choses vues et sues est pour nous la cause d’une flamme cruelle[6]. Dans chacun d’eux en particulier, nous voyons le côté qui était grâce, grâce que nous avons méprisée. Quel tourment est cela!

Nous ne mangeons pas, nous ne dormons pas, nous ne marchons pas avec des pieds. Spirituellement enchaînés, nous regardons hébétés, avec hurlement et grincement de dents, notre vie manquée, haïssants et tourmentés!

M’entends-tu? Nous buvons la haine comme l’eau, la haine, même entre nous.[7]

Surtout, nous haïssons Dieu. Je veux te l’expliquer. Les bienheureux, au ciel, ne peuvent pas ne pas l’aimer, parce qu’ils le voient sans voile, dans sa beauté éblouissante. Cela les rend tellement heureux, qu’il est impossible de le décrire. Nous le savons et cette connaissance nous rend furieux[8].

Les hommes sur la terre, qui connaissent Dieu par la création et par la révélation, peuvent l’aimer, mais ils n’y sont pas contraints.

Le croyant, je le dis en grinçant des dents, qui, en méditant, contemple le Christ en croix avec les bras étendus, finira par l’aimer.

Mais celui, vers lequel Dieu s’avance seul comme un ouragan, comme punisseur, comme juste vengeur, parce qu’un jour il a été répudié par Lui, ainsi qu’il est advenu de nous, celui-là ne peut que le haïr, avec toute l’impétuosité de sa volonté mauvaise, éternellement[9]. Le haïr avec la vigueur d’une libre résolution d’être séparé de Lui, résolution avec laquelle en mourant, nous avons exhalé notre âme, et que, pas même maintenant nous ne retirerions et que jamais nous n’aurons la volonté de retirer.

Comprends-tu maintenant, pourquoi l’enfer dure éternellement? C’est parce que notre obstination ne cessera jamais.

Contrainte, j’ajoute que Dieu est miséricordieux même pour nous. Je dis « contrainte » parce que, tout en écrivant cette lettre de propos délibéré, il ne m’est, cependant, pas permis de mentir, comme je le voudrais volontiers. Je mets beaucoup de choses sur le papier contre ma volonté. Ainsi, l’emportement d’injures que je voudrais vomir, je dois l’étrangler.

Dieu est miséricordieux envers nous en ne nous laissant pas continuer à répandre sur la terre notre volonté mauvaise comme nous aurions été prêts à le faire. Cela aurait augmenté nos fautes et par suite nos souffrances. Il nous fait mourir prématurément comme il l’a fait pour moi ou bien il fait intervenir d’autres circonstances atténuantes.

Il se montre encore miséricordieux envers nous en ne nous contraignant pas à nous approcher de Lui plus que nous le sommes en ce lieu retiré de l’enfer, cela diminue le tourment[10].

Chaque pas qui m’approcherait davantage de Dieu m’occasionnerait une peine plus grande que celle qui t’arriverait pour un pas plus près d’un brasier ardent.

Tu avais été épouvantée, quand une fois, pendant une promenade, je te racontais que mon père, peu de jours avant ma première communion, m’avait dit: « Cherche à obtenir un beau vêtement, ma petite Annette, le reste n’est que comédie ».

A cause de ton épouvante, j’en ai eu presque honte. Maintenant, je m’en moque.

L’unique raison de cela était que l’on admettait à la Communion qu’à dix ans seulement. A ce moment, j’étais, en ce qui me concerne, passablement prise par la manie des amusements du monde, de sorte que, sans scrupule, je me moquais des choses religieuses et je ne donnais pas grande importance à la première Communion.

Que beaucoup d’enfants aillent maintenant recevoir l’Hostie dès l’âge de sept ans, nous met en fureur. Et nous faisons tout pour donner à entendre aux gens que les enfants de cet âge n’ont pas la raison suffisante. Ceux-ci doivent d’abord commettre quelque péché mortel. Alors la blanche particule ne fait plus en eux grand dommage comme lorsque leur cœur vit encore de la foi, de l’espérance et de la charité – pouah! quelle pensée – reçues au baptême. Te souviens-tu que déjà sur terre je soutenais cette opinion?

Je viens de parler de mon père. Souvent, il était en dispute avec ma mère. Je t’y faisais allusion, mais très rarement, parce que j’en avais honte. Chose ridicule d’avoir honte du mal! Pour nous, ici tout est pareil.

Mes parents ne dormaient même plus dans la même chambre; j’étais avec ma mère et mon père restait dans la chambre voisine où il pouvait rentrer librement à n’importe quelle heure. Il buvait beaucoup et de telle façon qu’il dissipait tout notre avoir. Mes sœurs travaillaient toutes les deux, mais tout l’argent qu’elles gagnaient leur était nécessaire, disaient-elles. Aussi ma mère commença-t-elle à travailler de son côté pour gagner quelque chose.

Dans sa dernière année de vie mon père battait souvent ma mère quand celle-ci ne voulait rien lui donner. A mon égard, au contraire, il était toujours affable. Un jour, je te l’ai raconté, et tu t’es choquée de mon caprice (au reste, de quoi ne t’es-tu pas choquée à mon sujet?), un jour, donc, il dut rapporter au moins deux fois les souliers qu’il m’avait achetés parce que la forme et les talons n’étaient pas assez modernes.

La nuit pendant laquelle mon père fut frappé d’une apoplexie mortelle, il m’advint quelque chose que, par crainte d’une mauvaise interprétation de, ta part, je n’ai jamais osé te confier. Mais maintenant tu dois le savoir. C’est important parce qu’alors, pour la première fois, je fus assaillie de mon esprit tourmenteur actuel. Je dormais dans la chambre avec ma mère. Ses respirations régulières indiquaient son profond sommeil, quand voici que je m’entendis appeler par mon nom. Une voix inconnue me disait: « Qu’arrivera-t-il si ton père meurt? »

Je n’aimais plus mon père depuis qu’il traitait si vilainement ma mère, comme du reste, je n’aimais, dès lors, absolument plus personne; j’étais seulement affectionnée à certaines qui étaient bonnes pour moi. L’amour, sans espoir de retour terrestre, existe seulement dans les âmes en état de grâce. Et moi je ne l’étais pas.

Je répondis à la mystérieuse demande sans savoir d’où elle venait: « Mais il ne meurt pas! »

Après une brève pause, la même demande se fit clairement percevoir. La même réponse: « Mais il ne meurt pas! » m’échappa encore brusquement de la bouche. Pour la troisième fois, il me fut demandé: « Qu’arrivera-t-il si ton père meurt? » Il me vint à l’esprit comment mon père venait souvent à la maison en état d’ivresse, tempêtait et maltraitait ma mère et comment il nous avait mises dans une condition humiliante vis-à-vis de notre entourage. Indisposée, je criais: « je m’en moque! » Alors tout se tut. Dans la matinée, quand ma mère voulut mettre en ordre la chambre de mon père, elle trouva la porte fermée à clef. Vers midi, on la força. Le cadavre de mon père, à demi vêtu, gisait sur le lit. En allant prendre la bière à la cave, il avait dû lui arriver quelque accident. Depuis longtemps il était en mauvais état de santé. (Dieu avait-il donc lié la conversion de cet homme, bon d’une certaine façon pour sa fille, à la volonté de celle-ci?)

Parenthèse du manuscrit.

Marthe et toi, vous m’aviez persuadée d’entrer dans l’association des jeunes. Je n’ai jamais caché que je trouvais bien accordé à la mode paroissiale les instructions des deux directrices. Les jeux étaient amusants. Comme tu sais, j’y eus tout de suite un rôle de direction. Cela suivait mon inclination naturelle. Les promenades aussi me plaisaient. Je me laissais faire jusqu’à aller quelquefois à la confession et à la Communion.

À dire vrai, je n’avais rien à confesser. Pensées et discours, pour moi, n’avaient pas d’importance, et pour les actions plus grossières, je n’étais pas encore assez corrompue.

Une fois, tu m’avertis: « Anne, si tu ne pries plus assez tu vas à la perdition. » Je priais vraiment peu et seulement d’une façon nonchalante. Maintenant je sais que tu avais vraiment raison. Tous ceux qui brûlent en enfer n’ont pas prié, ou prié insuffisamment.

La prière est le premier pas vers Dieu. Et il demeure le pas décisif. Spécialement la prière à Celle qui fut la Mère du Christ et dont nous ne prononçons jamais le nom. Sa dévotion arrache au démon d’innombrables âmes que le péché devrait infailliblement jeter entre ses mains.

