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Être spirituel, intermédiaire entre Dieu et l’homme, messager des volontés divines.

La cité mystique de Dieu – Chapitre XIV

Comme le Très-Haut manifesta aux saints anges le temps déterminé et convenable de la conception de la très-sainte Vierge, et de ceux qu’il destina pour sa garde.

189. Toutes les choses qui doivent être sont décrétées et déterminées avec leurs propriétés et leurs circonstances du tribunal de la volonté divine, comme dans un principe inévitable et dans la cause universelle de tout ce qui est créé, sans qu’aucune y soit oubliée, ni qu’après avoir été déterminée, elle puisse être empêchée par aucune puissance créée. Tout l’univers et tout ce qu’il contient dépend de ce gouvernement ineffable, qui survient et qui concourt à tout avec les causes naturelles, sans avoir jamais manqué ni même pouvoir manquer d’un seul point au nécessaire. Dieu a fait tout ce qui est créé, et il le soutient par sa seule volonté; il dépend de lui de conserver l’être qu’il a donné à toutes choses, ou de le leur ôter, les réduisant au néant, d’où il les a tirées. Mais comme il les créa toutes pour sa gloire et pour celle du Verbe incarné, il s’est employé dès le commencement de la création à ouvrir et à disposer les voies par où le même Verbe devait descendre pour prendre chair humaine et pour converser avec les hommes, afin de les conduire à Dieu et de leur apprendre à le chercher, à le connaître, à le craindre et à le servir, à l’aimer, à mériter d’en jouir et de le louer éternellement.

190. Son saint nom a été admirable par toute la terre , et glorifié en la plénitude et en la société des saints, qu’il avait choisis pour en faire un peuple su Verbe incarné, qui en devait être le chef . Lorsque tout était en la dernière et convenable disposition en laquelle sa divine providence l’avait voulu mettre, et que le temps qu’elle avait déterminé pour créer cette merveilleuse femme, qui apparut su ciel revêtue du soleil , s’approchait; voulant réjouir et enrichir la terre par sa venue, la très-sainte Trinité pour exécuter son dessein décréta ce que je déclarerai par mes faibles expressions et par mes simples conceptions touchant ce que j’en ai découvert.

191. Nous avons déjà dit comment, à l’égard de Dieu, rien n’est ni passé ni futur, parce que tout est présent à son entendement divin et infini, connaissant toutes choses par un acte très-simple. Mais les réduisant à nos manières d’exprimer et à notre faible façon de concevoir, nous considérons que sa Majesté divine regarda les décrets quelle avait faits de créer une digne et proportionnée Mère dont le Verbe dût prendre chair humaine, car l’accomplissement de ses décrets est infaillible. Le temps convenable et déterminé étant donc déjà arrivé, les trois divines personnes dirent en elles-mêmes: «Il est temps que nous commencions l’ouvrage de notre bon plaisir, et que nous créions cette pure créature et cette âme a bienheureuse qui nous doit être chère sur toutes les autres. Ornons-la de riches dons, et déposons en elle seule les plus grands trésors de notre grâce. Puisque toutes les autres à qui nous avons donné l’être ont été ingrates et rebelles à notre volonté, s’opposant à l’intention que nous avions, qu’elles se conservassent dans le premier et heureux état auquel nous créâmes les premiers hommes, qu’ils s’y sont opposés par leur péché, et puisqu’il n’est pas convenable que notre volonté soit entièrement frustrée, créons en toute sainteté et perfection cette créature, en laquelle le désordre du premier péché n’ait aucune part. Créons une âme selon nos désirs, un fruit de nos attributs, a nu prodige de notre pouvoir infini, sans que la tache du péché d’Adam la souille ni l’approche Faisons un ouvrage qui soit l’objet de notre toute-puissance et un modèle de perfection que nous présenterons à nos enfants comme la fin du projet que nous eûmes en la création. Et puisqu’ils ont tous prévariqué en la volonté libre du premier homme et par le péché qu’il a commis , que cette seule créature soit le dépôt par lequel ceux qu’il a perdus par sa désobéissance soient restaurés; qu’elle soit l’unique image et ressemblance de notre divinité, et qu’elle soit pendant toutes les éternités le chef-d’œuvre de nos complaisances et de nos délices. Nous déposerons en elle toutes les prérogatives et toutes les grâces que nous destinions en notre première et conditionnelle volonté pour les anges et pour les hommes s’ils se fussent maintenus dans leur premier état. Mais puisqu’ils les ont perdues, renouvelons-les en cette créature, et nous ajouterons à ces dons plusieurs autres. Ainsi le décret que nous fîmes ne sera pas entièrement frustré de ses fins, mais il sera plutôt accompli dans toute sa perfection en la personne de notre élue et unique . Car ayant déterminé pour les créatures ce qui était le plus saint, et ayant prévenu ce qui leur était le plus avantageux, le plus parfait et le plus louable, faveurs dont elles se sont rendues indignes, il faut tourner le torrent de notre bonté vers notre bien-aimée, et l’exempter de la loi ordinaire de la génération de tous les mortels, afin que la semence venimeuse du serpent n’ait aucune part en elle. Je veux descendre du ciel dans son sein, et me revêtir de la nature humaine, que je prendrai de sa propre substance.

192. Il est juste que la Divinité, qui est inépuisable en bonté, choisisse une matière très-pure et très-nette pour se renfermer et pour se couvrir, et qui n’ait jamais été souillée par le péché. Notre équité et notre providence demandent ce qui est le plus décent, le plus parfait et le plus saint, et cela s’exécutera, puisqu’il n’est aucune chose qui puisse résister à notre volonté . Le Verbe qui se doit faire homme, étant le rédempteur et le maître des hommes, doit fonder et établir la très-parfaite loi de grâce, et y enseigner à obéir et à honorer le père et la mère , comme des causes secondes de l’être naturel. Et le Verbe divin doit être le premier à l’exécuter, honorant celle qu’il a choisie pour sa Mère par la protection de son bras tout-puissant, qui l’anoblira et l’honorera, en la prévenant par ce qu’il y a de plus admirable, de plus saint et de plus excellent dans toutes les grâces et dans tous les a trésors de ses dons, entre lesquels le plus singulier sera l’honneur et la grâce de ne la pas assujettir à nos ennemis ni à leur malice: ainsi elle doit être exempte de la mort du péché.»

193. «Le Verbe aura enterre une Mère sans père, comme il a su ciel un Père sans mère. Et afin qu’il a y ait sine due correspondance et une juste proportion et convenance en appelant Dieu Père, et cette femme Mère, nous voulons que toute l’égalité et correspondance possible s’observe entre Dieu et la créature, afin qu’en aucun temps le dragon infernal ne puisse se glorifier d’avoir été supérieur à la femme à qui Dieu a obéi comme à sa véritable Mère. Cette dignité d’être délivrée du péché est due et proportionnée à celle qui doit être Mère du Verbe, et lui sera d’un plus grand ornement et d’un plus grand profit, car c’est un plus grand bien d’être sainte que d’en être seulement Mère; ainsi toute la sainteté et toute la perfection doivent accompagner la dignité de Mère de Dieu. Et la chair humaine dont il se doit revêtir doit être éloignée et séparée du péché; et devant en elle racheter les pécheurs, il ne doit pas racheter sa propre chair, comme il rachètera les autres, puisque étant unie à la Divinité, elle doit être rédemptrice; et pour ce sujet nous la préservons par avance, puisque nous avons déjà prévu et accepté a en cette même chair et en cette nature les mérites infinis du Verbe; et nous voulons que pendant a toute l’éternité le Verbe incarné soit glorifié en son tabernacle et en la glorieuse habitation de l’humanité qu’il en a reçue.»

194. «Elle sera fille du premier homme, mais quant à la grâce singulière, elle sera libre et exempte de son péché; et quant à la nature, elle sera très-parfaite et formée par une providence spéciale. Mais parce que le Verbe incarné doit être le maître qui enseignera l’humilité et la sainteté, et qui ne les établira que par les travaux et les peines qu’il doit souffrir, pour confondre la vanité et les apparences trompeuses des mortels, faisant a élection de cet apanage comme d’un trésor que nous estimons le plus; nous voulons aussi que celle qui doit être sa Mère en ait sa bonne part, qu’elle soit unique et singulière en la patience, admirable dans a les souffrances, et qu’elle nous offre avec son Fils unique un sacrifice de douleur, qui sera agréablement reçu de notre volonté et d’une plus grande a gloire pour elle.»

195. Ce fut le décret que les trois personnes divines manifestèrent aux anges bienheureux, qui exaltèrent et adorèrent leurs très-hauts et impénétrables jugements. Et comme la Divinité est un miroir volontaire qui manifeste dans la même vision de gloire, quand il lui plait, de nouveaux mystères aux bienheureux, elle leur fit cette nouvelle démonstration de sa grandeur, pour leur découvrir l’ordre admirable et l’accord merveilleux de ses œuvres. Et tout ceci suivit ce que nous avons dit aux chapitres précédents, sur ce que Dieu fit en la création des anges, quand il leur proposa qu’ils devaient honorer et reconnaître le Verbe incarné et sa très-sainte Mère pour leurs supérieurs. Car le temps qu’il avait destiné pour la conception de cette grande Reine étant arrivé, il n’était pas convenable que le Seigneur, qui dispose toutes choses avec poids et mesure , le célât. Il ne m’est pas possible de ne pas ternir et de ne pas obscurcir par des termes humains et des expressions si bornées, la connaissance que le Très-Haut m’a donnée de mystères si profonds et si relevés; mais je ne laisserai pas de dire, autant que ma faiblesse me le permettra, ce que je pourrai touchant les grands secrets que le Seigneur découvrait aux anges dans cette occasion.

196. «Le temps est déjà arrivé, ajouta sa Majesté divine, auquel notre providence avait déterminé de donner le jour à notre plus agréable et chère créature, la restauratrice du premier péché du genre humain, celle qui doit écraser la tête du dragon , celle que cette mystérieuse femme représenta, et qui apparut en notre présence comme un très-grand signe , et celle qui donnera la chair humaine au Verbe éternel. Cette heure si fortunée pour les mortels s’est approchée, en laquelle nous leur devons distribuer les trésors de notre divinité, et par ce moyen leur ouvrir les portes du ciel. Que la rigueur de notre justice s’arrête dans les châtiments qu’elle a exercés jusqu’à présent sur les a hommes, et que l’attribut de notre miséricorde se fasse connaître, en enrichissant les créatures par les richesses de la grâce et de la gloire éternelle que le Verbe incarné leur méritera.»

197. «Que le genre humain reçoive un réparateur, un maître, un médiateur, un frère et un ami, qu’il soit la vie des morts, le salut des infirmes, la consolation des affligés, le soulagement, le repos et le compagnon des persécutés. Que les prophéties de nos serviteurs et les promesses que nous leur avons faites de leur envoyer un Sauveur pour les racheter, s’accomplissent. Et afin que le tout s’exécute selon notre bon plaisir, et pour commencer l’ouvrage de ce mystère caché dès le commencement du monde, faisons élection, pour former notre bien-aimée Marie, du sein d’Anne, notre humble servante, afin qu’elle y soit conçue, et que sa très-heureuse âme y soit créée. Et quoique sa génération et sa formation doivent être selon l’ordre commun de la naturelle propagation, ce sera néanmoins par un ordre différent de grâce, selon la disposition de notre immense pouvoir.»

198. «Vous savez déjà comme l’ancien serpent, depuis le signe qu’il vit de cette merveilleuse femme, rôde autour de toutes pour les dévorer; que depuis la première que nous créâmes, il poursuit par ses tromperies et par ses embûches celles qu’il connaît être les plus parfaites en leur vie et en leurs œuvres, dans l’espérance qu’il a de rencontrer entre toutes celle dont on le menaça qu’elle a le foulerait aux pieds et lui écraserait la tète. Il a n’est pas douteux que quand il reconnaîtra, par e les grandes diligences qu’il y apportera, la sainteté u singulière de cette très-pure et très-innocente créature, tous les soins et tous les efforts qu’il emploiera pour la persécuter ne soient aussi grands que l’estime qui il en concevra. L’orgueil pourtant de ce dragon sera bien plus grand que sa force ; ainsi il est de notre volonté que vous veilliez sur notre sainte cité, et protégiez d’une manière toute particulière ce tabernacle du Verbe incarné, pour la garder, la secourir et la défendre contre nos ennemis, et pour l’éclairer, la fortifier et la consoler avec un soin et un respect digne de son mérite, pendant qu’elle sera parmi les mortels.»

199. Tous les anges bienheureux se montrèrent avec une profonde humilité, et comme prosternés devant le trône de la très-sainte Trinité, soumis à cette proposition que le Très-Haut leur fit, et tout prêts à exécuter son divin commandement. Chacun d’eux désirait avec une sainte émulation d’être envoyé, et s’offrait à un si heureux emploi: faisant tous su Très-Haut des hymnes et des cantiques nouveaux de louanges, de ce que l’heure arrivait en laquelle ils voyaient l’accomplissement d’une chose qu’ils avaient demandée avec tant d’ardeur durant plusieurs siècles. Je connus dans cette occasion que, depuis cette grande bataille que saint Michel eut su ciel avec le dragon et ses alliés, qui furent ensuite précipités dans les ténèbres éternelles , les légions de saint Michel restant victorieuses et confirmées en grâce et en gloire, ces esprits bienheureux commencèrent alors à demander l’exécution des mystères de l’incarnation du Verbe, qui leur furent révélés, et persévérèrent à réitérer leurs demandes jusqu’à ce que Dieu leur manifestât l’heure de l’accomplissement de leurs désirs.

200. Les esprits célestes reçurent par cette nouvelle révélation une nouvelle joie et une gloire accidentelle, et dirent au Seigneur: «Très-Haut et incompréhensible Seigneur de toutes choses, vous êtes digne de tout honneur, de toute louange et d’une gloire éternelle, et nous sommes créés pour exécuter votre divine volonté. Employez-nous, Seigneur tout-puissant, à tout ce qui regardera vos merveilleux ouvrages et vos grands mystères, afin qu’en tous et en tout votre très-juste bon plaisir s’accomplisse.» Dans ces affections et dans ces souhaits, les princes célestes ne se croyaient pas dignes de cet honneur, et ils auraient souhaité, s’il eût été possible, d’être plus purs et plus parfaits, pour être plus dignes de garder et de servir cette Reine admirable.

201. Le Très-Haut détermina et assigna ceux qui devaient s’occuper à un ministère si relevé; et il fit choix de cent dans chaque chœur, pour faire le nombre de neuf cents, outre lesquels il en destina douze pour servir leur Reine en forme corporelle et visible avec plus d’assiduité, et leur imprima des signes on des devises de la rédemption: ce sont les douze dont il est fait mention dans l’Apocalypse, qui gardaient les portes de la cité, et j’en parlerai dans la déclaration que je ferai ci-après ce chapitre. Le Seigneur en assigna dix-huit autres des plus relevés, afin qu’ils montassent et descendissent par la mystique échelle de Jacob dont nous avons déjà parlé, pour faire les ambassades de la Reine au grand Roi, et du Seigneur à cette même Reine; car elle les envoyait plusieurs fois au Père éternel pour être dirigée dans toutes ses actions selon les mouvements du Saint-Esprit, n’en faisant aucune que par son ordre et conformément à sa divine volonté, en sorte qu’elle n’aurait pas fait la moindre chose sans l’avoir consulté auparavant. Et quand elle n’était pas instruite par une spéciale illustration, elle envoyait ces anges bienheureux au Seigneur pour lui représenter son doute et le désir qu’elle avait de faire ce qui était le plus agréable à sa très-sainte volonté, et pour recevoir ses commandements, comme nous dirons dans la suite de cette histoire.

202. Par-dessus le nombre de tous ces anges dont nous venons de faire mention’, le Très-Haut choisit encore soixante-dix des plus relevés séraphins et des plus proches du trône de la Divinité, afin qu’ils conférassent et communiquassent avec la Reine du ciel, de la même manière qu’ils communiquent et parlent entre eux, et que les supérieurs éclairent les inférieurs. Cet avantage fut accordé à la Mère de Dieu (quoiqu’elle fût supérieure en dignité et en grâce à tous les séraphins), parce qu’elle était voyageuse et inférieure par sa nature. Et quand le Seigneur s’absentait d’elle quelquefois en suspendant sa présence sensible, comme nous verrons: ci-après, ces soixante-dix séraphins l’illustraient et la consolaient, et elle leur communiquait les affections de son ardent amour et les tendres soucis que l’absence de son trésor lui causait. Le nombre de soixante-dix, dont elle fut favorisée, répond aux soixante-dix années de sa très-sainte vie, qui ne fut pas de soixante, comme je le dirai en son lieu. Ce nombre a rapport à ces soixante courageux qui gardaient le lit du roi Salomon, comme il est écrit dans le troisième chapitre des Cantiques, qu’on choisissait entre les plus vaillants d’Israël et les plus expérimentés en la guerre, ayant leurs épées à la ceinture pour le préserver pendant la nuit des surprises des ennemis.

203. Ces princes et ces forts capitaines jurent destinés pour la garde de leur Reine, et choisis parmi les premiers des ordres hiérarchiques: parce qu’en cette ancienne bataille qui se donna dans le ciel entre les esprits humbles et le superbe dragon, ils furent armés par le Roi souverain de l’univers, afin qu’ils combattissent et vainquissent Lucifer et tous les apostats qui le suivirent, avec l’épée de sa vertu et de sa parole divine . Et parce que dans ce fameux combat ces suprêmes séraphins se distinguèrent par un grand zèle pour l’honneur du Très-Haut, comme de braves et adroits cal haines en l’amour divin, ces armes de la grâce leur étant données parla vertu du Verbe incarné, dont ils défendirent l’honneur, combattant pour leur chef et leur Seigneur aussi bien que pour sa très-sainte Mère, dont les intérêts se trouvent inséparables des siens; c’est pourquoi il est dit qu’ils gardaient le lit de Salomon et ne l’abandonnaient jamais, et qu’ils avaient leurs épées à la ceinture , endroit qui désigne la génération humaine, et en elle l’humanité de notre Seigneur Jésus-Christ, conçue dans le lit virginal de Marie, de sa propre substance et de son sang le plus pur.

204. Les autres dix séraphins, qui restent pour achever le nombre de soixante-dix, furent aussi des plus relevés de ce premier ordre, qui témoignèrent plus de zèle pour l’honneur de la divinité et de l’humanité du Verbe et de sa très-sainte Mère: et, quoique ce combat des auges fidèles fût fort court, il y eut assez d’instants pour toutes ces opérations. Les principaux chefs de cette sainte milice qui se signalèrent te plus dans cette première épreuve furent comme récompensés par cet honneur particulier qu’ils reçurent, d’être encore chefs parmi ceux qui devaient garder leur Reine et leur Maîtresse. Ils font tous ensemble le nombre de mille anges, en comptant les séraphins avec les autres des ordres inférieurs; de manière que cette Cité de Dieu était suffisamment garnie pour se défendre contre les légions infernales.

205. Pour mieux ordonner cet invincible escadron on y mit à la tète le prince de la milice céleste, saint Michel; lequel, bien qu’il ne fût pas toujours présent à la Reine, lui manifestait néanmoins sa présence et l’accompagnait souvent. Le Très-Haut le lui destina, afin que, comme principal et extraordinaire ambassadeur de notre Seigneur Jésus-Christ, il s’employât dans quelques affaires mystérieuses de la très-sainte Vierge. Le prince saint Gabriel y fut aussi employé, afin qu’il descendit, par l’ordre du Père éternel, pour les légations et les mystères qui regardaient cette princesse du ciel. Et ce fut ce que la très-sainte Trinité ordonna pour sa défense et pour sa garde ordinaire.

206. Tout ce dénombrement se fit par une grâce spéciale du Seigneur; car j’eus connaissance qu’il y garda quelque ordre de justice distributive, parce que son équité et sa providence eurent égard aux opérations et à, la volonté avec lesquelles les anges bienheureux reçurent les mystères de l’incarnation du Verbe et de sa très-sainte Mère, qui leur furent révélés au commencement: les mouvements de leurs affections et de leurs inclinations n’étant pas égaux à obéir à la divine volonté et à recevoir les mystères qui leur furent proposés, la grâce tic produisant pas entiers tous les mémos effets: ce qui fut cause que les uns s’y soumirent par une dévotion spéciale, connaissant l’union des deux nature, la divine et l’humaine, en la personne du Verbe, cachée sous l’humble voile d’un corps humain, et élevée à titre chef de toutes les créatures. L’affection des autres se mouvait d’admiration de ce que le Fils unique du hère céleste voulait bien se faire passible et avoir ont si grand amour pour les hommes que de s’offrir à mourir pour eux. Les autres se distinguèrent par les louanges qu’ils rendirent au Très-Haut de ce qu’il devait créer une femme d’une excellence si admirable, qu’elle serait élevée en-dessus de tons les esprits célestes, et dont le Créateur prendrait chair humaine. Selon donc tous ces mouvements et leurs proportions, que le Tout Puissant voulut récompenser d’une gloire accidentelle, il destina ces anges fidèles pour les mystères de Jésus-Christ et de sa très-pure Mère, de la manière que seront récompensés ceux qui se signaleront en cette présente vie en quelque vertu, comme les docteurs, les vierges, et les autres parleurs auréoles.

207. Lorsque ces esprits: bienheureux se manifestaient corporellement, selon cet ordre, à la Mère de Dieu, comme je le dirai dans la suite, ils lui découvraient et lui représentaient par des devises et par des caractères lumineux les divers mystères, soit de l’incarnation, soit de la passion de notre Seigneur Jésus-Christ, et plusieurs autres qui représentaient cette même Reine, ses grandeurs et sa dignité: quoiqu’elle ne les pénétrât pas quand ils commencèrent de les lui manifester, parce que le Très-Haut commanda à tous ces anges qu’ils ne lui déclarassent pas qu’elle dit être Mère de son Fils unique jusqu’à ce que le temps déterminé par sa divine sagesse fût arrivé; mais pourtant qu’ils l’entretinssent toujours des mystères de l’incarnation et de la rédemption des hommes, pour la conserver dans ses ferventes demandes. Les langues humaines sont incapables, et mes paroles sont trop faibles pour manifester une lumière aussi relevée et; une connaissance aussi sublimes que celles que j’en ai reçues.

La cité mystique de Dieu – Chapitre XIII

Comme la conception de la très-sainte Marie fut annoncée par le saint archange Gabriel, et comme pour cela Dieu prévint sainte Anne d’une faveur singulière.

177. Les demandes de saint Joachim et de sainte Anne arrivèrent à la présence et au trône de la très-heureuse Trinité, où, étant exaucées et acceptées, la volonté divine fut manifestée aux anges bienheureux, comme si, à notre façon de concevoir, les trois personnes divines eussent parlé à eux, et leur eussent dit: «Nous avons déterminé par notre bénignité que la personne du Verbe prenne chair humaine, pour réa parer en elle tout le genre humain: nous l’avons a manifesté et promis aux prophètes, nos serviteurs, a afin qu’ils le prédissent au monde. La malice et les a péchés des vivants sont arrivés à un tel excès, qu’ils nous obligeraient d’exécuter la rigueur de a notre justice: mais notre bonté et notre miséricorde surpassent toutes leurs méchancetés, qui ne peuvent éteindre notre charité . Ayons égard qu’ils sont les ouvrages de nos mains, et que nous les avons créés à notre image et ressemblance , afin qu’ils fussent héritiers et participants de notre gloire éternelle. Considérons les agréables services que nos serviteurs et amis nous ont rendus, et le grand nombre de ceux qui se distingueront en nos louanges, et en la pratique de tout ce qui sera de notre bon plaisir. Jetons singulièrement notre vue sur Celle qui doit être élue entre toutes, qui sera la plus agréable, et l’objet de nos délices et de nos complaisances, et qui doit recevoir en son sein la personne du Verbe, et le revêtir de la mortalité de la chair humaine. Et puisque l’œuvre en laquelle nous devons manifester les trésors de notre Divinité au monde doit commencer, c’est maintenant le temps propre d’exécuter ce mystère. Joachim et Anne ont trouvé grâce devant nous; c’est pourquoi nous les a regardons avec miséricorde, et les prévenons par la vertu de nos dons et de nos grâces. Ils ont été fidèles en toutes sortes d’épreuves, ils ont rendu a témoignage de la vérité, et leurs âmes se sont rendues agréables en notre présence par leur sincère candeur. Que Gabriel, notre ambassadeur, leur aille donner des nouvelles de consolation et de joie, pour eux et pour tout le genre humain, et leur annonce que notre bénignité les a regardés et les a choisis pour l’accomplissement de nos desseins.»

178 Les esprits célestes ayant connu cette volonté et ce décret du Très-Haut, le saint archange Gabriel adorant et honorant sa divine Majesté en la manière que ces très-pures et spirituelles substances le font, étant humilié devant le trône de la très-sainte Trinité, il en sortit une voix intelligible qui lui dit; «Gabriel, illuminez, vivifiez et consolez Joachim et Anne, nos serviteurs, et dites-leur que leurs prières sont arrivées à notre présence, et que notre clémence les exaucées Promettez-leur qu’ils recevront un fruit de bénédiction par la faveur de notre droite, et qu’Anne concevra et enfantera une fille à laquelle nous donnons le nom de MARIE.»

179. Plusieurs mystères et secrets qui concernaient cette ambassade furent révélés à (archange saint Gabriel, recevant ce commandement du Très-Haut, qui le fit descendre incontinent du ciel empyrée pour s’acquitter de sa mission. Il apparut à saint Joachim, qui était en oraison, et lui dit; «Homme juste et équitable, le Très-Haut a vu de son trône royal vos désirs, et a exaucé vos prières et vos larmes: il vous rend heureux en la terre. Anne, voire épouse, concevra et enfantera une fille qui sera bénie entre toutes les femmes, et que toutes les nations reconnaîtront comme bienheureuse . Celai qui est le Dieu éternel, incréé et créateur de tontes choses, très-équitable en ses jugements, très-puissant et très-fort, m’envoie vers vous, d’autant que vos œuvres et vos aumônes lui ont été agréables. La charité attendrit le cœur du Tout-Puissant, et hâte ses miséricordes; c’est pourquoi il veut enrichir avec libéralité votre maison et votre famille par la fille qu’Anne concevra, à laquelle le même Seigneur donne le nom de MARIE. Elle doit être dès a son enfance consacrée à Dieu dans son temple, comme vous le lui avez promis. Elle sera grande, a élue, puissante et remplie du Saint-Esprit; et sa conception sera miraculeuse à cause de la stérilité d’Anne; et cette fille sera en sa vie et en ses œuvres a un prodige de grâces et de bénédictions. Louez, Joachim, le Seigneur pour un tel bienfait, et exaltez son saint nom, car il n’a rien opéré de si grand en aucune nation. Vous monterez au temple de Jérusalem pour y rendre vos actions de grâces; et, en témoignage de cette vérité et de cette bonne nouvelle que je vous annonce, vous rencontrerez votre sœur Anne à la porte d’Or, qui ira au temple pour le même sujet. Je vous avertis que cette ambassade est merveilleuse, car la conception de cette fille réjouira le ciel et la terre.»

180. Saint Joachim reçut cette apparition en un sommeil mystérieux qu ïl eut dans la longue prière qu’il fit, afin que cette ambassade fût conforme à celle que saint Joseph, époux de la très-sainte Vierge, reçut ensuite, quand il lui fut manifesté qu’elle était enceinte par l’opération du Saint-Esprit . Le très-heureux saint Joachim revint de ce sommeil tout rempli de joie et de consolation; et, par une prudente précaution, il cacha dans son cœur le secret du grand Roi; il s’en alla au temple par un commandement exprès, où il se prosterna avec une vive foi et une forte espérance en la présence du Très-Haut, et, tout pénétré qu’il était de tendresse et de reconnaissance, lui rendit des actions de grâces, et y adora ses jugements impénétrables .

181. Au même temps que ceci arrivait à saint Joachim, sainte Anne était dans une contemplation très-sublime, et tout absorbée cri Dieu et dans le mystère qu’elle attendait de l’incarnation dit Verbe éternel, dont le même Seigneur lui avait donné de très-hautes connaissances, et communiqué une lumière infuse toute particulière. Elle demandait à sa Majesté, avec une humilité profonde et une vive foi, que la venue du Réparateur du genre humain fût avancée, faisant cette prière; «Roi de très-haute majesté, et Seigneur de tout ce qui est créé, je désirerais, quoique vile a et abjecte créature (mais pourtant ouvrage de vos mains), obliger votre infinie bonté au prix de cette vie que j’ai reçue de vous, Seigneur, d’avancer le temps de notre salut. O quel bonheur, si votre clémence inépuisable s’inclinait à notre grand besoin, et si nos yeux avaient la consolation de voir le Réparateur et le Rédempteur des hommes! Souvenez-vous, Seigneur, des anciennes miséricordes que vous avez pratiquées envers votre peuple, lui promettant votre Fils unique, et que cette délibération de votre amour infini vous y oblige; que ce jour si désiré arrive avant que nous achevions les nôtres. Est-il bien possible que le Très Haut veuille descendre de son trône céleste! Est-il possible qu’il ait une mère sur la terre! Quelle femme sera si heureuse et si fortunée! Oh! qui la pourrait voir! Qui serait digne de servir ses servante! Bienheureuses les nations qui la verront et qui pourront se prosterner à ses pieds et l’adorer. Combien douce sera sa vue! Combien sera charmante sa conversation! Heureux les yeux qui la verront; heureuses les oreilles qui entendront ses discours, et la famille qui aura le glorieux avantage de lui donner une Mère. Que ce décret, Seigneur, s’exécute maintenant, et que votre divine volonté s’accomplisse.»

182. Sainte Aune s’occupait en de semblables oraisons et colloques après les connaissances qu’elle reçut de cet ineffable mystère, et elle en communiquait toutes les raisons à son ange gardien, qui lui apparaissait souvent, et principalement dans cette occasion, en laquelle il se fit voir plus éclatant qu’à l’ordinaire. Le Très-Haut ordonna que l’ambassade de la conception de sa très-sainte Mère frit en quelque chose semblable à celle qui se devait faire ensuite touchant son ineffable incarnation; parce que sainte Anne s’occupait à méditer avec une humble ferveur sur le bonheur de celle qui devait être mère de la Mère du Verbe incarné; et la très-sainte Vierge formait les mêmes souhaits et les mêmes actes touchant celle qui devait être mère de Dieu, comme je le dirai eu son lieu: le même ange faisant sous une forme humaine les deux ambassades, bien que l’apparition qui se fit à la Vierge Marie fût avec plus d’éclat et avec plus de mystère.

