Archives de catégorie : Catholique

Miracle eucharistique à Lourdes en 1999 – Hostie en lévitation

Le dimanche 7 novembre 1999 à Lourdes, lors de l’Assemblée plénière des Évêques de France, une messe a été célébrée et diffusée en direct sur France 2. Au cours Épiclèse, c’est-à-dire la liturgique qui est l’appel que l’on adresse à l’Esprit-Saint pour qu’il vienne, par son opération divine, consacrer les offrandes présentées par l’Église à la messe, alors que les mots « Sanctifient ces offrandes en répandant sur elles… » l’hostie consacrée est entrée en lévitation. Voir la 39ième seconde de la vidéo.

La formule complète de l’appel est « Sanctifie ces offrandes en répandant sur elles ton Esprit ; qu’elles deviennent pour nous le corps et le sang de Jésus, le Christ, notre Seigneur ».

Benedictio rosarum societatis sacratissimi Rosarii

Seul un père dominicain ou un prêtre qui en a le pouvoir peut rendre un chapelet rosarié avec la formule suivante.

BENEDICTIO ROSARUM SOCIETATIS SACRATISSIMI ROSARII

Propria ejusdem Ordinis

V. Adjutórium nostrum in nómine Dómini.
R. Qui fecit cælum et terram.

V. Dóminus vobíscum.
R.Et cum spíritu tuo.

Orémus.                                                 Oratio

Deus, creátor et conservátor géneris humáni, dator grátiæ spirituális, et largítor ætérnæ salútis, benedictióne tua sancta béne  dic has rosas, quas pro grátiis tibi exsolvéndis cum devotióne ac veneratióne beátæ sempérque Vírginis Maríæ, ejúsque Rosárii, hódie tibi præsentámus et pétimus benedíci: et infúnde eis per virtútem sanctæ Cru cis benedictiónem cæléstem, qui eas ad odóris suavitátem, et repelléndas infirmitátes humáno úsui tribuísti; talémque signáculo sanctæ Cru  cis benedictiónem accípiant, ut, quibuscúmque in infirmitátibus appósitæ fúerint, seu qui eas in dómibus suis portáverint, ab infirmitáte sanéntur: discédant diáboli, contremíscant et fúgiant pávidi cum suis minístris de habitatiónibus illis, nec ámplius tibi serviéntes inquietáre præsúmant. Per Christum Dóminum nostrum. R. Amen.

Et aspergantur aqua benedicta.

La croix de Saint-Benoît: Un sacramental qu’il faut remettre à l’honneur

Croix de Saint-Benoît
Croix de Saint-Benoît

ORIGINES

Autrefois, les Papes avaient accordé une indulgence plénière à l’article de la mort, à ceux qui utiliseraient simultanément la « Croix de la Bonne Mort » et la Médaille de Saint-Benoît. C’est un sacramental très ancien, puissant contre le « Malin » et approuvé par l’Église Catholique.

DESCRIPTION

Croix et médaille de Saint-Benoît
Médaille de Saint-Benoît/Croix de Saint-Benoît

La Croix de St-Benoît est un crucifix au milieu duquel on a inséré une médaille de St-Benoît. Sur l’une des faces de la médaille, se trouve représenté saint Benoît, patron de la bonne mort.

Apparaissant un jour à sainte Gertrude, ce dernier lui dit:
« Quiconque me rappellera ma dignité par laquelle le Seigneur a bien voulu m’honorer et me béatifier en me donnant une mort si glorieuse (saint Benoît est mort debout devant l’autel, et les mains levées vers le Ciel, après avoir communié) je l’assisterai fidèlement à l’heure de la mort et je m’opposerai à toutes les attaques que l’ennemi dirigera contre lui. Protégé par ma présence, il sera en sécurité malgré les pièges du tentateur, et s’élancera heureux vers les joies éternelles. »

La prière latine entourant saint Benoît, sur la médaille, se réfère à cette promesse. Si on fait la traduction, on lira: « PUISSIONS-NOUS ÊTRE PROTÉGÉS PAR SA PRÉSENCE À L’HEURE DE NOTRE MORT.«

Durant toute sa vie, saint Benoît eut une grande vénération pour la sainte croix, non seulement dans le but de vaincre ses propres tentations, parfois très violentes, mais encore pour anéantir de façon merveilleuse les mauvaises intentions et les artifices du démon, dont il est fait mention dans le deuxième livre des « Dialogues » de saint Grégoire le Grand. De son vivant, saint Benoît fut en butte aux persécutions. Un jour, on voulut le tuer en lui présentant une coupe de vin empoisonnée. Mais, au Signe de la Croix, signe de vie que le saint traça sur la coupe de mort, cette dernière vola en éclats.

Les initiales gravées sur la croix et autour d’elle, au revers de la médaille, font allusion à ce miracle. On les traduit en français par: « CROIX DU SAINT PÈRE BENOÎT. QUE LA CROIX SAINTE SOIT MA LUMIÈRE. QUE LE DRAGON (Satan) NE SOIT PAS MON CHEF. ARRIÈRE SATAN. NE ME PERSUADE PAS DES CHOSES MAUVAISES. CE QUE TU PRÉSENTES EST MAUVAIS. BOIS TOI-MÊME TES POISONS. »

Une curieuse histoire nous est rapportée à ce propos. On raconte qu'en 1647, on emprisonna quelques nécromanciennes1 en Bavière. En les interrogeant, elles déclarèrent que leurs agissements superstitieux étaient toujours restés sans effet aux endroits où se trouvait l'emblème de la sainte croix; leur domination ne pouvant notamment atteindre le couvent de Metten (Allemagne), elles en conclurent que ces lieux étaient particulièrement protégés. Après des investigations faites audit couvent, on constata que plusieurs peintures de la croix, appliquées de longue date sur les murs, portaient certaines lettres auxquelles on n'avait plus prêté attention. La signification de ces lettres ne put être trouvée que lorsqu'on découvrit, dans la bibliothèque du couvent, un manuscrit datant de 1415, dans lequel saint Benoît figurait portant dans la main droite une crosse se terminant par une croix. Sur cette crosse on lisait le texte suivant: "Crux sacra sit M lux N Draco sit Mihi Dux." Sa main gauche tenait un parchemin enroulé sur lequel figuraient les mots suivants: " Vade Retro Satana Nuq Suade M Vana. Sunt Mala Quae Libas Ipse Venena Bibas." Ce document révéla l'origine et le sens des lettres apposées aux murs; celles-ci formaient les initiales du libellé et du manuscrit.

(1) Nécromancien: personne prétendant prédire l'avenir en interrogeant les morts, pratique occulte superstitieuse interdite par la Bible et par l'Église.

La plus ancienne forme de la médaille de saint Benoît est ovale et porte le monogramme de Jésus (IHS) à son sommet. La nouvelle forme de médaille, dans le style de Beuron, est ronde. Elle a été créée pour le Jubilé de saint Benoît de 1880, 1400e anniversaire de sa naissance. Elle est aujourd’hui encore en usage sous le nom de médaille du Jubilé; c’est la plus courante. Ainsi qu’il a été mentionné plus haut, à la place de « IHS« , elle porte au-dessus de la croix figurant sur son verso, la devise bénédictine « PAX » (« Paix »). C’était, à l’origine, un monogramme du Christ en lettres grecques Chi – Rho, ce qui a donné en latin XP, d’où PAX.

PRIVILÈGES

L’Église ayant modifié ses lois concernant les indulgences (depuis 1999), il s’ensuit qu’il n’est plus obligatoire d’utiliser la Croix de la Bonne Mort pour obtenir l’indulgence plénière à l’heure de la mort. Cependant, il est fortement conseillé d’utiliser quand même un crucifix ou une croix, car la Croix, ayant été l’instrument de la Rédemption du monde, est par conséquent un objet de terreur pour l’enfer qui joue son dernier « sprint » à l’heure de la mort pour arracher chaque âme à Dieu.

La vertu de la médaille (et de la Croix) de saint Benoît réside dans l’invocation du Christ par l’intercession de saint Benoît. Elle donne une protection particulière contre les attaques du démon, les tentations de toutes natures et les maladies. On peut porter la médaille sur soi ou la fixer sur la porte des maisons et des étables et dans l’auto. On évitera naturellement d’attacher une valeur superstitieuse à la possession de la médaille ou de la Croix. Il ne suffit pas de la porter ou de la mettre dans un endroit que l’on veut protéger. Il faut avant tout vouloir conformer sa propre vie à l’Évangile et aux enseignements de saint Benoît qui sont la mise en application de l’évangile.

La Croix de St-Benoît (et la Médaille, lorsqu’elle est seule) doit recevoir une bénédiction spéciale comportant des exorcismes. Autrefois réservée aux Bénédictins, cette bénédiction, depuis Vatican II, peut être donnée par tout prêtre (non suspens et non excommunié) qui utilise le rite adapté. Les privilèges particuliers attachés à cette bénédiction spéciale sont ceux liés à l’exorcisme, dans le sens où le port de cette Croix (ou de cette Médaille) donne une grâce particulière pour lutter contre les attaques et séductions du démon.

QUELQUES PRÉCISIONS

À l’heure actuelle, les matériaux utilisés pour la croix et le Corpus importent peu. Pour la croix, il est louable de rester attaché au traditionnel bois, puisque la Croix du Christ fut de bois. Mais c’est un choix personnel et non une question de validité. Il en va de même pour les couleurs: il est recommandé d’employer des tons de bruns ou de noir, mais les autres couleurs sont quand même valides.
La médailles doit être en métal et non en plastique, en carton ou autres.

Quant aux lettres, parfois difficiles à lire en raison de l’usure ou du petit format de la médaille, il suffit, pour la validité, qu’on puisse reconnaître « grosso modo » qu’il s’agit d’une médaille de St-Benoît.

ATTENTION: on retrouve maintenant sur le marché des croix semblables à celles de St-Benoît, mais dont la médaille centrale est celle de Saite-Thérèse, par exemple… Ce n’est plus alors une Croix de St-Benoît. Retenons aussi qu’un sacramental perd ses indulgences quand il est vendu2.  Il doit donc être béni après avoir été acheté.

(2) Vendu avec intention de négoce, et non pas vendu pour le prix coûtant, c’est-à-dire pour se faire rembourser l’argent que l’on a dépensé pour l’acquérir pour autrui.

UN TRÉSOR À RETROUVER

L’Église a toujours encouragé l’usage des sacramentaux approuvés par Elle: eau bénite, Scapulaire brun du Mont-Carmel, Croix de St-Benoît, Médaille Miraculeuse, etc. Ils sont de puissants outils qui, utilisés avec confiance et sans superstition, nous obtiennent de Dieu de nombreuses grâces d’ordre spirituel avant tout, et souvent même d’ordre temporel (guérison, protection des humains et des animaux). Le but de la Croix de St-Benoît est vraiment de nous aider à atteindre l’Essentiel, c’est-à-dire le salut éternel qui passe par la mise en pratique de nos promesses baptismales (renonciation à Satan et à ses œuvres) par l’amour du Christ et de Sa Croix, et par une mort EN ÉTAT DE GRÂCE.