Je poursuis en me consumant de colère et seulement parce que je le dois. Prier est la chose la plus facile que l’homme puisse faire sur la terre. Et c’est justement à cette chose très facile que Dieu a lié le salut de chacun.

À qui prie avec persévérance, peu à peu, Il donne tant de lumières et le fortifie de manière telle, qu’à la fin, même le pécheur le plus endurci peut définitivement se relever, fût-il enfoncé dans la boue jusqu’au cou. Dans les dernières années de ma vie, je n’ai plus prié comme je le devais et ainsi, je me suis privée de la grâce, sans laquelle personne ne peut se sauver. Ici, nous ne recevons plus aucune grâce, au reste, même si nous en recevions, nous les refuserions cyniquement.

Toutes les fluctuations de l’existence terrestre ont cessé en cette vie. Pour vous, sur la terre, vous pouvez monter d’un état de péché à l’état de grâce; de la grâce tomber dans le péché, souvent par faiblesse, quelquefois par malice. Avec la mort, ces changements sont finis, parce qu’ils ont pour cause l’instabilité de l’homme terrestre. Désormais, nous avons rejoint l’état final. Déjà, avec la croissance des ans, les changements deviennent plus rares. Il est vrai que jusqu’à la mort on peut toujours se retourner vers Dieu ou s’en détacher. Cependant, entraîné par l’habitude, l’homme avant de mourir, avec ses derniers faibles restes de volonté, se comporte comme il en avait l’habitude pendant sa vie. L’habitude devenue une seconde nature, il se laisse entraîner par elle. C’est ainsi qu’il advint pour moi. Depuis des années, je vivais loin de Dieu. A cause de cela, au moment du dernier appel de la grâce, je me tournai contre Dieu. Ce n’est pas le fait que je péchai souvent qui fut pour moi fatal, mais plutôt que je ne voulais plus me relever.

Plusieurs fois, tu m’as averti d’écouter les prédications, de lire des livres de piété. « Je n’ai pas le temps », était ma réponse ordinaire, rien d’autre n’augmentait davantage mon incertitude intérieure.

Du reste, je dois constater que lorsque je quittai l’association des jeunes, l’orientation était déjà tellement avancée qu’il m’aurait été extrêmement pénible de me mettre sur une autre voie. Je me sentais dans l’insécurité et non heureuse, mais devant la conversion surgissait une muraille. Tu ne soupçonnais pas cela, tu considérais le retour à Dieu comme une chose très simple; un jour, en effet, tu me disais: « Mais fais donc une bonne confession, Annette, et tout ira bien après. » Je sentais qu’il en serait ainsi, mais le monde, le démon, la chair me tenaient déjà fortement dans leurs griffes. Je n’aurais jamais cru à l’influence du démon. Et maintenant, j‘atteste qu’il influe considérablement sur les personnes qui se trouvent dans les conditions où je me trouvais alors. Seulement beaucoup de prières, faites par les autres et moi-même, jointes à des sacrifices et souffrances, auraient pu m’en arracher. Et même cela, peu à peu seulement. Si l’on voit peu de possédés extérieurement, il y en a de très nombreux qui le sont intérieurement. Le démon ne peut ravir la libre volonté à ceux qui se donnent à son influence, mais en punition de leur apostasie, pour ainsi dire, méthodique de Dieu; Dieu permet que le « Malin » se mette en eux. Je hais même le démon et pourtant il me plaît, parce qu’il cherche à vous ruiner, vous autres, lui et ses satellites, les esprits tombés avec lui au commencement du temps. Ils sont innombrables, et rôdent sur la terre, ils dansent comme un essaim de mouches et vous ne vous en apercevez même pas[11]. Ce n’est pas à nous, réprouvés, de vous tenter; cela est réservé aux esprits tombés[12]. À la vérité, cela accroît encore davantage leur tourment chaque fois qu’ils entraînent ici une âme. Mais que ne fait pas la haine![13] Je marchais dans des sentiers éloignés de Dieu et pourtant Dieu me poursuivait. J’aplanissais la voie à la grâce en raison d’actes de charité naturelle que j’accomplissais assez souvent par simple inclination. Quelquefois, Dieu m’attirait vers une église; alors je sentais comme une nostalgie. Quand je soignais ma mère malade, malgré mon travail de bureau durant la journée, d’une certaine façon je me sacrifiais vraiment, alors les attraits de Dieu agissaient puissamment. Une fois, dans l’église de l’hôpital dans laquelle tu m’avais conduite pendant l’arrêt de travail de midi, il m’arriva une chose qu’alors il n’aurait fallu qu’un pas pour que j’en vienne à me convertir: j’ai pleuré. Mais la joie du monde passait de nouveau comme un torrent par-dessus la grâce, le bon grain suffoquait vraiment parmi les épines. Sous le prétexte que la religion était affaire de sentiment, comme on disait souvent au bureau, je rejetais encore cette notion de grâce comme toutes les autres. Une fois, tu m’as attrapée parce que, à la place d’une génuflexion jusqu’à terre, je fis à peine une informe courbette en pliant le genou. Tu pensais que c’était un acte de paresse et ne semblais pas même suspecter qu’alors je ne croyais déjà plus à la présence du Christ dans le Saint-Sacrement. Maintenant, j’y crois, mais seulement d’une façon naturelle, comme on croit à un orage dont on entend les effets. En attendant, je m’étais accommodée d’une religion à ma façon. Je soutenais l’opinion, qui parmi nous au bureau était commune, que l’âme après la mort allait dans un autre être, de façon qu’elle continuait ainsi à pérégriner sans fin. Avec cela, l’angoissante question de l’Au-delà, était résolue et rendue inoffensive. Pourquoi ne me rappelais-tu pas la parabole du riche opulent et du pauvre Lazare, dans laquelle le Christ envoie immédiatement après la mort, l’un en enfer, l’autre au paradis? … Il est vrai que tu n’aurais rien obtenu, rien de plus qu’avec tes autres discours de bigote.

Peu à peu, je me créais à moi-même un dieu suffisamment étoffé pour être appelé Dieu; assez éloigné de moi pour ne devoir maintenir aucune relation avec lui, assez vague pour le laisser, selon le besoin, ressembler à un dieu panthéiste ou bien pour se laisser poétiser comme un dieu solitaire. Ce dieu n’avait aucun paradis pour me récompenser ni aucun enfer à m’infliger. Je le laissais en paix. En cela consistait mon adoration pour lui.

On croit volontiers à ce qui plait, aussi au cours des ans je me tins suffisamment convaincue de ma religion pour n’en avoir pas de souci. Une chose seulement aurait pu briser mon obstination: une longue et profonde douleur. Et cette douleur n’est pas venue! Comprends-tu maintenant ce que veut dire: « Dieu châtie ceux qu’il aime »?

Un dimanche de juillet, l’association des jeunes organisa une excursion à ***. Elle m’aurait bien plu, mais ses fades discours, ce comportement de bigotes, m’en ont détournée. D’ailleurs, une autre image bien différente de celle de la Madone demeurait depuis quelque temps sur l’autel de mon cœur: l’attrayant Max du magasin voisin; déjà nous avions plaisanté ensemble plusieurs fois.

Or, précisément pour ce dimanche, il m’avait invitée à une promenade. Celle avec laquelle il allait d’habitude était malade à l’hôpital. Il avait bien compris que j’avais mis les yeux sur lui. Je ne pensais pas encore à l’épouser toutefois. Il était certainement riche mais il se comportait trop gentiment avec toutes les filles. Et moi, jusqu’à ce moment, je voulais un homme qui m’appartînt uniquement. Non seulement être sa femme, mais sa femme unique. J’ai toujours eu, en effet, un certain goût naturel pour la bienséance. (Il est vrai, Annette, malgré toute son indifférence religieuse avait quelque chose de noble dans son comportement. Je m’épouvante à la pensée que même des personnes bien éduquées peuvent aller en enfer, quand, par ailleurs, elles le sont, en fait, si mal qu’elles fuient Dieu.) Au cours de la promenade susdite, Max se prodigua en gentillesses. Et l’on ne s’en tint nullement à des conversations de prêtres comme vous. Le jour suivant, au bureau, tu me faisais des reproches parce que je n’étais pas venue avec vous. Je te racontai mon divertissement de ce dimanche. Ta première demande fut: « As-tu été à la messe? » Sottise! Comment pouvais-je, étant donné que le départ avait été fixé pour six heures? Tu sais encore, comment, excitée, j’ajoutai: « Le Bon Dieu ne fait pas attention ainsi à ces bagatelles comme vos prêtres. » Maintenant, je dois confesser: « Dieu, malgré sa bonté infinie, pèse les choses avec une plus grande précision qu’eux tous. »

Après cette première promenade avec Max, je vins encore une seule fois à l’association, à Noël, pour la célébration de la fête; c’était quelque chose qui me plaisait suffisamment pour revenir encore, mais intérieurement j’étais déjà étrangère à vous autres.