183. Le saint archange Gabriel se présenta à sainte Anne sous une forme humaine, plus beau et plus reluisant que le soleil, et lui dit; «Anne, servante du Très-Haut, je suis l’ange du conseil de sa divine Majesté, envoyé des cieux par son infinie bonté, qui regarde toujours favorablement les humbles qui habitent la terre . La prière persévérante est bonne, et l’humble confiance lui est agréable. Le Seigneur a exaucé vos demandes, parce qu’il est près de ceux qui l’invoquent avec une foi vive et une ferme espérance , et qui attendent avec patience et avec résignation les effets de sa miséricorde. Que s’il tarde quelquefois d’accomplir les souhaits et les prières des justes, et s’il semble ne vouloir pas leur accorder ce qu’ils lui demandent, ce n’est que pour les disposer à l’obtenir de sa bonté beaucoup plus avantageusement. La prière et l’aumône sont des clefs qui ouvrent les trésors du Roi tout-puissant, et attirent les richesses de ses miséricordes sur ceux qui l’invoquent . Vous et Joachim avez demandé un fruit de bénédiction, et le Très-Haut a déterminé de vous le donner autant admirable que saint, et de vous accorder beaucoup plus que vous ne lui avez demandé, en vous enrichissant de ses dons célestes; parce que vous étant humiliés dans vos demandes, le Seigneur, satisfaisant vos désirs, se veut exalter avec magnificence: car la créature ne lui saurait être plus agréable que lorsqu’elle lui demande avec humilité et confiance, sans douter de son pouvoir infini. Persévérez dans vos prières, et demandez sans casse le remède du genre humain, afin d’obliger le Seigneur de vous exaucer. Moise , par la persévérance de sa prière, rendit son peuple victorieux. Esther, par la prière et par la confiance, le délivra de la mort. Judith, par la même prière, fut fortifiée et encouragée pour réussir dans une aussi difficile exécution que celle qu’elle devait entreprendre pour la défense d’Israël; et elle en vint à bout, n’étant qu’une femme faible. David vainquit Goliath, parce qu’il pria en invoquant le nom du Seigneur . Élie obtint le feu du ciel pour son sacrifice, et il ouvrait et fermait les cieux par sa prière . L’humilité, la foi et les aumônes de Joachim aussi bien que les vôtres sont montées jusqu’au qu’au trône du Très-Haut, qui m’a envoyé, comme l’un de ses ministres angéliques, pour vous combler de joie et de consolation par les bonnes nouvelles que je vous annonce; parce que sa divine Majesté vous veut rendre bienheureuse, en vous choisissant pour mère de celle qui doit concevoir et enfanter le a Fils unique du Père éternel. Vous enfanterez une fille qui s’appellera MARIE par une ordonnance divine. Elle sera bénie entre toutes les femmes, et remplie du Saint-Esprit. Elle sera la nuée qui vous doit donner la rosée du ciel pour le soulagement des mortels, et les prophéties de vos anciens pères s’accompliront en elle. Elle sera la porte de la vie a et du salut pour les enfants d’Adam. Et vous saurez que j’ai annoncé à Joachim qu’il aurait une fille qui sera bienheureuse et bénie; mais le Seigneur lui a caché le mystère, ne lui manifestant pas quelle dût être mère du Messie. C’est pourquoi vous devez garder ce secret: et vous irez au plus tôt au a temple, pour y rendre grâces au Très-Haut de tant de faveurs que sa puissante et libérale droite vous a faites. Vous rencontrerez Joachim à la porte d’Or, où vous confèrerez avec lui des assurances que vous avez reçues de votre enfantement. Mais pour vous, qui êtes bénie du Seigneur, son infinie Majesté veut vous visiter et enrichir par ses plus singulières a grâces; il parlera à votre cour dans la solitude , et donnera le principe à la loi de grâce, en donnant l’être dans votre sein à Celle qui doit donner la chair mortelle au Seigneur immortel par la forme humaine qu’il en recevra. Et la véritable loi de miséricorde sera écrite dans cette humanité unie au Verbe par son sang .»

184. Afin que la faiblesse de l’humble cœur de sainte Anne pût supporter la grande admiration et la joie extraordinaire que lui causait la nouvelle que cet ambassadeur céleste lui donnait, elle fut fortifiée par le Saint-Esprit: ainsi elle la reçut avec une consolation inconcevable de son âme. Ensuite elle s’en alla au temple de Jérusalem, où elle rencontra saint Joachim, comme l’ange le leur avait prédit. Ils y rendirent tous deux des actions de grâces à l’auteur de cette merveille, et ils y offrirent des dons et des sacrifices particuliers. Ils y reçurent de nouvelles illustrations de la grâce de l’Esprit divin, et ils s’en retournèrent en leur maison remplis de consolations célestes, s’entretenant des faveurs qu’ils venaient de recevoir du Très-Haut par le ministère de son saint ange Gabriel, qui leur avait annoncé et promis à chacun en particulier, de la part du Seigneur, qu’il leur donnerait une fille qui serait la plus éminente en bonheur et en gloire. Et ils se communiquèrent dans cette occasion l’ordre qu’ils avaient reçu du même ange, de se marier ensemble pour le plus grand service de Dieu. Ils différèrent vingt ans de se communiquer ce secret, et ils ne le firent qu’après que l’ange leur eut promis la succession d’un telle fille. Ils renouvelèrent ensuite leurs vœux de l’offrir au temple, qu’ils y monteraient tous les ans dans un semblable jour, avec des offrandes extraordinaires, et qu’ils l’emploieraient en de divines louanges, en des actions de grâces et en aumônes. Ce qu’ils exécutèrent après; et ils ne cessèrent de rendre honneur et gloire au Très-Haut.

185. La prudence de sainte Anne lui fit garder le secret caché, sans jamais découvrir à saint Joachim, ni à aucune autre créature, que sa fille dût être la mère du Messie. Et le saint père n’en connut autre chose durant tout le cours de sa vie, sinon qu’elle serait une grande et mystérieuse femme; mais le Très-Haut le lui manifesta seulement quelques moments avant sa mort, comme je le dirai en son lieu. Et quoique j’aie reçu de grandes pénétrations et de sublimes conna4ssances des vertus et de la sainteté de ces deux saints parents de la Reine du ciel, je ne m’arrête point à déclarer ce que tous les fidèles doivent supposer, pour passer à mon principal dessein.

186. La première conception du corps qui devait servir à la Mère de la grâce, ayant été faite, et avant que de créer son âme très-sainte, Dieu fit une faveur singulière à sainte Anne. Elle eut une vision ou apparition intellectuelle de sa divine Majesté qui lui arriva d’une façon très-relevée; et, lui communiquant dans cette vision de grandes connaissances et des dons particuliers de grâces, il la disposa et la prévint par de très-douces bénédictions . Par la parfaite pureté qu’il lui communiqua, il spiritualisa tout son corps, et éleva son âme à un tel degré de perfection, que dès ce jour elle ne s’occupa à aucune chose humaine qui pût l’empocher d’unir toutes ses affections et toutes ses puissances à Dieu, sans le perdre jamais de vue. Le Seigneur lui dit, pendant qu’il lui départait, ces faveurs: «Anne, ma chère servante, je suis le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob: ma bénédiction et ma lumière éternelle est avec toi. J’ai formé l’homme pour l’élever de la poussière, pour le faire héritier de ma gloire et participant de ma Divinité. Quoique je l’aie enrichi de plusieurs dons et que je l’aie mis en un état très-parfait, il a tout perdu en écoutant le serpent. Mais, oubliant par un effet de ma bonté son ingratitude, je veux réparer son dommage, et accomplir ce que j’ai promis à mes serviteurs et à mes prophètes, de leur envoyer mon Fils unique et leur rédempteur. Les cieux sont fermés, les anciens pères sont détenus sans pouvoir jouir de ma face, et sont privés du prix de ma gloire éternelle, que je leur ai promis: l’inclination de ma bonté infinie est comme violentée en ne se communiquant pas au genre humain. Je voudrais déjà user de ma miséricorde libérale à son égard, et lui donner la personne du Verbe éternel, afin qu’il se fasse homme, naissant d’une femme qui soit mère et vierge immaculée, pure, bénie et sainte sur toutes les créatures; et, pour en venir à l’exécution, je te fais mère de cette mienne et unique élue .»

187. Je ne puis pas facilement expliquer les effets que causèrent ces paroles du Très-Haut dans le cœur candide de sainte Anne, ayant été la première des mortels à qui le ministère de sa très-sainte fille fut révélé: qu’elle serait Mère de Dieu, et que celle qui était choisie pour le plus grand ouvrage de la puissance divine serait conçue dans son sein. Il était convenable aussi qu’elle en fût informée, parce qu’elle devait enfanter et élever avec tous ses soins cette mystérieuse fille, et afin qu’elle sût estimer le trésor qu’elle possédait. Elle écouta avec une humilité profonde la voix du Seigneur, et répondit avec une sainte crainte: «Seigneur Dieu éternel, c’est le propre de votre bonté immense, et l’ouvrage de votre puissant bras, de tirer le pauvre et le méprisé de la confusion . Je me reconnais, Seigneur, indigne de telles a miséricordes et de tels bienfaits. Que peut faire ce petit vermisseau en votre présence? Je ne puis vous offrir en actions de grâces que votre être même et votre propre grandeur, et en sacrifice, que mon âme et toutes mes puissances. Faites, Seigneur, de moi selon votre sainte volonté, puisque je m’y abandonne entièrement. Je voudrais être aussi dignement vôtre, que les grandes faveurs que vous me faites le méritent; mais que ferai-je, moi qui suis indigne d’être la servante de celle qui doit être mère de votre Fils unique et ma fille? Je confesserai, Seigneur, toujours cette vérité, dont je suis pénétrée, aussi bien que mon extrême pauvreté, qui ne m’empêchera pas de me prosterner aux pieds de vos immenses grandeurs pour y attendre les effets de votre miséricorde, puisque vous êtes un père pitoyable et le Dieu tout-puissant. Rendez-moi telle, Seigneur, que la dignité dont vous m’honorez le demande.»

188. Sainte Anne eut une merveilleuse extase dans cette vision, où elle reçut des connaissances très-profondes de la loi de nature, de la loi écrite et de la loi évangélique. Elle y découvrit comment la nature divine, dans le Verbe éternel, se devait unir à la nôtre; comment la très-sainte humanité serait élevée à l’être de Dieu, et plusieurs autres mystères de ceux qui se devaient opérer en l’incarnation du Verbe divin: le Très-Haut la disposant, par ces illustrations et par d’autres dons de grâces, pour la conception et la création de l’âme de sa très-sainte fille, qui devait être Mère de Dieu.

La cité mystique de Dieu – Chapitre X

Qui continue l’explication du chapitre douzième de l’Apocalypse.

120. Malheur à vous, terre et mer, car le diable est descendu vers vous dans une grande colère, sachant qu’il ne lui reste que peu de temps . Malheur à la terre, où tant de péchés et de méchancetés innombrables se doivent commettre! Malheur à la mer de ce que de telles offenses de son Créateur se commettant à sa vue, elle n’a pas rompu ses barrières pour inonder et noyer, les transgresseurs, vengeant les injures de son Seigneur! Mais malheur à la mer profonde et endurcie en méchanceté de ceux qui ont suivi ce diable, qui est descendu vers vous pour vous faire la plus cruelle et la plus inouïe de toutes les guerres! Sa rage est celle du plus fier des dragons, et surpasse celle d’un lion dévorant ; car il prétend anéantir toutes choses, et il lui semble que tons les siècles sont courts pour exécuter son courroux. Telle est la, soif et l’avidité insatiable qu’il a de nuire aux mortels; car tout le temps de leur vie ne lui suffit pas, parce qu’elle doit finir, et sa fureur souhaiterait des temps éternels, s’ils étaient possibles, pour faire la guerre aux enfants de Dieu. Et surtout la colère qu’il a contre cette heureuse femme qui lui doit écraser la tète est implacable. C’est pourquoi l’évangéliste ajoute

121. Quand donc le dragon eut vu qu’il était rejeté en terre, il persécuta la femme qui avait enfanté le Fils . Quand le serpent ancien eut vu le lieu et l’état très-malheureux ce il était tombé, ayant été lancé du ciel empyrée, il brillait d’une plus grande fureur et d’une plus cruelle envie, se rongeant comme une vipère les entrailles. Il conçut une telle indignation contre cette femme, Mère du Verbe humanisé, qu’il surpassa tout ce qui s’en peut dire et concevoir. Il s’en découvre néanmoins quelque chose par ce qui arriva immédiatement après que ce dragon fut précipité dans les enfers avec ses troupes de méchancetés, que je raconterai ici le mieux qu’il me sera possible et selon que l’intelligence me l’a manifesté.

122. Pendant toute la première semaine dont la Genèse fait mention, en laquelle Dieu s’appliquait il la création du monde et de ses créatures, Lucifer et les démons s’occupèrent à conférer ensemble pour inventer des méchancetés contre le Verbe qui se devait humaniser, et contre la femme dont il devait naître. Le premier jour, qui répond au dimanche, les anges furent créés, il leur fat donné une loi et des préceptes sur ce en quoi ils devaient obéir; les mauvais y furent désobéissants et transgressèrent les commandements du Seigneur, et par la disposition de la divine Providence toutes les choses susdites arrivèrent jusqu’au matin du second jour, qui répond su lundi, auquel Lucifer et tous ceux de son parti furent précipités dans l’enfer. Ces stations, ces demeures ou ces intervalles des anges, de leur création, opérations, bataille et chuté, ou glorification, répondirent à cet espace de temps. Dans l’instant que Lucifer et ses associés eurent fait leur première et funeste entrée dans l’enfer, ils y tinrent un conciliabule, qui dura jusqu’au jour qui répond su matin du jeudi. Lucifer employa pendant ce temps-là tout son savoir et toute sa malice diabolique à conférer avec les démons sur les moyens qu’ils pourraient trouver pour offenser Dieu davantage et se venger du châtiment dont il les avait punis. Leur conclusion fut que, comme ils connaissaient que Dieu devait aimer tendrement les hommes, la plus grande vengeance qu’ils en pourraient avoir et la plus grande injure qu’ils lui pourraient faire, serait d’empêcher les effets de cet amour, en trompant, persuadant et incitant autant qu il leur serait possible les mêmes hommes à perdre l’amitié et la grâce de Dieu, à lui être ingrats et rebelles à sa volonté.

123. «Nous devons travailler à y réussir (disait Lucifer), et employer pour cela toutes nos forces, tous nos soins et toute notre science; nous soumettrons, les hommes à notre loi et à notre volonté pour les détruire; nous persécuterons la nature humaine et la priverons de la récompense qui luit a été promise. Procurons fortement qu’ils n’arrivent point à voir la face de Dieu, puisque nous en avons été privés injustement. Je dois remporter de grands triomphes sur eus, je les détruirai et je les réduirai à ma volonté.. Je sèmerai de nouvelles doctrines, des erreurs et des lois entièrement contraires à celles du Très-Haut. Je choisirai et j’élèverai parmi ces hommes des prophètes et des chefs de nouveautés, qui répandront les doctrines; que je sèmerai parmi eux ; et pour me venger de leur Créateur, je les placerai ensuite avec moi dans ce profond tourment. J’affligerai les pauvres, j’opprimerai les affligés et je persécuterai les humbles; je sèmerai des discordes, je causerai des guerres, je susciterai des dissensions, et je formerai des superbes et des téméraires: je prolongerai la loi du péché, et quand ils s’y seront soumis, je les ensevelirai dans ce feu éternel; et ceux qui me seront les plus fidèles seront les plus tourmentés. Et c’est en cela que consistera mon royaume et la récompense de mes serviteurs.

126. «Je ferai une cruelle guerre au Verbe incarné, bien qu’il soit Dieu, puisqu’il sera homme aussi, d’une nature inférieure à la mienne. J’élèverai mon trône au-dessus du sien et ma dignité au-dessus de la sienne, je le vaincrai et l’abattrai par ma puissance et par mes ruses; la femme qui doit être sa Mère périra par mes mains. Comment une seule femme pourra-t-elle résister à ma puissance et nuire à ma grandeur? Et vous, ô démons! qui êtes insultés avec moi, suivez-moi et m’obéissez en cette vengeance, comme vous l’avez fait dans la désobéissance. Feignez d’aimer les hommes, pour les perdre, et de les servir, pour les détruire et les tromper; vous les assisterez pour les pervertir et les mener dans mes enfers.» Il n’est pas possible d’exprimer la malice et la fureur de ce premier conciliabule que Lucifer tint dans l’enfer contre le genre humain, qui n’était point encore, mais parce qu’il devait être. Tous les vices et tous les péchés du monde y furent inventés, le mensonge, les sectes et les erreurs en sortirent; toute sorte d’iniquités reçut son origine de ce chaos et de cette assemblée abominable; et tous ceux qui pratiquent le mal sont les esclaves de ce prince des ténèbres.

125. Ce conciliabule étant achevé, Lucifer désira de parler à Dieu, et sa Majesté lui en donna la permission par ses jugements profonds. Cela arriva de la manière dont Satan parla quand il demanda le pouvoir de tenter Job ; puis arriva le jour qui répond au jeudi; et il dit au Très-Haut: a Seigneur, puisque votre main m’a été si pesante, me punissant avec tant dé cruauté, et que vous avez déterminé tout ce qu’il vous a plu en faveur des hommes que vous voulez créer, voulant si fort agrandir et élever le Verbe incarné, et enrichir avec lui la femme qui doit être sa Mère par tous es dons que vous lui destinez soyez donc équitable et juste, et puisque vous m’avez donné la permission de persécuter les autres hommes, donnez-la-moi aussi de pouvoir tenter ce Christ Dieu et homme et la femme dont il doit naître et leur faire la guerre. Donnez-moi permission d’y employer tontes mes forces.» Lucifer tint alors d’autres discours, et il s’humilia à demander cette licence (l’humilité étant si fort opposée à son orgueil), parée que la rage et le désir démesuré qu’il avait d’obtenir ce qu’il souhaitait étaient si grands, qu’ils firent plier son orgueil, une méchanceté cédant à une autre; car il connaissait qu’il ne pouvait rien entreprendre sans la permission du Tout-Puissant. Et il se serait humilié une infinité de fois pour pouvoir tenter notre Seigneur Jésus-Christ, et singulièrement sa très-sainte Mère, appréhendant qu’elle ne lui écrasât la tête.

126. Le Seigneur lui répondit: «Tu ne dois pas, Satan, par justice, demander cette permission; car le Verbe incarné est ton Dieu, ton Seigneur toutes puissant et ton Souverain, quoiqu’il doive être a homme véritable tout ensemble, et tu n’es que sa a créature. Que si les autres hommes pèchent et que tu les soumettes par leurs péchés à ta volonté, il n’est pas possible que tu trouves le péché en mon Fils unique incarné. Si les hommes deviennent par ton moyen esclaves du péché, le Christ doit être saint, juste et séparé des pécheurs , qu’il rachètera et relèvera s’ils tombent. Cette femme contre qui tu es si fort enragé, quoiqu’elle soit une pure créature et fille d’un pur homme, sera néanmoins par ma détermination préservée du péché, et elle a sera toujours toute mienne; et je ne veux pas que par aucun titre et par aucun droit tu aies jamais sur elle aucun pouvoir.»

127. A, quoi Satan repartit: «Quel mérite et quelle sainteté si singulière trouvera-t-on en cette femme si elle ne doit jamais avoir aucun ennemi qui la persécuté et qui l’incite au péché? Cela n’est nullement de l’équité ni de la droite justice, et ne peut être ni raisonnable, ni louable.» Lucifer ajouta plusieurs autres blasphèmes avec un orgueil téméraire. Mais le, Très-Haut, qui dispose tout avec une sagesse infinie, lui répondit: «Je te permets de tenter le Christ, car il sera en ceci le modèle et le maître des autres. Je te permets aussi de persécuter cette à femme, mais tu ne la toucheras pas en sa vie naturelle, ne voulant pas en ceci exempter le Christ u et sa Mère, mais au contraire je consens que tu lés a tentes comme les autres.» Le dragon fut plus satisfait de cette permission que de toutes celles qu’il avait reçues de persécuter tous lés hommes en général; et il détermina d’y porter un plus grand soin dans l’exécution (comme il fit en effet), qu’en aucun autre de ses ouvrages, et dune se fier en cela à aucun autre démon, mais d’en prendre lui-même le soin. Et c’est pourquoi l’évangéliste continue:

128. Le dragon persécuta la femme qui avait enfanté le Fils: parce qu’en ayant obtenu la permission du Seigneur, il combattit d’une manière inouïe et persécuta celle qu’il s’imaginait pouvoir être la Mère de Dieu incarné. Et parce que je dirai en son lieu quels furent ces essais et ces combats, je dis seulement ici qu’ils furent au-dessus de toute imagination humaine. La manière d’y résister et de les vaincre avec tant de gloire fut aussi admirable, puisqu’il est dit que pour se défendre du dragon: Il lui fut donné deux ailes d’un grand aigle, afin quelle s’envolât dans le désert en son lieu, où elle est nourrie pendant un temps et des temps . La très-sainte Vierge reçut ces deux ailes avant que, d’entrer en ce combat, car le Seigneur la prévint par des dons et des faveurs particulières. L’une des ailes fut une science infuse qu’elle reçut de nouveau des plus grands mystères et des secrets divins. L’autre fut une nouvelle et très-profonde humilité, comme je l’expliquerai dans la suite. Elle s’envola avec ces deux ailes vers le Seigneur, comme vers son centre, car elle ne vivait et n’opérait qu’en lui seul. Elle vola comme un sigle royal, sans jamais se tourner du côté de l’ennemi, étant la seule en ce vol, vivant dans un lieu désert de tout ce qui est créé et terrestre, et seule avec la seule Divinité, sa dernière fin. Dans cette solitude, elle fut nourrie pendant un temps et des temps; nourrie de la très-douce manne et de l’aliment de la grâce et des paroles divines; et fortifiée par les faveurs du bras du Tout-Puissant, pour un temps et par des temps; parce qu’elle reçut durant sa vie cette nourriture, et principalement dans ce temps auquel elle soutint les plus grands efforts de Lucifer, car elle fut alors secourue par des faveurs plus grandes et plus proportionnées. Pour un temps et par des temps s’explique aussi de cette félicité éternelle où toutes ses victoires furent récompensées et couronnées.

129. Et la moitié d’un temps hors de la présence du serpent . Cette moitié de temps fut celui que la très-sainte Vierge vécut sur la terre, délivrée de la persécution du dragon et de; sa présence; car, après l’avoir vaincu dans les combats qu’elle eut avec lui par la disposition divine, elle en fut délivrée comme victorieuse. Et ce privilège lui fut accordé, afin qu’elle jouit de la paix et du calme qu’elle avait mérité étant victorieuse de l’ennemi, comme je le dirai ci-après. Mais l’évangéliste dit que, pendant que la persécution dura, le serpent jeta de sa gueule après la femme comme un fleuve d’eau, afin qu’elle fût emportée parle courant mais la femme fut secourue par la terre, qui s’ouvrit et engloutit le fleure que le dragon avait jeté . Lucifer exerça toute sa malice et toutes ses forces contre cette divine Reine, et lui en donna les prémices, parce que tous ceux qui en ont été tentés lui étaient moins importants que la seule Marie. Et les tromperies, les méchancetés et les tentations sortaient avec plus de violence de la gueule de ce dragon coutre elle, que les eaux impétueuses d’un fleuve précipité ne courent dans leurs abîmes. Mais la terre lui fut favorable, parce que la terre de son corps et de ses passions ne fut point maudite, et n’eut aucune part ù cette sentence ni au châtiment que Dieu fulmina contre nous en Adam et Ève, que notre terre serait maudite, et qu’elle produirait des épines au lieu de fruits , restant blessée en sa nature par l’aiguillon du péché, qui nous pique et nous contrarie toujours, et dont le démon se sert pour perdre les hommes, car il trouve en nous ces armes si fortes et si puissantes contre nous-mêmes; et, se prévalant de nos propres inclinations, il nous entraîne par des charmes trompeurs, par des plaisirs apparents et par ses fausses persuasions, après les objets sensibles et terrestres.

130. Mais la très-pure Marie, qui fut une terre sainte et bénie du Seigneur, sans aucune atteinte de ce fatal aiguillon ni d’aucun autre effet du péché, était si assurée en la terre, qu’elle n’en pouvait recevoir aucun dommage; au contraire, elle fût favorisée par ses inclinations très-bien réglées et entièrement soumises à la raison et à la grâce. Ainsi elle s’ouvrit pour engloutir le fleuve des tentations que le dragon lui vomissait inutilement, car il n’y trouva pas la matière disposée ni aucun penchant au péché, comme il arrive aux autres enfants d’Adam, dont les passions dépravées et terrestres aident plutôt à grossir ce fleuve qu’à le tarir, parce que nos passions et notre nature corrompue s’opposent toujours à la raison et à la vertu. Le dragon connaissant combien ses prétentions étaient inutiles contre cette mystérieuse femme, il est ajouté:

131. Ce qui anima le dragon contre la femme; et il s’en alla faire la guerre aux autres de sa génération qui gardent les commandements de Dieu et qui ont le témoignage de Jésus-Christ . Ce grand dragon ayant été entièrement vaincu par la glorieuse Reine de tout ce qui est créé, s’en alla pour éviter la confusion du nouveau tourment que lui et tout l’enfer devaient recevoir de sa,témérité, et se détermina de faire une cruelle guerre aux autres âmes de la même espèce et génération que la très-sainte Vierge, qui sont les fidèles marqués en leur baptême du caractère et du sang de Jésus-Christ pour garder ses témoignages. Car Lucifer et ses mous tournèrent toute leur rage avec plus de violence contre la sainte Église et contre ses membres, quand ils virent qu’ils ne pouvaient rien gagner contre notre Seigneur Jésus-Christ leur chef, ni contre sa très-sainte Mère, s’attachant singulièrement à faire la guerre avec une indignation particulière aux vierges consacrées à Jésus-Christ, et faisant tout leur possible pour détruire cette vertu de chasteté virginale, comme une semence choisie, et comme les précieux gages de la très-chaste Vierge et Mère de l’Agneau. C’est pourquoi l’Évangéliste dit, en achevant le chapitre, que:

132. Le dragon s’arrêta sur le sablon de la mer , qui est la vanité méprisable de ce monde, dont le dragon se nourrit et la broute comme de l’herbe. Tout ceci se passa dans le ciel, et -plusieurs choses furent manifestées aux anges dans les décrets de la volonté divine touchant les privilèges qui s’y préparaient pour la Mère du Verbe, dans le sein de laquelle il devait se faire homme. Je n’ai pas bien pu déclarer tout ce que j’en ai découvert; car je suis devenue plus pauvre par l’abondance des mystères, et les termes me manquent pour les exprimer.

La cité mystique de Dieu – Chapitre VII

De quelle manière le Très-Haut commença ses ouvres, et comme il créa les choses matérielles pour l’homme et les anges et les hommes, afin qu’ils fissent un peuple dont le Verbe humanisé fût le chef.

80. La cause de toutes les causes et le créateur de tout ce qui a l’être est Dieu; il commença par la puissance de son bras toutes ses œuvres merveilleuses au temps que sa volonté avait déterminé. Moïse raconte l’ordre et le principe de cette création dans le premier chapitre de la Genèse; et parce que le Seigneur m’en a donné l’intelligence, je dirai ici ce qu’il faudra pour nous faire trouver les couvres et les mystères de l’incarnation du Verbe et de notre rédemption dans leur source.

81. La lettre du chapitre premier de la Genèse est celle-ci: «Dans le commencement Dieu créa le ciel et la terre. Et la terre était vide et sans fruits, et les ténèbres étaient sur la face de l’abîme, et l’Esprit du Seigneur était porté sur les eaux. Et Dieu dit: «Que la lumière soit faite; et la lumière fut faite. Et a Dieu vit que la lumière était bonne; et il la sépara des ténèbres, et il appela la lumière jour, et les a ténèbres nuit, et il fut fait un jour du soir et du matin .» En ce premier jour, Moïse dit que Dieu créa dans le commencement le ciel et la terre, parce que ce principe fut celui que Dieu tout-puissant donna étant dans son être immuable, comme sortant de soi pour créer hors de lui-même les créatures, qui commencèrent alors à recevoir l’être en elles-mêmes, et Dieu commença à se récréer en ses ouvrages comme en des couvres également parfaites. Et afin que l’ordre en fût aussi très-parfait, avant que de donner l’être aux créatures intellectuelles et raisonnables, il forma le ciel pour les anges et pour les hommes, et la terre où premièrement les mortels devaient être passagers. Ce ciel et cette terre furent des lieux si proportionnés à leurs fins et si parfaits, que, comme le prophète David dit avec bien de la raison: «Les cieux publient la gloire de Dieu, et le firmament et la terre annoncent les rouvres de ses mains ,» les cieux; avec leurs beautés, manifestent sa magnificence et sa gloire, parce qu’ils sont le dépôt du prix qui est destiné pour les saints. Le firmament de la terre annonce qu’il y doit avoir des créatures et des hommes pour l’habiter et pour aller par elle à leur Créateur. Et avant que de les créer, le Très-Haut veut préparer et créer le nécessaire pour cela et pour le temps qu’il leur devait accorder de vivre; afin que par tous les endroits ils se trouvent forcés d’obéir et d’aimer leur Créateur et leur bienfaiteur, et qu’ils connaissent par ses ouvrages son admirable nom et ses perfections infinies .

82. Moïse dit que la terre était vide , ce qu’il ne dit pas du ciel, parce qu’en celui-ci Dieu créa les anges dans l’instant dont Moïse dit: Dieu a dit: Que la lumière soit faite; et la lumière fut faite . Car il ne parle pas seulement de la lumière matérielle, mais aussi des lumières angéliques ou intellectuelles. Et il n’en fit pas une plus claire mention que de les signifier sous ce nom, à cause du facile penchant que les Hébreux avaient d’attribuer la divinité à des choses nouvelles et moins nobles que les esprits angéliques. Mais la métaphore de la lumière fut fort juste et fort propre pour nous signifier la nature angélique et pour nous faire mystiquement entendre la lumière de la science et de la grâce dont ils furent éclairés en leur création. Dieu créa, conjointement avec le ciel empyrée, la terre pour y former l’enfer en son centre; car dans le même instant qu’elle fut créée, il se trouva par la divine disposition au milieu dé ce globe des cavernes fort profondes et spacieuses, capables de contenir l’enfer, les limbes et le purgatoire. En même temps il fut créé dans l’enfer un feu matériel et toutes les autres choses qui y servent à présent pour tourmenter les damnés. Le Seigneur devait ensuite séparer la lumière des ténèbres et appeler la lumière jour, et les ténèbres nuit ; et cela n’arriva pas seulement entre la nuit et le jour naturel, mais entre les bons et les mauvais anges; car il donna aux bons la lumière éternelle de sa vision, et il l’appela jour, et jour éternel; il appela les mauvais nuit du péché, et ils furent précipités dans les ténèbres éternelles de l’enfer, afin que nous connussions tous combien furent unies la libéralité miséricordieuse du Créateur et du Vivificateur dans la récompense, et la justice du très-équitable Juge dans le châtiment.