Remettons vite ce « TRÉSOR » à l’honneur parmi les Chrétiens: le Ciel le met à notre disposition pour que nous nous en servions…

Pour faire apparaître le rituel (formule) de la bénédiction spéciale
de la Croix de Saint Benoît, en français Cliquer ici

On peut se procurer des Croix et Médailles de St-Benoît,
et les faire bénir de la bénédiction-exorcisme notamment chez:

Abbaye St-Benoît-du-Lac
St-Benoît-du-Lac,
Québec

CANADA J0B 2M0
Tél.: (819) 843-4080
Fax: (819) 868-1861
Courriel: abbaye@st-benoit-du-lac.com

Abbaye St-Joseph de Clairval
21150 Flavigny-sur-Ozerain,
FRANCE

Tél.: (33) 03 80 96 22 31
Fax: (33) 03 80 96 25 29
Courriel: abbaye@clairval.com
Site web: www.clairval.com

Abbaye Ste-Madeleine
1201 Chemin de Rabassières
84330 Le Barroux,
FRANCE
Tél: (33) 04 90 62 56 31
Fax: (33) 04 90 62 56 05
Site web: www.barroux.org

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Bénédiction spéciale pour la Croix et/ou médaille de St-Benoît

Le pouvoir de bénir-exorciser la Médaille de St-Benoît (ou la Croix de St-Benoît) était autrefois réservée aux Bénédictins (de l’Ordre de Saint Benoît). Depuis le Concile Vatican II, il n’existe plus de bénédictions réservées. Tout prêtre catholique (non suspens et non excommunié) peut donc désormais bénir et exorciser Croix et Médailles de St-Benoît avec la formule suivante:

Le prêtre revêt l’étole et se sert de l’eau bénite.

 Bénédiction de la croix

V/  Nous vous prions Seigneur, Père tout-puissant, Dieu éternel, de bénir cette croix afin qu’elle soit un remède salutaire pour les hommes, un appui ferme pour leur foi, un stimulant pour les bonnes œuvres ; qu’elle soit salut pour les âmes, consolation, protection et bouclier contre les traits cruels des ennemis. Par le Christ Notre-Seigneur.
R/ Amen

Bénédiction de la médaille

V/ Je vous exorcise, médailles, par Dieu  le Père Tout-Puissant, qui a fait le ciel et la terre, la mer et tout ce qui est en eux. Que toute puissance de l’adversaire, toute assemblée diabolique, tout assaut et toute possession de Satan soient éradiqués et arrachés de ces médailles, afin qu’elles soient salut de l’âme et du corps pour tous ceux qui les porteront, au Nom du Père Tout-Puissant, et de Jésus-Christ, son Fils,  Notre-Seigneur, et du Saint-Esprit  Consolateur, et dans la charité du même Seigneur Jésus-Christ qui viendra pour juger les vivants et les morts et le monde par le feu.

R/ Amen.

V/ Seigneur, exaucez ma prière.

R/ Et que mon cri parvienne jusqu’à Vous.

V/ Le Seigneur soit avec vous.

R/ Et avec votre esprit.

V/ Prions – Nous vous supplions, Dieu tout-puissant, dispensateur de tout bien, de répandre votre bénédiction sur ces médailles par l’intercession du Saint Père Benoît, afin que tous ceux qui les porteront tout en étant attentifs à accomplir les bonnes œuvres, méritent d’obtenir la santé de l’âme et du corps, la grâce de la sanctification, ainsi que les indulgences qui nous ont été concédées. Que par le secours de votre miséricorde, ils s’appliquent à éviter tout piège et tromperie du démon, et qu’ils soient trouvés dignes de paraître saints et sans tâches en votre présence. Par le Christ Notre Seigneur.

V/ Amen.

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L’Eucharistie: Saint Ignace d’Antioche – Disciple de Saint Jean

Saint Ignace d’Antioche est né vers l’an 35 en Syrie. Il reçu l’enseignement des saints Apôtres Pierre et de Jean, dont il était le disciple, ce qui fait de lui un des Pères de l’Église nommés Pères apostoliques car ayant connu des Apôtres. Il fut le troisième évêque d’Antioche (vers 68-vers 107). Il était surnommé Théophore, ace qui signifie porteur de Dieu. Il fut déporter à Rome où il mourut dans l’arène, dévoré par les bête entre 107 et 117 sous l’empereur Trajan.


Saint Ignace d’Antioche a écrit plusieurs lettres pendant qu’il était escorté par les Romains lorsqu’il a été condamné à être dévoré par les lions à Rome. Il a insisté à plusieurs reprises sur deux aspects importants de l’Eucharistie : ce qu’elle est vraiment et aussi qu’elle soit fait en communion avec l’évêque. Voici des extraits de trois de ces lettres :

Ayez donc soin de ne participer qu’à une seule eucharistie; car il n’y a qu’une seule chair de notre Seigneur Jésus-Christ, et un seul calice pour nous unir en son sang, un seul autel, comme un seul évêque avec le presbyterium et les diacres, mes compagnons de service: ainsi, tout ce que vous ferez, vous le ferez selon Dieu. (aux Philadelphiens, IV)

C’est bien vivant que je vous écris, désirant de mourir. Mon désir terrestre a été crucifié, et il n’y a plus en moi de feu pour aimer la matière, mais en moi une eau vive qui murmure et qui dit au-dedans de moi : Viens vers le Père. Je ne me plais plus à une nourriture de corruption ni aux plaisirs de cette vie ; c’est le pain de Dieu que je veux, qui est la chair de Jésus-Christ, de la race de David ; et pour boisson je veux son sang, qui est l’amour incorruptible. (aux Romains, VII)

Ils s’abstiennent de l’eucharistie et de la prière, parce qu’ils ne confessent pas que l’eucharistie est la chair de notre Sauveur Jésus-Christ, chair qui a souffert pour nos péchés, et que dans sa bonté le Père a ressuscitée. Ainsi ceux qui refusent le don de Dieu meurent dans leurs disputes. Il leur serait utile de pratiquer la charité pour ressusciter eux aussi. Il convient de vous tenir à l’écart de ces gens-là, et de ne parler d’eux ni en privé ni en public, mais de vous attacher aux prophètes, et spécialement à l’Évangile, dans lequel la passion nous est montrée et la résurrection accomplie. Et les divisions, fuyez-les comme le principe de tous les maux.

Suivez tous l’évêque, comme Jésus-Christ suit son Père, et le presbyterium comme les Apôtres ; quant aux diacres, respectez-les comme la loi de Dieu. Que personne ne fasse, en dehors de l’évêque, rien de ce qui regarde l’Église. Que cette eucharistie seule soit regardée comme légitime, qui se fait sous la présidence de l’évêque ou de celui qu’il en aura chargé. Là où paraît l’évêque, que là soit la communauté, de même que là où est le Christ Jésus, là est l’Église catholique. Il n’est pas permis en dehors de l’évêque ni de baptiser, ni de faire l’agape, mais tout ce qu’il approuve, cela est agréable à Dieu. Ainsi tout ce qui se fait sera sûr et légitime. (aux Smyrniotes, VII-VIII)

Comme vous avez pu le constater, chacun de ces passages insiste sur ce qu’est l’Eucharistie : le Corps et le Sang du Seigneur Jésus-Christ. Le passage de la lettre aux Smyrniotes mentionne même un groupe de personnes (adeptes de l’hérésie du docétisme qui niait la réalité corporelle du Christ), qui ne voulaient pas participer à l’Eucharistie, car ils niaient que Jésus ait eu un corps. On peut donc être certain que l’Eucharistie dont parle saint Ignace est un véritable aliment et non pas seulement une communion symbolique.

Un deuxième point sur lequel insiste beaucoup saint Ignace est que cette Eucharistie doit être se faire en accord avec l’évêque, car, comme il le dit, « là où paraît l’évêque, que là soit la communauté, de même que là où est le Christ Jésus, là est l’Église catholique. Il n’est pas permis en dehors de l’évêque ni de baptiser, ni de faire l’agape, mais tout ce qu’il approuve, cela est agréable à Dieu. Ainsi tout ce qui se fait sera sûr et légitime». On voit aussi qu’au début du premier siècle, l’agapè (repas qui précédait l’Eucharistie au premier siècle) est maintenant un événement séparé de l’Eucharistie.

Dans le prochain article, nous aurons la chance d’avoir une description beaucoup plus détaillée de ce à quoi ressemble l’Eucharistie vers l’an 150 grâce à Justin le martyr.

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Le Secret Admirable du Très Saint Rosaire – Appendice

APPENDICE

MÉTHODES POUR RÉCITER LE ROSAIRE

Méthodes saintes pour réciter le saint Rosaire et attirer sur soi la grâce des mystères de la vie, de la passion et de la gloire de Jésus et de Marie

1ère Méthode

Veni, Sancte Spiritus, etc.

Offrande générale du Rosaire

155. Je m’unis à tous les saints qui sont dans le ciel, à tous les justes qui sont sur la terre; je m’unis à vous, mon Jésus, pour louer dignement votre sainte Mère et vous louer en Elle et par Elle. Je renonce à toutes distractions qui me pourront venir pendant ce chapelet.

Nous vous offrons, sainte Vierge, ce Credo pour honorer votre foi sur la terre et vous demander part à cette même foi.

Nous vous offrons ce Pater, Seigneur, pour vous adorer dans votre unité, et vous reconnaître comme le premier principe et la fin de toutes choses.

Nous vous offrons, très sainte Trinité, ces trois Ave Maria pour vous remercier de toutes les grâces que vous avez faites à Marie, et que vous nous avez faites par son intercession.

1 Pater et 3 Ave, Gloria Patri.

Offrandes particulières des dizaines

Mystères Joyeux

156. A la première dizaine. — Nous vous offrons cette première dizaine, Seigneur Jésus, en l’honneur du mystère de votre Incarnation, et nous vous demandons, par ce mystère et par l’intercession de votre sainte Mère, une profonde humilité de cœur.

1 Pater, 10 Ave Maria, Gloria Patri.

Grâce du mystère de l’Incarnation, descendez dans mon âme et la rendez vraiment humble.

A la deuxième dizaine. — Nous vous offrons, Seigneur Jésus, cette deuxième dizaine en l’honneur de la Visitation de votre sainte Mère à sa cousine sainte Élisabeth, et nous vous demandons, par ce mystère et l’intercession de Marie, une parfaite charité envers notre prochain.

1 Pater, 10 Ave Maria, Gloria Patri.

Grâce du mystère de la Visitation, descendez dans mon âme et la rendez vraiment charitable.

A la troisième dizaine. — Nous vous offrons cette troisième dizaine, Enfant Jésus, en l’honneur de votre sainte Nativité, et nous vous demandons, par ce mystère et l’intercession de votre sainte Mère, le détachement des biens du monde, l’amour de la pauvreté et des pauvres.

1 Pater, 10 Ave Maria, Gloria Patri.

Grâce du mystère de la Nativité, descendez en mon âme et la rendez pauvre d’esprit.