Cinéma, bals, promenades se succédaient constamment. Avec Max, nous nous disputions quelquefois, mais je sus toujours l’enchaîner à moi de nouveau. J’eus beaucoup de mal avec l’autre amie qui, au retour de l’hôpital se comportait auprès de lui comme une obsédée. Ce fut un avantage pour moi car mon noble calme, par opposition, fit une profonde impression sur Max qui finit par décider que je serais la préférée. J’avais su la lui rendre odieuse en parlant froidement; positive à l’extérieur et vomissant le venin à l’intérieur. De tels sentiments, une telle conduite préparent excellemment à l’enfer. Ils sont diaboliques, dans le sens le plus étroit du mot. Pourquoi je te raconte cela? C’est pour te dire comment je me détachai définitivement de Dieu.

Entre moi et Max, nous n’étions pas arrivés souvent à la très grande familiarité. Je comprenais que je me serais abaissée à ses yeux si je m’étais laissée aller complètement avant le temps, c’est pourquoi je sus me maintenir. J’étais prête à tout, je devais le conquérir. A cette fin, rien ne m’était trop cher. En outre, peu à peu, nous nous aimions, possédant l’un et l’autre de précieuses qualités, qui nous faisaient nous apprécier réciproquement. J’étais habile et capable, d’une agréable compagnie, aussi je le tins solidement attaché et réussis, au moins dans les derniers mois avant notre mariage à être l’unique à le posséder.

En cela consistait mon apostasie de Dieu d’avoir fait d’une créature mon idole. Jamais une chose pareille ne peut arriver entièrement que dans l’amour d’une personne pour l’autre sexe lorsque cet amour reste enfermé dans les satisfactions purement terrestres; c’est aussi ce total abandon qui forme son attrait, son stimulant et son venin. Pour moi, en la personne de Mai, cette adoration de moi-même me devint une religion vécue. Pendant ce même temps, au bureau, je me lançai avec âcreté contre tout ce qui était d’église, les prêtres, les indulgences, le marmonnement du chapelet et semblables sottises. Tu cherchais, avec plus ou moins d’esprit, à prendre la défense de ces choses, sans soupçonner, semblait-il, que dans l’intime, je n’argumentais pas à la vérité contre elles mais je cherchais plutôt un soutien contre ma conscience – j’avais alors besoin d’un tel soutien pour justifier mon apostasie par la raison.

Tout au fond, je me révoltais contre Dieu. Tu ne le comprenais pas, je me tenais encore pour catholique et désirais être appelée ainsi; j’allais même jusqu’à payer les taxes ecclésiastiques. Une certaine contre-assurance ne pouvait me nuire, pensais-je.

Il arrivait parfois que tes réponses me frappaient mais elles n’avaient pas prise sur moi parce que tu ne « devais » pas avoir raison.

En raison de ces fausses relations, nous avons eu, l’une et l’autre, peu de regret lorsque nous nous sommes séparées à l’occasion de mon mariage.

Avant cette cérémonie, je me confessai et communiai encore une fois, comme c’était prescrit. Moi et mon mari, nous pensions la même chose sur ce point. Pourquoi ne pas accomplir ces formalités? Nous nous y soumîmes comme à toutes les autres. Vous appelez indigne une telle communion. Et bien, après l’avoir faite, j’eus plus de calme dans la conscience. Ce fut du reste la dernière.

Notre vie conjugale se passait, la plupart du temps en grande harmonie. Sur toutes ces questions, nous étions du même avis. En particulier, sur ce point que nous ne voulions pas endosser la charge d’élever des enfants. À la vérité, mon mari en aurait volontiers eu un, mais pas plus, bien sûr. À la fin, je sus le dissuader encore de ce désir. Vêtements, meubles de luxe, promenades, voyages en auto et semblables distractions m’importaient bien davantage.

Ce fut une année de plaisir sur la terre que ce temps entre mon mariage et ma mort soudaine.

Chaque dimanche nous allions en voiture ou bien nous rendions des visites aux parents de mon mari. (J’avais honte désormais de ma mère.) Ceux-ci glissaient à la surface de l’existence, ni plus ni moins que nous. Intérieurement, je ne me sentais jamais heureuse, cependant, extérieurement, je riais. C’était toujours, au-dedans de moi quelque chose qui me rongeait. J’aurais voulu qu’après la mort, laquelle, naturellement, devait être encore bien lointaine, tout fût fini.

Étant enfant, j’entendis un jour, au cours d’un sermon, que Dieu récompense toute bonne œuvre que chacun accomplit et quand il ne pourra la récompenser dans l’autre vie, il le fait sur la terre, cela est très exact.

Inopinément, j’eus un héritage de la tante « Lotte » et mon mari réussit à obtenir des émoluments très honorables. Je pus alors arranger ma nouvelle habitation d’une façon attrayante. La religion ne m’envoyait plus que de loin sa lumière, pâle, faible et incertaine.

Les cafés des villes, les hôtels dans lesquels nous allions durant les voyages, ne nous portaient certainement pas à Dieu. Tous ceux qui fréquentaient ces lieux, vivaient comme nous, de l’extérieur à l’intérieur, mais non de l’intérieur à l’extérieur. (L’extérieur envahissait l’intérieur au lieu que ce soit l’inverse.)

Si, dans nos voyages, au moment des vacances, nous visitions quelques cathédrales, nous n’avions d’intérêt que pour son contenu artistique. L’atmosphère religieuse que nous respirions, spécialement dans ces monuments du Moyen Âge, je savais les neutraliser avec quelques critiques de circonstance; un frère faisant l’office de guide, qui avait un maintien gauche ou n’était vêtu que peu proprement; le scandale que des moines, qui se faisaient passer pour pieux, vendissent des liqueurs; l’éternelle sonnerie des cérémonies sacrées pendant que l’on ne s’occupe que de faire de l’argent… De la sorte, je chassai de moi à chaque fois, la grâce, dès qu’elle passait. Je laissai libre cours à ma mauvaise humeur, en particulier, à propos de certains tableaux médiévaux de l’enfer, dans les cimetières ou ailleurs, dans lesquels le démon grille les âmes sur les charbons incandescents tandis que ses compagnons aux longues queues entraînent d’autres victimes avec de longues cordes. Claire! On peut se tromper pour peindre l’enfer, mais on n’exagère jamais!

Le feu de l’enfer, je l’ai toujours eu en vue d’une façon spéciale. Tu sais comment, durant une altercation à ce propos, je te tins une allumette sous le nez et te dis avec sarcasme: « A-t-elle l’odeur de l’enfer? » Tu as éteint en hâte la flamme. Ici, personne ne l’éteint!

Le feu, je te le dis moi-même, ne signifie pas le tourment de la conscience. Le feu est le feu. Cette parole de l’Évangile est à entendre littéralement: « Éloignez-vous de moi, maudits, allez au feu éternel! » Littéralement!

Comment un esprit peut-il être touché par le feu matériel, demanderas-tu? Comment peut souffrir ton âme sur la terre quand tu mets le doigt sur une flamme? De fait, l’âme ne brûle pas; et pourtant, quel tourment en éprouve tout l’individu!

De façon analogue, nous ici, nous sommes spirituellement liés au feu, selon notre nature et selon nos facultés. L’âme est privée de sa liberté naturelle; nous ne pensons pas ce que nous voulons[14] ni comme nous le voulons.

Ne regarde pas hébétée ces lignes; cet état, qui à vous autres ne dit rien, me brûle sans me consumer.

Notre plus grand tourment, consiste dans la certitude que nous savons que nous ne verrons Dieu, jamais.

Comment cela peut-il nous tourmenter autant, alors que sur la terre on y demeure aussi insensible? Tant que le couteau reste étendu sur la table, on reste indifférent. On voit s’il est affilé, on ne l’éprouve pas. Que le couteau te transperce et tu te mettras à crier de douleur. Maintenant nous souffrons la perte de Dieu; avant nous y pensions seulement.

Toutes les âmes ne souffrent pas d’une égale façon. D’autant plus pernicieusement et d’autant plus systématiquement quelqu’un a péché, d’autant plus gravement pèse sur lui la perte de Dieu et d’autant plus la suffoque la créature dont elle a abusé.