83. Les anges furent créés en grâce dans le ciel empyrée, afin que par son secours leur mérite précédât le prix de la gloire qui leur était préparée; car, bien qu’ils fussent dans le lieu de gloire, la Divinité ne leur avait pas été découverte face à face et avec une claire connaissance, jusqu’à ce que ceux qui furent obéissants à la divine volonté l’eurent mérité par la grâce. Ainsi ces bienheureux anges aussi bien que les autres apostats demeurèrent fort peu dans cet état de passage; parce que leur création, leur état et leur terme furent divisés en trois demeures ou en trois stations, et même par quelque intervalle en trois instants. Dans le premier ils furent tous créés et ornés de la grâce et de dons, se trouvant de très-belles et très-parfaites créatures. A cet instant succéda une station, dans laquelle la volonté de leur Créateur leur fut à tous proposée et intimée; il leur fut imposé une loi et un précepte d opérer, de le reconnaître pour leur souverain Seigneur, et d’arriver à la fin pour laquelle il les avait créés. Dans cette demeure ou intervalle, cette fameuse bataille que saint Jean rapporte au chapitre 12 de l’Apocalypse, arriva entre saint Michel et ses anges, avec le dragon et les siens; les bons anges persévérant en la grâce méritèrent la félicité éternelle; et les désobéissants se révoltant contre Dieu méritèrent les peines qu’ils souffrent.

84. Et bien qu’en cette seconde demeure le tout eût pu se passer fort brièvement, selon la manière d’agir de la nature angélique et du pouvoir divin; néanmoins il me fut découvert que la charité du Très-Haut le suspendit et leur proposa par quelque intervalle le bien et le mal, la vérité et le mensonge, le juste et l’injuste, sa grâce et la malice du péché, l’amitié et l’inimitié de Dieu, la récompense et le châtiment éternels, la perte de Lucifer et de tous ses adhérents; sa Majesté leur montra même l’enfer et ses tourments, tellement qu’ils n’ignorèrent rien: car en leur nature si noble et si excellente, toutes les choses créées et terminées se peuvent voir comme elles sont en elles-mêmes, de sorte qu’ils virent, avant que de déchoir de la grâce, le lieu du châtiment. Et bien qu’ils ne connussent pas de la même façon le prix de la gloire, ils en eurent pourtant une autre connaissance, aussi bien que de la promesse manifeste et expresse du Seigneur; de façon que le Très-Haut eut de quoi justifier sa cause, et opérer selon sa souveraine justice et équité. Et parce que tant de bonté et de justification ne suffirent pas pour retenir Lucifer et ses sectateurs dans leur devoir, ils furent, comme des obstinés, châtiés et précipités au profond des malheureuses cavernes infernales, et les bons furent confirmés en grâce et dans la gloire éternelle. Tout cela arriva dans le troisième instant, auquel il fut connu véritablement que Dieu seul était impeccable par nature; puisque l’ange, qui en a une si excellente et qui la reçut enrichie et ornée de tant de dons de science et de grâce, ne laissa pas de pécher et de se perdre. Que deviendra, après cette fatale expérience, la fragilité humaine, si le pouvoir divin ne la défend et si elle l’oblige de l’abandonner?

85. Il nous reste de savoir le motif que Lucifer et ses confédérés eurent en leur péché (qui est ce que je cherche), et d’où naquit leur désobéissance et leur chute. Sur quoi j’ai appris qu’ils purent commettre plusieurs péchés, secundum reatum (ou dans cet intervalle que leur révolte dura, jusqu’à ce que Dieu prononça sa sentence), bien qu’ils ne commirent pas les actes de tous; mais il leur resta l’habitude de ceux qu’ils commirent par leur volonté dépravée, pour tous les mauvais actes, en sollicitant les autres et approuvant le péché qu’ils ne pouvaient opérer par eux-mêmes. Et suivant la mauvaise affection que Lucifer eut alors, il tomba dans un amour très-déréglé de lui-même, qui lui vint de se voir avec de plus grands dons de grâce et avec une plus excellente beauté de nature que les autres anges inférieurs. Il â arrêta trop dans cette connaissance, et la complaisance qu’il eut de lui-même le retarda et l’attiédit en la reconnaissance qu’il devait à Dieu, comme l’unique cause de tout ce qu’il avait reçu. Et se contemplant dans ses propres, ingrates et réitérées réflexions, il eut une nouvelle et criminelle complaisance pour sa beauté et pour ses grâces; il se les attribua et les aima comme siennes; et cette affection propre et désordonnée ne le fit pas seulement se révolter avec ce qu’il avait reçu d’une vertu supérieure; mais elle l’obligea aussi d’envier et de désirer les autres dons et les excellences qu’il n’avait pas. Et parce qu’il ne put les obtenir, il conçut une indignation et une haine implacable contre Dieu qui l’avait tiré du néant, et contre toutes ses créatures.

86. De là la désobéissance, la présomption, l’injustice, l’infidélité, le blasphème, et presque quelque espèce d’idolâtrie prirent leur origine, car cet ingrat désira pour soi l’adoration et l’honneur qu’on doit à Dieu. Il blasphéma contre sa divine grandeur et contre sa sainteté; il manqua à la foi et à la fidélité qu’il lui devait; il prétendit de détruire toutes les créatures, et il présuma de venir à bout de tout cela et de plusieurs autres choses. Ainsi son orgueil croit et persévère toujours , bien que sa témérité soit plus grande que son pouvoir , parce qu’il ne peut croître en celui-ci; et dans le péché un abîme en attire un autre . Lucifer fut le premier ange qui pécha, comme il contre par le chapitre 14 d’Isaïe; et celui-ci persuada les autres de le suivre, et c’est de là qu’on l’appelle prince des démons: ce n’est pas par sa nature qu’il reçoit ce titre, car elle ne pouvait pas le lui procurer; mais par son péché. Et les malheureux révoltés ne furent pas seulement d’un ordre ou hiérarchie, mais de chacune il y en eut plusieurs qui furent précipités.

87. Pour déclarer comme il m’a été manifesté quel honneur et quelle excellence Lucifer désira et envia par son orgueil, je dirai que, comme l’équité, le poids et la mesure se trouvent dans les œuvres de Dieu , sa providence détermina avant que les anges pussent tendre à des fins diverses, de leur manifester immédiatement après leur création la fin pour laquelle il les avait créés, avec une nature si relevée et si parfaite. Et cette illustration leur arriva de cette manière: ils eurent premièrement une très-claire connaissance de l’être de Dieu, un en substance et trois en personnes, et ils reçurent commandement de l’adorer et de l’honorer comme leur Créateur et leur souverain Seigneur, infini en son être et en ses attributs. Ils se soumirent et obéirent tous à ce précepte, mais avec quelque distinction; car les bons anges obéirent par amour et par justice, se soumettant d’une volonté affectueuse, admettant et croyant ce qui était au-dessus de leurs forces, et y obéissant avec joie. Mais Lucifer ne s’y soumit que parce qu’il crut le contraire impossible. Il ne le fit pas avec une parfaite charité, parce qu’il partagea sa volonté entre lui-même et la vérité infaillible du Seigneur; et cela lui rendit ce précepte en quelque façon violent et difficile, et fit qu’il ne l’accomplit pas avec une affection pleine d’amour et de justice; ainsi il se disposa à n’y pas persévérer. Et bien que cette lâcheté qu’il eut à opérer ces premiers actes avec difficulté, ne le privassent pas de la grâce, sa mauvaise disposition commença pourtant de là; car sa vertu et son esprit en furent ralentis et affaiblis, sa beauté même perdit de son éclat; et je crois que l’effet que cette lâcheté et cette difficulté causèrent en Lucifer, fut semblable à celui que le péché véniel délibéré cause en l’âme; mais je n’assure pas qu’il pécha alors mortellement ni véniellement, parce qu’il accomplit le commandement de Dieu; mais cet accomplissement fut lâche et imparfait, et la force de la raison y eut plus de part que l’amour et que l’inclination volontaire d’obéir, et c’est ce qui le disposa à tomber.

88. En second lieu, Dieu leur manifesta qu’il devait créer une nature humaine et des créatures raisonnables et inférieures, afin quelles l’aimassent, le craignissent et l’honorassent, comme leur auteur et leur bien éternel; qu’il devait favoriser beaucoup cette nature; que la seconde personne de la très-sainte Trinité devait s’incarner, se faire homme, et élever la nature humaine à l’union hypostatique et à la personne divine; qu’ils devaient reconnaître, honorer et adorer ce suppôt, Homme-Dieu, non-seulement en tant que Dieu, mais conjointement en tant qu’homme, et que les mêmes anges devaient être ses inférieurs et ses serviteurs en grâces et en dignité. Il leur fit connaître la convenance, l’équité, la justice et la raison qu’il y avait en cela; d’autant que l’acceptation des mérites prévus de cet Homme-Dieu leur avait mérité la grâce qu’ils possédaient et la gloire qui ils possèderaient; il leur fit aussi connaître qu’ils avaient été créés, et que toutes les autres créatures le seraient pour sa même gloire, parce qu’il devait être supérieur à toutes; et que celles qui seraient capables de connaître Dieu et de jouir de lui, devaient être son peuple et les membres de ce chef, pour le reconnaître et l’honorer. Et ils reçurent ensuite un commandement de se soumettre à tout cela.

89. Tous les bons anges se soumirent à ce précepte, y donnèrent leur consentement et y applaudirent avec une humble et amoureuse affection de toute leur volonté. Mais Lucifer y résista par son orgueil et par son envie, et provoqua ses adhérents à faire de même; ce qu’ils firent en effet en le suivant par cette désobéissance au divin commandement. Ce mauvais prince leur persuada qu’il serait leur chef, et qu’ils auraient une principauté indépendante et séparée de Jésus-Christ l’envie et l’orgueil ayant bien pu causer un tel aveuglément en un ange et une affection si désordonnée, qu’elle a été cause que la contagion du péché s’est communiquée à tant d’autres.

90. Ici se donna cette grande bataille que saint Jean dit s’être donnée dans le ciel . Car les anges obéissants, animés d’un ardent zèle de défendre la gloire du Très-Haut et l’honneur du Verbe humanisé prévu, demandèrent licence et comme l’agrément du Seigneur pour résister et contredire au dragon; et cette permission leur fut accordée. Mais il arriva ici un autre mystère; parce que, quand il fut proposé à tous les anges qu’ils devaient obéir su Verbe incarné, il leur fut fait un troisième commandement de recevoir conjointement une femme pour supérieure, dans le sein de laquelle le Fils unique du Père prendrait chair humaine; il leur fut dit que cette femme devait être leur Reine et la Maîtresse de toutes les créatures humaines, et qu’elle devait être distinguée au-dessus de toutes les créatures angéliques et humaines, et les surpasser en dons de grâce et de gloire. Les bons anges, en obéissant à ce précepte du Seigneur, augmentèrent leur humilité, et avec elle ils le reçurent, et louèrent le pouvoir et les mystères du Très-Haut. Mais l’orgueil et la présomption de Lucifer et de ses confédérés s’augmentèrent par ce mystérieux précepte; et il désira pour soi avec une fureur effrénée l’honneur d’être le chef de tout le genre humain et de tous les ordres angéliques, et que si cela devait s’accomplir par le moyen de l’union hypostatique, ce fût avec lui.

91. Il résista avec d’horribles blasphèmes sur ce qu’il devait être inférieur à la Mère du Verbe incarné et notre Reine; se tournant avec une effrénée indignation contre l’auteur de ces merveilles, et provoquant les autres, ce dragon leur dit; «Ces préceptes sont injustes et injurieux à ma grandeur; et s’adressant à Dieu, il ajouta: «Je persécuterai et détruirai, Seigneur, cette nature que vous regardez avec tant d’amour, et à qui vous destinez de si grandes faveurs; j’emploierai pour cela tout mon pouvoir et tous mes soins, et j’abattrai cette femme Mère du Verbe de l’état honorable que vous lui promettez, et je renverserai vos desseins.»

92. Cette superbe présomption irrita si fort le Seigneur, qu’en humiliant Lucifer, il lui dit; «Cette femme que tu n’as pas voulu honorer, t’écrasera la tête , et tu seras par elle vaincu et abattu. Et si par ton orgueil la mort entre su monde , par l’humilité de cette femme, la vie et le salut des mortels y entreront; et je tirerai de la nature, et de l’espèce du Fils et de la Mère, ceux qui doivent jouir des récompenses et des couronnes que tu as perdues, aussi bien que tes adhérents.» Le dragon ne répondait à tout cela, et contre tout ce qui lui était déclaré de la divine volonté et de ses décrets, qu’avec une superbe et téméraire indignation, en menaçant tout le genre humain. Et les bons anges connurent le juste courroux du Très-Haut contre Lucifer et contre les autres apostats; et ils combattaient contre eux avec les armes de l’entendement, de la raison et de la vérité.

93. Le Tout Puissant opéra ici un autre merveilleux mystère; car, après avoir manifesté par intelligence à tous les anges le grand ouvrage de l’union hypostatique, il leur montra la très-sainte Vierge en un signe ou espèce, à la manière de nos visions imaginaires, selon notre façon de concevoir. Ainsi il leur fit connaître et leur représenta la pure nature humaine en une femme très-parfaite, en laquelle le puissant bras du Très-Haut devait être plus admirable qu’en tout le reste des créatures, parce qu’il déposait en elle les grâces et les dons de sa droite en un degré supérieur et éminent. Ce signe de la Reine du ciel et Mère da Verbe humanisé, fut manifesté à tous les anges, bons et mauvais. Les bons furent ravis d’admiration à sa vue et lui donnèrent des cantiques de louanges, et dès lors ils commencèrent à défendre l’honneur de Dieu humanisé et de sa très-sainte Mère, armés par cet ardent zèle et par le bouclier impénétrable de ce signe. Au contraire, le dragon et ses alliés conçurent une fureur et une rage implacable contre Jésus-Christ et sa très-sainte Mère; de sorte qui il arriva tout ce qui est contenu au chapitre 12 de l’Apocalypse, dont je mettrai la déclaration comme elle m’a été communiquée, en celui qui suit.

Immaculée Conception de Marie

Azarias, l'ange gardien de Maria Valtorta

Azarias dit :

Méditons en chantant les gloires de la très sainte Vierge Marie. La messe de cette festivité n’est qu’un hymne à la puissance de Dieu et à la gloire de Marie. Pour bien comprendre cette liturgie de lumière et de feu, mettons-nous dans les sentiments de la Reine et Maîtresse de toutes les créatures qui aiment le Seigneur.

Reine et Maîtresse ! Des hommes, mais aussi des anges. Il y a des mystères que vous ignorez, et qu’il ne nous est pas accordé de dévoiler complètement. Mais il est permis d’en soulever un voile afin que certaines âmes très aimées puissent en jouir. Je soulève donc pour toi un pan de voile. Une fois cet obstacle retiré, il te sera accordé de porter ton regard spirituel sur cette infinie lumière qu’est le ciel; alors, tu comprendras mieux. Regarde, écoute et sois heureuse.

Quand le péché de Lucifer bouleversa l’ordre du paradis et précipita dans le désordre les esprits les moins fidèles, une grande horreur nous frappa tous, comme si quelque chose s’était déchiré, détruit, sans jamais plus d’espoir de le revoir rétabli. Et c’était bien la réalité. La pleine charité qui, auparavant, était seule à exister là-haut, venait de tomber dans un gouffre dont s’exhalaient des puanteurs d’enfer.

L’absolue charité des anges était détruite, et la Haine était apparue. Effrayés comme on peut l’être au ciel, nous, les fidèles du Seigneur, nous pleurions pour la douleur de Dieu et pour son courroux. Nous pleurions sur la paix outragée du paradis, sur l’ordre violé et sur la fragilité des esprits. Nous ne nous sentions plus certains d’être impeccables parce que faits de pur esprit.

Lucifer et ses semblables nous avaient prouvé que même un ange peut pécher et devenir démon. Nous sentions que l’orgueil était latent et pouvait se développer en nous. Nous avons craint que personne, hormis Dieu, ne puisse y résister puisque Lucifer y avait cédé. Nous tremblions à cause de ces forces obscures car nous ne pensions pas qu’elles pouvaient nous atteindre, je puis même dire que nous ignorions qu’elles existaient; et voilà que brutalement elles se révélaient à nous. Abattus, nous nous demandions avec des élans de lumière : « Mais alors, il ne sert donc à rien d’être aussi purs? Qui donc donnera à Dieu l’amour qu’il exige et mérite, si nous aussi sommes capables de pécher? »

Alors, élevant notre contemplation, de l’abîme et de la désolation, à la Divinité, fixant sa splendeur avec une crainte jusqu’alors ignorée, nous avons contemplé la seconde révélation de l’éternelle Pensée. Et si la connaissance de la première a amené le désordre créé par les orgueilleux qui refusèrent d’adorer la Parole divine, la seconde a rétabli en nous la paix qui s’était troublée.

Nous avons vu Marie dans la pensée éternelle ! La voir et posséder cette sagesse qui est réconfort, sécurité et paix, ce fut une seule et même chose. Nous avons salué notre future Reine par le chant de notre lumière, et nous l’avons contemplée avec ses perfections gratuites et volontaires. Oh ! Beauté de ce moment où, pour réconforter de ses anges, l’Éternel nous a présenté la perle de son amour et de sa puissance ! Nous avons vu Marie humble au point de réparer à elle seule tout l’orgueil des créatures.

Elle fut alors notre maîtresse sur la manière de ne pas faire des dons autant d’instruments de perte. Ce n’est pas son image corporelle, mais sa spiritualité qui nous parla sans paroles, et nous avons été préservés de toute pensée d’orgueil pour avoir, contemplé un instant la très humble Vierge Marie dans la pensée de Dieu. Nous avons œuvré durant des siècles dans la douceur de cette révélation éclatante. Durant des siècles, pour l’éternité, nous avons joui, nous jouissons et nous jouirons de posséder celle que nous avions spirituellement contemplée. La joie de Dieu est notre joie, nous nous tenons dans sa lumière pour en être pénétrés et pour donner toute joie et toute gloire à celui qui nous a créés.

Maintenant que nous sommes remplis de ses mêmes élans, méditons la liturgie qui parle d’elle.

« Avec joie » La caractéristique de la véritable humilité, c’est la vraie joie que rien ne trouble.

Celui qui est humble de façon relative trouve toujours une raison de se troubler, même dans les plus purs triomphes. En revanche, celui qui est vraiment et complètement humble ne se trouble pour rien. Il est joyeux, sans crainte, quel que soit le don ou le triomphe qui le revêt de vêtements spéciaux, car il sait et reconnaît que, ce qui le rend différent de la foule des hommes, il ne l’a pas obtenu par des moyens humains, mais cela vient d’autres sphères et personne ne peut le lui ravir. Il le contemple et le considère comme un vêtement de grande valeur qui lui a été donné pour qu’il le porte un certain temps, et qui doit donc être utilisé avec le soin particulier avec lequel nous traitons ce qui ne nous appartient pas, et qui doit être rendu intact à celui qui l’a donné.

Il sait aussi que ce vêtement royal, qui n’a pas été demandé par soif d’apparaître, lui a été donné par une sagesse infinie qui a jugé bon qu’il en soit ainsi. Il n’y a donc pas de souci à avoir pour l’obtenir ni pour le conserver. Celui qui est réellement humble ne désire pas des choses extraordinaires, et il ne se trouble pas si celui qui a donné reprend. Il dit: « Tout est bien parce que c’est ce que veut la sagesse ». C’est pourquoi l’humble est toujours dans la joie. Il ne désire pas, il n’est pas avare de ce qui lui est donné, il ne se sent pas lésé si cela lui est enlevé.

Marie a connu cette joie. De sa naissance à son assomption, elle l’a connue même parmi les larmes de son long calvaire de mère du Christ, même sous cet océan de tortures que fut le calvaire de son Fils. Elle connut, malgré sa douleur qui ne fut semblable à aucune autre, la joie débordante de faire, jusqu’au sacrifice total, ce que Dieu voulait, ce que Dieu lui avait fait comprendre qu’il attendait d’elle depuis le moment où il l’avait revêtue des vêtements du salut et couverte du manteau de justice comme une épouse ornée de joyaux.

Mesure quelle chute aurait été celle de Marie si, bien qu’ayant bénéficié de sa conception immaculée, de la justice et tout autre joyau divin, elle avait méprisé tout cela pour suivre la voix de l’éternel Corrupteur ? En mesures-tu la profondeur ? Il n’y aurait plus eu pour les hommes ni rédemption, ni ciel ni possession de Dieu.

Marie vous a obtenu tout cela parce qu’elle a su porter ses vêtements de bien-aimée de l’Éternel avec la vraie joie des humbles, parce qu’elle a su chanter les louanges de Dieu et de lui seul, même au milieu des sanglots et des désolations de la passion.

Elle a exulté ! Quel mot profond ! Son esprit a toujours exulté en magnifiant le Seigneur, même quand son humanité subissait la raillerie de tout un peuple, même submergée et oppressée par sa douleur et par celle de sa créature. Elle a exulté en pensant que sa douleur, et la douleur de son Jésus rendaient gloire à Dieu en sauvant les hommes.

Au-delà des gémissements de la Mère, au-delà de ses lamentations de femme, son esprit de corédemptrice chantait. Il chantait avec soumission en cette heure redoutable, plein d’espérance dans les paroles de la Sagesse. Son esprit chantait l’amour qui bénissait Dieu de l’avoir transpercée !

La longue passion de Marie l’a rendue parfaite en unissant aux merveilles que Dieu avait faites en elle, les merveilles qu’elle savait faire pour le Seigneur. Vraiment, tandis que ses entrailles de mère criaient sa torture, son esprit fidèle chantait: « Je t’exalte, Seigneur, car tu m’as protégée et tu n’as pas permis que mes ennemis puissent se réjouir à mon sujet ».

Vois-tu cette humilité ? N’importe qui d’autre aurait dit: « Je suis content d’avoir su rester fidèle même dans l’épreuve. Je suis content d’avoir fait la volonté de Dieu ». Ces mots ne sont pas péchés, néanmoins un filet d’orgueil se cache encore en elles. « Je suis content de ce que j’ai fait » cache le « moi » de la créature qui se sent l’unique auteur du bien accompli. Marie la très sainte dit : « Je t’exalte parce que tu m’as protégée ». C’est à Dieu qu’elle attribue le mérite de l’avoir gardée sainte en ces heures de lutte. Dieu avait préparé une digne demeure pour son Verbe. Mais Marie a su garder cette demeure digne de Dieu, qui devait s’incarner en elle.

Imitez-la, vous les créatures, dans une mesure un peu moindre, certes, puisque vous n’avez pas à concevoir le Christ; cependant, comme il vous est nécessaire de le porter en vous, Dieu vous donne les moyens et les dons capables de faire de vous des temples et des autels. Imitez Marie, en sachant garder la demeure de votre cœur digne du Saint qui demande à y entrer pour jouir de vous et vivre parmi les fils des hommes qu’il aime sans mesure.

Si toutefois vous n’avez pas su l’imiter, si votre cœur est une demeure profanée ou démolie par les excès qui l’ont habité, reconstruisez-le en Marie, cette aimable et infatigable Mère qui engendre les enfants du Seigneur ! On parvient à la vie éternelle par Marie. Par conséquent, celui qui est mourant ou déjà mort et n’ose plus lever les yeux vers le Seigneur, peut encore redevenir vivant et agréable à l’Éternel s’il entre dans le sein, dans le cœur qui a donné le Sauveur au monde.

Le Seigneur t’a expliqué la lumière du chapitre des Proverbes. Je ne me permets pas de m’exprimer là où il a déjà parlé. Pour confirmer mon propos, cependant, je te fais remarquer les paroles que la Sagesse applique à Marie: « … trouvant mes délices parmi les enfants des hommes », parmi ces enfants qui lui ont coûté tant de larmes. Mais c’est le propre des vraies mères de pleurer et d’aimer, d’aimer autant qu’elles pleurent, d’aimer au point de porter à l’amour, de pleurer au point de convertir les pervers. Cette femme bénie a le ciel pour demeure éternelle, elle eut pour demeure le merveilleux sein de Dieu et fut elle-même la demeure de Dieu, son peuple est celui des anges et des bienheureux: pourquoi trouverait-elle son délice à rester parmi les hommes, si ce n’est pour reconstruire les pauvres cœurs que le monde et Satan, la chair et les passions ont dévastés ? Pourquoi y trouverait-elle son délice, si ce n’est pour que, parmi vous, elle vous enfante de nouveau à Dieu ?

Entendez-la chanter dans sa lumière de perle : « Heureux ceux qui gardent mes voies ». Les voies de Marie aboutissent dans le cœur de Dieu. « Écoutez l’instruction et devenez sages, ne la méprisez pas ». Une mère sainte comme l’est Marie ne peut que prononcer des paroles de vie. Voyez quel trésor aura laissé la Parole portée durant neuf mois dans celle qui est pleine de grâce et de sagesse ! De son enfance à sa mort, le Verbe reposa sur ce sein, dans ce cœur très pur durant trente-trois ans ! Dieu le Fils n’est jamais resté inactif envers son aimable Mère, jamais, lui qui n’est pas même resté inactif envers les hommes coupables. C’est pourquoi toute la sagesse s’est uni à toute la pureté, et Marie ne peut que redire la parole de Dieu, cette parole que le Christ a appelée vie pour celui qui l’écoute.

Elle chante, Marie, elle qui sait ce qui est en elle : « Heureux l’homme qui m’écoute, qui veille jour après jour à mes portes et pour en garder les montants! » Réceptacle de Dieu, elle sait que celui qui entre en elle le trouve. C’est pourquoi elle chante : Qui me trouve, trouve la vie, il obtient la faveur du Seigneur.

Qui vit en elle obtient le salut, la vie, la sagesse, la gloire, la joie et l’honneur. Elle est vraiment tout cela, car ses racines se trouvent en Dieu lui-même; établie comme elle l’est sur la montagne de Dieu pour en être le Temple, elle est plus aimée par le Seigneur que toute autre créature puisqu’elle est destinée à être pour l’éternité la Mère de l’Homme.

Oh ! Parole peu méditée, et encore moins comprise, dans laquelle est résumée toute la figure de Marie. Qui est Marie ? C’est la Réparatrice. Elle annule Eve. Elle ramène les choses bouleversées au point où elles étaient quand le serpent rusé et Eve l’imprudente les mirent sens dessus dessous. L’ange la salue : « Ave ». On dit que Ave est le renversement de Eva (Eve). Mais Ave est encore un écho qui rappelle Yahvé, le très saint nom de Dieu, tout comme le rappelle encore plus vivement, je te l’ai déjà expliqué, le nom du Verbe: Jeoscué.

Dans le tétragramme sacré que les enfants du peuple de Dieu avaient formé pour prononcer, dans le temple secret de l’esprit, le nom à ne pas dire, on trouve déjà Ave, le commencement de la parole par laquelle Dieu fit de la Toute-Belle la sainte Mère et Corédemptrice. Ave : il en est presque comme si – ce qui advint réellement – le Seigneur, s’annonçant par son nom, entra en son sein pour se faire chair, en l’unique sein qui pouvait contenir l’Unique.

Ave, Marie, mère de l’Homme comme Eve, et plus qu’Eve, tu as ramené l’homme, par l’intermédiaire de l’Homme, à sa patrie, à son héritage, à sa condition de fils et à sa joie.

Ave, Marie, sein de sainteté dans lequel est déposée la semence de l’espèce, pour que l’éternel Abraham ait les fils dont la jalousie de Satan l’avait rendu stérile.

Ave, Marie, mère «déipare» de l’éternel Premier-Né, mère compatissante de l’humanité lavée dans tes larmes et dans le Sang qui est aussi ton sang.

Ave, Marie, perle du ciel, lumière d’étoile, beauté suave, paix de Dieu.

Ave, Marie pleine de grâce en qui se trouve le Seigneur, jamais séparée de celui qui trouve en toi ses délices et son repos.

Ave, Marie, femme bénie entre toutes les femmes, amour vivant, devenue par l’Amour épouse et mère de l’Amour.

En toi se trouvent la pureté, la paix, la sagesse, l’obéissance, l’humilité, les trois et les quatre vertus sont parfaites en toi…

Le ciel délire d’amour à contempler Marie. Son chant atteint des notes incomparables. Aucun mortel, aussi saint qu’il soit, ne peut comprendre ce qu’est Marie pour tout le ciel.

Tout a été fait pour le Verbe. Mais aussi, toutes les œuvres les plus grandes ont été faites par l’Amour éternel en Marie et pour Marie. La puissance de Dieu est dans ses mains de lys très pur pour être répandue sur ceux qui recourent à elle.

Ave ! Ave ! Ave ! Marie ! »

Deuxième dimanche de l’Avent.

« Ave Marie, par toi le Seigneur vient sauver les nations et faire entendre sa gloire dans la joie du Sauveur accordé au monde.

La liturgie de la messe du deuxième dimanche de l’Avent s’harmonise très bien avec la messe propre de l’Immaculée Conception, parce que c’est encore par Marie que le Sauveur vient sauver les peuples, et être l’Agneau qui est le bon pasteur et le guide des justes dans les pâturages du Seigneur. Les justes sont représentés par Joseph, doux et juste comme une brebis obéissante à tout commandement de l’Éternel, Pasteur suprême des peuples.

C’est encore par Marie que les pauvres et faibles hommes parviennent à obtenir les moyens du salut et les richesses éternelles. Jean avait anticipé le Christ en préparant ses voies. Marie anticipe le Christ en préparant son chemin dans vos cœurs. Ouvrez votre cœur à Marie, remettez votre âme entre ses mains maternelles pour qu’elle les prépare à la venue de Dieu. Imitez Marie en ce temps de l’Avent, et vous serez prêts à accueillir Noël et ses fruits surnaturels d’une façon digne de l’éloge angélique.

Paul dit que tout ce qui a été écrit pour vous instruire dans le Seigneur, l’a été pour que vous possédiez l’espérance. Quelle espérance ? Celle des promesses divines. Certes, les promesses sont sûres, et il s’ensuit qu’il faut faire mieux qu’espérer, il faut croire, et croire de façon absolue, qu’elles s’accompliront; toutefois, elles s’accompliront si vous savez persévérer et vous conduire dans les diverses contingences de la vie avec patience et avec cette force qui vient des consolations, dont déborde l’Écriture.