A la quatrième dizaine. — Nous vous offrons, Seigneur Jésus, cette quatrième dizaine en l’honneur de votre Présentation au temple par les mains de Marie, et nous vous demandons, par ce mystère et l’intercession de votre sainte Mère, le don de la sagesse et la pureté de cœur et de corps.

1 Pater, 10 Ave Maria, Gloria Patri.

Grâce du mystère de la Purification, descendez dans mon âme et la rendez vraiment sage et vraiment pure.

A la cinquième dizaine. — Nous vous offrons, Seigneur Jésus, cette cinquième dizaine en l’honneur de votre Recouvrement par Marie au milieu des docteurs, lorsqu’elle vous eut égaré, et nous vous demandons, par ce mystère et l’intercession de votre sainte Mère, notre conversion et celle des pécheurs, hérétiques, et schismatiques, et idolâtres.

1 Pater, 10 Ave Maria, Gloria Patri.

Grâce du mystère du Recouvrement de Jésus au Temple, descendez dans mon âme et la convertissez véritablement.

Mystères Douloureux

157. A la sixième dizaine. — Nous vous offrons, Seigneur Jésus, cette sixième dizaine en l’honneur de votre Agonie mortelle au jardin des Olives, et nous vous demandons, par ce mystère et par l’intercession de votre sainte Mère, une parfaite contrition de nos péchés et une parfaite conformité à votre sainte volonté.

1 Pater, 10 Ave Maria, Gloria Patri.

Grâce de l’Agonie de Jésus, descendez dans mon âme et la rendez vraiment contrite et conforme à la volonté de Dieu.

A la septième dizaine. — Nous vous offrons, Seigneur Jésus, cette septième dizaine en l’honneur de votre sanglante Flagellation, et nous vous demandons, par ce mystère et l’intercession de votre sainte Mère, une parfaite mortification de nos sens.

1 Pater, 10 Ave Maria, Gloria Patri.

Grâce de la Flagellation de Jésus, descendez en mon âme et la rendez vraiment mortifiée.

A la huitième dizaine. — Nous vous offrons, Seigneur Jésus, cette huitième dizaine en l’honneur de votre cruel Couronnement d’épines, et nous vous demandons, par ce mystère et l’intercession de votre sainte Mère, un grand mépris du monde.

1 Pater, 10 Ave Maria, Gloria Patri.

Grâce du mystère du Couronnement d’épines de Jésus, descendez en mon âme et la rendez vraiment contraire au monde.

A la neuvième dizaine. — Nous vous offrons, Seigneur Jésus, cette neuvième dizaine en l’honneur de votre Portement de croix, et nous vous demandons, par ce mystère et l’intercession de votre sainte Mère, une grande patience pour porter notre croix à votre suite tous les jours de notre vie.

1 Pater, 10 Ave Maria, Gloria Patri.

Grâce du mystère du Portement de Croix, descendez en mon âme et la rendez vraiment patiente.

A la dixième dizaine. — Nous vous offrons, Seigneur Jésus, cette dixième dizaine en l’honneur de votre Crucifiement sur le Calvaire, et nous vous demandons, par ce mystère et l’intercession de votre sainte Mère, une grande horreur du péché, l’amour de la Croix, et une bonne mort pour nous et pour ceux qui sont maintenant à l’agonie.

1 Pater, 10 Ave Maria, Gloria Patri.

Grâce du mystère de la Mort et Passion de Jésus-Christ, descendez en mon âme et la rendez vraiment sainte.

Mystères Glorieux

158. A la onzième dizaine. — Nous vous offrons, Seigneur Jésus, cette onzième dizaine en l’honneur de votre triomphante Résurrection, et nous vous demandons, par ce mystère et l’intercession de votre sainte Mère, une vive foi.

1 Pater, 10 Ave Maria, Gloria Patri.

Grâce de la Résurrection, descendez en mon âme et la rendez vraiment fidèle.

A la douzième dizaine. — Nous vous offrons, Seigneur Jésus, cette douzième dizaine en l’honneur de votre glorieuse Ascension, et nous vous demandons, par ce mystère et l’intercession de votre sainte Mère, une ferme espérance et un grand désir du paradis.

1 Pater, 10 Ave Maria, Gloria Patri.

Grâce du mystère de l’Ascension de Jésus-Christ, descendez en mon âme et la rendez vraiment céleste.

A la treizième dizaine. — Nous vous offrons, Saint-Esprit, cette treizième dizaine en l’honneur du mystère de la Pentecôte, et nous vous demandons, par ce mystère et l’intercession de Marie, votre fidèle Épouse, la divine sagesse pour connaître, goûter et pratiquer la vérité et la faire participer à tout le monde.

1 Pater, 10 Ave Maria, Gloria Patri.

Grâce de la Pentecôte, descendez en mon âme et la rendez vraiment sage selon Dieu.

A la quatorzième dizaine. — Nous vous offrons, Seigneur Jésus, cette quatorzième dizaine en l’honneur de la Conception Immaculée et de l’Assomption en corps et en âme de votre sainte Mère dans les cieux, et nous vous demandons, par ces deux mystères et son intercession, une vraie dévotion envers elle, pour bien vivre et bien mourir.

1 Pater, 10 Ave Maria, Gloria Patri.

Grâce de l’Immaculée Conception et de l’Assomption de Marie, descendez en mon âme et la rendez vraiment dévote à Marie.

A la quinzième dizaine. — Nous vous offrons, Seigneur Jésus, cette quinzième et dernière dizaine, en l’honneur du Couronnement de gloire de votre sainte Mère dans les cieux, et nous vous demandons, par ce mystère et son intercession, la persévérance et l’augmentation dans la vertu jusqu’à la mort, et la couronne éternelle, qui nous est préparée. Nous vous demandons la même grâce pour tous les justes et tous nos bienfaiteurs.

1 Pater, 10 Ave Maria, Gloria Patri.

159. Nous vous prions, Seigneur Jésus, par les quinze mystères de votre Vie, votre Mort et Passion, et votre gloire et les mérites de votre sainte Mère, de convertir les pécheurs, d’aider les agonisants, de délivrer les âmes du purgatoire, et de nous donner à tous votre grâce pour bien vivre et bien mourir, et votre gloire pour vous voir face à face et vous aimer pendant l’éternité. Ainsi soit-il.

(2ème) Méthode plus abrégée

pour célébrer la vie, la mort et la gloire de Jésus et de Marie en récitant le saint Rosaire, et pour diminuer les distractions de l’imagination

160. Il faut pour cela ajouter à chaque Ave Maria de chaque dizaine un petit mot qui nous remette en mémoire le mystère qu’on célèbre par la dizaine; et il faut ajouter ce mot après Jésus, au milieu de l’Ave.

A la 1ère dizaine. — Et béni le fruit de votre ventre, Jésus incarné.

A la 2ème dizaine. — Jésus sanctifiant.

A la 3ème dizaine. — Jésus pauvre enfant.

A la 4ème dizaine. — Jésus sacrifié.

A la 5ème dizaine. — Jésus saint des saints.

A la 6ème dizaine. — Jésus agonisant.

A la 7ème dizaine. — Jésus flagellé.

A la 8ème dizaine. — Jésus couronné d’épines.

A la 9ème dizaine. — Jésus portant sa croix.

A la 10ème dizaine. — Jésus crucifié.

A la 11ème dizaine. — Jésus ressuscité.

A la 12ème dizaine. — Jésus montant au cieux.

A la 13ème dizaine. — Jésus vous remplissant du Saint-Esprit.

A la 14ème dizaine. — Jésus vous ressuscitant.

A la 15ème dizaine. — Jésus vous couronnant.

Ensuite, à la fin du premier chapelet, on dit: Grâce des mystères joyeux, descendez en nos âmes et les rendez vraiment saintes.

A la fin du second: Grâce des mystères douloureux, descendez en nos âmes et les rendez vraiment patientes.

A la fin du troisième: Grâce des mystères glorieux, descendez en nos âmes et les rendez éternellement bienheureuses. Ainsi soit-il.

Le Secret Admirable du Très Saint Rosaire – Cinquième Dizaine

CINQUIÈME DIZAINE

LA MANIÈRE SAINTE DE RÉCITER LE ROSAIRE

41ème Rose

116. Ce n’est pas proprement la longueur, mais la ferveur de la prière, qui plaît à Dieu et qui lui gagne le cœur. Un seul Ave Maria bien dit est d’un plus grand mérite que cent cinquante mal dits. Presque tous les chrétiens catholiques récitent le Rosaire, le chapelet ou du moins quelques dizaines d’Ave. Pourquoi donc y en a-t-il si peu qui se corrigent de leurs péchés et s’avancent dans la vertu, sinon parce qu’ils ne font pas ces prières comme il faut.

117. Voyons donc la manière qu’il faut les réciter pour plaire à Dieu et devenir plus saints.

Premièrement il faut que la personne qui récite le saint Rosaire soit en état de grâce ou du moins dans la résolution de sortir de son péché, parce que toute la théologie nous enseigne que les bonnes œuvres et les prières faites en péché mortel, sont des œuvres mortes, qui ne peuvent être agréables à Dieu ni mériter la vie éternelle; c’est en ce sens qu’il est écrit: Non est speciosa laus in ore peccatoris (Si 15,9).

La louange et le salut de l’ange et l’Oraison même de Jésus-Christ n’est pas agréable à Dieu lorsqu’elle sort de la bouche d’un pécheur impénitent: Populus hic labiis me honorat, cor autem eorum longe est a me (Mc 7,6).

Ces personnes qui se mettent de mes confréries, (dit Jésus-Christ), qui récitent tous les jours le chapelet ou le Rosaire, sans aucune contrition de leurs péchés, m’honorent de leurs lèvres, mais leur cœur est bien éloigné de moi.

J’ai dit: «ou du moins dans la résolution de sortir du péché», 1º parce que s’il fallait absolument être en grâce de Dieu pour faire des prières qui lui fussent agréables, il s’ensuivrait que ceux qui sont en péché mortel ne devraient point du tout prier, quoiqu’ils en aient plus de besoin que les justes, ce qui est une erreur condamnée par l’Église, et, ainsi, il ne faudrait jamais conseiller à un pécheur de dire son chapelet ou son Rosaire parce qu’il lui serait inutile; 2º parce que, si avec la volonté de demeurer dans le péché, et sans aucune intention d’en sortir, on s’enrôlait dans une confrérie de la Sainte Vierge, ou on récitait le chaplet, le Rosaire ou quelque autre prière, on se rendrait du nombre des faux dévots de la Sainte Vierge, et dévots présomptueux et impénitents, qui, sous le manteau de la Sainte Vierge, avec le scapulaire sur leur corps ou le rosaire à la main, crient: sainte Vierge, bonne Vierge, je vous salue, Marie, et cependant crucifient et déchirent cruellement Jésus-Christ par leurs péchés et tombent malheureusement, du milieu des plus saintes confréries de la Sainte Vierge, dans le milieu des flammes de l’enfer.