Les catholiques damnés souffrent plus que ceux des autres religions parce que, le plus souvent, ils ont reçu et méprisé plus de grâces et de lumières.

Celui qui savait plus, souffre plus durement que celui qui savait moins. Ceux qui tombent par malice pâtissent plus cruellement que ceux qui tombent par faiblesse. Mais personne ne souffre plus que ce qu’il a mérité. Oh! si du moins, cela n’était pas vrai! J’aurais ainsi une raison de haïr!

Tu me disais un jour que personne ne va en enfer sans le savoir. Cela aurait été révélé à une sainte. Moi, j’en riais, mais ensuite, je me retranchai derrière cette déclaration: « De cette façon, en cas de nécessité, me disais-je secrètement, j’aurais toujours la possibilité de faire volte-face. »

Cette pensée est juste. Vraiment, avant ma fin subite, je ne connus pas l’enfer comme il est. Aucun mortel, ne le connaît. Mais j’en avais la pleine conscience. « Si tu meurs, tu vas dans le monde de l’Au-delà tout droit comme une flèche contre Dieu. Tu en porteras les conséquences. »

Je n’en changeai pas pour autant parce qu’enracinée par la force de l’habitude, comme je te l’ai dit déjà, j’étais poussée, entraîné par elle. Plus les hommes vieillissent, plus ils aiment leurs habitudes… Ma mort vint ainsi!

Il y a une semaine, je parle selon que vous comptez; en regard à la douleur, je pourrais dire très bien que je brûle en enfer déjà depuis dix ans. Il y a une semaine, donc, mon mari et moi, nous faisions pendant ce dimanche une promenade, la dernière.

Le jour pointait radieux. Je me sentais bien autant que jamais. Un sinistre sentiment de bonheur m’envahit qui serpentait en moi durant toute la journée. Quand voici qu’à l’improviste, pendant le retour, mon mari fut ébloui par une auto qui venait à toute allure. Il perdit le contrôle. « Jésus » me sortit des lèvres comme un frisson; non comme une prière, mais comme un cri. Une douleur déchirante m’opprimait toute. Et, en regard de celle d’à présent, c’était une bagatelle. Puis, je perdis les sens. Il est étrange que pendant cette même matinée, il m’était venu encore à l’esprit, d’une façon inexplicable, cette pensée: « Tu pourrais encore une fois aller à la messe. » Elle retentissait en moi comme une imploration.

Nettement et résolument mon « non » trancha le fil de mes pensées. « Avec toutes ces choses il faut en finir. Que j’en endosse toutes les conséquences! » Maintenant je les porte.

Ce qui advint après ma mort, tu le sais déjà. Le sort de mon mari, celui de ma mère, ce qui arriva de mon cadavre et le déroulement de mes funérailles je les ai connus dans leur détail par le moyen des connaissances naturelles que nous avons ici. Ce qui arrive sur la terre, nous le savon seulement d’une façon assez vague. Mais ce qui nous touche de plus près, en quelque façon, nous le connaissons. Ainsi, je vois maintenant où tu séjournes[15].

Moi-même, au moment de ma mort, je me réveillai soudainement du brouillard. Je me vis comme inondée d’une lumière éblouissante.

J’étais au lieu même où gisait mon cadavre. Il arriva comme il arrive au théâtre lorsque, d’un coup, s’éteignent les lumières pour ne plus laisser voir que la scène. Le rideau se divise avec grand bruit et s’ouvre sur une scène inattendue, horriblement lumineuse, la scène de ma vie.

Comme dans un miroir, mon âme se montra à elle-même les grâces méprisées, depuis ma jeunesse jusqu’au dernier « non » en face de Dieu.

Je me sentis comme un assassin, auquel, durant le procès judiciaire, on vient apporter sa victime inanimée. Me repentir? Jamais! [16]

En avoir honte? Jamais!

Pourtant, je ne pouvais non plus résister sous les yeux de Dieu que j’avais rejeté. Il ne me restait qu’une chose, la fuite.

Comme Caïn s’enfuit du cadavre de son frère Abel, ainsi mon âme fut poussée dehors, loin de cette vue d’horreur. Ce fut le jugement particulier: L’invisible Juge disait: « Éloigne-toi de moi! »

Alors mon âme, comme une ombre, enduite de soufre, se précipita dans l’éternel tourment![17]

Ainsi se terminait la lettre de l’enfer. Les dernières paroles étaient presque illisibles, tant elles étaient déformées. La lettre même, quant à elle, se réduisit en cendres entre mes mains.

Alors, après l’âpre accent de ces lignes que j’avais cru lire, résonna doucement un bruit venant de la campagne.

Je me réveillai en sursaut. J’étais encore au lit dans ma chambre. Par la fenêtre la lumière matinale pénétrait, tandis que de la paroisse arrivait le son de l’Angélus.

Je ne réalisais pas encore ce qui m’était advenu, mais jamais je ne ressentis un tel réconfort de l’Angélique Salutation. Lentement, je récitai les trois Ave Maria. « Pour toi, me fût-il fortement inspiré, il faut te tenir attachée à la Mère Bénie du Seigneur: tu dois honorer filialement Marie si tu ne veux pas subir le sort d’une âme qui ne verra jamais Dieu. »

Encore tremblante après cette terrible nuit, je me levai, m’habillai en hâte et couru en bas par l’escalier dans la chapelle de la maison.

Le cœur me battait jusque sous la gorge. Les quelques hôtes agenouillés près de moi me regardèrent; mais peut-être pouvaient-ils penser que j’étais excitée pour avoir ainsi descendu l’escalier en courant.

Une brave dame de Budapest, plutôt âgée, éprouvée par la souffrance, grêle comme un enfant, myope, mais expérimentée dans les choses spirituelles et ferventes dans le service du Seigneur, durant l’après-midi, dans le jardin me dit en souriant: « Mademoiselle, Jésus, ne veut pas être servi avec si grand empressement! » Mais ensuite elle s’aperçut que quelque chose d’autre m’avait agitée et m’agitait encore. Me calmant elle ajouta: « Ne vous troublez pas. Connaissez-vous la strophe de Sainte Thérèse?

Ne vous troublez pas.
Ne vous effrayez pas.
Tout passe,
Dieu seul ne change pas.
La patience arrive à tout.
À qui possède Dieu, rien ne manque.
Dieu seul suffit. »

Pendant qu’elle me disait doucement ces paroles lentement et sans vouloir instruire, il me parut qu’elle lisait dans mon âme: « Dieu, seul suffit. »

Oui, Lui seul doit me suffire, ici-bas et Là-Haut. Je ne veux pas aller en enfer. Je veux le posséder un jour, quelque sacrifice qu’il puisse m’en coûter.

Source : Bot, Jean-Marc. (c2002). Osons reparler de l’enfer: Editions de l’Emmanuel, 271 p.

[1] «De Dieu peut dépendre parfois la cause spirituelle d’un songe; il peut, par le ministre des anges, utiliser les songes lorsqu’il désire révéler quelque chose aux hommes» (Sait Thomas, Somme théologique, II-II,q.95,a.6.)

[2] H. FEDERER (1866-1928), prêtre, romancier, populaire: Thérèse, la jeune fille d’âge mûr, 1913)

[3] « Les Damnés voudraient que tous les bons soient damnés. » (Saint THOMAS, Supplément à la Somme Théologique, Éd. Du Cerf, Revue des jeunes, 1961, q. 98, a. 7,)

[4] « La volonté délibérative vient d’eux-mêmes [les damnés] […] Et cette volonté est en eux seulement mauvaises.» (Ibid., q. 98, a. 1, rép.)

[5] « Il vaut mieux n’être pas que d’être mal. Et ainsi les damnés peuvent choisir de ne plus exister » (Ibid., q. 98, a. 3). « Ne pas exister est le pire des maux. Cependant, la privation de l’existence est un grand bien si elle entraîne la privation du plus grand des maux: ainsi considérée, on peut la préférer à l’existence » (Ibid., q. 98, a. 3, ad 3.).

[6] « Il n’y aura rien, chez les damnés, qui ne soit pour eux matière et cause de tristesse […] Ainsi, chez les damnés, il y aura une considération des choses connues auparavant, mais comme source de tristesse et non de délectation » (Ibid., q. 98, a. 7, rép.).

[7] « Chez les damnés [règne] la plus parfaite haine » (Ibid., q. 98, a. 4, rép.).

[8] « Les damnés, avant le jour du jugement, verront les bienheureux dans la gloire, mais non de telle sorte qu’ils comprennent quelle est leur gloire, mais en sachant qu’ils sont dans une gloire inestimable » (Ibid., q. 98, a. 9, rép.).