Cette vie est en effet un combat continuel, toujours nouveau, plein d’inconnu et de surprises, un combat qui exténuerait même un héros s’il n’était soutenu par quelque chose de surnaturel. Ce quelque chose, c’est Dieu, sa Loi et ses promesses, c’est la certitude de la vie future, la foi certaine que l’Homme qui s’est immolé pour vous ne pouvait être que Dieu, car personne d’autre que le Christ n’a jamais su vivre et mourir comme il a vécu et comme il est mort. Voilà ce qui alimente vos forces de combattants à présent, de vainqueurs demain. Ce sont les certitudes et les réconforts que le Dieu de la patience et des consolations vous infuse pour que vous sachiez lutter avec le Christ et pour le’ Christ, et parvenir à la gloire que, par lui, vous pouvez obtenir.

Avec la foi et l’espérance, Paul rappelle la charité sans laquelle tout le reste est vain. Vivre les vertus plus austères serait vain si ce n’était uni à la charité. Celui qui pratiquerait les plus austères pénitences, qui serait tempérant, honnête, continent, qui croirait et espérerait en Dieu, qui observerait les commandements et les préceptes, mais n’aimerait pas son prochain, celui-là mortifierait ses vertus au point qu’il devrait bien longuement expier son péché d’égoïsme.

L’amour de Dieu est saint, l’obéissance aux préceptes est sainte, la tempérance est sainte et l’honnêteté bonne. Mais sans amour du prochain, tout cela n’est-il pas semblable à un arbre trop taillé dont il ne reste que le tronc dur, sans branches ni feuilles, sans fleurs ni fruits? Il est alors inutile au voyageur qui souffre de la chaleur et recherche de l’ombre, inutile pour se protéger de l’averse, inutile à l’homme découragé qui, rien qu’à la vue des fleurs, y aurait trouvé comme une parole d’espérance pour l’avenir, inutile à l’affamé qui ne peut refaire ses forces languissantes grâce au fruit cueilli sur ses branches et sentir qu’il y a un Dieu qui veille sur les besoins de ses enfants, inutile même à l’oiseau qui cherche en vain un refuge sur ce tronc dépouillé.

Vraiment, la vertu rigide et privée d’amour est une triste vision de tronc vigoureux, mais sec et destiné à mourir. C’est encore de l’égoïsme. C’est encore du pharisaïsme. C’est un paganisme qui se substitue au vrai culte. Car la vraie religion s’appuie sur les deux colonnes des deux amours de Dieu et du prochain, et tout l’édifice est précaire, sans harmonie, s’il est soutenu par une seule colonne.

La Loi demande d’aimer Dieu et de s’aimer entre frères, en s’accueillant les uns les autres, en se soutenant, en s’instruisant, en compatissant comme fit le Christ.

Toi, petite «voix», tu vois comme le Christ a aimé aussi bien les circoncis – c’était leur droit en tant que membres du Peuple de la promesse -, que les incirconcis, comme c’était son droit de les aimer, en tant que peuple nouveau du Roi des rois. Il les a tant aimés que les premiers en firent un chef d’accusation injuste contre lui, tout comme les « circoncis » actuels, ceux qui pour être, ou pour se croire les élus parmi les nations, font, des pages qui révèlent l’incomparable amour du divin Maître pour les païens, un sujet de scandale et un objet de négation. Les rabbis d’alors ne comprenaient pas plus que ceux de maintenant la suprême charité qui voit dans les hommes autant de frères à aimer : comme tels s’ils sont saints, et pour qu’ils le deviennent s’ils ne le sont pas.

Je te dis avec Paul que ce nouveau peuple dépasse dans l’amour qu’il rend à l’Amour ceux qui se croient parfaits. Il en est toujours ainsi, maintenant comme il y a vingt siècles. Les sages ignorants, c’est-à-dire ceux qui connaissent la lettre mais non pas son esprit, ne savent pas comprendre, croire et accepter que Jésus Christ, le Sauveur, est venu, et qu’il vient, plus pour les païens que pour les siens, plus pour les brebis sauvages, blessées, galeuses et sans berger, que pour les quatre-vingt-dix-neuf brebis qui sont déjà à l’abri dans sa bergerie.

Jésus Christ a été, est et sera, le salut de tous ceux qui savent le chercher ou le désirer.

Sachez donc aimer, souffrir, agir, sans faire de différence entre ceux qui sont du troupeau et ceux qui n’en sont pas, en pensant que, il y a vingt siècles, le ciel s’est ouvert pour accorder le Sauveur et Maître, non pas à Bethléem, à Nazareth ou à Jérusalem, ni même à la Palestine tout entière ou à l’Israël encore plus vaste puisque disséminé de par le monde, mais pour le donner à tous les hommes.

Voici quel doit être l’esprit de préparation à la venue du Christ, suprême amour de Dieu: un esprit d’amour universel qui désire le Royaume de Dieu, la Maison du Père, pour tous les hommes.

Mais toi, c’est un devoir d’amour encore plus grand qui te revient. Tu sais pourquoi et pour qui. Que la grandeur d’amour qui t’est demandée ne te décourage pas. Celui que tu as reçu est tellement grand ! Sois donc généreuse, de toutes les façons, et jusqu’à la consommation totale. Sois héroïque. Sois victime. Sois héroïque. Le temps passe et la paix vient. Sois héroïque. Après, tout te semblera avoir été si peu de choses par rapport à ce que tu auras.

Elève ton esprit! Regarde la joie qui vient de ton Dieu, regarde ton Dieu qui est ta joie, et qui vient à toi pour te réconforter.

Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit. »

Source

Les Anges du jour

Anges

Prière à l’ange du jour Donne-nous toutes les grâces que nous pouvons implorer pour nous, pour l’Église et les hommes. Et demande aussi aux autres Anges qu’ils implorent eux aussi des grâces toutes particulières pour nous en ce jour qui est celui de ta fête.

JANVIER (consacré à la Divine Enfance de Jésus)
01 ALPHAI I Que la lumière soit, ASSAEL II Don de la connaissance
02 PACHAD II Justice dans la Parole, URIM IV Amour de Dieu comme vie, JEBUSIEL IX Ange des étrangers
03 SELAMIEL IX Ange avec le soc de charrue, ASMODEL VI Ange de la clarté
04 HASSARIM V Louange de Dieu, DINAH IX Fidélité secrète
05 GHASEL VI Ange de la maison, JAIRIEL XI Celui qui ouvre la porte
06 JAHWE I Toute-Puissance de Dieu, BIHNAH III Trône de l’Esprit-Saint, JECHUD III Ange de l’Église
07 NICAEL V Ange de Jessé
08 ADMISIEL VII Ange de la discipline
09 BRIAL IX Le fort
10 BETHEL VI Ange du métal
11 SOBRONIEL V Ange de la créativité
12 ABARIEL VII Ange de la ténacité
13 THOLA IX Il plie les jeunes troncs
14 GALAAD IX Ange de la bonne patrie
15 SEMIEL IX Ange d’Abraham
16 VEDAD IV Vérité comme lumière
17 JESSIM III Ange de la mystique
18 MORIEL IV Porte des pierres angulaires
19 ESSAIM IX Ange de la noblesse de cœur
20 AMIEL VII Ange de la vérité de la Foi
21 TIPHERED IV Beauté de la Création
22 ARADIM III Ange de l’ordre et de la régularité
23 JAISOPHITIEL IV « Notre Dieu »Ange des vertus de Marie
24 NATHANAEL V Ange des Docteurs de l’Église
25 GORIBIEL IV Ange à la porte des prêtres
26 VIDIEL V Ange de la force centrifuge
27 RUBIEL V Ange des purs
28 BERJAEL IX Le défenseur
29 ZACHARIEL II Ange de parole pondérée
31 ABARIM IX Celui qui garde les montagnes
31 METHUSIEL VI Ange de la victoire

FÉVRIER (consacré à l'Esprit-Saint et aux douleurs de Marie)
« Ô que triste et affligée fut cette Mère bénie d’un Fils Unique ! Pour les péchés de son peuple, Elle vit Jésus dans les tourments et soumis aux fouets » («Sabat Mater», extraits)
01 GEBURAH IV Ange de la justice
02 ELIONAGRIEL III « Dieu fort »« Force de la lumière divine »
03 ARIGUEL IV Ange à la porte des miséricordieux
04 ESDRAEL IV Ange du jugement (ange du sang)
05 ASSARIM III Juste répartition des dons
06 SABRITIEL VI Ange du calcaire
07 MENIJIM VI Ange de la matière
08 LAZARIEL V Ange du Corps Mystique du Christ
09 DUAL IX Celui qui porte témoignage
10 PASSACHIEL IV Ange avec la coupe de la colère remplie de sang
11 MURIEL II Force de la mission divine, SERAPHIEL V Ange de la force du sacrifice d’intercession
12 NEHEMIEL IV Il scelle l’Amour
13 PITHORMIM V Ange avec les clés de l’Enfer
14 SAMIEL V Ange de la bonne volonté
15 ASRIEL IX « L’Intransigeant »
16 OHRIEL VI Ange de la patience
17 GUNI IX Il se trouve à l’extrême limite
18 OSAEL IV Ange avec la coupe de la colère contenant les guerres
19 NEOPHIM IX « Celui qui se lève à nouveau »
20 HAWE IX Ange de la femme
21 HUSIM IX Il redresse ceux qui ploient sous le joug
22 HENAEL VI Ange de l’Avertissement
23 MARCHIDIEL VII Ange du dépôt de la Foi
24 ANANAI I « Il vous enseigne toute chose »
25 JOCHABED IX Ange de ceux qui sont nés sans patrie
26 AZARIEL VI Il porte le voile de Marie
27 SELPHARED IX Ange de l’encens
28 CEPHONIEL IX Celui qui dirige les chœurs
29 FRUGIEL IX Ange des plus éloignés

MARS (consacré à Saint Joseph)
01 MYRIEL V Ange de l’Appel de Dieu
02 ADUACHIEL VI « Témoignage de Dieu »
03 SERASEL VI Ange de la propriété devant Dieu
04 AVE IX Celui qui sonne la cloche
05 ARAMPHAEL IV Il scelle les portes
06 SHASEL VI Ange du combat en serviteur
07 ANARIM III Force de « Que cela soit ! » pour la Création
08 CHOCHMAH IV Ange de la Sagesse
09 DICHAEL V Ange de l’amour et de l’obéissance
10 CHILOEL VI Ange de la résignation
11 LES ANGES DE LA PASSION Des milliers d’anges au milieu des chœurs autour de SEDERIM (V)
12 EPHASIEL V Ange des Princes de l’Église
13 JOHAR IV Avec la coupe du sacrifice d’expiation
14 HAZEL VI Ange du sel (des larmes)
15 ELIAZIM VI Ange de la grâce
16 UBIEL VI Ange du bois
17 CHESED IV Harmonie de Dieu
18 DIACHIEL VI Ange de l’adoration dans le secret
19 AGLAIPACHAD IIV « Celui qui est tout en Dieu »Ange de la crainte de Dieu
20 OCHOTIEL V Ange de la pesanteur
21 BELOHIM III Ange de la force de l’âme
22 CADIEL VI « Transformation en Dieu »
23 CHASIM VII Ange du cycle de la fête de Pâques
24 GABRIEL VIII « Messager de Dieu »
25 ELOHAMALACHIEL III « Celui qui sait tout »Ange de la clairvoyance sur Dieu
26 TELIEL IX Ange de la nature
27 CHOCHOD VII Anges des temps sacrés
28 BOROMIM IV Amour de Dieu comme Appel
29 RANANIEL VI Ange des plantes et des animaux
30 HONA IX « Sans cesse vous devez prier »
31 GELIEL VII Ange de la force d’âme (espérance)

AVRIL (consacré à Jésus Bon Pasteur)
« Je chercherai les brebis qui étaient perdues, je relèverai celles qui étaient tombées, je banderai les plaies de celles qui étaient blessées » (Ezéchiel, V,16)
01 PASHAEL V Volonté de Dieu pour la Paix
02 PERGAMIM V Ange de la persévérance
03 CHESIM V Il porte la Parole « Arrière ! »
04 BASAMED IX Ange avec le dernier épi de blé
05 ELIGUIEL IX Il compte les trésors des riches
06 EDRAIM IX Celui qui coupe tout ce qui fait obstacle entre Dieu et l’âme
07 DILOIM V « Que cela soit ! »
08 RAHUEL IX Celui qui porte la perle
09 ELIAEL VI Ange de ma maîtrise de soi
10 THAAMA IX Bonté de Dieu
11 IRIEL VI Ange de l’huile de la guérison
12 HELI IX Ange du veuvage
13 NANNAH IX Ange des fleurs (de la grâce)
14 ELIM V Il lie les gerbes de blé
15 MANAIM IX Il ouvre le cœur avec l’épée
16 ARATHIM VII Anges des Lois Divines
17 RIBERIEL IX Ange de ceux qui vivent en cellules
18 PARIM IX Ange du jugement
19 HELACHIEL IX Ange du remerciement
20 AMIRIEL VI Il met en gerbes la moisson pour Dieu
21 EHEIE I Dieu en son essence
22 TAUMATIM IV Il porte le sacrifice sanglant du Christ
23 HARIEL V Il ouvre la porte vers Dieu
24 MESAEL VII Ange de la disponibilité de la Foi
25 ARA II Ange de l’Évangile
26 VEDADGIESI IIIX La Parole qui relie le Créateur à la créatureAnge avec la lumière
27 VIGUEL V Ange des Fondateurs d’Ordre
28 TIPHERED II Beauté de Dieu
29 SILOEL VI Ange de l’énergie
30 ASSALIM III Ange de la solidité

MAI (consacré à la Très Sainte Vierge Marie)
« Oh ! Combien de belles vertus brillent dans sa vie : abnégation, bonté, Foi !Ô Bienheureuse Vierge ! Ô Admirable Mère » (St Augustin)
01 PURIMSADIELL’Échelle du Ciel IVVIII Ange du Jugement DernierAnge de l’ÉgliseLe Trône de Marie
02 HALEOCHIM VII Ange « Marie »
03 JESOPHAR IX La Croix qui sauve
04 ARIEL VIII Ange de la jeunesse
05 CHALED IX Ange du Tabernacle
06 DANAEL IV Ange des âmes de feu
07 ANAEL VI Ange de la pureté
08 REM V Ange de la force au combat
09 CHAJOTH IV Colonne d’angle « Dieu Saint »
10 GEOSED V Ange de la Foi
11 RATIEL IV Ange des martyrs, MAKARIEL V Ange du Sacerdoce
12 GALATHIEL VIII Ange des martyrs, de l’abandon à Dieu
13 LES SAINTS ANGES GARDIENS
14 SEDERIM V Ange de la contradiction
15 EPHTHAEL IX « Ouvre-toi »
16 VIRAGUEL IV Don de l’Esprit-Saint : la Sagesse
17 JACHIM VI Ange de la tempête
18 HALLEL V Ange de l’appel
19 Les Domaines de Marie SADIEL, ARIEL, GABREIL, JOPHIEL, GALATHIEL, RAPHAEL, MICHAEL
20 CHUD VII Ange des églises, des monastères
21 RHASA IX « Ne crains rien »
22 RUGUIEL IX Ange de la défense par Marie
23 JESSAPHAR IV Il porte le sacrifice expiatoire
24 AMENPHARIM IV Roue de feu de la Fin des Temps Il porte la parole « Venez »
25 JESIRACH IV Ange avec la balance
26 EMMANUEL V Ange de la Divine Face
27 Les 12 Anges de service devant le trône de Marie ALPHAI, CHOCHMAH, HAGIEL, GEORAH, HAJIM, ARALIM, ENNETH, TELIEL, MYRRHAEL, AYDIEL, SAHJIEL, OMBAEL.
28 HAJIM VII Ange de l’Église, de la consécration
29 HELIEL V Ange de Josué
30 OSED IX Ange des pauvres
31 BINAHLEVANAEL IIIVI Trône du Père Ange du chant d’amour de Marie

JUIN (consacré au Sacré-Cœur de Jésus)
01 JESU I Il vient en Sauveur
02 GAZAR IV Il porte le sacrifice de louange
03 Les 14 auxiliaires célestes MIRACHIEL, ARIGUEL, DIURIM, EZECHIEL, THAAMIM, SAMALIEL, HAJIM, NITHASIEL, SINAH, MANUEL, HAJIM, SCHEADAR, RAPHAEL, BILAEL, BERUBIEL
04 JOSAPHIM V Ange de la pureté de l’Église
05 AMPHIEL IV Ange des coupes de la colère
06 OPHAJIM III Trône du Saint-Esprit
07 THRUSIEL IX Ange de ceux que le péché a rendu muets
08 AYDIEL VI Ange des travailleurs
09 PHARACHIEL VII Ange de la douceur
10 Les Anges du Tabernacle CHALED, TARAEL, LELAJAH, HAJIM, HABEJAH, FRUGIEL, PHASED
11 ATHASIEL VI Ange des âmes oblatives
12 MUN V Ange de l’abandon secret
13 HOD II « Louange de Dieu »
14 NAZARIEL IX Ange du sacrifice expiatoire
15 MACHANAEL IX Ange de la plainte
16 MIRACHAR VI Ange du printemps
17 Les Anges de l’arc-en-ciel AKABA, ELCHAI, ZAPHKIEL, URIM, ABBAEL, ELIGUEL, THRUSIEL
18 ASSIM III Sagesse de la planification
19 GETHULIEL VII Ange de la simplicité du cœur
20 MERIEL VII Ange de la fidélité
21 MATTATIEL IV Il scelle l’élan vers Dieu
22 SELAMIM VII Ange des moyens de grâce de l’Église
23 KEPHA VI Colonne d’angle : la fidélité
24 JOCHAANAELASHARIEL VIV « Appel qui retentit au loin » Ange avec la coupe de colère de l’obscurcissement
25 ARACHIM V Ange avec le fouet
26 JEROBOEL IX « Lève-toi »
27 SAMALIELJONAEL IIIV L’intercesseurDon de l’Évangile
28 ABBAEL V Ange de la Croix
29 ANARITHAJOPHIEL IVIII « Je veux jeter le feu sur la terre »Ange de la profondeur
30 ALPHARETH IV Ange de la réponse de la Création

JUILLET (consacré au Précieux Sang de Jésus)
01 ESCHBARANAEL IVII « Feu », le Dieu brûlantAnge du repentir
02 JESODTHAEL IIIV Fondement de la ParoleDon de la pitié
03 BARACHIEL VI Ange de la vaillance
04 ARIOCHIM VII Ange de l’Église (des prêtres)
05 NAJIM V Ange de la Résurrection
06 LEVI IX Ange de la tradition
07 JESIM V L’un des sept frères de l’âme
08 NEOSED IX Ange de la constance inlassable
09 GELOMIAH IX Ange de la gratitude
10 GESANNAH IX « Approche ! »
11 RAVANAEL VII Puissance oblative de l’Amour
12 CHATTATIM VII Ange du retentissement de la Pentecôte
13 HAMALIEL VI Ange de la douceur de Dieu
14 MEPHRAIM III « Abandon à Dieu »
15 MANUEL VI Aide en cas de détresse au combat
16 HAGIELZEAEL IIVI Ange du silenceAnge de la sagesse cachée
17 Les Anges de l’envoi en mission URIM, SADDIM, THUMIN, VEHUJAH, JOCHAANAEL, HAJIM, ELOHIM
18 JESOPHIM IV Ange de la moisson
19 LASDAEL V Ange de la magnanimité de Dieu
20 DELIM V Ange de la pauvreté en esprit
21 NEZACH IV Il porte la Toute Puissance de Dieu dans la Création
22 ZARACHIEL IV Ange avec la coupe de la colère du brasier
23 CHOLIM V Ange de l’angoisse de l’âme et des souffrances intérieures
24 PHILOIM V Ange des épreuves
25 SACHAEL IV Anges des pénitents
26 JAPHED IX « Celui qui essuie les larmes »
27 Les Anges de la reddition des comptes HARIEL, SAMALIEL, MICHEL, SEDERIM, GABRIEL, HALEOCHIM, JOPHIEL
28 URSALIM VI Protecteur de Jérusalem (Rome)
29 PHANAEL VII Ange de la prudence de l’Amour
30 JOHAIM IX Il paie le salaire de Dieu
31 RAZAEL II « Sagesse de Dieu »

AOÛT (consacré au Cœur Immaculé de Marie)
« Marie était toute embrasée de l’Amour divin. Ce feu sacré n’avait laissé en Elle que piété et dévouement pour les affections terrestres » (St-Antonin)
01 BATHUEL IV « Ange du repentir d’Amour »
02 CHAMAELTHAAMIM IIV Force d’attraction de DieuAnge du zèle pour Dieu
03 HANAI IX « Il se tient au tournant du chemin «
04 JEHUSALIM III Ange des ordres statiques
05 HAMASIMMEDAD VIX Ange de la force des miracles« Au milieu des frères »
06 JESSIHOD IIV Volonté salvatrice de DieuTriomphe de Dieu
07 OPHEL VI Ange de l’aimant et des minéraux
08 NAHIMPHAR VI Ange de l’été
09 SOREL IV Don de la force d’âme
10 MESSIJIM VI Ange du feu
11 SIM V Ange des zones d’influence
12 JEPHTHA IV Ange du vœu d’obéissance
13 OMBAEL VI Ange de la mission des mères
14 SADDIM IV Il porte l’Amour de Dieu
15 MURIEL II Le compagnon, HANAEL II Les ailes de la colombe, PHAEL IVLes ailes de la colombe
16 SAMMARIEL IV Il porte le fruit
17 ELORNIM V Ange de l’abandon expiatoire
18 MERARI IX « Avec les larmes de la Mère »
19 RECHIEL VII Ange de l’ordre dans l’Amour
20 SEPHAR IV Ange de l’action de grâce
21 JERUMIEL IV Il scelle le devoir
22 CHOCHABIAH II La Parole qui guérit, BINA IV Il porte la mesure
23 ALJOCHIM V Ange avec le grain moulu
24 ROBOEL IV Ange pour ceux qui viennent de loin
25 ANOPHIEL VI Ange de l’incompréhensibilité
26 RHIMA IX « Le charpentier »
27 NEZACH IV Colonne d’angle : Dieu Tout-Puissant
28 CHOCHMAH IV Colonne d’angle : « Dieu Sage »
29 USATIM V Ange de la causalité
30 NARIEL VI Ange de la consolation
31 GERUDIEL VI Ange de la proportion

SEPTEMBRE (consacré à Saint Michel et aux Saints Anges)
« Les Anges, qui sont auprès de Dieu, connaissent les prières que nous lui adressons, afin de pouvoir les Lui offrir et les appuyer de leur intercession » (St Augustin)
01 MYRRHAEL VI Ange des ordres
02 HATHANAEL V Ange du sacrifice (louange)
03 ZAPHKIEL II Ange des lieux de purification, ABDAEL IX Porte-moi
04 HANANI IX « il guérit ce qui est brisé »
05 KEPHARNIM V Force de la tension
06 MATHA IX Il prend soin de la jeunesse
07 THUMIM IV Il porte l’Amour de Dieu
08 HANAEL II Louange de Dieu, JESIM V Fiat Mihi
09 TANAEL VI Ange des enfants
10 LAIRIEL VI Ange des rayonnements
11 KADMIRIEL VII Ange de l’humilité
12 ELOHIM I Force de Dieu envers Marie ARIM III Beauté de l’œuvre de Dieu
13 JEHOD VII Ange des saints états (Église)
14 THELAMIM V Ange de la Foi, PHASED IX Ange des heures canoniales
15 ROPH III Ange de la terre, SABBATIEL IV Ange de la coupe de la colère des catastrophes
16 THADDIM V Ange de l’énergie créatrice
17 ORIPHIEL II Le fouleur au pressoir
18 CHELOIM V Adorateur depuis la profondeur
19 CHAJAH IX Ange avec l’habit nuptial
20 BERAEL VI Ange de la conscience claire
21 MELECH II Ange de l’Évangile
22 KYRIEL VII Ange de la crainte de Dieu
23 SESACHAR VI Ange du jour, de la clarté
24 ADONAI I Seigneur et Roi, MIGUEL IX Amour de Dieu dans la souffrance
25 SICHAEL IX Il rompt le pain
26 DIRACHIEL VI Ange de la Paix
27 PHARASIM V Ange de l’Amour (construction)
28 ORPHAR VI Ange de la nuit, du sommeil
29 MICHEL VIII Vainqueur de Lucifer
30 MACHAANAJIM VII Ange de la structure canonique de l’Église

OCTOBRE (consacré à Marie, Reine du Rosaire)
« Celui qui récitera pieusement mon Rosaire en méditant ses mystères, ne mourra pas de mauvaise mort ; pécheur, il se convertira ; juste il persévérera dans la grâce, et en tous cas, il sera admis à la Vie éternelle » (Promesse de N-D au Bx Alain de la Roche)
01 MIRACHIEL VII Ange de la Foi
02 EZECHIEL VI Le fidèle, LES SAINTS ANGES GARDIENS
03 SCHEMMAJIM IV Ange de la joie nuptiale
04 ARALIM-ENNETH III Ange de la volonté de Dieu sur Lucifer
05 ZURAEL VI Ange des petites choses
06 PACHAD II Ange de la crainte de Dieu
07 AKABA I Bonté de Dieu, SCHEADAR VI Ange de la récolte
08 OREL IV Ange de la Miséricorde
09 LECHITIEL VI Prince des moyens de discernement ; il vient au secours des désespérés
10 BEROEL V Ange de l’alliance avec David
11 JEHOVE I Dieu Créateur, JUDITIEL IX Il accomplit la volonté de Dieu au bon moment
12 NUBIEL IX Ange des malades
13 SENACHAR IV Sacrifice de consécration
14 JOSUEL V Guide vers Dieu
15 ARALIM III Il porte la force de la construction de la création
16 RASDAEL VI Ange du charbon
17 MALACHIM III Trône du Fils dans la Création
18 PARI II Parole de l’Évangile (St Luc)
19 ALJOIM V « Le semeur »
20 GEBURAH IV Colonne d’angle : « Dieu Juste »
21 GEORAH V Ange de la beauté du « Divin Amour »
22 AMMIEL IX « Avec la mesure bien tassée »
23 ONPHRIEL VI Ange du sucre et de l’amidon
24 RAPHAEL VIII « Flèche de l’Amour de Dieu »
25 LES 4 VENGEURS IX HENIM, MICHAJIM, PARIM, PHASIM
26 LES 4 FRÈRES IX EDRAIM, SEFANIM, MACHIRIM, MANAIM
27 HIBERIEL IV Ange à la porte des glaives
28 CHASEL IV Ange à la porte des portefaix
29 HEBEJAH IX Ange de la mission
30 RIDANAEL IX Il porte la joie dans le service de Dieu
31 GEDULAH IV Ange de l’appel et de la réponse de l’amour

NOVEMBRE (consacré aux Âmes du Purgatoire)
« Les âmes des fidèles défunts sont soulagées dans le Purgatoire par les prières ou les aumônes des survivants » (St Augustin)
01 THIRIEL II Lumière de l’Amour Divin
02 SADIEL VIII Ange de l’Église
03 BARABBIEL IX Ange des âmes du Purgatoire
04 NAKURIM V Ange de l’être
05 RAMAEL V Ange d’action de grâces
06 SABA IX Ange des promesses
07 HADAJAH IX Dialogue secret avec Dieu
08 MELCHISIEL V Ange des Patriarches
09 AGARIEL IV « Il lève la main pour la grande Consolation »
10 KETHERIM V Engagement pour Dieu
11 JESOD IV Il porte la loi dans la racine de la Création
12 CASSIEL VI Ange de la détresse des opprimés (5e trompette)
13 PHALIEL VII Ange de la générosité
14 LOADIEL V Ange des pénitents
15 GERIEL VII Ange de l’espérance
16 RASIEL VII Ange de la mesure de l’Amour
17 DIURIM V Ange de la volonté de Dieu pour la Croix
18 HASSIEL VI Ange de la défense
19 EPHODIEL IV Sceau de l’Épouse du Christ
20 MISACHAR IV Il porte le sacrifice
21 JOD I Il porte la notion de Dieu, ZEPHARIM III Désir de la béatitude
22 CHUN IX Ange avec la harpe
23 MORAEL VI Ange des mœurs, de la morale
24 MERUA IV Ange du vœu de pauvreté
25 MALCHIDIEL VI « Dignité de Dieu »
26 NEOMENIEL V Ange de la volonté de Dieu
27 ADVISIEL VII Ange de la confiance
28 ENNED IX Il saisit les âmes avant l’Abîme
29 EPHRAEL IV Ange à la porte des purs
30 MADIM III Ange des béatitudes

DÉCEMBRE (consacré à Jésus naissant)
01 ELIUD IX Ange de la Paix
02 NADAR VI Ange de la préparation de l’Avent
03 GERACHIEL VI Ange des égarés, des incroyants
04 THORAEL IV Il porte la coupe de colère des ulcères
05 NACHUMIEL V Anges des Prophètes
06 PHATIEL VI Ange de la Miséricorde
07 JEPHTHAEL VI Ange de la science
08 ELCHIM I Le Vainqueur, BINNAH III Trône du Fils
09 RAGUEL IX La piécette de la veuve
10 ELCHAI I Douceur de Dieu, BEA IX Ange avec la clochette
11 BARUCHIM V « Le fouleur au pressoir »
12 ACHAR VI Ange de l’hiver
13 BENONI IX « Le petit »
14 GRAPHIEL VI Fil de l’épée de Dieu
15 BAIRIM VI Ange de l’eau
16 GATHA IX Ange avec la pelle
17 ZEPHIRIEL VII Ange de la sobriété de l’amour
18 UPHARIEL V Ange de la volonté de Dieu pour le jugement, ISAEL IX Il donne à Dieu les deux mains
19 SAMSAIM IX Il frappe aux cœurs de pierre
20 THEORAH V Il apporte les fruits de Dieu
21 MASSACHIEL IV Anges de ceux qui sont marqués
22 LELAJAH IX Ange des prêtres, NIDAEL IX Ange avec le flocon de neige
23 SEBASTIM VII Ange du cycle de Noël, SINAH IX Ange de la clairvoyance
24 SCHEMAJIM III Trône du Père, DIMACHIEL V Ange de la naissance
25 REESCH I Ange de la vie, JAH I Dieu dans sa Bonté, NUN IX Ange des tout-petits
26 NACHIE II Ange de la disponibilité, LOPHIRIM III Les bénédictions de l’Église
27 VEHUJAH II Parole de l’Évangile (St Jean), SAHJIEL VI Ange de l’illumination
28 CHESED II Douceur de la Parole de Dieu, MENIM V Ange du rayonnement
29 MASA IV Il porte le vœu de pureté
30 THAMAEL IV Il porte le 7e don du Saint-Esprit
31 EDOMIEL IV Il scelle l’ordre et la mesure

Le Ciel à l’origine

À l’origine, tout n’était qu’ordre dans la création. Mais l’ordre n’exclut pas la liberté : Dieu n’a rien créé qui soit esclave. Au contraire, la liberté parfaite se trouve dans l’ordre car il exclut les contraintes nées de la peur de l’intrusion, de la crainte de l’agression, de la lutte contre des volontés contraires destructrices.