118. Nous conseillons le saint Rosaire à tout le monde: aux justes pour persévérer et croître dans la grâce de Dieu, et aux pécheurs pour sortir de leurs péchés. Mais à Dieu ne plaise que nous exhortions un pécheur à faire du manteau de la protection de la Sainte Vierge, un manteau de damnation pour voiler ses crimes, et à changer le Rosaire, qui est un remède à tous maux, en un poison mortel et funeste. Corruptio optimi pessima.

«Il faut être un ange en pureté, dit le savant Hugues, cardinal, pour approcher de la Sainte Vierge et réciter la Salutation angélique. Elle fit un jour voir à un impudique, qui récitait le saint Rosaire régulièrement tous les jours, de beaux fruits dans un vaisseau souillé d’ordures; il en eut horreur, et elle lui dit: « Voilà comme tu me sers, tu me présentes de belles roses dans un vaisseau sale et corrompu. Juge si je puis les avoir agréables »» (Rosier mystique, 8ème dizaine, ch. 1).

42ème Rose

119. Il ne suffit pas, pour bien prier, d’exprimer nos demandes par la plus excellente de toutes les manières d’oraison qui est le Rosaire, mais il faut encore y apporter une grande attention, car Dieu écoute plutôt la voix du cœur que celle de la bouche. Prier Dieu avec des distractions volontaires serait une grande irrévérence, qui rendrait nos Rosaires infructueux et nous remplirait de péchés. Comment ose-t-on demander à Dieu qu’il nous écoute, si nous ne nous écoutons pas nous-mêmes, et si, pendant que nous prions cette redoutable majesté qui fait tout trembler, nous nous arrêtions volontairement à courir après un papillon? C’est éloigner de soi la bénédiction de ce grand Seigneur et la changer dans la malédiction portée contre ceux qui font l’œuvre de Dieu négligemment: Maledictus qui facit opus Dei neglegenter (Jr 48,10).

120. Vous ne pouvez pas, à la vérité, réciter votre Rosaire sans avoir quelques distractions involontaires; il est même bien difficile de dire un Ave Maria sans que votre imagination toujours remuante ne vous ôte quelque chose de votre attention; mais vous pouvez le réciter sans distractions volontaires, et vous devez prendre toutes sortes de moyens pour diminuer les involontaires et fixer votre imagination.

A cet effet, mettez-vous en la présence de Dieu, croyez que Dieu et sa sainte Mère vous regardent, que votre bon Ange à votre main droite prend vos Ave Maria comme autant de roses, s’ils sont bien dits, pour en faire une couronne à Jésus et à Marie, et qu’au contraire, le démon est à votre gauche et rôde autour de vous, pour dévorer vos Ave Maria et les marquer sur son livre de mort, s’ils ne sont pas dits avec attention, dévotion et modestie; surtout ne manquez pas de faire les offrandes des dizaines en l’honneur des mystères, et de vous représenter, dans l’imagination, Notre-Seigneur et sa sainte Mère dans le mystère que vous honorez.

121. «On lit dans la vie du bienheureux Herman, de l’ordre des Prémontrés, que, lorsqu’il disait le Rosaire avec attention et dévotion, en méditant les mystères, la Sainte Vierge lui apparaissait toute brillante de lumière, avec une beauté et majesté ravissantes. Mais ensuite, sa dévotion s’étant refroidie et ne récitant plus son Rosaire qu’à la hâte, et sans attention, elle lui apparut le visage tout ridé, triste et désagréable. Herman, étonné d’un tel changement, la Sainte Vierge lui dit: « Je parais telle devant tes yeux, que je suis à présent dans ton âme, car tu ne me traites plus que comme une personne vile et méprisable. Où est le temps que tu me saluais avec respect et attention, en méditant mes mystères et admirant mes grandeurs? »» (Rosier mystique, 8ème dizaine, ch. 2).

43ème Rose

122. Comme il n’y a point de prière plus méritoire à l’âme et plus glorieuse à Jésus et à Marie que le Rosaire bien dit, il n’y en a point aussi qui soit plus difficile à bien dire et dans laquelle il soit plus difficile de persévérer, à cause particulièrement des distractions qui viennent comme naturellement dans la répétition si fréquente de la même prière.

Lorsqu’on dit l’office de la Sainte Vierge, ou les sept psaumes, ou quelques autres prières que le chapelet ou le Rosaire, le changement ou la diversité des termes dont ces prières sont conçues arrêtent l’imagination et récréent l’esprit, et par conséquent donnent facilité à l’âme pour les bien réciter. Mais dans le Rosaire, comme on y a toujours le même Pater et Ave à dire, et la même forme à garder, il est bien difficile qu’on ne s’y ennuie, qu’on ne s’y endorme et qu’on ne l’abandonne, pour prendre d’autres prières plus récréatives et moins ennuyeuses. C’est ce qui fait qu’il faut infiniment plus de dévotion pour persévérer dans la récitation du saint Rosaire que d’aucune autre prière, quand ce serait le psautier de David.

123. Ce qui augmente cette difficulté, c’est notre imagination, qui est si volage qu’elle n’est pas quasi un moment en repos, et la malice du démon si infatigable à nous distraire et à nous empêcher de prier. Que ne fait point ce malin esprit contre nous, tandis que nous sommes à dire notre Rosaire contre lui? Il augmente notre langueur et notre négligence naturelles. Avant de commencer notre prière, il augmente notre ennui, nos distractions et nos accablements; pendant que nous le prions, il nous accable de tous côtés, et il nous sifflera après que nous l’aurons dit avec beaucoup de peines et de distractions: «Tu n’a rien dit qui vaille; ton chapelet, ton Rosaire, ne vaut rien, tu ferais bien mieux de travailler et de faire tes affaires; tu perds ton temps à réciter tant de prières vocales sans attention; une demi-heure de méditation ou une bonne lecture vaudrait bien mieux. Demain, que tu seras moins endormi, tu prieras avec plus d’attention, remets le reste de ton Rosaire à demain.» Ainsi le diable, par ses artifices, fait souvent quitter le Rosaire tout à fait ou en partie, ou fait prendre le change ou le fait différer.

124. Ne le croyez pas, cher confrère du Rosaire, et prenez courage, quoique pendant tout votre Rosaire votre imagination n’ait été remplie que d’imaginations et pensées extravagantes, que vous avez tâché de chasser le mieux que vous avez pu, quand vous vous en êtes aperçu. Votre Rosaire est d’autant meilleur qu’il est plus méritoire; il est d’autant plus méritoire qu’il est difficile; il est d’autant plus difficile qu’il est naturellement moins agréable à l’âme et qu’il est plus rempli de misérables petites mouches et fourmis, qui, ne faisant que courir çà et là dans l’imagination malgré la volonté, ne donnent pas à l’âme le temps de goûter ce qu’elle dit et de se reposer dans la paix.

125. S’il faut que vous combattiez pendant tout votre Rosaire, contre les distractions qui vous viennent, combattez vaillamment les armes au poing, c’est-à-dire en continuant votre Rosaire, quoique sans aucun goût ni consolation sensible: c’est un terrible combat, mais salutaire à l’âme fidèle. Si vous mettez les armes bas, c’est-à-dire si vous quittez votre Rosaire, vous êtes vaincu, et pour lors, le diable, comme vainqueur de votre fermeté, vous laissera en paix et vous reprochera au jour du jugement votre pusillanimité et infidélité. Qui fidelis est in minimo et in majori fidelis est (Lc 16,10): «Celui qui est fidèle dans les petites choses le sera aussi dans les plus grandes.»

Celui qui est fidèle à rejeter les plus petites distractions à la moindre partie de ses prières, sera aussi fidèle dans les plus grandes choses. Rien n’est si sûr, puisque le Saint-Esprit l’a dit. Courage donc, bon serviteur et servante fidèle à Jésus-Christ et à la Sainte Vierge, qui avez pris la résolution de dire votre Rosaire tous les jours. Que la multitude des mouches (j’appelle ainsi les distractions qui vous font la guerre pendant que vous priez), ne soient pas capables de vous faire lâchement quitter la compagnie de Jésus et de Marie, dans laquelle vous êtes en disant votre Rosaire. Je mettrai ci-après des moyens de diminuer les distractions.

44ème Rose

126. Après avoir invoqué le Saint-Esprit, pour bien réciter votre Rosaire, mettez-vous un moment en la présence de Dieu et faites les offrandes des dizaines, comme vous verrez ci-après.

Avant de commencer la dizaine, arrêtez-vous un moment, plus ou moins, selon votre loisir, pour considérer le mystère que vous célébrez par la dizaine et demandez toujours, par ce mystère et l’intercession de la Sainte Vierge, une des vertus qui éclatent le plus dans ce mystère ou dont vous aurez le plus de besoin.

Prenez surtout garde aux deux fautes ordinaires que font presque tous ceux qui disent le chapelet ou le Rosaire:

La première, c’est de ne prendre aucune intention en disant leur chapelet, en sorte que, si vous leur demandez pourquoi ils disent leur chapelet, ils ne sauraient vous répondre. C’est pourquoi ayez toujours en vue, en récitant votre Rosaire, quelque grâce à demander, quelque vertu à imiter, ou quelque péché à détruire.

La seconde faute qu’on commet ordinairement en récitant le saint Rosaire, c’est de n’avoir point d’autre intention, en le commençant, que de l’avoir bientôt fini. Cela vient de ce qu’on regarde le Rosaire comme une chose onéreuse, qui pèse bien fort sur les épaules lorsqu’on ne l’a pas dit; surtout quand on s’en est fait un principe de conscience, ou quand on l’a reçu par pénitence et comme malgré soi.

127. C’est une pitié de voir comment la plupart disent leur chapelet ou leur Rosaire. Ils le disent avec une précipitation étonnante et ils mangent même une partie des paroles. On ne voudrait pas faire un compliment de cette manière ridicule au dernier des hommes, et on croit que Jésus et Marie en seront honorés!

Après cela, faut-il s’étonner si les plus saintes prières de la religion chrétienne restent quasi sans aucun fruit, et si, après mille et dix mille Rosaires récités, on n’en est pas plus saint?

Arrêtez, cher confrère du Rosaire, votre précipitation naturelle, en récitant votre Rosaire, et faites quelques pauses au milieu du Pater et de l’Ave, et une plus petite après les paroles du Pater et de l’Ave que j’ai marquées par une croix ci-après.

Notre Père qui êtes aux cieux + votre nom soit sanctifié + votre règne arrive + votre volonté soit faite + en la terre comme au ciel +.

Donnez-nous aujourd’hui + notre pain quotidien + et nous pardonnez nos offenses + comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés + et ne nous laissez point tomber dans la tentation + mais délivrez-nous du mal. Ainsi soit-il +.

Je vous salue, Marie, pleine de grâce + le Seigneur est avec vous + vous êtes bénie entre toutes les femmes + et béni est le fruit de votre ventre, Jésus +.

Sainte Marie, Mère de Dieu + priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant + et à l’heure de notre mort. Ainsi soit-il +.