[9] « Les damnés n’ont de haine pour Dieu qu’à cause de sa punition et de son interdiction, qui correspondent à leur volonté mauvaise: ils ne le considèrent donc que comme celui qui punit et qui interdit » (Ibid., q. 98, a. 8, ad 1). « Les damnés, qui voient Dieu à travers les effets de sa justice, c’est-à-dire dans leur châtiment, le haïssent, comme ils haïssent leur tourment » (Ibid., q. 98, a. 5, rép.) .

[10] « Dans la damnation même des réprouvés, la miséricorde de Dieu apparaît, non pour une relaxe totale, mais pour une certaine atténuation, car Dieu punit en deçà de ce qui est mérité » (Saint THOMAS D’AQUIN, Somme Théologique, Éd. du Cerf, 1984, I, q. 21, a. 4, ad 1).

[11] « Frères, soyez sobres et veillez parce que votre adversaire, le diable, rôde autour de vous comme un lion rugissant en quête de quelqu’un à dévorer » (1 P 5, 8). « Revêtez-vous des armes de Dieu pour pouvoir résister aux embûches du démon. Ce ne sont pas, en effet, des hommes que nous avons à combattre mais les Principautés et les Puissances, les maîtres de ce monde de ténèbres, les mauvais esprits répandus dans les airs » (Ep. 6, 11-12).

[12] « Il n’appartient pas au rôle des hommes damnés d’attirer les autres à damnation, comme cela appartient aux démons » (Saint Thomas, Supplément à la Somme Théologique, q. 98, a. 6, ad 2).

[13] « Bien que la souffrance de chaque damné soit accrue par leur multitude, pourtant la haine et l’envie se développent chez eux à tel point qu’ils préféreront mourir davantage avec un plus grand nombre que de souffrir moins, mais en étant seuls » (Ibid., q. 98, a. 4, ad 3).

[14] « [Le feu] devient le châtiment de l’âme, lui interdisant l’exercice de sa volonté, l’empêchant d’agir où elle veut et comme elle veut » (Ibid., q. 70, a. 3, rép.).

[15] L’âme séparée ne reçoit pas […] une connaissance parfaite des choses, mais une sorte de connaissance générale et confuse » (Somme Théologique, q. 89, a. 3, rép. .). « Quant aux âmes séparées, elles ne peuvent connaître par ces espèces que les singuliers avec lesquels elles ont eu un certain rapport; soit par une connaissance antérieure, soit par quelque sentiment, soit par une relation naturelle, soit par une disposition divine » (Somme Théologique, I, q. 89, a. 4, rép.).

[16] « Les mauvais ne se repentiront pas de leur péché en soi, parce que le vouloir de la malice du péché demeure en eux; ils se repentiront par accident, en tant qu’ils seront attristés de la peine subie à cause du péché » (Supplément à la Somme Théologique, q. 98, a. 2, rép.)

[17] L’éternité des peines de l’enfer est une vérité de foi; sans doute la plus terrible de toutes. « Alors le Fils de l’homme dira à ceux qui sont à sa gauche: « Allez-vous-en loin de moi, maudits, dans le feu éternel » […] et ils s’en iront, ceux-ci au châtiment éternel, et les justes, à la vie éternelle » (Mt 25, 41-46). « Lors de la révélation du Seigneur Jésus, ceux-là subiront la peine du châtiment éternel… » (2 Th 1, 9). « Les mauvais, auxquels sont réservés d’épaisses ténèbres pour l’éternité » (Jude, 13). « Si quelqu’un adore la bête et son image, et en prend la marque sur son front ou sur sa main, il boira, lui aussi, du vin de la fureur de Dieu, du vin pur versé dans la coupe de sa colère, et il sera tourmenté dans le feu, et la fumée de leur supplice s’élèvera aux siècles des siècles et il n’y aura de repos pour eux ni le jour ni la nuit » (Ap 14, 11). « Et ils seront tourmentés jour et nuit aux siècles des siècles » (Ap 20, 10).

Le Miracle Eucharistique de Fiecht, Autriche, 1310

FIECHTAUTRICHE, 1310iracle Eucharistique de Le petit village de San Georgenberg-Fiecht, dans la vallée de l’Inn, est célèbre pour un Miracle Eucharistique qui eut lieu en 1310.

Pendant la Messe, le prêtre fut pris d’un doute sur la présence réelle de Jésus dans les espèces consacrées et aussitôt après la consécration le vin se changea en Sang et commença à bouillir et à déborder du calice.

En 1480,170 ans après, le Saint Sang était encore « frais comme s’il venait de sortir d’une blessure », écrivait un journaliste de l’époque et aujourd’hui encore il se maintient intact, contenu dans le reliquaire du Monastèrede San Georgenberg.
Miracle Eucharistique Fiecht, Autriche, 1310
Le village de San Georgenberg-Fiecht, dans la vallée de l’Inn en Autriche est célèbre pour un Miracle Eucharistique qui eut lieu en 1310.

Près de l’autel latéral de l’église du Monastère se trouve une planche documentant le fait :« En l’an 1310 sous l’abbé Rupert, un prêtre célébrait la Messe dans cette église dédiée au Saint Martyr Georges et au Saint Apôtre Jacques. Après avoir consacré le vin, il fut pris de doute sur la réelle présence du Sang du Christ dans l’espèce du vin. Aussitôt le vin se changea en sang rouge qui commença à bouillir dans le calice et à déborder. L’abbé et ses moines qui se trouvaient dans le chœur et les nombreux pèlerins présents s’approchèrent de l’autel et constatèrent ce qui s’était passé. Le prêtre, plein de crainte, n’arrivant pas à boire tout le Saint Sang, mit le reste dans un récipient à côté du linge avec lequel on essuyait le calice, dans le tabernacle du maître-autel.

Dès que la nouvelle de cet événement miraculeux se répandit, les pèlerins commencèrent à affluer toujours plus nombreux pour adorer le Saint Sang. Leur nombre était si grand, qu’en1472 l’Évêque Georg von Brixen envoya à Georgenberg l’abbé de Wilten, Johannes Lösch, ainsi que les curés Sigmund Thaur et Kaspar de Absam pour mieux analyser le phénomène. À la suite de cette enquête, on recommanda l’adoration du Saint Sang et le Prodige fut déclaré authentique. Parmi les fidèles, on vit d’importants représentants de l’Église, tel que l’Évêque de Trieste, Jean, l’Évêque de Brixen, Georges, l’Archevêque de Cologne et le Duc de Bavière, Rupert, l’Évêque de Chiemsee, Frédéric et beaucoup d’autres ».

Une deuxième planche documentaire raconte comment la Relique du Saint Sang aida à garder la foi catholique pendant le schisme protestant : « Quand les dogmes de Luther se répandirent dans le Tyrol, vers l’année 1593, les moines de San Georgenberg furent priés de prêcher le crédo partout. L’Abbé Michael Geisser prêchait avec grand succès devant la foule dans l’église paroissiale de Schwaz et n’hésitait pas à raconter le Saint Miracle du Sang, comme preuve de la présence réelle de Jésus-Christ dans le Saint Sacrement de l’autel. Il contestait de façon si évidente que les adversaires furent obligés d’abandonner la partie. Cette victoire complète sur le faux crédo était considérée par les croyants comme une grâce spéciale que le Seigneur accordait à ses fidèles, adorateurs du Saint Sang.

Le Miracle Eucharistique de Mogoro, Italie 1604

Au mois d’avril 1604 il s’est produit un Miracle Eucharistique décrit par l’historien Pierre M. Cossu.Pendant la Messe deux hommes en état de péché mortel firent tomber par terre deux Hosties qui gravèrent leurs empreintes sur le pavement. Suite à ce prodigieux événement et en réparation de l’acte sacrilège,chaque année le dimanche après Pâques, a lieu à Mogoro une procession solennelle eucharistique.
Miracle Eucharistique Mogoro
Au mois d’avril 1604 s’est produit un Miracle Eucharistique à Mogoro, Italie

À Mogoro, en Sardaigne, le lundi de Pâques1604, le curé de l’église Saint-Bernardin, Père Salvatore Spiga, célébrait la Messe. Après la consécration il distribua la Communion aux fidèles. À un certain moment il vit s’approcher deux hommes bien connus de tous pour leurs vies dissolues. Le curé leur donna la Communion mais dès qu’ils eurent la Particule dans la bouche, ils la crachèrent sur la pierre de la balustrade. Les deux hommes se justifièrent en disant que les Hosties étaient devenues brulantes comme des charbons ardents et qu’elles leur auraient brulé la langue. Ensuite, pris de remords pour ne pas s’être confessés ils s’enfuirent.