Tel était l’univers tout entier avant que Lucifer n’abuse de sa liberté pour susciter en lui-même le désordre des passions – et cela, par sa propre volonté.

Son nom primitif, Lucifer, veut dire « le porteur de Lumière ». En d’autres termes, le porte-drapeau de la Lumière, c’est-à-dire Dieu, puisque Dieu est Lumière. C’était un ange, le plus beau des anges. Son esprit parfait n’était inférieur qu’à Dieu. De tout ce qui existe, il était le second en beauté, le miroir pur qui reflétait l’insoutenable Beauté de Dieu. Il aurait eu comme mission auprès des hommes d’être l’exécuteur de la volonté de Dieu, le messager des décrets de bonté que le Créateur aurait transmis à ses enfants bienheureux sans péché, pour les amener toujours plus haut à sa ressemblance. Le porteur de la lumière aurait parlé aux hommes par le biais des rayons de cette lumière divine qu’il apportait, et comme ceux-ci étaient sans faute, les hommes auraient compris ces éclairs de paroles harmonieuses, pleines d’amour et de joie.

Achevée sans effort, parce que réalisée de façon ordonnée, la création aurait continué sans efforts de la part des créatures si le désordre n’était pas venu briser l’harmonie du Ciel avec la rébellion de Lucifer, et celle de l’Eden avec la rébellion de l’Homme-Adam.

Le péché de Lucifer qui devient Satan
La chute de Lucifer – Satan

Lucifer, le « porteur de lumière », s’est cru Lumière lui-même. Mais « porter la lumière » est bien autre chose que « d’être la Lumière ». La Lumière devant qui se prosterne toute la Création, est le Fils de Dieu, le Verbe du Père, celui « par qui tout a été fait ». La seconde personne de la Trinité « est la perfection des Trois résumée en une seule Personne. Une perfection infinie devant laquelle se prosternent les armées célestes ». Il n’a rien d’égal ni de commun avec la créature angélique qu’était Lucifer à l’origine.

L’archange Lucifer aimait incomplètement. L’orgueil de soi prenait de la place en lui, une place dans laquelle l’amour ne pouvait exister. Il se voyait en Dieu, il se voyait en lui-même, il se voyait dans ses compagnons — puisque Dieu l’enveloppait de sa lumière et faisait sa joie de la splendeur de son archange —, comme, en outre, les anges le vénéraient comme le plus parfait miroir de Dieu, il s’admira. Présent aux côtés de Dieu dès les premiers actes de la Création, il ambitionna que la Création dise de lui ce qui est dit du Verbe Incarné dans le prologue de Jean : « Tout a été fait par lui ». Dès cet instant l’archange devient sacrilège, assassin et prédateur.

Il ne devait admirer que Dieu, mais il s’admira lui-même. En chaque créature, toutes les forces bonnes et mauvaises sont présentes et elles s’agitent jusqu’à ce qu’un côté l’emporte pour produire du bien ou du mal. Lucifer attira à lui l’orgueil.

C’est par cette brèche de l’orgueil que sa dépravation destructrice pénétra. À cause d’elle, il ne put comprendre ni accepter le Christ-Amour; synthèse de l’Amour infini, unique et trine. Le fait que, de nos jours, se répande l’hérésie qui nie l’humanité divine de la seconde Personne pour faire de lui un simple homme bon et sage, s’explique facilement grâce à cette clé : le manque d’amour dans le cœur humain et son incapacité à aimer.

Puisqu’il connaissait les merveilles futures de Dieu, Lucifer voulut prendre la place de Dieu. Son esprit troublé lui faisait déjà se voir le chef des futurs hommes, adoré comme la puissance suprême. Il pensait: « Je sais le secret de Dieu. Je connais les paroles. Son dessein m’est connu. Je peux tout ce qu’il veut, lui. Comme j’ai présidé aux premières opérations de la création, je peux réussir. Je suis. » Cette parole que Dieu seul peut dire fut le cri qui signa la ruine de l’orgueilleux. Et il devint Satan.

Lui qui fut créé pour porter la lumière et les messages de Dieu a choisi librement et volontairement d’être infidèle au Seigneur son Créateur et à sa Grâce. Ce fut ce délire d’orgueil, cette présomption de se croire Dieu à la place du Fils de Dieu et donc non tenu à l’obéissance et à l’adoration, qui foudroya le révolté. S’il avait été tout amour, il n’y aurait pas eu place en lui pour autre chose que l’amour. Mais il y eut place pour l’orgueil, auquel on pourrait donner ce nom: le désordre de l’intelligence.

De même que Dieu avait voulu que l’archange se tienne à ses côtés dès les premiers actes de la création et qu’il en connaisse le destin d’amour, de même, il voulut qu’il sache la nécessité que son péché imposerait à Dieu : l’Incarnation et la Mort d’un Dieu pour contrebalancer le péché que Lucifer créerait s’il ne surmontait pas son orgueil. Il lui en montra la vision. Le premier anéantissement de Dieu se trouve dans cet acte de conviction douce et suppliante, envers l’orgueilleux.

C’était un acte d’amour. Mais Lucifer était déjà satanisé. Au lieu de l’amour, il ne vit que de la peur, de la faiblesse, un affront et une menace. Il engagea donc les hostilités contre Dieu en disant : « Tu es ? Moi aussi, je suis. Ce que tu as fait, c’est pour moi. Il n’y a pas de Dieu. Et s’il y a en a un, c’est moi. Je m’adore. Je t’abhorre. Je me refuse à reconnaître pour Seigneur celui qui ne sait pas me vaincre. Il ne fallait pas me créer si parfait, si tu ne voulais pas que je me pose en rival. Maintenant je suis, et je m’oppose à toi. Triomphe de moi, si tu le peux. Mais je ne te crains pas. Moi aussi, je vais créer et ta création tremblera à cause de moi. Je te hais et je veux détruire ce qui est tien pour créer sur ses ruines ce qui sera mien. Je ne connais et ne reconnais aucune autre puissance que moi. Désormais, je n’adore plus que moi-même ».

La naissance du Mal, de la Haine et de l’Enfer

La Création tout entière, fut alors prise d’une convulsion horrifiée devant l’infamie de ces paroles sacrilèges, une convulsion comme il n’y en aura pas de semblable à la fin de la Création. Il en naquit l’enfer : le règne de la Haine.

Lucifer fit de son orgueil une arme de séduction : Il séduisit ses compagnons les moins attentifs. Il les détourna de la contemplation de Dieu comme Beauté suprême.

Cette révolte tua, en lui et en ses partisans, la charité, l’ordre et l’harmonie.

C’est de l’incubation de l’orgueil qu’est né le Mal. Le Mal est une force qui est née toute seule comme certaines maladies monstrueuses dans le corps le plus sain.

L’Enfer, le lieu d’éternels et inconcevables tourments dans lequel se précipitent ceux qui vivent dans la haine du Seigneur et de sa Loi, cet Enfer a été créé à cause de lui, l’Archange rebelle.

Avec ses partisans, Lucifer a été foudroyé par Dieu, et terrassé par les anges fidèles. Foudroyé, car dépouillé désormais de la puissance de son état de grâce, et « précipité au fond de l’abîme » où son terrible feu de haine, sa lumière et sa flamme désormais horribles, si différentes de la flamme de grâce et d’amour reçues lors de sa création, ont allumé un feu éternel qui est d’une atrocité inimaginable.

Quand le péché de Lucifer bouleversa de façon irrémédiable l’ordre du paradis une grande horreur frappa tous les anges. La pleine charité qui, auparavant, était seule à exister, venait de tomber dans un gouffre dont s’exhalaient des puanteurs d’enfer.

L’absolue charité des anges était détruite, et la Haine était apparue. Effrayés, les anges fidèles pleurèrent pour la douleur de Dieu et son courroux. Ils pleurèrent sur la paix outragée du paradis, sur l’ordre violé et sur la fragilité des esprits. Ils ne se sentaient plus certains d’être irréprochables de fait de leur pur esprit : l’orgueil était latent et pouvait se développer.

Satan contamine la Terre

Le Mal existait donc avant que l’homme ne fût créé. Dieu avait précipité hors du paradis l’Incubateur maudit. Mais ne pouvant plus contaminer le paradis, il a contaminé la terre.

C’est par lui en effet que tout le mal est venu….

Au fond du gouffre où il était tombé, laid pour l’éternité, Lucifer, devenu Satan, était assoiffé de vengeance. Son premier acte de vengeance toucha Adam et Eve. Sa dent empoisonnée mit le signe de sa bestialité dans la perfection de la création, lui communiquant son propre appétit de luxure, de vengeance, d’orgueil.

En repoussant les séductions de Satan, nos premiers ancêtres auraient imité les bons anges vainement tentés par Lucifer lors de sa rébellion, et ils auraient obtenu un accroissement de grâce.

Les impulsions et les instincts de la nature humaine étaient des éléments ordonnés et bons à leur origine. Ils étaient agencés selon une harmonie réciproque, bien adaptée au but final pour lequel l’homme avait été créé. Leur désordre fut la création de Lucifer, le rebelle.

Le péché contre l’amour, c’est-à-dire l’orgueil de l’intellect et du cœur, à partir duquel l’homme-Adam innocent est devenu coupable, le péché terrible du moi qui veut « devenir semblable à Dieu » (Genèse 3, 5) ce péché a été créé par Lucifer qui, plus tard, séduisit l’homme au même péché, en le rendant semblable à lui dans sa rébellion contre le Seigneur.

Depuis des siècles et des siècles, l’homme lutte contre le venin infernal et Satan perpétue une interminable série de crimes de vengeance. Personne n’échappe au désordre provoqué par Lucifer et nos premiers parents. Le Christ, lui aussi, a dû les affronter.

Le péché de Lucifer, d’Adam et, plus tard, de Judas de Kériot est d’avoir voulu tout parce qu’ils avaient reçu beaucoup. Ils se sont crus des « dieux » du fait que Dieu les avait élus, sûrs de pouvoir se sauver sans aucun mérite que l’amour accordé par Dieu. Ils se sont rendus coupables ainsi d’un péché extrêmement grave. Car si la Bonté de Dieu est parfaite et infinie, elle n’est ni sottise ni injustice.

Dieu évite à Adam de se damner pour l’éternité

Mais Dieu a voulu éviter à Adam le risque de répéter le péché de Lucifer, devenu Satan pour avoir refusé d’adorer l’Amour fait chair. Si Dieu eût proposé le futur Christ à Adam, Adam aurait peut être refusé lui aussi d’adorer le futur Christ, vraie Synthèse de l’Amour trinitaire.

Trop souvent, l’homme maudit stérilement le premier péché, il blasphème contre Dieu en l’accusant d’être un imprudent Seigneur qui a soumis l’homme à une tentation plus forte que lui. Mais que serait-il advenu si l’homme, au lieu de céder à la tentation qui l’induisait à croire qu’en mangeant le fruit défendu il serait devenu semblable à Dieu, en était arrivé, sans aucun tentateur, à se croire lui-même dieu parce que sans péché, parce que sans douleur, parce que sans mort ?

Il n’y aurait alors pas eu de rédemption parce que l’homme aurait été un nouveau Lucifer. Cela aurait même été une légion sans nombre de démons car, avec le cours des siècles, l’humanité se serait augmentée par toutes les procréations ; ce ne serait alors pas seulement un homme et une femme, mais tous, qui auraient péché par cette hérésie sacrilège et la race humaine aurait péri tout entière dans un châtiment infernal.

Lucifer a prétendu orgueilleusement racheter lui-même l’homme, jugeant que sa ressemblance avec Dieu était non pas une participation de nature, mais substantielle, le rendant donc l’égal de Dieu en savoir, puissance et beauté. Il a ainsi offensé gravement l’Esprit Saint, dispensateur des lumières, des vérités et de la sagesse qui se trouvent en Dieu. Or les péchés contre l’Esprit Saint, qui ont été commis par Lucifer et par ses compagnons rebelles, comme ils sont encore commis par beaucoup d’hommes, ces péchés ne sont pas pardonnés.

La lutte de Satan contre le Christ jusqu’à la fin des temps

Depuis sa déchéance, Satan veut avoir son propre peuple pour l’opposer au Peuple de Dieu. Il poursuit ce but sans répit, par haine envers Dieu, et par haine des créatures que Dieu aime comme un Père. Or l’intelligence que Lucifer avait avant d’être foudroyé — une intelligence très aiguë, telle qui convenait au prince des populations angéliques —ainsi que ses pouvoirs, il les a conservés même après le foudroiement divin. Il s’en sert maintenant pour atteindre ses objectifs. Il espionne chaque action de l’homme, il écoute chacune de ses paroles. De chaque parole prononcée et de chaque action accomplie il tire son profit. Il se sert de la constitution physique de l’individu, de ses maladies, de ses mésaventures, de ses études, de ses affections, de ses occupations, et de tout ce qu’il trouve apte à être ensemencé, pour y semer sa zizanie. Il suscite des phénomènes aptes à nous séduire et à nous faire tromper.

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L’Annonciation

– Voici ce que je vois : Marie, adolescente – quinze ans tout au plus, se tient dans une petite pièce rectangulaire. C’est une vraie chambre de jeune fille. Contre l’un des deux longs murs se trouve le lit, une espèce de couche basse sans bords, couvert de nattes ou de tapis. Comme ces lits sont rigides et ne forment pas de creux comme souvent les nôtres, ils donnent l’impression d’être étendus sur une table ou une claie à roseaux.

Sur l’autre mur, il y a une étagère avec une lampe à huile, des rouleaux de parchemin, et un travail de couture soigneusement plié qu’on pourrait prendre pour de la broderie.

De côté, vers la porte ouverte sur le jardin mais couverte d’un voilage qui bouge sous un léger vent, la Vierge est assise sur un tabouret bas. Elle file du lin très blanc et doux comme de la soie. Ses petites mains, à peine moins claires que le lin, font tourner agilement le fuseau. Son visage juvénile, très beau, est un peu penché, avec un léger sourire, comme si elle caressait ou suivait quelque douce pensée.

Tout est très silencieux dans la maison et dans le jardin. Une grande paix règne aussi bien sur le visage de Marie que dans la pièce. La paix et l’ordre. Tout est propre et bien rangé. Cette pièce, à l’aspect et au mobilier très humbles, est aussi nue qu’une cellule monacale, mais elle a quelque chose d’austère et de royal dû à la propreté et au soin avec lequel sont disposés les étoffes sur le lit, les rouleaux, la lumière et, près de la lampe, le petit broc en cuivre qui renferme une gerbe de rameaux en fleurs, de pêcher ou de poirier, je ne sais trop. Ce sont sûrement des arbres fruitiers, dont les fleurs sont d’un blanc légèrement teinté de rose.

Marie se met à chantonner à voix basse, puis hausse un peu le ton. Sans être un chant à haute voix, c’est déjà une voix qui vibre dans la petite pièce et l’on sent vibrer son âme. Je n’en comprends pas les paroles, ce doit être de l’hébreu. Mais comme elle ré pète de temps en temps : «Jéhovah», je devine qu’il doit s’agir d’un cantique sacré, peut-être d’un psaume. Marie se rappelle probablement les chants du Temple. Ce doit être pour elle un doux souvenir, car elle ramène sur son sein ses mains qui tiennent le fil et le fuseau, puis elle lève la tête et l’appuie contre le mur ; son visage prend des couleurs et ses yeux, perdus dans je ne sais quelle douce pensée, brillent sous l’effet de larmes retenues qui les font paraître plus grands. Et pourtant ces yeux rient, sourient à la pensée qu’ils suivent et qui soustrait la chanteuse à ce qui l’entoure. Le visage de Marie, rose et encadré par les tresses qu’elle porte relevées en couronne sur la tête, ressort sur son vêtement blanc très simple. On dirait une belle fleur.

Son chant se fait prière :

«Seigneur, Dieu très-haut, ne tarde pas davantage à envoyer ton Serviteur apporter la paix sur la terre. Suscite le temps favorable et la vierge pure et féconde pour l’avènement de ton Christ. Père, Père saint, accorde à ta servante d’offrir sa vie à cette intention. Accorde-moi de mourir après avoir vu ta lumière et ta justice sur la terre, et avoir su que la Rédemption est accomplie. Père saint, donne à ton peuple celui en qui les prophètes espéraient. Envoie le Rédempteur à ta servante. A l’heure où mon séjour sur terre s’achèvera, que ta demeure s’ouvre à moi, parce que ses portes auront déjà été ouvertes par ton Christ pour tous ceux qui auront espéré en toi. Viens, viens, Esprit du Seigneur, viens chez tes fidèles qui t’attendent. Viens, Prince de la paix ! »

Marie reste plongée dans sa prière.

La tenture bouge plus fort, comme si quelqu’un faisait un courant d’air par derrière ou la tirait pour l’écarter. Une lumière aussi blanche qu’une perle associée à de l’argent pur éclaire les murs légèrement jaunes, avive les couleurs des tissus, rend plus surnaturel le visage levé de Marie.

Dans la lumière, et sans même que la tenture se soit ouverte sur le mystère qui s’accomplit – d’ailleurs, elle ne bouge plus, elle pend, bien droite sur ses montants, comme s’il s’agissait d’un mur qui isole l’intérieur de l’extérieur –, l’archange se prosterne.

Nécessairement, il lui faut prendre une apparence humaine, mais elle transcende l’humain. De quelle chair est formée cette figure superbe, éclatante ? De quelle substance Dieu l’a-t-il matérialisée pour la rendre perceptible aux sens de la Vierge ? Dieu seul peut posséder de telles essences et les utiliser de manière aussi parfaite. Ce sont bien un visage, un corps, des yeux, une bouche, des cheveux et des mains comme les nôtres, mais sans notre matière opaque. C’est une lumière qui a pris la couleur de la chair, des yeux, des cheveux, des lèvres, une lumière qui bouge, sourit, regarde et parle.

«Je te salue, Marie, pleine de Grâce, je te salue ! »

La douce musique de sa voix ressemble à des perles lancées sur un métal précieux.

La Vierge tressaille et baisse les yeux. Elle tressaille encore plus lorsqu’elle voit cet être éclatant agenouillé à un mètre d’elle environ, les mains croisées sur la poitrine, qui la regarde avec une infinie vénération.

Marie se dresse sur ses pieds et se serre contre le mur. Elle pâlit et rougit tour à tour. Son visage exprime stupeur et effroi. Inconsciemment, elle serre les mains sur son sein et les rentre dans ses longues manches.

Elle se penche presque pour cacher le plus possible son corps, en un geste de douce pudeur.

«Non, ne crains pas. Le Seigneur est avec toi ! Tu es bénie entre toutes les femmes.»

Mais Marie a encore peur. D’où vient cet être extraordinaire ? Est-ce un envoyé de Dieu ou du Trompeur ?

«Ne crains pas, Marie, répète l’archange. Je suis Gabriel, l’ange de Dieu. Mon Seigneur m’a envoyé à toi. Ne crains pas, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu. Tu vas concevoir un fils dans ton sein, tu l’enfanteras et tu lui donneras le nom de “Jésus”. Il sera grand, on l’appellera Fils du Très-Haut (ce qu’il sera effectivement) ; le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père, il règnera éternellement sur la maison de Jacob, et son règne n’aura pas de fin. Toi, la sainte Vierge bien-aimée du Seigneur, sa fille bénie, toi qui es appelée à être la mère de son Fils, comprends quel Fils tu vas engendrer.

– Comment cela peut-il se faire puisque je ne connais pas d’homme ? Est-ce que le Seigneur Dieu n’accueille plus l’offrande de sa servante et ne veut pas que je sois vierge par amour de lui ?

– Ce n’est pas par l’action d’un homme que tu seras mère, Marie. Tu es la Vierge éternelle, la Sainte de Dieu. L’Esprit Saint descendra en toi et la puissance du Très-Haut te couvrira de son ombre. C’est pourquoi celui qui naîtra de toi sera dit saint et Fils de Dieu. Tout est possible au Seigneur notre Dieu. Elisabeth, la femme stérile, a conçu dans sa vieillesse un fils qui sera le prophète de ton Fils, celui qui lui préparera le chemin. Le Seigneur a levé son opprobre et son souvenir restera uni à ton nom parmi les peuples, comme le nom de son enfant à celui de ton Fils saint ; jusqu’à la fin des temps, les nations vous diront bienheureuses en raison de la grâce du Seigneur qui vous a été accordée, et tout spécialement à toi, ainsi qu’aux nations par ton intermédiaire. Élisabeth en est déjà à son sixième mois, et le poids qu’elle porte fait monter en elle la joie, et plus encore quand elle connaîtra la tienne. Rien n’est impossible à Dieu, Marie, pleine de grâce. Que dois-je dire à mon Seigneur ? Qu’aucune pensée ne te trouble. Il veillera sur tes intérêts si tu lui fais confiance. Le monde, le ciel, l’Eternel attendent ta réponse !»

A son tour, Marie croise les mains sur sa poitrine, s’incline profondément, et dit :

«Voici la servante du Seigneur. Qu’il me soit fait selon sa parole.»

L’Ange étincelle de joie. Il adore, parce que il voit sûrement l’Esprit de Dieu s’abaisser sur la Vierge, prosternée pour donner son accord. Puis il disparaît, sans faire bouger la tenture qu’il laisse tirée sur ce saint mystère.

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Les Anges, nos puissants médiateurs et leurs inestimables missions pour le monde

Sommaire

Introduction Critères d’authenticité – Le mépris des messages du ciel a des conséquences imprévisibles – Depuis plus de 250 ans, les sept Saints Archanges sont vénérés par leurs noms respectifs – Les Anges sont les plus puissants protecteurs en cette époque de fin des temps – L’Immaculée, rocher de la foi catholique, est aujourd’hui méprisée – La grande misère et le délaissement des âmes du purgatoire aujourd’hui – La sanctification personnelle est le premier devoir

Exorcisme du 21 septembre 1982 Saint Michel archange et les innombrables légions d’Anges louent Dieu et sont au service des hommes – Des millions d’anges attendent en vain que les hommes les invoquent – L’ange du jour a un grand pouvoir d’intercession – On devrait dire aux fidèles quels sont les Anges et les Saints que l’on fête en ce jour, et on devrait les invoquer avant chaque célébration de la Messe – Si on ne les invoque pas, les Anges ont les mains liées – Il faut faire connaître la grande puissance des Anges ! – Oui, il y a un monde des Anges, de même qu’il y a un Enfer – L’importance capitale des Anges pour cette époque de fin des temps qui est la nôtre

Exorcisme du 1er novembre 1982 Les sept Archanges et les puissants choeurs des Anges – Le prince angélique Lechitiel, l’Ange du Mont des Oliviers, vient en aide à tous ceux qui sont désespérés – À côté de Lechitiel se trouve aussi le prince angélique Orphar qui vient en aide aux toxicomanes – L’Immaculée est le plus grand secours pour les jeunes dans leur combat pour la pureté – Saint Joseph est, après l’Immaculée, le grand Saint du paradis – L’immense cohorte des Saints inconnus – Les Saints du jour ont une puissance d’intercession toute spéciale le jour de leur fête – Les âmes du Purgatoire sont abandonnées ; toutes les anciennes indulgences restent valables – Le grand secours que l’on donnait autrefois aux défunts – Les morgues deviennent des lieux de supplice pour les défunts, parce que plus personne ne prie pour eux – L’incinération des corps n’est pas acceptée par le Ciel – On est coupable quand on oublie de prier pour les âmes du Purgatoire – À chaque Messe, on doit faire mémoire des âmes du Purgatoire qui sont les plus tourmentées – Les cierges bénis et l’eau bénite soulagent les âmes du Purgatoire – Les secours procurés par la prière aux âmes du Purgatoire profitent à ceux qui prient pour elles

Les sept Saints Archanges Michel – Gabriel – Raphaël – Uriel – Jehudiel – Sealtiel – Barachiel – Saint Michel Archange –

Introduction

Le 21 septembre et le 1er novembre 1982, un démon devait nous donner des informations inattendues sur le grand secours que les Saints Anges, Saint Joseph et les Saints peuvent nous apporter en cette époque de fin des temps qui est la nôtre. Il devait aussi nous montrer les outrages et le mépris dont est victime l’Immaculée, en particulier à Lourdes, ainsi que la négligence coupable de la part des fidèles dont souffrent les âmes du Purgatoire.

Critères d’authenticité

Nous procédons en suivant les paroles et l’exemple même de Saint Paul : « Examinez tout et ne retenez que ce qui est bon » (l.Thes. 5,21). Cela seul peut constituer un critère de jugement pour savoir si le contenu est bon ou mauvais. Personne ne rejettera une chose qui est utile et bénéfique au salut éternel en objectant le fait que Dieu puisse se servir de démons qui, par nature, sont contre Lui, mais qui restent néanmoins soumis à Sa toute puissance et doivent par conséquent Lui obéir. Déjà dans l’Évangile, nous pouvons lire qu’un mauvais esprit dut rendre témoignage en faveur de Jésus. Jésus permet ce témoignage mais Il montre aussi sa puissance sur le mauvais esprit (Marc. 1,23 et svt).

Le mépris des messages du ciel a des conséquences imprévisibles

Certes, les circonstances par lesquelles nous recevons ces messages et les appels du Ciel sont extraordinaires. Mais notre époque est elle aussi extraordinaire et a besoin de signes extraordinaires pour une humanité qui a renié la foi, qui vit dans le péché, dans l’égarement et qui est même mal dirigée. Depuis bien longtemps déjà, tous les avertissements et les demandes que le Ciel adresse aux humbles et aux petits sont passés sous silence et même en partie sciemment rejetés ; comme nous le démontre le célèbre journaliste Claus Peter Clausen en prenant l’exemple du lieu d’apparitions de Heede et d’autres lieux d’apparitions mariales qui furent interdits par l’Église, et tout ceci à tel point que même la seconde guerre mondiale aurait pu être évitée (cf. « Lettre Noire » no 42/82). Même après la seconde guerre mondiale, en Allemagne par exemple, le grand message de l’Immaculée à Marienfried, à Heroldsbach, etc.., fut rejeté par l’Église malgré des preuves théologiques irréfutables ainsi que des expertises scientifiques irréprochables. C’est pourquoi, il est blâmable et même dangereux de rejeter le contenu positif de messages en objectant leur origine et de suivre ainsi l’exemple des Juifs qui refusèrent Jésus à cause de son origine modeste.

Des messages provenant de différents voyants ne sont pas contradictoires

Déjà dans l’Ancien Testament, on peut lire des passages sur la vénération envers les Anges et sur l’aide qu’ils apportent. Pour illustrer cela, on trouve souvent dans les messages des appellations et des descriptions diverses et c’est pourquoi, on doit en conclure qu’un Ange a souvent plusieurs missions et que plusieurs Anges aussi peuvent avoir une mission en commun. Pour toute nouvelle science dont il veut acquérir la connaissance, l’homme doit d’abord accorder sa confiance aux choses les plus petites et les plus simples. C’est ainsi que les âmes privilégiées ont eu le plus souvent et ceci dès le début la révélation de cette catégorie d’Anges qui sont dans l’entourage le plus proche des hommes, les Anges gardiens. Par la suite, elles ont été introduites dans la connaissance des degrés supérieurs de la hiérarchie des Anges.

Depuis plus de 250 ans, les sept Saints Archanges sont vénérés par leurs noms respectifs

Dans la paroisse de Mettenheim près de Mùhldorf dans le diocèse de Mùnchen-Freising, les sept Archanges sont vénérés et appelés par leurs noms respectifs comme l’atteste la consécration de l’Église le 18 octobre 1720 par son Excellence Franz Anton Adolf Graf von Wagensberg, Évêque de Chiemsee et Coadjuteur de Salzbourg. Les sept Archanges, chefs des choeurs dans le combat contre les Anges déchus de l’Enfer sont représentés par des statues de taille humaine, ils portent les noms suivants : Michel, Gabriel, Raphaël, Uriel, Jehudiel, Sealtiel et Barachiel.

Les Anges sont les plus puissants protecteurs en cette époque de fin des temps

Bien que beaucoup de Saints au cours de l’histoire eurent toujours de magnifiques visions des Anges et purent bénéficier de leur secours et d’événements vécus grâce à eux, la vénération envers les Anges diminua et même à notre époque, l’existence des Anges eux-mêmes est niée par des théologiens. Mais précisément, au moment même où l’Enfer a presque tout détruit, en déployant ses forces de ténèbres, le Ciel nous montre à nouveau la vérité. Dans son amour, le Seigneur nous montre, par l’intermédiaire de nombreuses âmes privilégiées, la puissance et les secours dont sont capables les Anges et nous incitent en particulier à notre époque à faire connaître ce secours aux hommes pour le salut des âmes.

L’Immaculée, rocher de la foi catholique, est aujourd’hui méprisée

A Lourdes où l’apparition de la Mère de Dieu en 1858 confirma elle-même le Dogme de l’Immaculée Conception proclamé auparavant par le Pape Pie IX en 1854, ce titre d’honneur « Je suis l’Immaculée Conception » qui était inscrit en cercle autour de la tête de la statue a été enlevé. A propos de ce manque de respect et des outrages envers la Mère de Dieu à Lourdes en particulier, les démons durent souvent parler sur l’ordre du Ciel. Le 1er novembre 1982, nous avons eu à nouveau des nouvelles de ce triste fait et des conséquences qui en résultent pour la jeunesse. La misère des jeunes et même de ceux induits en erreur par l’Église, s’étend quasiment partout, presque dans chaque famille. A Fatima, la Mère de Dieu disait déjà en 1917 que beaucoup d’âmes se perdaient à cause de l’impureté plus que par tous les autres péchés. Que dirait-elle donc aujourd’hui ?

Après que le Ciel se soit plaint auprès des âmes privilégiées des offenses et du scandale de Lourdes, un groupe de pèlerins suisses fit confectionner une nouvelle inscription en forme de couronne avec le titre d’honneur de la Sainte Vierge : mais l’Évêque du lieu refusa de remettre l’inscription sur la statue.

Nous nous demandons tous ce que nous pouvons faire pour changer cet état de chose très grave par des pénitences, des sacrifices, des prières et par notre attitude courageuse peut-être pouvons-nous, individuellement ou de manière collective nous adresser aux Évêques et leur montrer leur grande responsabilité jusqu’à ce que l’Évêque du lieu autorise finalement à ce que le vénérable titre de l’Immaculée, symbole tout particulièrement significatif pour les jeunes resplendisse à nouveau sur la statue de la Sainte Vierge à Lourdes ainsi que sur toutes les autres statues de Notre Dame de Lourdes.