Vous aurez d’abord de la peine à faire ces médiantes, par la mauvaise habitude que vous avez de prier à la hâte; mais aussi une dizaine dite ainsi posément vous sera plus méritoire que des milliers de Rosaires récités à la hâte, sans réfléchir ni s’arrêter.

128. «Le bienheureux Alain de la Roche et d’autres auteurs, entre autres Bellarmin, racontent qu’un bon prêtre conseilla à trois pénitentes qu’il avait, et qui étaient toutes trois sœurs, de réciter tous les jours dévotement le Rosaire, pendant un an, sans y manquer, pour former un bel habillement de gloire à la Sainte Vierge, et que c’était un secret qu’il avait reçu du ciel. Toutes les trois le dirent pendant un an. Le jour de la Purification, sur le soir, lorsqu’elles étaient couchées, la Sainte Vierge, accompagnée de sainte Catherine et de sainte Agnès, entra dans leur chambre, revêtue d’un habit tout brillant de lumière, sur lequel il y avait de tous côtés écrit en lettres d’or: Ave Maria gratia plena. La Reine des cieux approcha du lit de l’aînée des sœurs et lui dit: « Je vous salue, ma fille, qui m’avez si souvent et si bien saluée. Je viens vous remercier des beaux habits que vous m’avez faits. »

Les deux saintes vierges qui l’accompagnaient la remercièrent aussi et toutes trois disparurent.

Une heure après, la Sainte Vierge, avec ses deux compagnes, vint encore dans la chambre, habillée d’un habit vert, mais sans or et sans lumière, approcha du lit de la seconde sœur, la remercia de cet habit qu’elle lui avait fait, en disant son Rosaire. Mais comme cette seconde sœur avait vu la Sainte Vierge apparaître à sa sœur aînée avec beaucoup plus de brillant, elle lui en demanda la raison. « C’est, lui répondit Marie, qu’elle m’a fait de plus beaux habits, en disant mieux son Rosaire que toi. »

Environ une heure après, la Sainte Vierge apparut une troisième fois à la plus jeune des sœurs, habillée d’un haillon sale et déchiré et lui dit: « O fille, vous m’avez ainsi habillée, je vous en remercie. »

La jeune fille, couverte de confusion, s’écria: « Et quoi! ma maîtresse, je vous ai si mal habillée, je vous en demande pardon. Je vous demande du temps pour faire un plus bel habit, en récitant mieux mon Rosaire. » La vision ayant disparu et la plus jeune sœur fort affligée ayant dit à leur confesseur tout ce qui s’était passé, il les anima à dire pendant un an leur Rosaire avec plus de perfection que jamais, ce qu’elles firent. Au bout de l’année, le jour même de la Purification, la Sainte Vierge, accompagnée encore de sainte Catherine et de sainte Agnès qui portaient des couronnes, et habillée d’un habit merveilleux, leur apparut sur le soir et leur dit: « Soyez assurées, mes filles, du royaume des cieux, vous y entrerez demain avec grande allégresse. » A quoi toutes trois répondirent: « Notre cœur est préparé, notre chère Maîtresse, notre cœur est préparé. » La vision disparut. Cette même nuit il leur prit mal, elles envoyèrent chercher leur confesseur, reçurent les derniers sacrements et après avoir remercié leur confesseur de la sainte pratique qu’il leur avait enseignée. Après complies, la Sainte Vierge leur apparut encore, accompagnée d’un grand nombre de vierges, fit revêtir les trois sœurs de robes blanches, après quoi, elles marchèrent toutes trois pendant que les anges chantaient: « Venez, épouses de Jésus-Christ, recevez les couronnes qui vous sont préparées dans l’éternité »» (J. A. Coppestein, Beati F. Alani redivivi tractatus mirabilis, c. 70).

Apprenez plusieurs vérités de cette histoire: 1º combien il est important d’avoir de bons directeurs qui inspirent de saintes pratiques de piété et particulièrement le saint Rosaire; 2º combien il est important de réciter le Rosaire avec attention et dévotion; 3º combien la Sainte Vierge est bénigne et miséricordieuse envers ceux qui se repentent du passé et proposent de mieux faire; 4º combien elle est libérale à récompenser pendant la vie, à la mort et dans l’éternité, les petits services qu’on lui rend avec fidélité.

45ème Rose

129. J’ajoute qu’il faut réciter le saint Rosaire avec modestie, c’est-à-dire, autant qu’on peut, à genoux, les mains jointes, le rosaire en mains. Si cependant on est malade, on peut le dire en son lit; si on est en voyage, on peut le dire en marchant; si pour quelques infirmités on ne peut être à genoux, on peut le dire debout ou assis. On peut même le réciter en travaillant, lorsqu’on ne peut pas quitter son travail, pour satisfaire aux devoirs de sa profession, car le travail manuel n’est pas toujours contraire à la prière vocale.

J’avoue que notre âme étant limitée dans son opération, quand elle est attentive au travail des mains, elle en est moins attentive aux opérations de l’esprit, telle qu’est la prière; mais cependant, dans la nécessité, cette prière a son prix devant la Sainte Vierge, qui récompense plus la bonne volonté que l’action extérieure.

130. Je vous conseille de partager votre Rosaire en trois chapelets ou trois différents temps de la journée; il vaut mieux le partager ainsi que de le dire tout à la fois.

Si vous ne pouvez pas trouver assez de temps pour en dire le tiers de suite, dites-en une dizaine ici et une dizaine là; vous pourrez faire en sorte, malgré toutes vos occupations et affaires, que vous ayez dit votre Rosaire tout entier avant de vous mettre au lit.

Imitez en cela la fidélité de saint François de Sales. Étant un soir fort fatigué des visites qu’il avait faites pendant la journée, et étant près de minuit, il se ressouvint qu’il lui restait quelques dizaines de son Rosaire à dire, il se mit à genoux et les récita avant de se coucher, malgré tout ce que son aumônier, qui le voyait fatigué, lui pût dire pour l’engager à remettre à dire au lendemain ce qui lui restait de prières.

Imitez encore la fidélité, modestie et dévotion de ce saint religieux, dont parlent les chroniques de saint François, qui avait coutume, avant le dîner, de réciter un chapelet avec beaucoup d’attention et de modestie. J’en ai parlé ci-devant (7ème Rose).

46ème Rose

131. De toutes les manières de réciter le saint Rosaire, la plus glorieuse à Dieu, la plus salutaire à l’âme et la plus terrible au diable, c’est de le psalmodier ou réciter publiquement à deux chœurs.

Dieu aime les assemblées. Tous les anges et les bienheureux assemblés dans le ciel y chantent incessamment ses louanges. Les justes assemblés en plusieurs communautés sur la terre y prient en commun jour et nuit. Notre-Seigneur a expressément conseillé cette pratique à ses apôtres et disciples, et leur promit que toutes les fois qu’ils seraient au moins deux ou trois assemblés en son nom, il se trouverait au milieu de ceux qui sont assemblés pour prier en son nom et réciter sa même prière (Mt 18,20). Quel bonheur d’avoir Jésus-Christ en sa compagnie! Pour le posséder il ne faut que s’assembler pour dire le chapelet. C’est la raison pourquoi les premiers chrétiens s’assemblaient si souvent pour prier ensemble, malgré les persécutions des empereurs, qui leur défendaient les assemblées. Ils aimaient mieux s’exposer à la mort que de manquer à s’assembler pour avoir la compagnie de Jésus-Christ.

132. Cette manière de prier est plus salutaire à l’âme:

1º parce que l’esprit est ordinairement plus attentif dans une prière publique que dans une particulière;

2º quand on prie en commun, les prières de chaque particulier deviennent communes à toute l’assemblée et ne font toutes ensemble qu’une même prière, en sorte que, si quelque particulier ne prie pas si bien, un autre dans l’assemblée qui prie mieux supplée à son défaut. Le fort supporte le faible, le fervent embrase le tiède, le riche enrichit le pauvre, le mauvais passe parmi le bon. Comment vendre une mesure d’ivraie? Il ne faut pour cet effet que la mêler avec quatre ou cinq boisseaux de bon blé; le tout est vendu.

3º Une personne qui récite son chapelet toute seule n’a que le mérite d’un chapelet; mais si elle le dit avec trente personnes, elle a le mérite de trente chapelets. Ce sont les lois de la prière publique. Quel gain! quel avantage!

4º Urbain VIII, étant fort satisfait de la dévotion du saint Rosaire qu’on récitait à deux chœurs, en plusieurs lieux de Rome, particulièrement au couvent de la Minerve, donna cent jours d’indulgences toutes les fois qu’on le réciterait à deux chœurs: Toties quoties. Ce sont les termes de son bref qui commence: Ad perpetuam rei memoriam, an 1626. Ainsi, toutes les fois qu’on dit le chapelet en commun, on gagne cent jours d’indulgences.

5º C’est que cette prière publique est plus puissante, pour apaiser la colère de Dieu et attirer sa miséricorde, que la prière particulière, et l’Église, conduite par le Saint-Esprit, s’en est servie dans tous les temps de calamités et de misères publiques.

Le pape Grégoire XIII déclare, par sa bulle, qu’il faut pieusement croire que les prières publiques et processions des confrères du saint Rosaire avaient beaucoup contribué à obtenir de Dieu la grande victoire que les chrétiens gagnèrent au golfe de Lépante sur l’armée navale des Turcs, le 1er dimanche d’octobre en 1571.

133. «Louis le Juste, d’heureuse mémoire, assiégeant La Rochelle, où les hérétiques révoltés tenaient leurs forts, écrivit à la reine sa mère de faire faire des prières publiques pour la prospérité de ses armes. La reine résolut de faire réciter le Rosaire publiquement dans l’église des Frères prêcheurs du faubourg Saint-Honoré de Paris, ce qui fut exécuté par les soins de Monseigneur l’archevêque. On commença cette dévotion le 20 mai 1628. La reine mère et la reine régnante s’y rendirent, avec Monseigneur le duc d’Orléans, les cardinaux de la Rochefoucault et de Bérulle, plusieurs prélats, toute la cour et une foule innombrable de peuple. Monseigneur l’archevêque lisait à haute voix les méditations sur les mystères du Rosaire, il commençait ensuite le Pater et l’Ave de chaque dizaine et les religieux avec les assistants répondaient; après le chapelet, on portait l’image de la Sainte Vierge en procession, en chantant ses litanies.

On continua cette dévotion tous les samedis avec une ferveur admirable et une bénédiction du ciel évidente, car le roi triompha des Anglais à l’île de Ré et entra victorieux dans La Rochelle, le jour de la Toussaint de la même année» (Rosier mystique, 7ème dizaine, ch. 8). On voit par là quelle est la force de la prière publique.