Père Salvatore recueillit les Hosties sacrées et vit que les empreintes des deux Particules étaient gravées sur la pierre. Il ordonna alors de laver soigneusement la pierre en espérant enlever les empreintes, mais en vain. Plusieurs historiens parmi lesquels le prêtre Pietro Cossuet le Père Casu décrivèrent les contrôles effectués par l’Évêque Monseigneur Antonio Surredo et par ses successeurs.

Parmi les documents les plus importants qui prouvent ce Miracle, il y a l’acterogatoire du notaire Pedro Antonio Escano du25 juin 1686 avec lequel le Recteur de Mogoro stipula un contrat pour la construction d’un petit temple de bois doré sur le sommet du Grand Autel. Ce petit temple devait prévoir une petite cavité pour contenir la « pierre du Miracle ». Celle-ci devait être conservée enfermée dans une boîte visible par les fidèles. La pierre montre aujourd’hui encore les empreintes rondes des deux Hosties.

Les cinq pierres de Medjugorje

La prière

Chapelet
L’arme la plus efficace est le Chapelet pour le combat car nos actions sont dans les mains de Dieu

«Je voudrais qu’en ces jours le monde prie à mes côtés le plus possible. (…) Enfin que tous prient chaque jour au moins le Rosaire: les mystères joyeux, douloureux et glorieux.»  14 août 1984

«Chers enfants, de nouveau je vous demande la prière avec le cœur. Que la prière, chers enfants, soit votre nourriture quotidienne. (…) La prière sera pour vous joie et repos. Merci d’avoir répondu à mon appel.» 23 mai 1985

«Chers enfants, aujourd’hui, je vous demande de commencer à prier le Rosaire avec une foi vive. Ainsi, je pourrai vous aider. (…)Chers enfants, je vous demande de prier le Rosaire. Qu’il soit pour vous une obligation que vous accomplirez avec joie.» 12 juin 1986

«Chers enfants, réjouissez-vous avec moi! (…) Je souhaite, chers enfants, que Jésus vous transforme, vous enseigne et qu’il vous protège. (…) Je vous demande une prière sincère avec le cœur. Que chacune de vos prières soit une rencontre avec Dieu. Dans le travail et dans votre vie de tous les jours, placez Dieu à la première place. » 25 décembre 1987

La Bible

Bible
Bible

«Chers enfants, aujourd’hui je vous demande de lire la Bible chaque jour dans vos maisons et de la placer en évidence dans un endroit, pour toujours vous inciter à la lire et à prier. Merci d’avoir répondu à mon appel.» 18 octobre 1984

Le jeûne

«Je voudrais qu’en ces jours le monde prie à mes côtés le plus possible. Que les gens jeûnent sévèrement mercredi et vendredi. » 14 août 1984

« En particulier, vivez le jeûne, car par lui vous pourrez me faire la joie de voir se réaliser tout le plan que Dieu a prévu ici à Medjugorje » 26 septembre 1985

La confession

   « Faites la paix avec Dieu et entre vous. Pour cela il faut croire, jeûner et se confesser. » 26 juin 1981

« Il faut inviter les gens à se confesser chaque mois, surtout le premier samedi. La confession mensuelle sera un remède pour l’Église de l’Ouest.» 6 août 1982

«Ne vous confessez pas par habitude, pour rester le même après cela . Non, ce n’est pas bien. La confession doit donner une impulsion à votre foi. Elle doit vous stimuler et vous rapprocher de Jésus.» 7 novembre 1983

La Sainte Messe

Messe
Messe

« La messe est la plus grande prière de Dieu. Vous ne pourrez jamais en comprendre la grandeur. C’est pourquoi vous devez être parfaits et humbles à la messe et vous devez vous y préparer.» 1983

Chers enfants, je vous demande de vivre la sainte messe.(…) Jésus vous donne ses grâces pendant la messe. C’est pourquoi, vivez lucidement la sainte messe. Que chaque venue à la messe soit une joie. Venez-y avec amour.» 3 avril 1986

«Chers enfants, Dieu veut faire de vous des saints. C’est pourquoi, il vous appelle par moi à l’abandon complet. Que la sainte messe soit vie pour vous. Comprenez bien que l’église est le palais de Dieu. C’est le lieu où je vous rassemble et où je veux vous montrer le chemin vers Dieu. Venez et priez! Ne regardez pas les autres, ne parlez pas d’eux de façon malveillante, mais que votre vie soit un témoignage sur la voie de la sainteté. Les églises sont dignes de respect. Elles sont sanctifiées, car Dieu qui s’est fait homme y habite jour et nuit. » 25 avril 1988

Miracle eucharistique à Lourdes en 1999 – Hostie en lévitation

Le dimanche 7 novembre 1999 à Lourdes, lors de l’Assemblée plénière des Évêques de France, une messe a été célébrée et diffusée en direct sur France 2. Au cours Épiclèse, c’est-à-dire la liturgique qui est l’appel que l’on adresse à l’Esprit-Saint pour qu’il vienne, par son opération divine, consacrer les offrandes présentées par l’Église à la messe, alors que les mots « Sanctifient ces offrandes en répandant sur elles… » l’hostie consacrée est entrée en lévitation. Voir la 39ième seconde de la vidéo.

La formule complète de l’appel est « Sanctifie ces offrandes en répandant sur elles ton Esprit ; qu’elles deviennent pour nous le corps et le sang de Jésus, le Christ, notre Seigneur ».

Benedictio rosarum societatis sacratissimi Rosarii

Seul un père dominicain ou un prêtre qui en a le pouvoir peut rendre un chapelet rosarié avec la formule suivante.

BENEDICTIO ROSARUM SOCIETATIS SACRATISSIMI ROSARII

Propria ejusdem Ordinis

V. Adjutórium nostrum in nómine Dómini.
R. Qui fecit cælum et terram.

V. Dóminus vobíscum.
R.Et cum spíritu tuo.

Orémus.                                                 Oratio

Deus, creátor et conservátor géneris humáni, dator grátiæ spirituális, et largítor ætérnæ salútis, benedictióne tua sancta béne  dic has rosas, quas pro grátiis tibi exsolvéndis cum devotióne ac veneratióne beátæ sempérque Vírginis Maríæ, ejúsque Rosárii, hódie tibi præsentámus et pétimus benedíci: et infúnde eis per virtútem sanctæ Cru cis benedictiónem cæléstem, qui eas ad odóris suavitátem, et repelléndas infirmitátes humáno úsui tribuísti; talémque signáculo sanctæ Cru  cis benedictiónem accípiant, ut, quibuscúmque in infirmitátibus appósitæ fúerint, seu qui eas in dómibus suis portáverint, ab infirmitáte sanéntur: discédant diáboli, contremíscant et fúgiant pávidi cum suis minístris de habitatiónibus illis, nec ámplius tibi serviéntes inquietáre præsúmant. Per Christum Dóminum nostrum. R. Amen.

Et aspergantur aqua benedicta.

La croix de Saint-Benoît: Un sacramental qu’il faut remettre à l’honneur

Croix de Saint-Benoît
Croix de Saint-Benoît

ORIGINES

Autrefois, les Papes avaient accordé une indulgence plénière à l’article de la mort, à ceux qui utiliseraient simultanément la « Croix de la Bonne Mort » et la Médaille de Saint-Benoît. C’est un sacramental très ancien, puissant contre le « Malin » et approuvé par l’Église Catholique.

DESCRIPTION

Croix et médaille de Saint-Benoît
Médaille de Saint-Benoît/Croix de Saint-Benoît

La Croix de St-Benoît est un crucifix au milieu duquel on a inséré une médaille de St-Benoît. Sur l’une des faces de la médaille, se trouve représenté saint Benoît, patron de la bonne mort.