Ce scandale est une offense faite au Ciel tout entier et tout spécialement à Saint Joseph, son très chaste époux, qui après Marie, est le plus grand des Saints du Paradis. La vie et les vertus de Saint Joseph doivent nous servir d’exemples en particulier pour connaître la volonté de notre Père Céleste. Il souffrit beaucoup du fait qu’il avait accueilli spontanément sa fiancée immaculée et il dut lutter, jour et nuit, dans la prière pour savoir ce qu’il devait faire, étant donné qu’il ne voulait pas la répudier. Dans sa très grande misère, un Ange lui apparut soudain et lui révéla le secret de l’incarnation de Notre Seigneur Jésus Christ (Matth. 1,18 et svt) (voir aussi le livre « Das Leben des hl. Joseph » de Maria Càcila Baij, Editions Reisinger, Wels). En suivant son exemple et en implorant son intercession, nous voulons examiner ces révélations, dans la prière, afin que Dieu puisse nous faire connaître aussi la vérité sur ses messages.

La grande misère et le délaissement des âmes du purgatoire aujourd’hui

Sur le portail d’un cimetière, on peut lire les mots suivants: « Ne passe pas devant le cimetière sans prier car bientôt tu seras celui qui demandera que l’on prie pour toi. » Puissions-nous toujours nous souvenir de ces paroles lorsque nous passons devant un cimetière. Un écrivain ecclésiastique très connu, le père jésuite espagnol Rodriguez, nous parle d’un père franciscain qui bénéficia de l’apparition d’un confrère défunt qui était en Purgatoire et alors qu’il souhaitait un signe, il lui fut demandé de tendre la main, c’est alors que l’apparition laissa tomber une petite goutte de sueur sur sa main et la goutte ne perfora pas seulement sa main mais aussi le sol et, pendant deux ans, le pauvre père en ressentit les plus vives souffrances, jour et nuit.

La sanctification personnelle est le premier devoir

Lors d’un exorcisme, le Ciel nous rappelle à notre premier devoir: la sanctification personnelle; c’est ce que l’Église nous a toujours annoncé comme premier devoir : le salut de notre âme.

Le Saint Père Paul VI, lors de son audience générale du 1er octobre 1972, nous a indiqué clairement le chemin à suivre, en prononçant ses paroles inoubliables: « Vous devez vivre votre foi et pratiquer votre religion comme on vous l’a enseignée et de la manière dans laquelle vous avez été élevé. N’écoutez pas ceux qui sèment la confusion. »

Mais, fidèles à ces paroles et fermement attachés à la Sainte Église catholique, nous voulons aussi prier pour le Saint Père afin que « Toi Seigneur, Tu puisses le fortifier, le consoler, le guider, le diriger pour le salut de l’Église et des âmes. Amen. » Pour obtenir des grâces, l’humilité est toujours la condition décisive comme nous l’enseigne l’Église et comme nous le montre l’exemple des saints. Dans de nombreux exorcismes, les démons durent recommander des prières spéciales pour obtenir l’humilité, ces prières sont rassemblées dans la petite brochure intitulée: « Die hl. Brigitta von Schweden » Editions Ruhland, D-8262 Altôtting.

Que chacun puisse connaître le grand secours que le Ciel nous envoie par ses révélations et que chacun puisse prendre conscience de sa propre responsabilité en vue de l’accomplissement de la volonté divine et y travailler selon ses possibilités.

Heinrich Kreuzer

Exorcisme du 21 septembre 1982

E : Exorciste

D : Démon

E : Dis la vérité, seulement la vérité. Dis ce que le Ciel te commande de dire au nom du Très Saint Sacrement. Dis la vérité et seulement la vérité pour l’honneur de Dieu, pour le salut des âmes et garde le silence sur toute autre chose ! Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit. Amen.

Saint Michel archange et les innombrables légions d’Anges louent Dieu et sont au service des hommes

D : Nous savons qu’au-dessus de nous et qu’au-dessus de l’Enfer se tient en ce moment Saint Michel Archange. A sa droite, nous voyons le Saint Archange Jehudiel, à sa gauche le Saint Archange Barachiel et de loin en loin les sept Archanges qui viennent compléter sa gauche et sa droite. Derrière lui, en demi-cercle, un peu en avant, d’innombrables légions d’Anges, des légions interminables et qui s’étendent à l’infini, des Anges, des Archanges, des Trônes et des Principautés selon leur dénomination. Ce sont des légions d’Anges que nous voyons, que nous sommes obligés de voir. Nous sommes aussi obligés de dire que nous les voyons, parce que cela doit être ainsi, parce que le Très-Haut (il montre le ciel) et la Trinité le veulent ainsi. Ce sont d’interminables légions qui louent le Très-Haut, qui le louent et qui l’ont loué de toute éternité, depuis la création de tous ces choeurs d’Anges.

D’innombrables légions, mais il y a beaucoup de légions d’Anges qui sont toujours consacrés au service des hommes en leur qualité d’Anges gardiens. Bien plus, ils peuvent venir en aide aux hommes, leur porter assistance et secours lorsque ces hommes s’adressent à eux ou bien lorsqu’ils s’adressent à tous les choeurs des Anges, tous indistinctement, d’abord les sept Archanges et tous les Saints choeurs des Anges, c’est alors qu’ils sont tous mobilisés pour ainsi dire, et répondent à la prière des hommes, et de même qu’ils reçoivent l’ordre du Très-Haut d’exécuter ce voeu pour Lui ou de Lui rendre hommage, de même, ils répondent aux bonnes prières ou aux voeux de la personne qui s’est adressée à eux. Mais il y a tant d’hommes et même peut-on dire des millions d’hommes qui oublient que les Anges gardiens existent toujours et qu’il y a beaucoup d’anges qui doivent empêcher les malheurs d’arriver et aider les hommes. Les Anges portent l’univers et le dirigent selon la volonté de Dieu Trinitaire.

Les Anges doivent aussi contribuer, sur l’ordre du Ciel, au développement de la nature, à conduire la créature dans le bon chemin, à guider les animaux, à s’occuper aussi des pierres, des montagnes, du soleil, et de toute la création. Pour tout cela, le Très-Haut a ses Anges qui Le servent. Assurément, c’est Lui qui porte l’univers : Mais pour sa plus grande gloire, il a créé les Anges qui Le servent dans ce but, ici-bas, comme exécutants de ses volontés sur l’univers. Il l’a voulu ainsi, cela sert à sa plus grande gloire. Par exemple, l’Ange gardien de l’homme lui sert de protection et même les Anges doivent protéger les animaux pour qu’ils ne courent pas trop de dAnger. On pourrait même dire, moi, démon, je dois dire que les hommes pourraient prier pour que les animaux ne meurent pas, prier ces Anges qui sont chargés de conduire et de diriger les animaux ainsi que les vallées, les montagnes, etc.. Les hommes feraient bien de prier pour que l’univers soit dirigé d’une façon plus parfaite, je veux dire, qu’ils le dirigent l’univers, certes, selon la volonté du Très-Haut, mais ils pourraient le faire d’une façon encore plus complète, et il y aurait encore plus d’Anges qui viendraient en aide aux hommes pour que tout soit dirigé selon le plan du Très-Haut, si les hommes voulaient bien prier. – Il n’y aurait pas, par exemple, une si grande mortalité de poissons, ni d’oiseaux, dans le monde actuellement. Il y aurait encore beaucoup de poissons dans les mers, comme cela devrait être, et comme cela était depuis toujours. Si les hommes faisaient appel aux Anges, aux Anges gardiens, aux Anges de l’univers et aux Anges qui leur viennent en aide et qui sont à leur service, et qui leur demanderaient à juste titre de les aider afin qu’ils contribuent à ce que l’univers vous reste dans la plénitude de sa beauté originelle telle que le Très-Haut l’a créé. Mais l’humanité ne le fait pas, voilà ce que je suis obligé de dire sur l’ordre du Ciel.

Des millions d’anges attendent en vain que les hommes les invoquent

D : Il n’y a que très peu de gens qui prient leur Ange gardien et encore bien moins ceux qui prient l’Ange du jour parce qu’ils ne le connaissent même pas; il y en a très peu qui prient les Anges, les choeurs des Anges et les Anges de l’univers, voilà ce que je devais vous dire. C’est pourquoi vous ne devriez pas vous étonner s’il y a tant de malheurs qui arrivent aux hommes, tant d’accidents, de tremblements de terre, tant d’animaux qui meurent, de catastrophes, d’inondations, d’incendies et toute chose du même genre. Les Anges sont puissants et portent secours et assistance à tout l’univers pour empêcher ces accidents. Mais si on ne les invoque pas, ils ne peuvent vous aider que de temps en temps et dans une faible mesure. Tout ce qu’ils doivent faire et tout ce qu’ils doivent rendre comme service à l’univers d’une façon habituelle, cela ils le font en effet. Mais il revient aussi à chaque fidèle d’avoir une dévotion envers les Anges et de les invoquer pour obtenir leur secours, pour que moins de malheurs se produisent et que l’univers vous soit ainsi sauvegardé. Mais, puisque l’Église et les hommes ont déjà pris une mauvaise direction, il s’ensuit que tout se détériore, de sorte que l’univers, lui aussi, subit beaucoup de dommages. Je ne veux pas en dire plus!

E : Au nom de Jésus !

D : Je suis forcé de vous dire et ceci contre ma volonté, que des milliers et même des millions d’esprits, dont la mission est de servir, seraient prêts à intervenir et à rendre service à tout l’univers, si au moins les hommes les invoquaient. Quand ils ne servent pas, ils louent le Très-Haut ; ils attendent d’obtenir l’ordre du Très-Haut. C’est le Très-Haut lui-même qui souhaite que l’on invoque Ses esprits créés pour qu’ils puissent servir. Mais ils ne le peuvent pas, parce que l’on ne les invoque pas, on ne les prie pas parce qu’ils sont pratiquement oubliés (à haute voix) parce que, en général, presque plus personne ne pense aux Anges, voilà ce que je suis obligé de dire. Je ne veux pas en dire davantage!

E : Au nom de Jésus… !

L’ange du jour a un grand pouvoir d’intercession

D : On m’a forcé à vous révéler tout cela au sujet des Anges, mais ce n’est qu’un bref aperçu, car il y aurait, à ce sujet beaucoup plus de choses à dire, à expliquer, et à commenter. Mais je dois encore ajouter – comme nous avons déjà dû le dire, que, le jour de sa fête, l’Ange du jour est celui dont on peut obtenir des grâces toutes particulières pour soi-même, pour l’humanité et pour l’Église. Je ne veux pas en dire plus!

E : Au nom de Jésus… !

D : On peut même invoquer l’Ange du jour en disant :

« Donne-nous toutes les grâces que nous pouvons implorer pour nous, pour l’Église et les hommes. Mais demande aussi aux autres Anges qu’ils implorent eux aussi des grâces toutes particulières pour nous en ce jour qui est celui de ta fête. »

Et ils le feront, oui, ils le feront, ils y sont obligés. Ils sont les serviteurs du Très-Haut et à ce sujet, je dois encore vous dire ceci : invoquez aussi l’Ange du jour qui, le jour de sa fête, a une puissance toute spéciale pour toucher le coeur du Très-Haut. Ces Anges et ces Saints du jour ont, le jour de leur fête, de même que la Reine du Ciel, le jour où on célèbre une de Ses fêtes, une puissance et un privilège tout particulier pour demander des grâces au coeur du Très-Haut. Celui qui ne demande pas ces grâces se conduit comme un insensé. Il faut être fou et aveugle pour ne pas demander le plus de grâces possibles pour l’Église et pour soi-même. Je voudrais encore ajouter que… . Je ne veux pas vous en dire plus.

E : Dis la vérité et seulement la vérité, au nom de… !

On devrait dire aux fidèles quels sont les Anges et les Saints que l’on fête en ce jour, et on devrait les invoquer avant chaque célébration de la Messe

D : Je dois vous dire, moi, démon, moi qui occupe le second rang dans la hiérarchie des mauvais esprits, bien que cela constitue pour moi une terrible humiliation, je suis obligé de vous dire – parce que je suis un Ange déchu occupant un rang si élevé – que l’on perd des quantités incalculables de grâces quand on n’invoque pas les Anges et les Saints du jour. Chaque fois qu’il célèbre la Messe, tout prêtre devrait s’adresser aux fidèles, avant de commencer, et leur dire à haute voix, avant de se rendre à l’autel : « nous célébrons aujourd’hui la fête de tel Ange et de tel Saint ou de tel martyr. » Invoquez-les aussi pendant la Sainte Messe surtout afin qu’ils vous obtiennent les grâces qui vous sont réservées en ce jour par l’intercession des Anges et des Saints du jour. Vous obtiendrez alors des grâces supplémentaires. Unissez l’Ange et le Saint du jour au sacrifice de la Messe. Bien sûr, les choeurs des Anges y sont déjà présents, mais ce sont surtout ces Anges du jour que l’on doit invoquer.

Invoquez aussi, avant que la Messe ne commence, l’Ange qui est chargé de veiller sur l’Église, la chapelle ou sur le lieu où la Messe est dite, ou celui qui protège le diocèse du lieu. Comme vous le savez déjà certainement, chaque diocèse et chaque Église, c’est-à-dire chaque paroisse, a son propre Ange local. Chaque diocèse a aussi son propre Ange qui occupe un rang plus élevé dans la hiérarchie des Anges. Chaque paroisse a aussi son propre Ange qui veille sur l’Église paroissiale, sur chaque curé, sur chaque fidèle, qui en font partie. Quand on invoque l’Ange avant le début de l’office, il obtiendra alors pendant la Messe des grâces encore plus grandes, pour le curé de la paroisse et ses fidèles : il pourra aussi obtenir et vous donner de grandes grâces. Mais si personne ne l’invoque, il est bien sûr toujours présent mais il dira au Très-Haut : ô …, je ne veux pas vous en dire plus !

E : Parle au nom de Jésus !

D : Ô Dieu Tout-Puissant ! Ô divine Majesté dont nous vénérons tous avec soumission la grandeur et la sublimité, nous nous recommandons à Toi. Nous recommandons toute la paroisse à Ta protection toute spéciale. Regarde, ce curé a oublié de m’invoquer, moi Ton Ange. Vois, tous ces fidèles qui ont oublié de m’invoquer, moi qui suis Ton pauvre Ange à qui cette paroisse ou ce diocèse est confié et qui, conformément à Tes décrets éternels, veille tout particulièrement sur cette paroisse, cette Église, cette chapelle. Mais Tu sais, ô Seigneur, que les hommes sont faibles, c’est pourquoi, ne les laisse pas courir à leur perte. Je voudrais suppléer à tout ce qui leur fait défaut. Ne retiens pas trop leurs fautes et leurs négligences. C’est ainsi que doit prier l’Ange de la paroisse et il prie même davantage. Voilà ce que j’ai été obligé de dire en résumant le plus possible. Je ne veux pas vous en dire plus!

E : Au nom du Père, du Fils, et du Saint Esprit !

Si on ne les invoque pas, les Anges ont les mains liées

D : Malheureusement, moi, démon, je suis obligé de dire que les Anges des paroisses et des diocèses, ainsi que ceux qui se trouvent là où une Messe est célébrée dans une chapelle, sont obligés de prier, alors qu’au lieu de cela, ce sont les fidèles qui devraient prier cet Ange et le Très-Haut. L’Ange pourrait leur obtenir des grâces beaucoup plus grandes. Il a aussi une très grande puissance pour toucher le coeur du Très-Haut. Comme nous avons déjà dû le dire à propos de l’Ange du jour, l’Ange de la paroisse a aussi une grande puissance, mais l’Ange qui veille sur une paroisse ou un diocèse, etc. peut et doit être toujours invoqué d’une manière spéciale lorsqu’une Messe est célébrée, et chaque fois que des prières sont dites dans l’Église dont l’Ange a la charge. L’homme est exaucé beaucoup plus vite, lorsque sa prière correspond à la volonté du Très-Haut, que lorsqu’il prie tout seul et pour lui-même, car les Anges sont toujours de très purs esprits au service du Tout-Puissant, qu’ils aiment d’un amour ardent. Le plus souvent, ce sont des princes qui sont chargés de veiller sur une paroisse ou sur un diocèse. Étant donné que les Anges veillent sur cette paroisse avec des sentiments très nobles et très élevés ainsi qu’avec un très grand amour, ils portent dans leur cœur, pourrait-on dire, chaque membre de cette paroisse : ils voudraient aider les hommes, mais, la plupart du temps, ils ont les mains liées parce que l’on ne les invoque pas et encore moins s’adresse-t-on aux Anges qui sont chargés de veiller sur les paroisses et les diocèses. C’est une chose qui est tout à fait propre au monde des Anges. On ne dira jamais assez qu’il faut faire connaître tout cela. Que les hommes sont bêtes de ne pas vouloir l’accepter et de ne pas y croire. A chaque époque, le Très-Haut a toujours donné des révélations de ce genre: on peut en prendre connaissance, les relire : il existe, du reste, une révélation très authentique donnée par le Ciel lui-même au sujet de ces Anges de paroisse dont j’ai parlé à la fin. Je ne veux pas en dire davantage.

E : Au nom du Père… !

D : Cette révélation fut faite à une certaine « Ancilla » (Mechtilde Thaller de Munich). Elle n’est pas la seule à avoir reçu des révélations.

Il faut faire connaître la grande puissance des Anges!

D : Puisqu’on ne prête plus attention à ces grandes révélations, je dois vous le redire : il faut faire connaître la grande puissance des Anges. Dites-le lorsque vous célébrez la Messe et lorsque vous prêchez. Dites-le aux prêtres qui sont disposés à le dire aussi.

On devrait le crier sur les toits ! Je dois me répéter, tout cela fut révélé de la même manière à la religieuse. Si les hommes savaient la puissance de ce grand Ange, s’ils connaissaient la majesté du Tout-Puissant qui trône dans cette Église, dans laquelle l’Ange doit le servir, ils marcheraient sur les genoux pendant des kilomètres avant d’arriver à l’Église, ils invoqueraient cet Ange avant d’arriver à l’Église, afin que celui-ci puisse leur donner des grâces plus grandes et des bénédictions plus fortes. Je ne veux pas en dire davantage.

E : Au nom de Jésus… !

D : De la même façon que les démons peuvent nuire aux hommes d’une manière redoutable, de même les Anges ont un pouvoir tout aussi redoutable, devrais-je même dire, moi qui suis un Ange déchu, ils ont une puissance redoutable sur le coeur du Très-Haut. Étant donné qu’à aucun moment, ils ne peuvent faillir, et qu’à aucun moment, ils ne peuvent pas ne pas être au service du Très-Haut ; on comprend alors qu’ils aient une puissance tout à fait redoutable, surtout les Archanges, les Anges qui veillent sur les diocèses, les Anges du jour, et les Anges gardiens bien sûr. Cela aussi est une caractéristique tout à fait propre aux Anges. Je ne veux pas en dire davantage.

E : Au nom du Père… !

D : Mais à l’époque actuelle, on en parle beaucoup trop peu. Dans votre Église actuelle telle qu’elle est devenue maintenant, on ne parle pratiquement plus des Anges. Ces révélations à la religieuse ainsi qu’à cette âme privilégiée qui devait faire connaître les Anges du jour sont passées sous silence. On ne parle plus du tout de cela, dois-je dire. Je ne veux pas en dire plus !

E : Parle, dis la vérité, seulement la vérité pour l’amour de Dieu et l’honneur des Saints Anges !

D : Plus personne n’en parle, sauf quelques personnes qui connaissent davantage la doctrine des Anges ou qui croient encore en l’existence de leur Ange gardien. Mais c’est une erreur de mettre la lumière sous le boisseau, et, pour finir, de laisser brûler le boisseau par la chaleur, au lieu de faire resplendir la lumière dans toutes les Églises et le monde entier.

Mais je dois dire que c’est une erreur de ne pas propager cette doctrine ou ces révélations partout. Celle qui est là-Haut et la Sainte Trinité m’obligent à dire que si des vérités si grandes et si sublimes furent communiquées à cette âme privilégiée remplie d’humilité qui reçut les révélations sur l’action des Anges, ce n’est que justice que le monde entier en ait connaissance ! On fait beaucoup trop peu de choses dans ce but. Je dois parler de la part de la Très Sainte Trinité et de la Reine des Anges qui veille avec majesté sur les Anges, et qu’eux-mêmes honorent comme leur mère et leur reine très aimable et très sublime parce qu’elle l’est en effet et parce qu’elle possède toutes les vertus. C’est une erreur, en ces temps très durs de grande confusion pour l’Église, de ne pas faire connaître ce livre ainsi que les noms des Anges du jour uniquement à ceux qui bénéficient déjà de la bonne influence des Anges. On se trompe en pensant que seules ces personnes ont la possibilité et le droit d’invoquer ces puissants Anges du jour et qu’eux seuls connaissent leurs noms. Le Très-Haut n’existe-t-il pas (il montre le ciel) pour tout le monde ? N’a-t-il pas créé les Anges pour tout l’univers et non pas seulement pour ceux qui sont déjà entrés dans ce monde de prière pour obtenir les faveurs des Anges, dont on a déjà parlé ! C’est une très grave responsabilité.

On devrait faire prendre conscience de cette très grande responsabilité aux Évêques et aux prêtres : l’existence de l’Enfer qui ne peut plus être anéanti, l’existence du Purgatoire qui peut parfois en ses zones les plus profondes être plus épouvantable que l’Enfer, parce que là, nous, les démons n’avons finalement plus aucun droit sur ces âmes, et puisqu’elles nous ont échappé de justesse, nous pouvons alors les éprouver davantage que celle qui sont avec nous en Enfer pour l’Éternité, comme nous avons déjà dû le dire.

Voilà ce que vous devez dire aux Évêques. Le fait de se damner ou de se sauver n’est certes pas une mince affaire, une bagatelle, bien au contraire, c’est un très grand drame lorsqu’on est condamné à brûler, à languir et à se consumer pendant des siècles au Purgatoire en soupirant de voir le Très-Haut et les Anges, que l’on n’a pas fait connaître sur la terre, en aspirant après leur secours que l’on ne peut plus alors obtenir, puisqu’on a passé sous silence ce que l’on aurait dû faire connaître au monde. Ce n’est pas moi qui ai voulu vous dire cela, mais j’y fus contraint par la Toute Puissance et la majesté du Très-Haut, je ne voulais pas avouer tout cela (il pousse des cris), cela ne peut que nous faire tort, mais ce n’est que la vérité, toute la vérité, l’irrévocable et entière vérité à laquelle vous aussi vous ne pouvez vous soustraire.

Oui, il y a un monde des Anges, de même qu’il y a un Enfer

Tout comme on doit propager les noms que portent les Anges, on doit aussi faire connaître l’existence de l’Enfer, je dois vous le dire, il faut faire connaître l’existence des bons Anges, des Anges déchus et de l’Enfer. Ils existent. Les noms des Anges du jour et des Archanges devraient aussi être connus. On peut, bien sûr, invoquer les Anges sans plus. Mais lorsque l’on sait à quel jour et pour quelle mission tel Ange fut précisément doté de puissance, alors on l’appellera volontiers à l’aide, en toutes circonstances, et avec plus de ferveur, oui on l’invoquera davantage que si on ne sait rien de tout cela. On sait si peu de choses de lui ; la connaissance que l’on en a est aussi faible que celle que l’on a, étant sur la lune, de l’autre côté de l’univers, de même qu’on connaît très peu les planètes qui sont très éloignées de nous. On admet que tout cela existe bien. On voit tout cela, de là-haut dans le ciel, tous ces astres qui brillent au firmament, mais, en fin de compte, on ne sait pas à quoi ils servent. Il en va de même pour les Anges.

Les hommes sont toujours dépendants, dans leur vie, de certaines impressions et de certaines connaissances qu’ils pensent avoir ; c’est pourquoi ces Anges furent révélés à une âme privilégiée, qui menait une vie très droite, précisément pour cette époque de fin des temps qui est la vôtre et dans le but d’une diffusion dans le monde entier. Le Ciel et le Très-Haut ne veulent pas que ce soient uniquement ceux qui ont la connaissance de ces faits et réalités qui puissent invoquer ces Anges du jour. Une telle attitude serait, ou plutôt est mesquine. Le Très-Haut n’a-t-Il pas institué les Anges pour le service de tous ? Ne fait-Il pas pousser l’herbe pour tout le monde ? De même qu’il a créé pour tout le monde aussi les montagnes, le soleil, les animaux, les arbres et les champs, il en est de même pour les Anges.

L’importance capitale des Anges pour cette époque de fin des temps qui est la nôtre

Le fait que les Anges doivent être connus et invoqués pour faire contrepoids à l’Enfer, en cette époque de fin des temps qui est la nôtre, voilà bien une vérité d’une valeur incomparable.

D : Aujourd’hui j’ai dû dire beaucoup de choses sur les Anges. C’est pourquoi depuis le début, j’ai été tellement excité, aussitôt que je suis entré dans cette pièce. C’est pourquoi, je ne voulais pas parler. Ce sont des vérités d’une valeur inestimable, que je hais parce qu’elles nous font beaucoup de mal, à nous qui sommes en Enfer, et qu’elles ne peuvent que nous porter préjudice. Mais j’ai été obligé de vous les faire connaître, sur l’insistance de la Reine des Anges et sur l’ordre du Ciel et de la Trinité parce que, nous, qui sommes en Enfer, nous provoquons tant de malheurs, surtout en ce moment, et parce que grâce aux Anges vous augmentez votre force contre nous et que jamais vous n’invoqueriez assez les Anges et surtout aussi les Anges du jour, ainsi que, comme je l’ai déjà dit, l’Ange d’une paroisse, d’un diocèse et celui de la chapelle ou de la salle où se célèbre une Messe. Là aussi, un Ange tout particulier est présent pendant cette Messe. Voilà ce que j’avais à dire.

Remerciez le Très-Haut et ne reculez devant aucun sacrifice ni aucune peine pour faire connaître cela, même si vous deviez être l’objet de malversations ou devenir la risée de tout le monde. Voilà la vérité, la vérité entière telle que j’ai dû le dire sur l’ordre du Ciel et d’une manière terriblement forcée. Je ne voulais pas le dire. J’aurais mieux aimé aujourd’hui avoir été tourmenté toute la journée par Lucifer lui-même, en Enfer, plutôt que d’avoir dû dire ces révélations qui, pour vous, sont une bénédiction, et qui, pour nous, sont une malédiction.

Mais, puisque nous avons la permission de vous nuire et de vous poursuivre en cette terrible époque actuelle, je dois vous dire en contrepartie ce que vous devriez vraiment faire pour que vous puissiez vivre quand même dans l’imitation du Christ et persévérer dans cette voie. Voilà ce que je devais dire.

Exorcisme du 1er novembre 1982

E : Exorciste

D : Démon

E : Au nom de la Sainte Trinité, Dieu le Père, le Fils, et le Saint Esprit. Au nom de Marie, l’Immaculée Conception. Dis-nous ce que Dieu t’a commandé de dire et ne dis que la vérité et seulement la vérité et ne parle pas d’autre chose. Au nom du Père, du Fils, et du Saint Esprit.

Les sept Archanges et les puissants choeurs des Anges

D : Je dois dire qu’on doit invoquer les sept Archanges, surtout en ce moment, par leurs noms respectifs. La grande valeur de leur intercession, leur puissant secours et leur nature particulière sont inestimables et sublimes. Certes, ce n’est pas moi qui veux vous dire cela, mais je dois le faire, je suis terriblement forcé aujourd’hui de vous parler des sept Archanges, de leur secours, de leur grandeur et combien, tout particulièrement, ils prodiguent leurs secours, et quel puissant choeur d’Anges se tient derrière chacun d’eux. Derrière chacun de ces sept Archanges, se tiennent de puissants choeurs d’Anges qui sont tous plus ou moins grands mais même les Anges les plus petits possèdent une dignité, une noblesse incomparablement grande. Je dois avouer que nous les craignons. Nous craignons terriblement même ces Anges les plus petits sans parler de ceux qui sont plus grands et des Archanges eux-mêmes. Voilà pourquoi on doit les invoquer.

C’est pour la même raison que les Anges et les Saints du jour doivent être connus, parce que toutes les légions d’Anges et chaque Ange du jour est à la disposition de tout le monde, parce que nous sommes à une époque de grande confusion et que nous pouvons davantage nuire aux hommes et les faire tomber beaucoup plus en ce moment qu’il y a dix, vingt, ou trente ans. Les temps actuels sont devenus maintenant beaucoup plus mauvais ainsi que les attaques de l’Enfer. C’est pourquoi, tous les jours, on devrait invoquer ces puissants Anges et ces Anges du jour.

Le prince angélique Lechitiel, l’Ange du Mont des Oliviers, vient en aide à tous ceux qui sont désespérés

On devrait invoquer tout particulièrement l’Ange Lechitiel. Il a réconforté le Très-Haut dans son effroyable abandon au Mont des Oliviers, ainsi qu’Oriphiel et d’autres Anges encore. Il est revêtu d’un vêtement sacerdotal, comme nous avons déjà dû le dire, il a une étole, une croix et sur le vêtement, un image représentant la Passion du Christ, ainsi qu’un calice surmonté de la Sainte Hostie ; c’est l’Ange qui s’occupe des désespérés, des découragés, et de ceux qui ont envie de se suicider. C’est l’Ange de ceux qui sont complètement anéantis, de ceux qui sont tombés et qui n’ont plus aucune force pour se relever. C’est l’Ange qui veut et qui peut venir en aide à tous ces gens-là, qui ne veulent plus avancer et qui veulent se suicider. Il a la puissance et le don de retenir au dernier moment ceux qui sont dans ce cas-là. Quand on l’invoque, ne serait-ce que quelques fois par an, il est alors si puissant qu’il peut retenir et qu’il retient vraiment ces âmes, de la tentation du suicide, alors que la même personne qui ne l’invoquerait pas succomberait à la tentation du suicide.

Mais quand une personne qui cherche à se suicider invoque l’Ange Lechitiel, ne fût-ce que quelques fois par an, en lui disant :

« Saint Lechitiel, aide-moi, soutiens-moi, relève-moi ! »

Alors, nous, les démons, nous n’avons plus aucun pouvoir pour entraîner cette personne au suicide ; l’Ange Lechitiel a aussitôt la main au-dessus de ces personnes-là pour les protéger et ceci durant toute l’année. Nous ne pouvons plus les entraîner au suicide. L’Ange a une puissance et une force toutes spéciales. C’est donc à bon droit que l’on peut invoquer cet Ange et implorer son secours.