134. Enfin le Rosaire récité en commun est bien plus terrible au démon, puisqu’on fait, par ce moyen, un corps d’armée pour l’attaquer. Il triomphe quelquefois fort facilement de la prière d’un particulier, mais si elle est unie à celle des autres, il n’en peut venir à bout que difficilement. Il est aisé de rompre une houssine toute seule; mais si vous l’unissez avec plusieurs autres et en faites un faisceau, on ne peut plus la rompre. Vis unita fit fortior. Les soldats s’assemblent en corps d’armée pour battre leurs ennemis; les méchants s’assemblent souvent pour faire leurs débauches et leurs danses; les démons même s’assemblent pour nous perdre; pourquoi donc les chrétiens ne s’assembleront-ils pas pour avoir la compagnie de Jésus-Christ, pour apaiser la colère de Dieu, pour attirer sa grâce et sa miséricorde, et pour vaincre et terrasser plus puissamment les démons?

Cher confrère du Rosaire, si vous demeurez à la ville ou à la campagne, auprès de l’église de la paroisse ou d’une chapelle, allez-y au moins tous les soirs, avec permission de monsieur le recteur de ladite paroisse, et là en compagnie de tous ceux qui voudront y venir récitez le chapelet à deux chœurs; faites la même chose dans votre maison ou celle d’un particulier du village, si vous n’avez pas la commodité de l’église ou de la chapelle.

135. C’est une sainte pratique que Dieu, par sa miséricorde, a établie dans les lieux ou j’ai fait des missions, pour en conserver et augmenter le fruit, pour empêcher le péché. On ne voyait dans ces bourgs et villages, auparavant que le chapelet y fût établi, que danses, débauches, dissolutions, immodesties, jurements, querelles, divisions; on n’y entendait que des chansons déshonnêtes, paroles à double entente. A présent on n’y entend que le chant des cantiques et la psalmodie du Pater et de l’Ave; on n’y voit que de saintes compagnies de 20, 30, 100 personnes et plus, qui chantent comme des religieux les louanges de Dieu à une heure réglée.

Il y a même des lieux où on récite le Rosaire en commun tous les jours, en trois temps de la journée. Quelle bénédiction du ciel! Comme il y a des réprouvés partout, ne doutez pas qu’il n’y ait, dans les lieux où vous demeurez, quelques méchants qui négligeront de venir au chapelet, qui s’en railleront peut-être même et feront tout ce qu’ils pourront, par leurs mauvaises paroles et leurs mauvais exemples, pour vous empêcher de continuer ce saint exercice; mais tenez bon. Comme ces malheureux doivent être à jamais séparés de Dieu et de son paradis, dans l’enfer, il faut qu’ici-bas, par avance, ils se séparent de la compagnie de Jésus-Christ et de ses serviteurs et servantes.

47ème Rose

136. Séparez-vous des méchants, peuple de Dieu, âmes prédestinées, et pour vous échapper et vous sauver du milieu de ceux qui se damnent par leur impiété, indévotion ou oisiveté, sans perdre le temps, récitez souvent le saint Rosaire avec foi, avec humilité, avec confiance et avec persévérance.

Premièrement, quiconque pensera sérieusement au commandement que Jésus-Christ nous a fait de prier toujours, à l’exemple qu’il nous a donné, aux besoins infinis que nous avons de la prière, à cause de nos ténèbres, ignorances et faiblesses et de la multitude de nos ennemis, certes, celui-là ne se contentera pas de réciter le Rosaire une fois tous les ans, comme la confrérie du Rosaire perpétuel demande, ni toutes les semaines, comme le Rosaire ordinaire prescrit, mais le récitera tous les jours, sans y manquer, comme le Rosaire quotidien marque, quoiqu’il n’en ait point d’autre obligation que celle de son salut.

Oportet: il faut, il est nécessaire semper orare, toujours prier, et non deficere (Lc 18,1), ne point cesser de prier.

137. Ce sont des paroles éternelles de Jésus-Christ, qu’il faut croire et pratiquer sous peine de damnation. Expliquez-les comme il vous plaira, pourvu que vous ne les expliquiez pas à la mode, afin de ne les pratiquer qu’à la mode. Jésus-Christ nous en a donné la vraie explication dans les exemples qu’il nous a laissés: Exemplum dedi vobis, ut quemadmodum ego feci, ita et vos faciatis (Jn 13,15). Erat pernoctans in oratione Dei (Lc 6,12). Comme si le jour ne lui eût pas suffi, il employait encore la nuit à la prière.

Il répétait souvent à ses apôtres ces deux paroles: Vigilate et orate (Mt 26,41). Veillez et priez. La chair est infirme, la tentation est proche et continuelle. Si vous ne priez toujours, vous y tomberez. Apparemment qu’ils crurent que ce que Notre-Seigneur leur disait n’était que de conseil, ils interprétèrent ces paroles à la mode, c’est pourquoi ils tombèrent dans la tentation et dans le péché, étant même dans la compagnie de Jésus-Christ.

138. Si vous voulez, cher confrère, vivre à la mode, et vous damner à la mode, c’est-à-dire de temps en temps tomber dans le péché mortel, et puis aller à confesse, éviter les péchés grossiers et criants, et conserver les honnêtes, il n’est pas nécessaire que vous fassiez tant de prières, que vous disiez tant de Rosaires; une petite prière le matin et le soir, quelques chapelets donnés en pénitences, quelques dizaines d’Ave Maria sur un chapelet à la cavalière, quand la fantaisie vous en prend, il n’en faut pas davantage pour vivre en honnête homme. Si vous en faisiez moins, vous approcheriez du libertinage; si vous en faites plus, vous approcheriez de la singularité et de la bigoterie.

139. Mais si, comme un vrai chrétien qui veut se sauver en vérité et marcher sur les traces des saints, vous voulez ne point tomber du tout en péché mortel, rompre tous les pièges et éteindre tous les traits enflammés du diable, il faut que vous priiez toujours comme a enseigné et ordonné Jésus-Christ.

Ainsi, il faut pour le moins que vous disiez votre Rosaire tous les jours ou quelques prières équivalentes.

Je dis encore pour le moins, car ce sera tout ce que vous pourrez faire avec votre Rosaire, tous les jours, que d’éviter tous les péchés mortels et de vaincre toutes les tentations, au milieu des torrents d’iniquité du monde, qui emportent souvent les plus assurés; au milieu des ténèbres épaisses qui aveuglent souvent les plus éclairés, au milieu des esprits malins qui, étant plus expérimentés que jamais, et ayant moins de temps à tenter, tentent avec plus de finesse et de succès.

Oh! quelle merveille de la grâce du saint Rosaire, si vous échappez au monde, au diable et à la chair et au péché et vous sauvez dans le ciel!

140. Si vous ne voulez pas croire ce que j’avance, croyez-en votre propre expérience. Je vous demande si, lorsque vous ne faisiez qu’un peu de prières qu’on fait dans le monde, et de la manière dont on les fait ordinairement, vous pouviez vous empêcher de faire de lourdes fautes et des péchés griefs qui ne vous paraissaient légers que par votre aveuglement. Ouvrez donc les yeux, et pour vivre et mourir en saint sans péché, du moins mortel, priez toujours; récitez tous les jours votre Rosaire, comme tous les confrères faisaient autrefois dans l’établissement de la confrérie (voir à la fin de ce livre la preuve de ce que j’avance). La Sainte Vierge le donnant à saint Dominique lui ordonna de le dire et faire dire tous les jours; aussi le saint ne recevait-il personne dans la confrérie qui ne fût dans la résolution de le dire tous les jours. Si, à présent, on ne demande dans la confrérie du Rosaire ordinaire que la récitation d’un Rosaire par semaine, c’est parce que la ferveur s’est ralentie, la charité s’est refroidie. On tire ce qu’on peut d’un mauvais prieur. Non fuit ab initio sic (Mt 19,8).

Il faut ici remarquer trois choses.

141. La première que si vous voulez vous enrôler dans la confrérie du Rosaire quotidien et participer aux prières et mérites de ceux qui y sont, il ne suffit pas d’être enrôlé dans la confrérie du Rosaire ordinaire, ou de prendre seulement la résolution de réciter son Rosaire tous les jours. Il faut de plus donner son nom à ceux qui ont le pouvoir d’enrôler. Il est bon de se confesser et communier à cette intention; la raison de ceci est que le Rosaire ordinaire ne renferme pas le quotidien, mais le Rosaire quotidien renferme le Rosaire ordinaire.

La seconde chose à remarquer est qu’il n’y a, absolument parlant, aucun péché, même véniel, à manquer de réciter le Rosaire de tous les jours, ni de toutes les semaines, ni de tous les ans.

La troisième, c’est que lorsque la maladie ou une obéissance légitime, ou la nécessité, ou l’oubli involontaire, sont cause que vous ne pouvez pas réciter votre Rosaire, vous ne laissez pas d’en avoir le mérite et vous ne perdez pas la participation aux Rosaires des autres confrères; ainsi il n’est pas absolument nécessaire que le jour suivant vous récitiez deux Rosaires, pour suppléer à un que vous avez manqué sans votre faute, comme je suppose. Si cependant la maladie ne vous permet de réciter qu’une partie de votre Rosaire, vous la devez réciter. Beati qui stant coram te semper. Beati qui habitant in domo tua, Domine, in saecula saeculorum laudabunt te (1 R 10,8; Ps 84,5). Bienheureux, Seigneur Jésus, les confrères du Rosaire quotidien qui, tous les jours, sont autour et dans votre petite maison de Nazareth, autour de votre croix sur le Calvaire, et autour de votre trône dans les cieux, pour méditer et contempler vos mystères joyeux, douloureux et glorieux. Oh! qu’ils sont heureux sur la terre par les grâces spéciales que vous leur communiquez, et qu’ils seront bienheureux dans le ciel où ils vous loueront d’une manière spéciale dans les siècles des siècles.

142. Secondement, il faut réciter le Rosaire avec foi, selon les paroles de Jésus-Christ: Credite quia accipietis et fiet vobis (Mc 11,24). Croyez que vous recevrez de Dieu ce que vous lui demandez, et il vous exaucera. Il vous dira: Sicut credidisti, fiat tibi (Mt 8,13): Qu’il vous soit fait comme vous avez cru. Si quis indiget sapientia, postulet a Deo; postulet autem in fide nihil haesitans (Jc 1,5-6): Si quelqu’un a besoin de la sagesse, qu’il la demande à Dieu, avec foi, sans hésiter, en récitant son Rosaire, et elle lui sera donnée.

143. Troisièmement, il faut prier avec humilité, comme le publicain; il était à deux genoux à terre, et non un genou en l’air ou sur un banc comme les orgueilleux mondains; il était au bas de l’église et non dans le sanctuaire comme le pharisien; il avait les yeux baissés vers la terre, n’osant regarder le ciel, et non la tête levée regardant çà et là comme le pharisien; il frappait sa poitrine, se confessant pécheur et demandant pardon: Propitius esto mihi peccatori (Lc 18,13) et non pas comme le pharisien qui se vantait de ses bonnes œuvres, qui méprisait les autres dans ses prières. Gardez-vous de l’orgueilleuse prière du pharisien qui le rendit plus endurci et plus maudit; mais imitez l’humilité du publicain dans sa prière qui lui obtient la rémission de ses péchés.