Apparaissant un jour à sainte Gertrude, ce dernier lui dit:
« Quiconque me rappellera ma dignité par laquelle le Seigneur a bien voulu m’honorer et me béatifier en me donnant une mort si glorieuse (saint Benoît est mort debout devant l’autel, et les mains levées vers le Ciel, après avoir communié) je l’assisterai fidèlement à l’heure de la mort et je m’opposerai à toutes les attaques que l’ennemi dirigera contre lui. Protégé par ma présence, il sera en sécurité malgré les pièges du tentateur, et s’élancera heureux vers les joies éternelles. »

La prière latine entourant saint Benoît, sur la médaille, se réfère à cette promesse. Si on fait la traduction, on lira: « PUISSIONS-NOUS ÊTRE PROTÉGÉS PAR SA PRÉSENCE À L’HEURE DE NOTRE MORT.«

Durant toute sa vie, saint Benoît eut une grande vénération pour la sainte croix, non seulement dans le but de vaincre ses propres tentations, parfois très violentes, mais encore pour anéantir de façon merveilleuse les mauvaises intentions et les artifices du démon, dont il est fait mention dans le deuxième livre des « Dialogues » de saint Grégoire le Grand. De son vivant, saint Benoît fut en butte aux persécutions. Un jour, on voulut le tuer en lui présentant une coupe de vin empoisonnée. Mais, au Signe de la Croix, signe de vie que le saint traça sur la coupe de mort, cette dernière vola en éclats.

Les initiales gravées sur la croix et autour d’elle, au revers de la médaille, font allusion à ce miracle. On les traduit en français par: « CROIX DU SAINT PÈRE BENOÎT. QUE LA CROIX SAINTE SOIT MA LUMIÈRE. QUE LE DRAGON (Satan) NE SOIT PAS MON CHEF. ARRIÈRE SATAN. NE ME PERSUADE PAS DES CHOSES MAUVAISES. CE QUE TU PRÉSENTES EST MAUVAIS. BOIS TOI-MÊME TES POISONS. »

Une curieuse histoire nous est rapportée à ce propos. On raconte qu'en 1647, on emprisonna quelques nécromanciennes1 en Bavière. En les interrogeant, elles déclarèrent que leurs agissements superstitieux étaient toujours restés sans effet aux endroits où se trouvait l'emblème de la sainte croix; leur domination ne pouvant notamment atteindre le couvent de Metten (Allemagne), elles en conclurent que ces lieux étaient particulièrement protégés. Après des investigations faites audit couvent, on constata que plusieurs peintures de la croix, appliquées de longue date sur les murs, portaient certaines lettres auxquelles on n'avait plus prêté attention. La signification de ces lettres ne put être trouvée que lorsqu'on découvrit, dans la bibliothèque du couvent, un manuscrit datant de 1415, dans lequel saint Benoît figurait portant dans la main droite une crosse se terminant par une croix. Sur cette crosse on lisait le texte suivant: "Crux sacra sit M lux N Draco sit Mihi Dux." Sa main gauche tenait un parchemin enroulé sur lequel figuraient les mots suivants: " Vade Retro Satana Nuq Suade M Vana. Sunt Mala Quae Libas Ipse Venena Bibas." Ce document révéla l'origine et le sens des lettres apposées aux murs; celles-ci formaient les initiales du libellé et du manuscrit.

(1) Nécromancien: personne prétendant prédire l'avenir en interrogeant les morts, pratique occulte superstitieuse interdite par la Bible et par l'Église.

La plus ancienne forme de la médaille de saint Benoît est ovale et porte le monogramme de Jésus (IHS) à son sommet. La nouvelle forme de médaille, dans le style de Beuron, est ronde. Elle a été créée pour le Jubilé de saint Benoît de 1880, 1400e anniversaire de sa naissance. Elle est aujourd’hui encore en usage sous le nom de médaille du Jubilé; c’est la plus courante. Ainsi qu’il a été mentionné plus haut, à la place de « IHS« , elle porte au-dessus de la croix figurant sur son verso, la devise bénédictine « PAX » (« Paix »). C’était, à l’origine, un monogramme du Christ en lettres grecques Chi – Rho, ce qui a donné en latin XP, d’où PAX.

PRIVILÈGES

L’Église ayant modifié ses lois concernant les indulgences (depuis 1999), il s’ensuit qu’il n’est plus obligatoire d’utiliser la Croix de la Bonne Mort pour obtenir l’indulgence plénière à l’heure de la mort. Cependant, il est fortement conseillé d’utiliser quand même un crucifix ou une croix, car la Croix, ayant été l’instrument de la Rédemption du monde, est par conséquent un objet de terreur pour l’enfer qui joue son dernier « sprint » à l’heure de la mort pour arracher chaque âme à Dieu.

La vertu de la médaille (et de la Croix) de saint Benoît réside dans l’invocation du Christ par l’intercession de saint Benoît. Elle donne une protection particulière contre les attaques du démon, les tentations de toutes natures et les maladies. On peut porter la médaille sur soi ou la fixer sur la porte des maisons et des étables et dans l’auto. On évitera naturellement d’attacher une valeur superstitieuse à la possession de la médaille ou de la Croix. Il ne suffit pas de la porter ou de la mettre dans un endroit que l’on veut protéger. Il faut avant tout vouloir conformer sa propre vie à l’Évangile et aux enseignements de saint Benoît qui sont la mise en application de l’évangile.

La Croix de St-Benoît (et la Médaille, lorsqu’elle est seule) doit recevoir une bénédiction spéciale comportant des exorcismes. Autrefois réservée aux Bénédictins, cette bénédiction, depuis Vatican II, peut être donnée par tout prêtre (non suspens et non excommunié) qui utilise le rite adapté. Les privilèges particuliers attachés à cette bénédiction spéciale sont ceux liés à l’exorcisme, dans le sens où le port de cette Croix (ou de cette Médaille) donne une grâce particulière pour lutter contre les attaques et séductions du démon.

QUELQUES PRÉCISIONS

À l’heure actuelle, les matériaux utilisés pour la croix et le Corpus importent peu. Pour la croix, il est louable de rester attaché au traditionnel bois, puisque la Croix du Christ fut de bois. Mais c’est un choix personnel et non une question de validité. Il en va de même pour les couleurs: il est recommandé d’employer des tons de bruns ou de noir, mais les autres couleurs sont quand même valides.
La médailles doit être en métal et non en plastique, en carton ou autres.

Quant aux lettres, parfois difficiles à lire en raison de l’usure ou du petit format de la médaille, il suffit, pour la validité, qu’on puisse reconnaître « grosso modo » qu’il s’agit d’une médaille de St-Benoît.

ATTENTION: on retrouve maintenant sur le marché des croix semblables à celles de St-Benoît, mais dont la médaille centrale est celle de Saite-Thérèse, par exemple… Ce n’est plus alors une Croix de St-Benoît. Retenons aussi qu’un sacramental perd ses indulgences quand il est vendu2.  Il doit donc être béni après avoir été acheté.

(2) Vendu avec intention de négoce, et non pas vendu pour le prix coûtant, c’est-à-dire pour se faire rembourser l’argent que l’on a dépensé pour l’acquérir pour autrui.

UN TRÉSOR À RETROUVER

L’Église a toujours encouragé l’usage des sacramentaux approuvés par Elle: eau bénite, Scapulaire brun du Mont-Carmel, Croix de St-Benoît, Médaille Miraculeuse, etc. Ils sont de puissants outils qui, utilisés avec confiance et sans superstition, nous obtiennent de Dieu de nombreuses grâces d’ordre spirituel avant tout, et souvent même d’ordre temporel (guérison, protection des humains et des animaux). Le but de la Croix de St-Benoît est vraiment de nous aider à atteindre l’Essentiel, c’est-à-dire le salut éternel qui passe par la mise en pratique de nos promesses baptismales (renonciation à Satan et à ses œuvres) par l’amour du Christ et de Sa Croix, et par une mort EN ÉTAT DE GRÂCE.

Remettons vite ce « TRÉSOR » à l’honneur parmi les Chrétiens: le Ciel le met à notre disposition pour que nous nous en servions…

Pour faire apparaître le rituel (formule) de la bénédiction spéciale
de la Croix de Saint Benoît, en français Cliquer ici

On peut se procurer des Croix et Médailles de St-Benoît,
et les faire bénir de la bénédiction-exorcisme notamment chez:

Abbaye St-Benoît-du-Lac
St-Benoît-du-Lac,
Québec

CANADA J0B 2M0
Tél.: (819) 843-4080
Fax: (819) 868-1861
Courriel: abbaye@st-benoit-du-lac.com

Abbaye St-Joseph de Clairval
21150 Flavigny-sur-Ozerain,
FRANCE

Tél.: (33) 03 80 96 22 31
Fax: (33) 03 80 96 25 29
Courriel: abbaye@clairval.com
Site web: www.clairval.com

Abbaye Ste-Madeleine
1201 Chemin de Rabassières
84330 Le Barroux,
FRANCE
Tél: (33) 04 90 62 56 31
Fax: (33) 04 90 62 56 05
Site web: www.barroux.org

Source

Bénédiction spéciale pour la Croix et/ou médaille de St-Benoît

Le pouvoir de bénir-exorciser la Médaille de St-Benoît (ou la Croix de St-Benoît) était autrefois réservée aux Bénédictins (de l’Ordre de Saint Benoît). Depuis le Concile Vatican II, il n’existe plus de bénédictions réservées. Tout prêtre catholique (non suspens et non excommunié) peut donc désormais bénir et exorciser Croix et Médailles de St-Benoît avec la formule suivante:

Le prêtre revêt l’étole et se sert de l’eau bénite.