À côté de Lechitiel se trouve aussi le prince angélique Orphar qui vient en aide aux toxicomanes

Lechitiel est aussi un Ange puissant pour les drogués, car ils sont vraiment dans une situation tout à fait désespérée. N’est-il pas en effet désespérant quand on ne trouve plus aucune issue, après avoir absorbé toutes sortes de drogues, sans avoir pu s’arrêter ? Ils sont dans le bain et ils ne peuvent plus s’en sortir. A eux aussi, l’Ange Lechitiel vient en aide et tout particulièrement l’Ange de la nuit dont le nom est Orphar. Orphar est l’Ange de la nuit, celui qui, si je puis dire, écoute tous les bruits de la terre, qui les écoute avec attention, pour éloigner les mauvaises influences. Aux hommes qui risquent de devenir des toxicomanes, il peut encore apporter de l’aide et éloigner le danger quand on l’invoque et quand on le prie dans ce but-là. Il est tout aussi capable de sauver ceux qui sont déjà tombés dans la toxicomanie. Orphar est l’Ange des ténèbres et de la nuit. Lechitiel est l’Ange contre le désespoir. C’est l’Ange très puissant qui vient en aide aux accablés, il les prend avec lui, les réconforte et les remet sur le bon chemin. Je ne veux pas en dire davantage.

L’Immaculée est le plus grand secours pour les jeunes dans leur combat pour la pureté

E : Au nom de Jésus, au nom du Père… !

D : Je dois à nouveau parler de l’Immaculée. Il y a un fait d’une immense tristesse, comme nous avons déjà dû le dire, c’est que l’Immaculée n’est plus vénérée en tant que telle et avec autant de ferveur qu’autrefois. Il est terriblement triste et incroyablement déprimant de voir qu’à Lourdes, la statue qui devrait pourtant porter le titre de l’Immaculée Conception, n’a plus le droit de le porter autour de sa tête, uniquement parce que les hommes lui ont enlevé ce titre ou parce qu’ils veulent lui donner moins d’importance. C’est une affaire très grave et qui est presque inexpiable. Tant de jeunes qui cherchent du secours, ont tourné leur regard vers cette vierge d’une pureté absolue, et ont bénéficié de son aide. Mais, maintenant qu’on a enlevé de la statue de Lourdes, le titre d’honneur qu’elle portait autour de la tête, il s’ensuit inévitablement qu’il n’y a plus autant de grâces qu’auparavant. Elle est la plus grande Sainte du Ciel.

Saint Joseph est, après l’Immaculée, le grand Saint du paradis

Après elle, vient son très chaste époux, Saint Joseph, qui – comme nous avons déjà dû le dire, est, après elle, le plus grand Saint du Ciel, après La Sainte Trinité Elle-même et l’Immaculée. En tant qu’homme, il est, après elle, le plus pur, le plus grand, de loin au-dessus de tous les Saints. Il eut bien plus d’épreuves et de souffrances à supporter qu’on se l’imagine. Les épreuves ont accablé Saint Joseph avec force et violence dès sa jeunesse jusqu’au moment où il put se fiancer avec elle Là-Haut. Il eut à subir d’immenses épreuves, d’immenses douleurs, et ce afin qu’il soit jugé digne par le Très-Haut, de devenir le fiancé de la créature la plus pure qui ait jamais existé. Il n’est personne, excepté lui, qui fut trouvé digne, et aussi personne en dehors de lui aurait été trouvé digne, et, peut-on dire, qui aurait été tant soit peu digne d’une épouse divine, si élevée en sainteté ; et c’est au titre d’honneur de cette vierge si noble, si pure et si sainte, qu’ils osent, ici-bas, donner moins d’importance. Ce n’était pas assez avec les Kùng, les Haag, que sais-je encore… Ce sont les Évêques et les modernistes qui osent lui ravir ce titre d’honneur. Saint Joseph lui-même est affligé de voir tout ce qui est arrivé. Je ne veux pas en dire davantage.

E : Au nom de Jésus… !

D : Il est après elle, le plus grand Saint qui trône au Ciel, oui infiniment plus grand que tous les autres Saints qui viennent après lui, comme nous avons déjà dû le dire une fois.

L’immense cohorte des Saints inconnus

Il existe aussi au Ciel des milliers de Saints dont le nom n’est guère connu mais qui ont enduré de longues et pénibles souffrances et qui ont sauvé beaucoup d’âmes, et cela, l’humanité ne le sait pas et n’en a même aucune idée. On devrait les invoquer, eux aussi, après les Saints du jour. Cette cohorte d’humbles Saints qui ont, comme succédé au Très-Haut dans sa Passion au Mont des Oliviers, dans les heures de détresses les plus dures de la nuit, tout en supportant de souffrir, d’être humiliés, et de patienter et tout cela au milieu d’immenses épreuves, dont les hommes ne savent rien ou si peu de choses.

Les Saints du jour ont une puissance d’intercession toute spéciale le jour de leur fête

Les Saints du jour doivent être invoqués et les fêtes célébrées selon l’ancienne coutume originelle, parce que ce sont ces jours de fête-là qui sont toujours en vigueur au Ciel. Nous, ici en Enfer, nous savons très bien que tel jour, c’est tel Saint qui célèbre sa fête et nous devons alors redoubler d’attention car il a ce jour-là une grande puissance d’intercession etc. Nous devons, nous autres en Enfer, nous armer tout particulièrement et être sur nos gardes ce jour-là. Les jours de fête qui ont été fixés par les modernistes tels qu’ils sont actuellement et tels qu’ils ont été complètement changés, ces jours-là, ce n’est pas la peine que nous soyons sur nos gardes. Nous disons : Ah ! c’est encore un Saint qu’ils ont changé de place. Au Ciel, on ne célèbre pas sa fête aujourd’hui, donc nous devons moins y faire attention. Je ne veux pas en dire davantage.

E : Au nom du Père… !

D : Bien sûr, ceux qui n’en savent rien, peuvent aussi invoquer les Saints le jour où le Ciel ne célèbre pas leur fête officiellement. Ces Saints leur obtiendront quand même des grâces, mais un Saint obtient plus de grâces du Cœur du Très-Haut le jour même de sa fête. Le plus souvent, ces fêtes tombent le jour du décès de ces mêmes Saints. Et il en va de même avec les fêtes de l’Immaculée et celles de Saint Joseph, celle du 19 mars et celle de Joseph artisan, etc. Ces fêtes-là ne peuvent pas être modifiées car, au Ciel, elles sont célébrées précisément ces jours-là, comme elles ont été célébrées depuis toujours. Mais il est très important d’invoquer les Saints ces jours-là et de célébrer les fêtes sur la terre les mêmes jours où le Ciel les célèbre également. Tout homme de bonne volonté devrait donc être en possession d’une liste des Saints du jour et de leur fête suivant l’ancien calendrier. Voilà ce que je dois dire sur les Saints et leurs fêtes. On m’a chargé de vous dire cela, aujourd’hui, en ce jour de leur fête, la grande fête de la Toussaint, où le Ciel exulte de joie et où ils sont portés en triomphe parce que ces grands et puissants Saints ont vraiment gagné la victoire sur le mal. Je ne veux pas en dire davantage.

Les âmes du Purgatoire sont abandonnées ; toutes les anciennes indulgences restent valables

E : Parle au nom du Père… !

D : Mais je dois à nouveau insister tout particulièrement aujourd’hui sur le fait que vous les hommes, vous êtes des sots et des nigauds quand, le jour de la Toussaint, vous ne priez pas tout spécialement pour les âmes du Purgatoire, parce que ce jour-là, on peut beaucoup obtenir pour ces pauvres âmes grâce à l’intercession des Saints. C’est pour elles une journée pas comme les autres, très importante, les Saints leur obtiennent des faveurs. Mais elles en retirent le plus d’avantages quand on peut prier le plus possible sur leurs tombes, pendant toute cette journée, comme on faisait autrefois. Elle est toujours valable, l’indulgence qui fut promulguée autrefois, c’est une indulgence plénière obtenue quand on prie sur les tombes des défunts dans cette intention. Je dis cela contre mon gré. Les indulgences que les papes ont promulguées autrefois sont valables à partir du jour où elles ont été promulguées et elles ne peuvent plus être abrogées.

Le grand secours que l’on donnait autrefois aux défunts

Autrefois, il y avait des milliers, oui, des milliers d’âmes du Purgatoire qui pouvaient quitter le Purgatoire ces jours-là, grâce à ces indulgences que les papes d’alors avaient promulguées. Oui, autrefois, les âmes du Purgatoire recevaient vraiment beaucoup plus de secours parce que les hommes, surtout les catholiques, passaient souvent toute la nuit en prière, sur les tombes ou près des cercueils, comme c’était l’usage. Les défunts recevaient alors beaucoup de soulagement dans leurs souffrances, grâce aux prières de leurs parents et voisins. Souvent, c’était la moitié des habitants du village qui venaient prier pour les défunts. La moitié ou même tout le village se réunissait en prière quand il y avait eu un décès au village. Et ces défunts avaient alors infiniment plus de secours, et ces âmes pouvaient à leur tour obtenir des grâces du Ciel pour leurs connaissances d’ici-bas, grâces qu’ils ne reçoivent pratiquement plus actuellement. Je dois dire cela, parce que, demain, c’est le Jour des Morts, en fait, je ne voudrais pas le dire, mais Elle, La-Haut, m’y oblige, parce qu’elle a pitié des âmes du Purgatoire, et les Saints aussi. Autrefois, c’est en pleurant et en priant beaucoup que l’on pensait à ces pauvres défunts. Je ne veux pas en dire davantage.

Les morgues deviennent des lieux de supplice pour les défunts, parce que plus personne ne prie pour eux

E : Au nom du Père, du Fils… !

D : La nuit, à plusieurs reprises, on les aspergeait d’eau bénite. On était, pour ainsi dire, presque avec eux en Purgatoire. Aujourd’hui, il en va tout autrement : on amène les défunts très rapidement à la morgue, de sorte que l’on ne peut plus les voir et qu’on les oublie très vite, et on peut lors vaquer à d’autres occupations. Il y avait un très grand avantage quand le corps restait ou pouvait rester à la maison.

Les âmes du Purgatoire se plaignent d’être actuellement emmenées à la morgue, dans ces endroits frais et dotés de tout le confort. Qu’est-ce que cela peut bien leur faire d’être ainsi déposées dans ces endroits réfrigérés ? Cela ne leur apporte rien du tout. Elles aimeraient beaucoup mieux que l’on rafraîchisse leur âme, car elles doivent supporter des tourments et souffrir en Purgatoire. Elles seraient soulagées si on voulait bien ne pas cesser de prier près de leur cercueil. Il en était ainsi autrefois, lorsque la plupart des personnes qui se rendaient à la maison mortuaire ou venaient simplement faire une visite, récitaient un ou même plusieurs Notre Père. Elles étaient encouragées à prier pour les défunts, parce qu’elles les voyaient en face d’eux. Aujourd’hui, bien peu de gens peuvent se rendre à la morgue. Car, la plupart du temps, et même presque toujours, elle est fermée. Le plus souvent, il faut commencer par demander la clef, de sorte que l’on n’y va plus si souvent. On dit : « Ma foi, je l’ai souvent vu de son vivant, je sais bien comment il était. » On repousse alors l’idée d’aller à la morgue et on ne prie pas. Mais autrefois, on se rendait au domicile et on s’associait à la douleur des parents qui pleuraient autour du corps de leur défunt. Et puis, cela incitait tout le monde à prier pour cette âme et c’était, au moins, l’occasion de venir en aide aux proches du défunt et de les réconforter. On faisait dire aussi beaucoup plus de Messes, même si, à l’époque, les hommes étaient beaucoup moins riches que maintenant. C’est le monde moderne qui vous a apporté tout cela. Ces morgues ne sont pas la meilleure invention, loin de là !

Cela ne leur ferait pas tort, aux hommes, de sentir l’odeur d’un cadavre. Ils verraient qu’ils sont peu de chose ici-bas, et qu’un jour aussi, ils se décomposeront et qu’ils n’ont aucune raison d’être orgueilleux. Cela ne leur ferait vraiment pas tort. Ce serait, somme toute, une bonne chose si le corps du défunt pouvait rester à la maison, même s’il devait y avoir des odeurs nauséabondes. Certes, à morgue, il n’y a pas d’odeur, mais aussi pas de prière pour secourir les défunts. On se rendrait compte aussi qu’un jour il nous faut mourir, qu’on va à la morgue et puis aussi que plus personne ne prie. C’est une terrible vérité qui devrait faire réfléchir les hommes et qui devrait les remuer. Même si les hommes devaient veiller un cadavre nauséabond pendant trois nuits en priant pour son âme, cela vaudrait beaucoup mieux pour eux plutôt que de s’enfoncer dans leur orgueil, voilà la vérité. Quand dans leur fol orgueil qui monte jusqu’au Ciel, ces hommes meurent et qu’ensuite ils doivent rester en Purgatoire quelques années, une dizaine, des centaines ou même des milliers d’années, selon les cas, pour y expier leurs péchés, et qu’ils n’ont jamais prié devant un cadavre nauséabond et qu’ils ne pensent plus du tout que chacun doit retourner en poussière, à l’exception de quelques Saints qui, par permission divine, ont été préservés de la putréfaction. Mais eux, ils sont déjà Saints. Ils ont beaucoup moins besoin de prières que ceux qui viennent de mourir et qui sont comme des malheureux allongés dans leur cercueil, et pour lesquels personne ne prie, et qui, si je puis dire, meurent de froid dans cette morgue où on les a déposés.

L’incinération des corps n’est pas acceptée par le Ciel

Le Ciel n’aime pas non plus que l’on incinère les corps. Après l’incinération du corps, il n’en reste plus grand chose. Il n’est plus possible, de ce fait, d’accompagner le corps à l’Église ou au cimetière. Il ne reste plus qu’un peu de poussière et de cendre. Le Très-Haut ne veut pas de l’incinération des corps. Il y aurait bien assez de place sur la terre pour construire des cimetières. On ne devrait pas construire tant d’autoroutes, qui ne sont pas vraiment utiles, et qui sont aussi l’occasion pour les hommes de commettre des péchés. Au lieu de construire des autoroutes, on devrait plutôt réserver ces endroits, ou d’autres zones libres, pour y aménager des cimetières, où ces pauvres morts pourraient reposer. On ne devrait pas non plus occuper tant de terrains pour les courses de chevaux et il ne faudrait pas beaucoup de place pour construire des cimetières. En fait, si on le voulait vraiment, on aurait assez de place pour enterrer les défunts, sans que l’on soit obligé de les incinérer. Mais, – comme malheureusement cela est déjà passé dans les moeurs de votre monde moderne et dans la mentalité de l’Église progressiste, on devrait, au moins, s’imposer le devoir, en guise de pénitence, de prier et de faire des sacrifices pour ces pauvres âmes.

On est coupable quand on oublie de prier pour les âmes du Purgatoire

E : Au nom de Jésus… !

D : Moi, je dois vous expliquer cette maudite vérité. Je dois parler parce que je vois, et que je sais ce qu’elle est. Parce qu’ils m’y obligent, ceux qui sont là-haut, à vous dire cela, ce que je vois, ce que je sais déjà de la sphère céleste, pour ainsi dire. Je dois parler. Chacun ne pense qu’à soi et veut sauver sa peau. Chacun voudrait, le plus possible, éviter de regarder la mort en face. Quelques fleurs, quelques préparatifs, cela, on veut bien le faire, parce qu’on y est obligé. Cela, il suffit de le payer avec de l’argent. On préfère, en fin de compte, payer 20, ou 50, ou même des centaines de francs, plutôt que de s’agenouiller soi-même près de ce défunt et de prier le Très-Haut et les Saints pour aider cette pauvre âme et lui procurer quelque soulagement.

« Seigneur, donne-leur le repos éternel, et que la Lumière brille sur eux à jamais. – Seigneur, accorde-leur de reposer en paix. »

C’est encore et toujours l’une des prières les plus efficaces qu’on puisse dire en faveur d’une pauvre âme tourmentée, car pour nous, en Enfer, vous ne pouvez plus rien obtenir. Nous sommes perdus pour toujours, pour l’éternité, pour toujours, pour l’éternité (ces paroles sont dites en criant, et avec un atroce désespoir). On n’a plus besoin d’aide, nous ici, ce n’est plus la peine de nous aider. Par contre, ces âmes du Purgatoire, elles, supplient qu’on leur vienne en aide, elles crient après les hommes, et ceux-ci passent aveuglément devant ces pauvres âmes tourmentées qui étaient pourtant parmi eux, jadis, ou même qui étaient leurs amis ou leurs parents. Quelle attitude lamentable, qui crie vengeance au Ciel ! Quel comportement peu fraternel ! Quelle façon d’agir répugnante et dégoûtante au possible ! Aucun amour, aucun sentiment pour ces pauvres âmes ! Les hommes ne viennent pratiquement pas en aide à ces pauvres âmes. Que peuvent bien représenter quelques misérables prières, récitées à la hâte, ainsi que quelques fleurs, en comparaison avec ces souffrances infligées par le Feu du Purgatoire ?… En outre, ces défunts devraient rester dans la mémoire des survivants. De plus, ce visage, désormais inanimé, mais toujours vivant dans l’âme qui survit en Purgatoire, ce visage devrait rester gravé dans la mémoire de ceux qui restent. Les hommes, et l’Église aussi, sont tombés bien bas, à tel point qu’ils en sont venus à ne plus penser du tout aux pauvres âmes du Purgatoire !

L’Église elle-même, c’est comme si elle ne pouvait plus leur accorder la paix qu’elle leur accordait autrefois. Ces morts se retourneraient dans leurs tombes, s’ils le pouvaient encore. Mais ils ne peuvent que soupirer, gémir et se tordre de douleur, dans l’au-delà, au Purgatoire. Dites-le aux hommes, proclamez-le ! Dites-le dans vos sermons ! Je ne veux pas en dire davantage !

E : Parle au nom de… !

À chaque Messe, on doit faire mémoire des âmes du Purgatoire qui sont les plus tourmentées

D : Les hommes devraient aussi, en particulier lorsqu’ils assistent à la Messe, penser aux âmes du Purgatoire qui appellent au secours, secours qu’elles ne peuvent pas recevoir si ce n’est de la part des hommes qui prient pour elles. Elles reçoivent de l’aide du Ciel quand on prié pour elles, et aussi d’Elle là-haut parce qu’elle a pitié de ces pauvres âmes, à condition toutefois qu’elles l’aient honorée de leur vivant, sinon il ne lui est même pas permis à Elle, là-haut, de les aider, parce que cela est tout à fait contraire à la loi et à la justice. Les hommes ont un privilège incomparable. Ils peuvent à tout moment demander des secours pour les âmes du Purgatoire. Bien sûr, Elle, là-haut, elle peut aussi les consoler, implorer le Très-Haut, et leur procurer quelque consolation, mais elle peut le faire d’une manière beaucoup plus forte, quand les hommes lui adressent des prières, ainsi qu’au Très-Haut, aux Anges gardiens. Les âmes du Purgatoire vous appellent, si je puis dire, moi, Belzébuth, je suis obligé de vous le dire, c’est la Sainte Trinité, la Sainte Vierge et les Archanges qui le veulent, parce qu’ils ont pitié des tourments et des lamentations de ces pauvres âmes pour que celles-ci puissent, au moins, obtenir une petite prière ou une simple pensée de la part des hommes. Dites aux fidèles qu’ils doivent, chaque fois qu’ils assistent à la Messe, appeler à l’aide les Saints du jour, les Anges du jour, le Très-Haut qui a souffert sur la Croix, La Très Sainte Trinité dans toute sa majesté, en faveur de ces pauvres âmes dont vous voulez et devez faire mémoire. Bien sûr, dans les missels, on en parle un peu, les fidèles peuvent toutefois penser à ces pauvres âmes tourmentées, particulièrement lors de la Sainte Communion où il peuvent réciter une prière supplémentaire en mémoire des défunts : ils pourraient dire :

« O Seigneur aujourd’hui, j’ai eu la joie de Te recevoir. Toute la Cour céleste s’est ainsi approchée de moi. Je n’en suis pas digne. J’offre cette Sainte communion pour telle ou telle personne et pour l’Église. Mais souviens-Toi aussi tout particulièrement des âmes du Purgatoire et de celles ‘qui sont les plus délaissées. »

Voilà ce qu’on devrait rappeler aux hommes, car les âmes du Purgatoire sont si facilement oubliées. Elles sont déjà presque totalement tombées dans l’oubli.

Tous les hommes doivent savoir et ne doivent pas oublier de prier sur les tombes, puisque c’est là qu’on peut si facilement les délivrer. Ils pourraient dire un Notre Père, un Je vous salue Marie, un Gloire au Père et ajouter : « Seigneur, donne-leur le repos éternel. » Qu’ils récitent donc ces prières avec ferveur et qu’ils implorent le Ciel afin que le Très-Haut délivre l’âme du défunt. Ainsi, dans sa miséricorde, Il la délivrera, et si elle se trouve déjà au seuil du Paradis, elle peut être délivrée tout de suite. Ce faisant, vous rendez à cette pauvre âme du Purgatoire un service d’une valeur inestimable puisque même quelques jours ou quelques heures leur paraissent des périodes de temps d’une longueur infinie, au milieu de leurs tourments. Alors que vous, il vous suffit de faire si peu de chose pour les aider.

Les cierges bénis et l’eau bénite soulagent les âmes du Purgatoire

Ce mois-ci tout particulièrement ainsi que le jour de la Toussaint et le jour des morts, on devrait faire brûler des cierges et des bougies bénites. Elles en auraient plus de consolation. Il vaudrait mieux le faire toute l’année et on devrait aussi verser beaucoup d’eau bénite pour les âmes du Purgatoire. Tout doit avoir été bien béni auparavant. A chaque fois qu’on fait brûler un cierge béni, même si ce n’est qu’un petit bout de cierge, elles sont consolées et soulagées. Elles ont tant besoin de secours. Cela représente beaucoup pour elles, bien plus que ce que l’on peut penser. Elles sont dans une situation semblable à celle de quelqu’un qui serait dans une épouvantable prison, attaché par les mains et les pieds subissant bien des tourments et qui ne pourrait plus se déplacer. Et c’est comme si, grâce à ce cierge béni, ce prisonnier voyait une petite lueur pénétrer dans sa cellule par la fenêtre et que quelqu’un lui disait ceci : » un jour, tu pourras sortir. Tiens bon ! tiens bon ! prends patience, persévère avec beaucoup de patience ! C’est bien de ta faute, si tu es là, c’est bien toi qui as péché, mais regarde cette lumière qui te fait comprendre qu’un jour tu quitteras cet endroit. » Voilà comment un cierge béni et de l’eau bénite peuvent soulager efficacement les douleurs et les supplices des âmes délaissées du Purgatoire.

N.B : Autrefois, dans de nombreuses régions, on faisait mémoire des âmes du Purgatoire en priant et en faisant brûler des cierges bénis sur les tombes, surtout pendant la veillée de Noël et le Jour de Noël. Plus qu’à tout autre moment de l’année, des âmes quittent le Purgatoire pendant la nuit de Noël, comme cela a déjà été révélé par le Ciel à différentes âmes privilégiées.

A nos prières, les Anges gardiens descendent en Purgatoire

On peut aussi envoyer au Purgatoire son Ange gardien, et les autres Anges aussi. Ils veulent consoler les âmes du Purgatoire, et c’est ainsi qu’ils le font : ils ne vont pas directement dans les degrés les plus bas, car ils n’en ont pas le droit. Ils ne peuvent y aller que si le Très-Haut les y autorise, parce que de telles âmes ont beaucoup, beaucoup péché. Mais, en dehors de ces cas-là, ils peuvent accéder à tous les degrés du Purgatoire pour consoler les pauvres âmes qui s’y trouvent.

Les secours procurés par la prière aux âmes du Purgatoire profitent à ceux qui prient pour elles

Comme nous devrions nous efforcer de changer de vie ! Ô vous, les hommes, vous avez tant de pouvoir entre les mains et vous faites si peu de choses, vraiment si peu de choses ! Vous passez devant les tombes de ceux que vous avez connus, comme des aveugles et des indifférents, devant ceux, qui, pourtant, ont vécu aussi, qui peut-être ont eu autant de succès que vous, dans la vie, et qui peut-être, eux aussi, ont été beaux, vivants, impulsifs et pleins de cordialité. On les oublie, ou plutôt, on oublie de prier pour eux. On ne les oublie peut-être pas habituellement, mais, on prie beaucoup trop peu pour eux. On devrait, en cette époque de l’année… Je ne veux pas en dire davantage… !

E : Au nom de la Très Sainte Trinité… !

D : On devrait, en ce mois des défunts, et tout particulièrement demain ou cette nuit, on devrait consacrer quelques heures à la prière pour les âmes du Purgatoire, si on en est capable et si on a une santé qui permet de le faire. Il y a un très bon petit livre de prières pour les âmes du Purgatoire, avec beaucoup d’indulgences, et où chaque indulgence est efficace, qu’elle soit de 300, 500, 700 jours ou de 5, 7, ans, etc.. On devrait réciter toutes les prières de ce petit livre, plusieurs fois, ces jours-ci. On ne pourrait pas faire de plus belle et de plus grande offrande. Mais les âmes du Purgatoire recevraient une aide considérable, elles vous en seraient éternellement reconnaissantes et cela vous serait compté en retour pour vous, car elles prieraient pour vous, afin que, vous aussi, vous puissiez devenir meilleurs et persévérer dans le bon chemin, et pour que plus tard, vous ayez beaucoup moins de Purgatoire à faire. Voilà ce que vous pouvez et devez faire. Celui qui ne ferait pas tout ce qu’il peut pour ces pauvres âmes du Purgatoire, ne serait qu’un fou, un sot, un individu sans coeur, un paresseux.

Les sept Saints Archanges

Michel – Gabriel – Raphaël – Uriel – Jehudiel – Sealtiel – Barachiel

On trouve dans la Bible deux passages qui nous parlent déjà des sept Archanges :

1/ Dans l’Ancien Testament, cela se trouve dans le Livre de Tobie (XII,15) : « Moi, je suis Raphaël, un des sept Anges qui se tiennent et entrent devant la Gloire du Seigneur. »

2/ Dans le Nouveau Testament, Saint Jean écrit dans son Apocalypse (1,4) : « A vous grâce et paix de la part de Celui qui est, qui était et qui vient, de la part des Sept Esprits qui sont devant son trône. »

Les sept Saints Anges ont déjà été invoqués et honorés dans l’Eglise primitive et en particulier les Saints Archanges : Michel, Gabriel et Raphaël qui sont mentionnés par leur nom dans l’Evangile. Les autres Saints Anges furent également connus par leur nom grâce à des révélations privées, et ils furent aussi honorés dans l’Eglise.

Les sept Saints Anges ont le privilège particulier de se tenir devant le trône de Dieu. Par leur profonde humilité et leur grande fidélité dans l’accomplissement de la volonté divine, ils ont gagné ce privilège grâce à leur victoire personnelle lors de l’épreuve qu’ils ont dû subir. Ils étaient et sont encore toujours ceux qui commandent aux Armées célestes, fidèles exécutrices des volontés divines, et ce sont eux qui les commanderont encore lors du combat final. Saint Michel, qui est à leur tête, ainsi que Gabriel, Raphaël, Uriel, Jehudiel, Sealtiel et Barachiel dirigent leurs légions contre les puissances infernales et combattent pour Marie, qui est leur Reine. Ils combattent particulièrement les sept grands dénions qui, depuis le commencement, répandent parmi les nommes, les vices et les sept péchés capitaux, à savoir : l’orgueil, l’avarice, l’envie, la colère, la gourmandise, la luxure et la paresse. L’invocation faite aux sept Saints Archanges et à leurs légions apporte une bénédiction particulièrement grande, et il est d’autant plus nécessaire d’avoir recours à eux en cette époque de fin des temps qui est la nôtre.

Saint Michel Archange

« Quis ut Deus ? – Qui est comme Dieu ? » C’est lui qui combat l’esprit d’orgueil, de superbe, héritage du péché originel, l’esprit du Lucifer. Par l’humilité, nous abattons l’orgueil et la superbe. L’humilité est un abaissement de soi-même, que l’on fait volontairement, à partir du moment où nous reconnaissons notre faiblesse extérieure (Saint Bonaventure).

Alors que les Anges étaient encore indécis dans le choix qu’ils devaient faire, on entendit retentir le cri de St Michel : Qui est comme Dieu ? Dans sa foi inébranlable dans les promesses de Dieu, il se précipita sur Lucifer, il exhorta à la réflexion les Anges qui faisaient toujours confiance à Dieu et il sépara les deux camps : Ici le camp de Dieu, Là-bas celui de Lucifer. Ce n’est pas avec sa propre force mais avec celle de Dieu qu’il se lança dans le combat. Puissant toute sa force d’origine divine dans l’amour de Dieu, il se jeta sur Lucifer et le transforma en un serpent, en un effroyable dragon, et rempli de force et d’amour divins, il précipita dans l’Abîme le dragon, l’antique serpent qui y restera jusqu’à la fin des temps où Saint Michel le précipitera alors sur l’ordre de Marie, sa Reine, en un endroit qui soit le plus éloigné de Dieu. Il était déjà présent au début du combat qui eut lieu au sein de la création et il participera jusqu’à la fin au combat qui se déroule sur la terre. C’est ainsi qu’il est aussi le patron des soldats et des agonisants. Il accompagne les âmes au Tribunal de Dieu et il est aussi le patron du sacrement de l’Extrême Onction. De même qu’il fut le protecteur des Israélites, Saint Michel Archange est aujourd’hui le protecteur de la Sainte Eglise. Le Pape Léon XIII eut la vision du déchaînement que le diable allait susciter dans tous les pays contre l’Eglise à la fin des temps et il vit ensuite Saint Michel Archange précipiter à nouveau le diable et tous ses complices dans les Abîmes de l’Enfer.

Voilà pourquoi le pape composa lui-même une prière à Saint Michel Archange et ordonna qu’elle soit récitée à la fin de la Messe.

Aussi, ce n’est pas par hasard, si la destruction de l’Eglise et de la Sainte Messe réussirent pleinement après la suppression de cette prière, ainsi que l’élimination de Saint Michel des paroles du Confiteor (Je confesse à Dieu). En guise de symboles, il tient une balance dans sa main gauche et un glaive de feu dans sa main droite. On célèbre sa fête le 29 septembre.