Prenez bien garde de donner dans l’extraordinaire et de demander et de désirer même des connaissances extraordinaires, des visions, des révélations et autres grâces miraculeuses que Dieu quelquefois a communiquées à quelques saints dans la récitation de leur chapelet et Rosaire. Sola fides sufficit (Pange lingua): la foi seule suffit présentement que l’Évangile et toutes les dévotions et pratiques de piété sont suffisamment établis.

N’omettez jamais la moindre partie de votre Rosaire dans vos sécheresses, dégoûts et délaissements intérieurs; ce serait une marque d’orgueil et d’infidélité; mais comme un brave champion de Jésus et Marie, sans rien voir, sentir, ni goûter, dites tout sèchement votre Pater et Ave, en regardant le mieux que vous pourrez les mystères.

Ne désirez point le bonbon et les confitures des enfants pour manger votre pain quotidien; mais pour imiter Jésus-Christ plus parfaitement dans son agonie, prolongez quelquefois votre Rosaire, lorsque vous sentirez plus de peine à le réciter: Factus in agonia prolixius orabat (Lc 22,43), afin qu’on puisse dire de vous ce qui est dit de Jésus-Christ, lorsqu’il était dans l’agonie de la prière: Il priait encore plus longtemps.

144. Quatrièmement, priez avec beaucoup de confiance, laquelle est fondée sur la bonté et libéralité infinies de Dieu et sur les promesses de Jésus-Christ. Dieu est une source d’eau vive qui coule incessamment dans le cœur de ceux qui prient. Jésus-Christ est la mamelle du Père éternel toute pleine du lait de la grâce et de la vérité. Le plus grand désir qu’ait le Père éternel à notre égard, c’est de nous communiquer les eaux salutaires de sa grâce et de sa miséricorde, et il crie: Omnes sitientes venite ad aquas (Is 55,1): Venez boire de mes eaux par la prière, et quand on ne le prie pas il se plaint de ce qu’on l’abandonne: Me dereliquerunt fontem aquae vivae (Jr 2,13). C’est faire plaisir à Jésus-Christ de lui demander ses grâces et plus grand plaisir qu’on ne ferait à une mère nourrice, dont les mamelles sont toutes pleines, en lui suçant son lait. La prière est le canal de la grâce de Dieu et le tétin des mamelles de Jésus-Christ. Si on ne les suce pas par la prière comme doivent faire tous les enfants de Dieu, il s’en plaint amoureusement: Usque modo non petistis quidquam, petite et accipietis, quaerite et invenietis, pulsate et aperietur vobis (Jn 16,24; Mt 7,7). Jusqu’à ici vous ne m’avez rien demandé. Ah! demandez-moi et je vous donnerai, cherchez chez moi et vous trouverez; frappez à ma porte et je vous l’ouvrirai. De plus, pour nous donner encore plus de confiance à le prier, il a engagé sa parole: que le Père éternel nous accorderait tout ce que nous lui demanderions en son nom.

48ème Rose

145. Mais à notre confiance joignons, en cinquième lieu, la persévérance dans la prière. Il n’y aura que celui qui persévérera à demander, à chercher et à frapper, qui recevra, qui trouvera et qui entrera. Il ne suffit pas de demander quelques grâces à Dieu pendant un mois, un an, dix ans, vingt ans; il ne faut point s’ennuyer, et non deficere, il faut la demander jusqu’à la mort et être résolu ou à obtenir ce qu’on lui demande pour son salut ou à mourir, et même il faut joindre la mort avec la persévérance dans la prière et la confiance en Dieu et dire: Etiam si occiderit me, sperabo in eum (Jb 13,15): Quand il devrait me tuer, j’espérerais en lui et de lui ce que je lui demande.

146. La libéralité des grands et riches du monde paraît à prévenir par leurs bienfaits ceux qui en ont besoin, avant même qu’ils les leur demandent; mais Dieu, tout au contraire, montre sa magnificence à faire longtemps chercher et demander les grâces qu’il veut accorder, et plus la grâce qu’il veut faire est précieuse et plus longtemps il diffère de l’accorder:

1º Afin, par là, de l’augmenter encore davantage;

2º Afin que la personne qui la recevra en ait une grande estime;

3º Afin qu’elle se donne de garde de la perdre après l’avoir reçue; car on n’estime pas beaucoup ce qu’on obtient en un moment et à peu de frais.

Persévérez donc, cher confrère du Rosaire, à demander à Dieu par le saint Rosaire tous vos besoins spirituels et corporels et particulièrement la divine Sagesse qui est un trésor infini: Thesaurus est infinitus (Sg 7,14), et vous l’obtiendrez tôt ou tard infailliblement, pourvu que vous ne le quittiez point et que vous ne perdiez point courage au milieu de votre course. Grandis enim tibi restat via (1 R 19,7).

Car vous avez encore beaucoup de chemin à faire, beaucoup de mauvais temps à essuyer, beaucoup de difficultés à surmonter, beaucoup d’ennemis à terrasser, avant que vous ayez assez amassé de trésors de l’éternité, des Pater et Ave pour acheter le paradis et gagner la belle couronne qui attend un fidèle confrère du Rosaire.

Nemo accipiat coronam tuam (Ap 3,11): Prenez garde qu’un autre, plus fidèle que vous à dire son Rosaire tous les jours, ne vous l’enlève. Coronam tuam: elle était vôtre, Dieu vous l’avait préparée, elle était vôtre, vous l’aviez déjà demi gagnée par vos Rosaires bien dits, et parce que vous vous êtes arrêté en si beau chemin où vous courriez si bien, currebatis bene (Ga 5,7). Un autre, qui vous a devancé, y est arrivé le premier; un autre plus diligent et plus fidèle a acquis et payé, par ses Rosaires et bonnes œuvres, ce qui était nécessaire pour avoir cette couronne.

Quid vos impedivit? (Ga 5,7): Qui est-ce qui vous a empêché d’avoir la couronne du saint Rosaire? Hélas! les ennemis du saint Rosaire, qui sont en si grand nombre.

147. Croyez-moi, il n’y a que les violents qui la ravissent de force: Violenti rapiunt (Mt 11,12). Ces couronnes ne sont pas pour ces timides qui craignent les railleries et les menaces du monde. Ces couronnes ne sont pas pour ces paresseux et fainéants, qui ne disent leur Rosaire qu’avec négligence, ou à la hâte, ou par manière d’acquit, ou par intervalle, selon leur fantaisie. Ces couronnes ne sont pas pour ces poltrons qui perdent cœur et mettent les armes bas, quand ils voient tout l’enfer déchaîné contre leur Rosaire.

Si vous voulez, cher confrère du Rosaire, entreprendre de rendre service à Jésus et Marie en récitant le Rosaire tous les jours, préparez votre âme à la tentation: Accedens ad servitutem Dei, praepara animam tuam ad tentationem (Si 2,1). Les hérétiques, les libertins, les honnêtes gens du monde, les demi-dévots et faux prophètes, de concert avec votre nature corrompue et tout l’enfer, vous livreront de terribles combats, pour vous faire quitter cette pratique.

148. Pour vous prémunir contre les attaques, non pas tant des hérétiques et des libertins déclarés que des honnêtes gens selon le monde, et des personnes même dévotes à qui cette pratique ne revient pas, je veux vous rapporter ici simplement une petite partie de ce qu’ils pensent et disent tous les jours.

Quid vult seminiverbius ille? Venite, opprimamus eum, contrarius est enim (Ac 17,18; Sg 2,12), etc.: Que veut dire ce grand diseur de chapelets et de Rosaires, qu’est-ce qu’il marmotte toujours? quelle fainéantise! il ne fait rien autre chose que chapeleter, il ferait bien mieux de travailler, sans s’amuser à tant de bigoteries. Vraiment oui!… Il ne faut que dire son Rosaire, et les alouettes toutes rôties tomberont du ciel; le Rosaire nous apportera bien de quoi dîner. Le bon Dieu dit: Aide-toi, je t’aiderai. Pourquoi aller s’embarrasser de tant de prières? Brevis oratio penetrat coelos; un Pater et un Ave bien dits suffisent. Le bon Dieu ne nous a point commandé le chapelet ni le Rosaire; cela est bon, c’est une bonne chose quand on a le temps, mais on n’en sera pas moins sauvé pour cela. Combien de saints qui ne l’ont jamais dit?

Il y a des gens qui jugent tout le monde à leur aune, il y a des indiscrets qui portent tout à l’extrémité, il y a des scrupuleux qui mettent du péché où il n’y en a point, ils disent que tous ceux qui ne diront pas leur Rosaire seront damnés.

Dire son chapelet, cela est bon pour les femmelettes ignorantes, qui ne savent pas lire. Dire son Rosaire? Vaut-il pas mieux dire l’Office de la Sainte Vierge ou réciter les sept psaumes? Y a-t-il rien de si beau que ces psaumes que le Saint-Esprit a dictés?

Vous entreprenez de dire votre Rosaire tous les jours; feu de paille que tout cela, cela ne durera pas longtemps; ne vaut-il pas mieux en prendre moins et y être plus fidèle? Allez, mon cher ami, croyez-moi, faites bien votre prière soir et matin et travaillez pour Dieu pendant la journée, Dieu ne vous demande pas davantage. Si vous n’aviez pas, comme vous avez, votre vie à gagner, encore passe, vous pourriez vous engager à dire votre Rosaire; vous pouvez le dire les dimanches et fêtes à votre loisir, mais non pas les jours ouvriers, il vous faut travailler.

Quoi! avoir un si grand chapelet de bonne femme! J’en ai vu d’une dizaine, il vaut autant qu’un de quinze dizaines. Quoi! porter le chapelet à la ceinture, quelle bigoterie; je vous conseille de le mettre à votre cou, comme font les Espagnols; ce sont de grands diseurs de chapelets, ils portent un grand chapelet d’une main, tandis qu’ils ont dans l’autre une dague pour donner un coup de traître. Laissez là, laissez là ces dévotions extérieures, la vraie dévotion est dans le cœur, etc.

149. Plusieurs habiles gens et grands docteurs, mais esprits forts et orgueilleux, ne vous conseilleront guère le saint Rosaire; ils vous porteront plutôt à réciter les sept psaumes pénitentiaux ou quelques autres prières que celle-là. Si quelque bon confesseur vous a donné en pénitence un Rosaire à dire pendant quinze jours ou un mois, vous n’avez qu’à aller à confesse à quelqu’un de ces messieurs, pour que votre pénitence vous soit changée en quelques autres prières, jeûnes, messes ou aumônes.

Si vous consultez même quelques personnes d’oraison, qu’il y a dans le monde, comme elles ne connaissent point par leur expérience l’excellence du Rosaire, non seulement elles ne le conseilleront pas à personne, mais elles en détourneront les autres pour les appliquer à la contemplation, comme si le Rosaire et la contemplation étaient incompatibles, comme si tant de saints qui ont été dévots au Rosaire n’avaient pas été dans la plus sublime contemplation.