 Bénédiction de la croix

V/  Nous vous prions Seigneur, Père tout-puissant, Dieu éternel, de bénir cette croix afin qu’elle soit un remède salutaire pour les hommes, un appui ferme pour leur foi, un stimulant pour les bonnes œuvres ; qu’elle soit salut pour les âmes, consolation, protection et bouclier contre les traits cruels des ennemis. Par le Christ Notre-Seigneur.
R/ Amen

Bénédiction de la médaille

V/ Je vous exorcise, médailles, par Dieu  le Père Tout-Puissant, qui a fait le ciel et la terre, la mer et tout ce qui est en eux. Que toute puissance de l’adversaire, toute assemblée diabolique, tout assaut et toute possession de Satan soient éradiqués et arrachés de ces médailles, afin qu’elles soient salut de l’âme et du corps pour tous ceux qui les porteront, au Nom du Père Tout-Puissant, et de Jésus-Christ, son Fils,  Notre-Seigneur, et du Saint-Esprit  Consolateur, et dans la charité du même Seigneur Jésus-Christ qui viendra pour juger les vivants et les morts et le monde par le feu.

R/ Amen.

V/ Seigneur, exaucez ma prière.

R/ Et que mon cri parvienne jusqu’à Vous.

V/ Le Seigneur soit avec vous.

R/ Et avec votre esprit.

V/ Prions – Nous vous supplions, Dieu tout-puissant, dispensateur de tout bien, de répandre votre bénédiction sur ces médailles par l’intercession du Saint Père Benoît, afin que tous ceux qui les porteront tout en étant attentifs à accomplir les bonnes œuvres, méritent d’obtenir la santé de l’âme et du corps, la grâce de la sanctification, ainsi que les indulgences qui nous ont été concédées. Que par le secours de votre miséricorde, ils s’appliquent à éviter tout piège et tromperie du démon, et qu’ils soient trouvés dignes de paraître saints et sans tâches en votre présence. Par le Christ Notre Seigneur.

V/ Amen.

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L’eau bénite: Un puissant secours pour les âmes du Purgatoire

L’eau bénite, quand on en fait usage avec foi et confiance, est de la plus grande efficacité pour le corps et pour l’âme et peut merveilleusement venir en aide aux âmes du purgatoire.

Chaque fois que le prêtre bénit l’eau pour en faire de l’eau bénite, il agit en qualité de représentant de l’Église dont le Sauveur accueille toujours les prières avec complaisance, quel que soit celui pour qui l’Église lui adresse des prières.

Par conséquent, celui qui prend de l’eau bénite et s’asperge lui-même ou asperge d’autres objets présents ou absents peut être assuré que chaque fois la prière de l’Église montera vers le Ciel et attirera des grâces sur son corps, sur son âme, sur tous les objets touchés par l’eau bénite.

Elle met en déroute la puissance des mauvais esprits. D’où le proverbe : « Il a peur de ceci ou de cela… comme le diable de l’eau bénite ». C’est par millions que l’on pourrait énumérer les exemples qui prouvent de quelle indicible frayeur, l’eau bénite remplit le démon.

Mais comment se fait-il que l’on puisse donner de l’eau bénite à des personnes éloignées et aux âmes du purgatoire, et qu’ainsi on leur vienne en aide ?

Ce que nous avons dit plus haut l’explique. Chaque fois que vous donnez de l’eau bénite à un enfant éloigné ou à un frère, la prière de l’Église qui y est attachée monte vers le Cœur de Jésus et l’engage à prendre sous sa protection vos parents, corps et âme. Il en est de même quand on jette de l’eau bénite aux pauvres âmes du purgatoire. Oh! qui dira tout le soulagement qu’une seule goutte d’eau pourrait apporter aux âmes qui souffrent dans les flammes.

Le Vénérable Dominique de Jésus, conformément à un usage dans l’ordre des Carmes, avait une tête de mort sur sa table. Un jour que le Vénérable lui avait jeté de l’eau bénite, cette tête se mit à parler et cria : « Encore plus, encore plus d’eau bénite! » C’est que, ajouta-t-il, l’eau bénite éteint les flammes de ce feu crucifiant. Oui, une goutte d’eau bénite est certainement souvent d’une plus grande efficacité qu’une longue prière parce que, hélas! notre prière est trop fréquemment tiède et pleine de distractions. Il en est tout autrement de la prière de l’Église attachée à l’eau bénite. Cette prière-là plaît au divin Sauveur, à chaque instant, en tout lieu et partout, chaque fois qu’elle lui est offerte, où que ce soit, par qui que ce soit. Voilà pourquoi les saintes âmes soupirent si fort après l’eau bénite, et si nous pouvions voir de quel tourment elles sont torturées, si nous pouvions percevoir leur instante supplication : « Donnez-nous une goutte d’eau bénite », il n’est pas douteux que nous tâcherions au moins le matin et le soir, et plus souvent pendant le jour, de jeter de l’eau bénite aux âmes du purgatoire.

Combien de fois ne devez-vous pas entrer et sortir! Que de courses dans une journée! Serait-ce donc pour vous un grand effort que de jeter une goutte d’eau bénite dans le purgatoire chaque fois que vous quittez la chambre?

Quelle joie ne procureriez-vous pas aux âmes? Quel service ne vous rendriez-vous pas à vous-mêmes et aux vôtres en le faisant ! Car les âmes du purgatoire ne sont pas des ingrates! Au moment même où vous leur rendez un service, elles lèvent leurs mains vers le Ciel et prient pour leurs bienfaiteurs avec une ferveur que les plus saintes créatures de la terre ne pourront jamais atteindre. Et Dieu écoute leurs prières avec autant de plaisir que celles que lui adressent ses plus pures épouses d’ici-bas, et Il envoie, dans les plus larges mesures, ses dons et ses grâces à ceux qui leur viennent en aide.

Non, un chrétien ne devrait jamais quitter sa chambre sans donner trois gouttes d’eau bénite :

  1. une pour lui et pour les siens afin que Dieu les garde de tous dommages de l’âme et du corps;
  2. une deuxième pour les mourants, surtout pour les pécheurs mourants, afin que Dieu leur accorde encore, à la dernière heure, la grâce et la conversion;
  3. et la troisième pour les âmes du purgatoire.

Oh! que de bénédictions et de garanties de salut, que de mérites et de grâces ne gagneriez-vous pas au cours de l’année pour vous, les vôtres et pour des hommes sans nombre, si vous vouliez pratiquer ce simple petit exercice de charité, sans compter que vous vous assureriez une foule d’intercesseurs dans la vie, à la mort et pour le purgatoire!

Si on savait que, à quelques heures de son pays, demeure un médecin qui fournit gratuitement la médecine, une médecine qui a déjà guéri un nombre infini de malades, mais qu’il faut aller chercher tous les huit jours chez ce médecin, quel empressement ne mettraient pas les gens à faire cette démarche? Croyez-moi, une médecine excellente, c’est l’eau bénite : des milliers ont déjà été guéris en s’en servant avec foi et l’accompagnant de prières, et ont éloigné le malheur de leur maison, de leur étable et de leurs champs.

Chaque jour, notre âme est exposée à des dangers de se perdre… nous avons donc besoin de grâces et de secours. Un des moyens les plus faciles et les plus efficaces de repousser les assauts de l’ennemi, c’est l’usage pieux de l’eau bénite. Toutes les fois que nous nous en servons, le Sauveur envoie secours, consolation et force pour que nous puissions faire le bien et éviter le mal.

Si vous entendiez sonner le tocsin et crier au feu, vraiment, vous partiriez à toutes jambes, pour procurer au plus tôt tout ce qui peut servir à éteindre l’incendie. Mais voilà, vous n’êtes pas assez fermement convaincus qu’au purgatoire brûle un feu d’une incroyable violence et que des millions et des millions d’âmes sont exposées si longtemps à ce feu effroyable! Eh bien! presque sans peine ni effort, nous pouvons venir en aide aux âmes dans les flammes, une goutte d’eau bénite est d’une si grande efficacité, et nous serions assez paresseux pour reculer devant cet effort?

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