Prière :

« Saint Michel Archange, venez à notre secours avec tous vos Saints Anges ! Apprenez-nous à garder la Foi en ces temps de ténèbres ! Apprenez-nous à combattre avec votre humilité ! Apprenez-nous à vaincre dans le silence et l’obéissance à Dieu ! Apprenez-nous à aimer et à être fidèle comme Marie ! Amen. »

Saint Gabriel Archange

« La puissance de Dieu », combat Mammon, l’esprit de l’avarice et de l’appétit du gain (Matth 6,19-34 ; Luc 16,1-17). C’est en étant généreux, par amour pour Dieu, qu’il est possible d’extirper un tel vice. « Car Dieu aime celui qui donne avec joie. » (Prov. 11,24 ; 22,9 ; 2 Cor 9,6 et svt.) « Car c’est avec la mesure que vous employez qu’en retour on mesurera pour vous. » (Luc 6,38) « Il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir. » (Actes des Apôtres 20,33)

Saint Gabriel est le messager de Dieu. Il lui confia le plus grand message de joie que l’humanité ait jamais eu à recevoir, le message de l’Espérance. En cet instant de plénitude, à ce moment le plus crucial de l’histoire de la création, il fut le messager de Dieu, celui auquel Dieu confia la bonne exécution de son plan. Il lui confia la mission d’apporter à Marie, la servante du Seigneur la plus pure et la plus humble de toute l’humanité, le message de l’Incarnation du Fils De Dieu, qui est Lui-même Dieu, le Fils Bien-aimé du Père. Il entra chez Marie et dit : « Je vous salue Marie, pleine de Grâces, le Seigneur est avec vous. » Mais, à ces mots, Marie fut bouleversée (Luc 1,28 et svt.). C’est lui qui, le premier, adora le Fils de Dieu qui venait de prendre chair en la vierge Marie, et le grand messager de Dieu s’agenouilla. Mais c’est Zacharie qui devait faire l’expérience de sa force et de sa puissance. Quand il douta de ses paroles lui prédisant la naissance de Saint Jean-Baptiste, l’Archange le frappa de surdité (Luc 1,18 et svt.). Il est le fidèle messager et le bienfaiteur des prêtres, des consacrés, des serviteurs et des servantes de Dieu. Il tient dans sa main gauche la rose sans épine qu’il apporta à Marie et qui se mit à s’épanouir dans sa maison. On célèbre sa fête le 24 mars.

Prière :

« Saint Gabriel Archange, vienez à notre secours avec vos légions d’Anges ! Aidez-nous à devenir de bons serviteurs et servantes du Seigneur. Aidez-nous à devenir purs et disponibles. Faites en sorte que nos âmes deviennent des havres de paix, où Notre-Seigneur et Notre Dame aiment à venir se reposer. Amen. »

Saint Raphaël Archange

« Le médecin de Dieu » « Celui qui soigne Dieu », « Flèche d’amour de Dieu », combat l’esprit de l’impureté, de l’immoralité et de l’indiscipline. Déjà à La Salette, en 1846, la Mère de Dieu avait dit: « de nombreux couvents ne sont plus des maisons de Dieu, mais des pâturages d’Asmodée. » En dirigeant notre regard vers l’Immaculée, en implorant sa protection et son aide, nous serons purs de corps et d’esprit et nous triompherons du vice de l’impureté. Saint Raphaël est l’Ange de l’amour, de la consolation, de la guérison et du discernement. C’est une ancre de salut. Tout comme son amour, notre cœur doit monter comme une flèche jusqu’au cœur de Dieu, s’y plonger et y rester à jamais solidement ancré. Saint Raphaël nous aide à distinguer le véritable amour et celui d’ici-bas, qui n’est pas éternel. Le véritable amour enveloppe tout dans la douceur, « Elle (la Charité) croit tout, espère tout, supporte tout, elle ne passera jamais (1 Cor 13,7 et svt.). Elle se réjouit toujours dans le Seigneur. » Il accompagna le jeune Tobie dans son voyage. Il est le patron des voyageurs, des médecins, des jeunes, des époux et des prêtres. Il communique le don de la sagesse, de l’intelligence, de la science, du conseil, de la force, de la piété et de la crainte de Dieu. Il doit être invoqué quand de grandes décisions doivent être prises, quand on voyage, quand on doit subir une opération, quand on a pris une mauvaise décision, quand on a consommé des aliments ou des médicaments empoisonnés, quand on a des peines de cœur. Il tient dans sa main droite le bâton du voyageur et dans sa gauche une ampoule de baume. On célèbre sa fête le 24 octobre.

Prière :

« Saint Raphaël Archange, venez à notre aide avec vos Anges, les bienfaisants serviteurs ! Faites grandir en nous votre force et votre amour. Faites en sorte que l’amour de Dieu et de l’Immaculée règnent dans nos coeurs, et triomphent de la haine et de l’impureté répandues dans le monde. Amen. »

Saint Uriel Archange

« Le feu de Dieu », « La lumière de Dieu », combat l’esprit de la colère, de la haine et de l’impatience. Par la douceur et la patience, nous vaincrons ce grave défaut. Il est doux et patient celui qui, par amour pour Dieu, ne s’énerve pas quand il est victime d’une injustice, ne cherche pas à se venger et supporte avec patience et docilité les contrariétés de la vie. « Apprenez de Moi que Je suis doux et humble de coeur et vous trouverez du soulagement pour votre âme » (Matth. 11,29).

En nous entourant de sa couronne de feu, Saint Uriel nous comble d’amour, de patience et de bonté. Il protège tous les lieux de grâces et d’apparitions. Dans l’un de ses messages, Jésus affirma : « Lorsque les armées rouges arriveront, elles ne franchiront qu’au prix de leur vie, la couronne de feu que formeront les divers lieux de la terre où ma Mère est apparue. » Dès le 4ème siècle, il est mentionné dans le martyrologe, il tient dans la main gauche une couronne de feu, une torche brûlante, symbolisant l’ardent brasier de l’Amour de Dieu.

Prière :

« Saint Uriel communiquez-nous la chaleur de votre couronne de feu. Venez à notre secours avec vos légions célestes et apprenez-nous à agir comme Jésus lorsqu’il était sur la terre parmi les hommes. Amen. »

Saint Sealtiel Archange

« La prière de Dieu », combat l’esprit de l’intempérance et de l’ivrognerie. L’intempérance conduit à tous les vices et à tous les crimes. Le Sauveur nous adresse cette exhortation avec ces paroles de l’Écriture : « Tenez-vous sur vos gardes : que vos cœurs ne s’alourdissent pas dans la débauche, l’ivrognerie, et les soucis matériels, et que ce jour-là ne tombe pas sur vous à l’improviste » (Luc 21,34). Les vertus de tempérance et d’abstinence nous permettent de combattre ce vice. Elles éclairent notre intelligence, affermissent notre volonté, nous procurent d’autres vertus, ainsi que le pardon des offenses, la réalisation de nos prières, des grâces extraordinaires et pour finir la récompense éternelle.

Dans les pays de mission, des régions entières ont été libérées de ce vice de l’ivrognerie, grâce à son intercession. Un missionnaire est parvenu à ce résultat dans les régions où il a fait connaître ce grand Archange et imploré son aide. En tant que porteur et distributeur des grâces divines, il tient dans sa main droite une corbeille de fleurs, symbole de la joie, de la vie en Dieu. Jésus a dit à Sœur Josefa Menendez : « La joie en Dieu est la clef de toutes les grâces » (d’après le livre : « Un appel à l’Amour »).

Prière :

« Saint Sealtiel Archange, venez à notre secours avec vos Anges! Apprenez-nous à prier comme le Seigneur a prié et comme Il nous l’a enseigné. Amen. »

Saint Barachiel Archange

« La bénédiction de Dieu », combat l’esprit de la paresse, de l’indifférence et de la tiédeur religieuses. C’est par notre zèle pour le bien, et en nous attachant le plus possible à réaliser notre sanctification personnelle, que nous pouvons écarter ce vice. Le zèle pour le bien est nécessaire pour la béatitude, car le « Royaume des Cieux est l’objet de violence, et ce sont les violents qui s’en emparent » (Matth. 11,12). Ailleurs, Jésus dit encore : « Ce ne sont pas ceux qui me diront : Seigneur, Seigneur ! qui entreront dans le Royaume des Cieux ; mais celui qui fera la volonté de mon Père qui est dans les Cieux » (Matt. 7,21).

Les âmes tièdes sont, aux yeux du Seigneur, pires que les âmes froides. Il dit encore : « Ainsi, puisque tu es tiède, et ni chaud ni froid, je vais te vomir de ma bouche » (Apoco. 3,16). On doit l’invoquer pour les prêtres, afin qu’il y ait de nouveau beaucoup de Saints prêtres, « car tout est attaché à la bénédiction de Dieu » (Ps. 127,1). Il tient dans sa main droite le rituel, symbole de la bénédiction du Seigneur, car « c’est la bénédiction du Seigneur qui procure la richesse » (Prov. 10,22).

Prière :

« Saint Barachiel Archange, venez avec vos Anges nous tirer de notre torpeur ! Aidez-nous à faire le bien et à croître dans l’amour de Dieu et de Marie. Amen. »

Saint Jehudiel Archange

« La louange de Dieu », combat l’esprit de la jalousie et de l’envie, qui en succombant à la jalousie, se révolta de voir la préférence que Dieu accordait à Marie, sur toute autre créature, puisque c’est par Elle que devait se produire l’Incarnation de la deuxième Personne Divine. Sa jalousie l’entraîna jusqu’à la haine des décrets de Dieu. Dans plusieurs exorcismes, le démon s’est fait connaître comme étant l’adversaire privilégié de Jehudiel.

Le vice de la jalousie nous fait envier le bien du voisin. Jadis, dans l’Ancien Testament, les frères de Joseph, poussés par la jalousie, ont voulu l’assassiner parce qu’il était le fils préféré de Jacob. C’est la jalousie qui aveugla et empêcha les Pharisiens de reconnaître la sainteté et la puissance surnaturelle du Fils De Dieu. Leur jalousie se transforma en haine du Seigneur et les amena à Le livrer à mort. Avec l’amour de Dieu, de ses commandements et notre bienveillance envers notre prochain en l’acceptant et en le reconnaissant comme tel, nous triomphons de la jalousie, de la haine et du fanatisme.

L’Archange Saint Jehudiel est notre meilleur guide et notre plus grand bienfaiteur. Son acceptation inconditionnelle des décrets divins et son zèle à exécuter les ordres du Très-Haut scellèrent son alliance éternelle avec Dieu. Ainsi glorifie-t-il Dieu depuis toute éternité et personnifie-t-il, dans la charité, la vivante louange de Dieu. Le peuple élu a brisé et rejeté l’ancienne alliance. Dans le Nouveau Testament, nous sommes tous appelés à recevoir la couronne, celle que Jehudiel tient dans sa main droite, symbole de la récompense de ceux qui auront été fidèles à Dieu et de ceux qui auront adoré Dieu. Comme Saint Paul l’écrit à Timothée : « Désormais m’est réservée la couronne de justice. Le Seigneur me la remettra en ce jour-là, Lui le Juste Juge, et non seulement à moi, mais à tous ceux qui auront attendu sa venue avec amour » (2 Tim. 4,8).

Prière :

« Saint Jehudiel Archange, vous, l’Ange puissant et le redoutable adversaire de Belzébuth, venez à notre aide avec toutes vos légions d’Anges ! Accompagnez-nous dans le combat contre les terribles attaques de l’Enfer, qui menacent d’anéantir l’Église. Éloignez toute jalousie de nos coeurs et faites en sorte que chacun de nous, par l’accomplissement de la Volonté Divine, devienne une vivante louange à la gloire de Dieu. Amen. »

Pour honorer les sept Archanges

Lorsque nous avons quelque chose d’important à faire, nous pouvons aussi expérimenter, en ayant recours à elle, la puissance des sept Archanges, que nous n’invoquerons jamais assez. Celui qui vénère les Anges, vénère aussi leur Reine, Marie, et reçoit un secours efficace dans le combat contre les sept péchés capitaux. Pour honorer les sept Archanges, prenons la résolution de dire, le plus souvent possible : Sept Notre Père, Ave Maria et Gloria en ajoutant :

« Vous, les saints Anges, venez à nous avec vos légions et toute votre puissance, montrez-nous, à nous, ainsi qu’à tous les hommes, votre aide et votre force, pour la seule gloire de Dieu et de Marie, votre Reine, et pour le salut éternel de toutes nos âmes. Amen. »

Extrait de démonologie

D’après la doctrine de Saint Psellius (t 1050). Cette doctrine est celle sur laquelle s’appuie l’Église Catholique en la matière. Saint Psellius classe les démons en six catégories :

  1. Les démons du feu – 2. Les démons de l’air – 3. Les démons de la terre – 4. Les démons de l’eau – 5. Les démons souterrains – 6. Les démons de la nuit

1/ Les démons du feu : ont leur domaine d’action situé dans les planètes et les étoiles et se servent des radiations de ces astres pour nuire aux hommes. Toutes ces mauvaises influences que produisent les démons ne se font que dans les limites voulues par Dieu seul, mais dont l’ampleur exacte nous reste toujours inconnue. Sous l’influence de ces démons, on trouve les adeptes de la magie noire, les astrologues, les cartomanciennes, ceux qui font des horoscopes, les spirites aux pratiques les plus diverses, tous ces gens-là nient l’exercice du libre-arbitre de chacun. Aveu d’un démon : « cela nous est bien égal si ces pratiques sont faites à titre d’objet d’étude, par curiosité, ou pour s’amuser, etc. Pour nous, ce qui est capital, c’est que ces actions engagent la volonté de ceux qui les font, car nous avons, alors, une brèche pour nous introduire dans leur esprit. »

2/ Les démons de l’air : Ils se servent des éléments déchaînés de la nature : la foudre, la grêle, le vent, la tempête, la tornade, etc. pour nuire aux hommes ou pour qu’ils y périssent. Dans son Épître aux Éphésiens (6,12) Saint Paul écrit : » Il ne s’agit pas pour nous, en effet, de lutter contre des hommes de chair et de sang, mais contre les Principautés, contre les Puissances, contre les Souverains de ce monde de Ténèbres, contre les esprits mauvais qui sont dans les airs. » – C’est pourquoi ce fut une pratique constante dans l’Église Catholique, en cas de tempête, d’orage, de faire sonner les cloches bénites, de procéder à des bénédictions et d’utiliser des cierges bénis pour que le temps soit favorable, et surtout d’employer de l’eau bénite, dont l’usage remonte aux temps des Apôtres.

3/ Les démons de la terre : Ils exercent leurs méfaits dans certaines contrées, forêts, grottes, et de nos jours, ils agissent aussi dans la circulation automobile, afin que les hommes s’égarent et soient attaqués par des animaux sauvages ou venimeux. Selon le témoignage rapporté par un missionnaire en Équateur, là où il y a tant de serpents venimeux, aucun homme portant sur lui la médaille bénite de Saint Benoît, ou plus exactement la médaille de la Sainte Croix, ne fut mordu par un serpent venimeux. Jésus dit un jour à une âme privilégiée : « Malheur à ceux qui ne portent pas d’objets religieux bénis sur eux. » Un démon dut nous révéler lors d’un exorcisme : » Si les hommes, en ce moment, invoquaient davantage les Anges gardiens, qui ont pourtant une si grande puissance sur nous, il se produirait moins d’accidents, car nous sommes toujours près des lieux d’accidents. »

On ne recommandera jamais assez le port des médailles bénites de Saint Benoît, qu’on appelle aussi médailles de la Sainte Croix, car lorsqu’elles sont bénites, elles reçoivent un exorcisme spécial.

4/ Les démons de l’eau : poursuivent les hommes dans les cours d’eau, les lacs et les mers, en provoquant des noyades, des naufrages de navires, ou encore en excitant les requins à les dévorer, etc.. Dans la forêt vierge de l’Équateur, on a pu voir des chiens noirs qui couraient sur la surface de l’eau et même, dit-on, des cavaliers noirs.

5/ Les démons souterrains : tentent plus spécialement les chercheurs d’or, les mineurs, etc. Ils les excitent beaucoup à blasphémer. En 1937, il s’est produit dans la région de la Ruhr, une catastrophe minière qui tua 120 mineurs, et qu’une voyante, Mère Hibbeln, avait prédite. Le plus dramatique, assura-t-elle, c’est que la plupart des tués furent damnés, parce qu’ils descendaient au fond de la mine en blasphémant, continuaient de blasphémer pendant leur travail, et blasphémaient encore lorsqu’ils quittaient la mine.

6/ Les démons de la nuit : entraînent les hommes à commettre tous ces nombreux péchés et crimes qui se produisent surtout la nuit. Nous devons invoquer et vénérer spécialement l’Archange Saint Orphar, l’Ange de la nuit, pour qu’il nous aide et nous défende contre ces ennemis. Le Rituel romain contient environ 150 bénédictions et consécrations. Au moyen de toutes ces bénédictions et consécrations, l’Église, par la force de Notre Seigneur Jésus-Christ, neutralise la faculté que possèdent les mauvais esprits de se servir de ces objets bénis et consacrés dans le but de nuire aux hommes.

Ce court extrait de démonologie nous montre bien l’importance que nous devons accorder à l’invocation des Saints Anges.

INRI – Prière. Une prière très efficace que Jésus Lui-même a recommandé de réciter le plus souvent possible en ces temps très durs que nous vivons :

« Jésus de Nazareth, roi souverainement juste, roi de justice et de tous les justes, par la force et la puissance de ce titre de victoire – préservez-nous de tout danger, et protègez-nous contre tout ennemi visible et invisible. Amen. »

Prière pour les défunts

« Je vous offre, ô Père, pour tel défunt, la fidélité du Cœur de Jésus. Seigneur, daignez accepter les mérites de tous vos Saints pour suppléer à ce qui manque aux mérites de tel défunt. Seigneur, je vous offre pour lui tout le bien que votre tendresse a daigné opérer en moi ou accomplir par moi. Par un effet de votre pieuse libéralité, daignez y ajouter encore, accueillir de bonne grâce cette offrande dont la valeur sera ainsi doublée, et lui en appliquer le mérite pour sa récompense éternelle. » (Sainte Gertrude)

Des sept Messes grégoriennes pour les âmes du Purgatoire

La tradition de nos anciens assure que cette pratique a été révélé au pape Saint Grégoire. Elle est d’une étonnante efficacité et vertu pour délivrer de leurs peines les âmes du Purgatoire, sans doute parce qu’elle s’appuie principalement sur les mérites du Christ, grâce auxquels toute leur dette se trouve acquittée.

Si on le peut, qu’on allume à l’heure de ces Messes, sept lampes (ou cierges), en l’honneur de la Passion du Christ. Que l’on dise pendant 7 jours : 75 Pater et Ave Maria ; que l’on fasse 7 aumônes chaque jour et que l’on dise, chaque jour aussi, un Nocturne de l’Office des défunts.

La première Messe est Domine, ne longe, avec la Passion en entier, comme au jour des Rameaux. On implore en même temps le Seigneur, en faisant mémoire de sa captivité : car Il s’est livré spontanément aux mains des pécheurs, afin de libérer cette âme de captivité, et du châtiment qu’elle a mérité par sa propre volonté.

La deuxième Messe est celle du mardi après les Rameaux : Nos autem gloriari, avec la Passion. Cette fois on supplie le Seigneur par son injuste condamnation à la mort ; par cette Messe Il délivre l’âme du juste jugement qu’elle a mérité en se rendant coupable par sa libre volonté.

La troisième Messe est du mercredi après les Rameaux : In nomine Domini, avec la Passion. On implore le Seigneur en lui rappelant comment Il fut attaché et pendu à la croix si douloureusement, afin de libérer cette âme qui s’est comme volontairement attachée à la peine qu’elle subit maintenant.

La quatrième Messe est encore la Messe : Nos autem gloriari, mais avec la Passion Egressus Jésus, comme au Vendredi Saint. On demande, ici, au Seigneur, par sa mort très amère et son cœur transpercé, qu’il veuille bien guérir cette âme des peines et blessures qu’elle a librement contractées par ses péchés.

La cinquième Messe est celle du Requiem eternam. On y demande au Seigneur, au nom de sa sépulture sainte (car Lui, Créateur du ciel et de la terre, a daigné reposer au sein de la terre), d’arracher cette âme à la fosse dans laquelle, volontairement, ses péchés l’ont fait tomber.

La sixième Messe est la Messe Resurrexi. On demande au Seigneur, par la gloire de sa très joyeuse Résurrection, qu’il daigne purifier l’âme de toutes les souillures du péché, et la faire participer à sa gloire.

La septième Messe enfin est la Messe Gaudeamus, comme au jour de l’Assomption de la Bienheureuse Vierge Marie. On implore le Seigneur Jésus et Sa Mère par la joie que ressentit, au jour de son Assomption, la Mère de miséricorde, afin que Dieu accorde à cette âme, grâce aux prières et aux mérites de la glorieuse Vierge, d’être déchargée de tout ce qui la retient encore, et heureusement unie à son époux céleste. Si vous faites cela pour le prochain à l’heure de sa mort, votre prière retournera vers vous, avec une efficacité plus grande encore. Si vous le faites pour vous-même pendant votre vie, ces suffrages vous seront bien plus profitables que si vous comptiez sur les autres pour vous les appliquer après votre mort. Quant au Seigneur toujours fidèle et qui ne cherche que l’occasion de nous faire du bien, il en conservera le souvenir et vous le réservera pour le temps qu’il a choisi. (Sainte Gertrude)

Prières aux Saints Anges

Les courtes prières qui suivent ont été recommandées par le Ciel pour obtenir beaucoup de grâces et de secours pour l’humanité, l’Église et les âmes du Purgatoire :

« Saint Ange du jour N.N (étant donné qu’il n’est pas connu, on doit dire : ton nom, Dieu le connaît, ainsi que mon Ange gardien), Saint du jour N.N et tous les autres Saints du jour, obtenez-nous toutes les grâces que nous pouvons implorer pour nous, l’Église et l’humanité. Mais demandez aussi à tous les autres Anges et Saints de nous obtenir des grâces toutes spéciales en ce jour où l’on célèbre votre fête. Amen »

Après la Sainte communion

« O Seigneur, j’ai eu la joie de Vous recevoir en ce jour. C’est tout le Ciel qui s’est ainsi rapproché de moi. Je n’en suis pas digne. J’offre cette Sainte communion pour tous les hommes, chacun en particulier, et pour la Sainte Église. Mais souvenez-Vous aussi tout spécialement des âmes du Purgatoire, de celle que je Vous recommande en particulier, et de toutes celles qui sont les plus délaissées et auxquelles plus personne ne pense. Amen. »

L’ancre de salut pour ceux qui sont dans le désespoir, pour ceux qui cherchent à se suicider, pour ceux qui sont victimes de la drogue, pour les futures mamans en détresse, etc..

C’est Saint Lechitiel, l’Ange du Mont des Oliviers !

O Saint Lechitiel, vous le puissant Ange du Mont des Oliviers, vous qui étais aux côtés du Christ durant sa terrible agonie au Mont des Oliviers – Venez ! -Restez près de moi (nous, lui, eux). Donnez-moi le courage de me relever, et réconfortez-moi dans cette situation désespérée où je me trouve. Préservez du suicide le grand nombre des désespérés et délivrez de l’esclavage de la drogue tant de pauvres victimes, afin que, réconfortés par vous , ils retrouvent le courage de vivre et qu’ils acceptent de porter la croix que Dieu leur a envoyée. Amen. (composée par le Père E. F.)

Le « Notre Père » De Sainte Mechtilde pour les âmes du Purgatoire

Le récit suivant, qui raconte ce qui arriva à une dame, une âme privilégiée, le 2 février 1968, jour de la Chandeleur, nous montre la très grande valeur et l’abondant usage que l’on peut faire du » Notre Père » composée par Sainte Mechtilde pour le soulagement des âmes Purgatoire.

Cela se passa en Suisse, à Einsiedeln, un lieu de pèlerinage marial ; c’était en hiver, un jour de semaine, et l’Église était presque vide, pendant que Mme Aloisia y priait avec ses parents. En regardant vers l’autel privilégié, elle remarqua la présence d’une religieuse très âgée, habillée d’un costume religieux fort ancien, datant d’une époque lointaine. Elle alla vers elle, et cette religieuse lui remit un feuillet de prières qu’elle mit machinalement dans sa poche. Et il se produisit alors quelque chose d’étrange : la porte d’entrée s’ouvrit soudain et, elle vit entrer une immense foule de pèlerins, tous pauvrement vêtus et qui marchaient à pas feutrés, comme des fantômes : un flot de pèlerins d’une longueur presque interminable pénétraient dans l’Église, un prêtre se tenait là et leur montrait le chemin. La paysanne se demandait avec étonnement comment cette foule immense allait-elle trouver assez de place dans l’Église. Elle se tourna ensuite sur le côté, pendant un court instant, pour allumer un cierge, et, lorsqu’elle regarda derrière elle, l’Église était à nouveau aussi vide qu’au début. Remplie de stupéfaction, elle demanda à ses parents où donc tous ces gens étaient passés. Pourtant aucun de ceux qui l’accompagnaient n’avait remarqué le défilé des pèlerins et personne non plus n’avait aperçu la religieuse. N’en croyant pas ses yeux, elle chercha dans sa poche le feuillet qu’on lui avait donné et ce feuillet qu’elle tenait dans ses mains lui prouvait bien qu’elle n’avait pas du tout rêvé. Il contenait le texte d’une prière que jadis Notre-Seigneur avait enseignée à Sainte Mechtilde, lors d’une apparition. C’était le » Notre Père » de Sainte Mechtilde pour les âmes du Purgatoire. A chaque fois que Sainte Mechtilde récitait cette prière, elle voyait des légions d’âmes du Purgatoire monter au Ciel.

Notre Père qui êtes aux Cieux

Je vous en prie, ô Père Céleste, pardonnez aux âmes du Purgatoire, car elles ne vous ont pas aimé ni rendu tout l’honneur qui vous est dû, à vous, leur Seigneur et Père, qui par pure grâce, les avez adoptées comme vos enfants ; mais au contraire, elles vous ont, à cause de leurs péchés, chassé de leur cœur où vous vouliez pourtant toujours habiter. En réparation de ces fautes, je vous offre l’amour et la vénération que votre Fils incarné vous a témoignés tout au long de sa vie terrestre, et je vous offre toutes les actions de pénitence et de satisfaction qu’il a accomplies et par lesquelles Il a effacé et expié les péché des hommes. Ainsi soit-il.

Que votre Nom soit sanctifié

Je vous supplie, ô Père très bon, pardonnez aux âmes du Purgatoire, car elles n’ont pas toujours honoré dignement votre saint Nom, mais elles l’ont souvent prononcé en vain et elles se sont rendues indignes du nom de chrétien par leur vie de péchés. En réparation de ces fautes qu’elles ont commises, je vous offre tout l’honneur que votre Fils bien-aimé a rendu à votre nom par ses paroles et par ses actes, tout au long de sa vie terrestre. Ainsi soit-il.

Que votre Règne arrive

Je vous en prie, ô Père très bon, pardonnez aux âmes du Purgatoire, car elles n’ont pas toujours recherché ni désiré votre Royaume avec assez de ferveur et d’application, ce Royaume qui est le seul lieu où règnent le véritable repos et l’éternelle paix. En réparation de leur indifférence à faire le bien, je vous offre le très saint désir de votre divin Fils par lequel il souhaite ardemment qu’elles deviennent, elles aussi, héritières de Son Royaume. Ainsi soit-il.

Que votre volonté soit faite sur la terre comme au ciel

Je vous en prie, ô Père très bon, pardonnez aux âmes du Purgatoire, car elles n’ont pas toujours soumis leur volonté à la vôtre, elles n’ont pas cherché à accomplir votre volonté en toute chose, et même elles ont souvent vécu et agi en ne faisant que leur volonté. En réparation de leur désobéissance, je vous offre la parfaite conformité du cœur plein d’amour de votre divin Fils avec votre sainte volonté et la soumission la plus profonde qu’il vous témoigna en vous obéissant jusqu’à sa mort sur la croix. Ainsi soit-il.

Donnez-nous aujourd’hui notre pain quotidien

Je vous en prie, ô Père très bon, pardonnez aux âmes du Purgatoire, car elles n’ont pas toujours reçu le Saint Sacrement de l’Eucharistie avec assez de désir, mais elles l’ont souvent reçu sans recueillement ni amour, ou même indignement, ou encore elles ont même négligé de le recevoir. En réparation de toutes ces fautes qu’elles ont commises, je vous offre l’éminente sainteté et le grand recueillement de Notre-Seigneur Jésus-Christ, votre divin Fils, ainsi que l’ardent amour avec lesquels Il nous a fait cet incomparable don. Ainsi soit-il.

Pardonnez-nous nos offenses, comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés

Je vous en prie, ô Père très bon, pardonnez aux âmes du Purgatoire toutes les fautes dont elles se sont rendu coupables en succombant aux sept péchés capitaux, et aussi en n’ayant pas voulu, ni aimer, ni pardonner à leurs ennemis. En réparation de tous ces péchés, je vous offre la prière pleine d’amour que votre divin Fils vous a adressée en faveur des ses ennemis lorsqu’il était sur la croix. Ainsi soit-il.

Et ne nous laissez pas succomber à la tentation

Je vous en prie, ô Père très bon, pardonnez aux âmes du Purgatoire, car trop souvent elles n’ont pas résisté aux tentations et aux passions, mais elles ont suivi l’ennemi de tout bien et se sont abandonnées aux convoitises de la chair. En réparation de tous ces péchés aux multiples formes, dont elles se sont rendu coupables, je vous offre la glorieuse victoire que Notre-Seigneur Jésus-Christ a remportée sur le monde ainsi que sa vie très sainte, son travail et ses peines, sa souffrance et sa mort très cruelles. Ainsi soit-il.

Mais délivrez-nous du mal

Et de tous châtiments en vertu des mérites de votre Fils bien-aimé et conduisez-nous, ainsi que les âmes du Purgatoire, dans votre Royaume de gloire éternelle qui s’identifie à vous. Ainsi soit-il.

Prière de Saint Michel Archange à Fatima

Mon Dieu, je crois, j’adore,

J’espère et je vous aime,

Je vous demande pardon pour ceux

Qui ne croient pas, qui n’adorent pas,

Qui n’espèrent pas,

Qui ne vous aime pas.

Très Sainte Trinité, Père, Fils et Saint Esprit,

Je vous adore profondément,

Et je vous offre les très précieux corps,

Sang, âme et Divinité de Notre Seigneur Jésus-Christ

Présent dans tous les tabernacles du monde,

En réparation des outrages, sacrilèges et indifférences

Par lesquels il est lui même offensé.

Par les mérites infinis de son très Saint Cœur

Et du cœur douloureux et immaculé de Marie,

Je vous demande la conversion des pauvres pécheurs.

Ainsi soit-il.

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