Vos ennemis domestiques vous attaqueront d’autant plus cruellement que vous êtes plus uni avec eux. Je veux dire les puissances de votre âme et les sens de votre corps, les distractions de l’esprit, les ennuis de la volonté, les sécheresses du cœur, les accablements et les maladies du corps, tout cela, de concert avec les malins esprits qui s’y mêleront, vous crieront: Quitte ton Rosaire, c’est lui qui te fait mal à la tête; quitte ton Rosaire, il n’y a point d’obligation sous peine de péché; n’en dis du moins qu’une partie, tes peines sont une marque que Dieu ne veut pas que tu le dises, tu le diras demain quand tu seras mieux disposé, etc.

150. Enfin, mon cher frère, le Rosaire quotidien a tant d’ennemis que je regarde comme une des plus signalées faveurs de Dieu que la grâce d’y persévérer jusqu’à la mort.

Persévérez-y et vous aurez la couronne admirable qui est préparée dans les cieux à votre fidélité: Esto fidelis usque ad mortem et dabo tibi coronam (Ap 2,10).

49ème Rose

151. Afin qu’en récitant votre Rosaire vous gagniez les indulgences accordées aux confrères du saint Rosaire, il est à propos de faire quelques remarques sur les indulgences.

L’indulgence en général est une rémission ou relaxation des peines temporelles, dues pour les péchés actuels, par l’application des satisfactions surabondantes de Jésus-Christ, de la Sainte Vierge et de tous les saints, qui sont renfermées dans les trésors de l’Église.

L’indulgence plénière est une rémission de toutes les peines dues au péché; la non plénière, comme de 100, 1.000 ans, plus ou moins, est la rémission d’autant de peines, qu’on aurait pu expier pendant cent ou mille années, si l’on avait reçu aussi longtemps à proportion des pénitences taxées par les anciens canons de l’Église. Or ces canons ordonnaient pour un seul péché mortel sept et quelquefois dix et quinze ans de pénitence, en sorte qu’une personne qui aurait fait vingt péchés mortels devait pour le moins faire sept, vingt années de pénitence, et ainsi du reste.

152. Pour que les confrères du Rosaire en gagnent les indulgences, il faut: premièrement qu’ils soient vraiment pénitents et confessés et communiés, comme disent les bulles des indulgences; deuxièmement qu’ils n’aient affection à aucun péché véniel, parce que l’affection au péché restant, la coulpe reste, et la coulpe restant, la peine n’est point remise; troisièmement il faut qu’ils fassent les prières et autres bonnes œuvres marquées par la bulle; et si, selon l’intention des papes, on peut gagner une indulgence non plénière, par exemple de 100 ans, sans gagner la plénière, il n’est pas toujours nécessaire pour les gagner d’être confessé et communié, comme sont les indulgences attachées à la récitation du chapelet et Rosaire, aux processions, aux rosaires bénits, etc. Ne négligez pas ces indulgences.

153. «Flammin et un grand nombre d’auteurs rapportent qu’une demoiselle de bon lieu nommée Alexandre, ayant été miraculeusement convertie et enrôlée dans la confrérie du Rosaire par saint Dominique, lui apparut après sa mort et lui dit qu’elle était condamnée à être sept cents ans en purgatoire pour plusieurs péchés qu’elle avait commis et fait commettre à plusieurs par ses vanités mondaines, le priant de la soulager et faire soulager par les prières des confrères du Rosaire, ce qu’il fit. Quinze jours après, elle apparut à saint Dominique, plus brillante qu’un soleil, ayant été délivrée si promptement par les prières que les confrères du Rosaire avaient faites pour elle. Elle avertit aussi le saint qu’elle venait de la part des âmes du Purgatoire, pour l’exhorter à continuer à prêcher le Rosaire et faire en sorte que leurs parents leur fassent part de leurs Rosaires, dont elles les récompenseraient abondamment quand elles seraient avancées dans la gloire» (Cavanac, Merveilles du S. Rosaire, ch. 8).

50ème Rose

154. Afin de vous faciliter l’exercice du saint Rosaire, voici plusieurs méthodes pour le réciter saintement, avec la méditation des mystères joyeux, douloureux et glorieux de Jésus et de Marie. Vous vous arrêterez à celle qui sera le plus à votre goût: vous pourrez vous en former vous-même une autre méthode particulière, comme plusieurs saints personnages ont fait.

Benedictio candelarum /Bénédiction des cierges SS. Rosarii

Pour les confrères du saint Rosaire utilisant les cierges bénis, avec dévotion, ils obtiendront la grâce d’avoir le cœur éclairé, de connaitre leurs devoirs, de discerner les tentations qui les environnent et les moyens de les vaincre. Aussi par leur usage on obtient de nombreuses grâces temporelles.

Tout prêtre peut accomplir cette bénédiction, pourvu qu'il utilise la formule latine qui est dans le rituel romain d'avant Vatican II.

Adjutorium nostrum, etc.
Dominus vobiscum, etc.

Oremu

Domine Jesu Christe, lux vera, qui illuminas omnem hominem venientem in hunc mundum, effunde per intercessionem Virginis Mariæ matris tuæ et per quindecim ejus Rosárii mystéria bene ☩ dictiónem tuam super hos céreos, et candélas, et sanctifica eas lúmine tuæ grátiæ; et concede propitius, ut,sicut hæc luminaria igne visibili accensa nocturnas depellunt tenebras,ita corda nostra invisibili igne ac Spiritus ☩ Sancti splendore illustrata, omnium vitiorum cœcilate careant; ut puro mentis oculo cernere semper possimus, quæ tibi sunt placita, et nostræ saluti utilia; quatenus, post hujus sæculi caliginosa, discrimina, ad lucem indeficientem pervenire mereamur: Qui vivis et regnas, Deus, in sæcula sæculorum. Amen

Seigneur Jésus-Christ, vraie lumière qui illuminez tout homme venant en ce monde, par l’intercession de la Bienheureuse Vierge Marie, votre Mère, et par les quinze mystères de son Rosaire, répandez votre béné ☩ diction sur ces cierges, et sanctifiez-les de la lumière de votre grâce ; et de même que ces luminaires, allumés à un feu visible, dispersent les ténèbres, accordez favorablement que nos cœurs soient illuminés par la splendeur et le feu invisible du Saint ☩ Esprit, pour qu’ils soient préservés de l’aveuglement de tous les vices et que nous puissions toujours discerner, d’un regard pur de l’esprit, les choses qui vous sont agréables à vous et utiles pour notre salut, de telle manière que, après les épreuves obscures de ce monde, nous méritions de parvenir à la lumière qui ne s’éteindra jamais: vous qui vivez et régnez Dieu, dans tous les siècles des siècles. Amen.

Le saint Rosaire

Le saint Rosaire, ou chapelet, est une forme de prière en vogue dans l’Église catholique depuis mille ans environ. Il est composé de séquences de cinq dizaines d’Ave Maria, entrecoupées de Pater Noster, au cours desquelles ont médite des évènements particuliers de la vie de Jésus est Marie.

Traditionnellement au nombre de trois séquences, on l’appelait le Psautier de la Vierge car les 150 Ave correspondaient aux 150 Psaumes. Depuis Jean-Paul II, une quatrième séquence de cinq dizaines a été introduite.

Le mot Rosaire vient de Rosarium, qui signifie couronne de roses ou roseraie. Cela se réfère à différents écrits et au titre de Rose mystique ou Rose sans épines ou Fleur des fleurs qui est décerné, avec beaucoup d’autres à la Vierge Marie.

L’usage est d’attribuer la codification et la promotion du Rosaire à saint Dominique (1170-1221). Il l’aurait promu dans cette forme en 1208. Mais il a sans doute prolongé une tradition plus ancienne, car il était en usage déjà chez les cisterciens. Il est indéniable, en tous cas, que le Rosaire reste légitimement attaché aux dominicains.

Cette dévotion fut progressivement généralisée par les saints, notamment par le bienheureux Alain de la Roche, un dominicain (1428-1475), ainsi que par plusieurs papes.

Grignion de Montfort (1673-1716) un breton comme Alain de la Roche, en fut un promoteur ardent, délivrant ses conseils dans Le Secret Admirable du Très Saint Rosaire pour se convertir et se sauver.

Dans cet ouvrage, il demande d’avoir toujours en vue, en récitant le Rosaire, « quelques grâces à demander, quelque vertu à imiter, ou quelque péché à détruire ».

L’Église consacre au Rosaire tout le mois d’octobre en souvenir de la bataille de Lépante (1571) où la victoire sur les forces ottomanes fut attribuée à sa récitation généralisée que décréta le pape Pie V.

C’est le 7 octobre 1950, en la fête de N.D. du Rosaire et en l’année sainte, que Mère Teresa se mit au service des plus pauvres d’entre les pauvres, partageant leur vie. Elle revêt son célèbre sari blanc bordé de bleu puis fonde, la congrégation des missionnaires de la Charité.

Au Moyen-Orient, sainte Marie-Alphonsine Danil Ghattas (1843-1927) bénéficie à Bethléem, où elle avait été envoyée, d’apparitions de la Vierge Marie qui lui demande de fonder la congrégation du Saint-Rosaire « dans ces régions où j’ai connu la joie, la souffrance et la gloire ». Ce qui rappelle les trois mystères du Rosaire : joyeux, douloureux et glorieux.

La Congrégation est expressément destinée au monde arabe. Elle est la seule à avoir été fondée en Terre Sainte. Le Rosaire (en arabe, al-Wardiyya) est prié intégralement chaque jour par les religieuses dans l’ensemble des maisons fondées.

À Kibeho, la Vierge Marie enseigne un « chapelet des douleurs », méditations sur dix évènements douloureux de la « Mère du Verbe » qui complètent le Rosaire usuel.

Maria Valtorta, en tant que tertiaire des Servites de Marie, partageait la dévotion à Notre-Dame des Sept-Douleurs (Maria Addolorata).

Jean-Paul II proclama une année du rosaire au début du 3ème millénaire et publia à cette occasion sa lettre apostolique Rosarium Virginis Mariae. Il qualifie le chapelet de « prière d’une grande signification, destinée à porter des fruits de sainteté ».

Selon sœur Lucie de Fatima :

La très sainte Vierge, en ces derniers temps que nous vivons, a donné une efficacité nouvelle à la récitation du Rosaire ; de telle façon qu’il n’y a aucun problème, si difficile soit-il, temporel ou surtout spirituel, se référant à la vie personnelle de chacun de nous, de nos familles, des familles du monde ou des communautés religieuses, ou bien à la vie des peuples et des nations ; il n’y a aucun problème si difficile soit-il, que nous ne puissions résoudre par la prière du saint Rosaire. Avec le saint Rosaire nous nous sauverons, nous nous sanctifierons, nous consolerons Notre-Seigneur et obtiendrons le salut de beaucoup d’âmes.

On retrouve ce type d’enseignement dans les dictées reçues de la Vierge Marie par Maria Valtorta.

Le chapelet accompagne presque toutes les apparitions mariales du XIXe et du XXe siècle.

La Vierge Marie dit au Padre Pio dans un songe où il se voyait en danger de mort : « Ne crains rien, je suis là. Prends ton arme et sers-t’en ! ». Cette arme était bien sûr le chapelet.

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