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Jean
1 Au commencement était la Parole, et la Parole était avec Dieu, et la Parole était Dieu. 2 Elle était au commencement avec Dieu. 3 Toutes choses ont été faites par elle, et rien de ce qui a été fait n’a été fait sans elle. 4 En elle était la vie, et la vie était la lumière des hommes. 5La lumière luit dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont point reçue.

6 Il y eut un homme envoyé de Dieu: son nom était Jean. 7 Il vint pour servir de témoin, pour rendre témoignage à la lumière, afin que tous crussent par lui. 8 Il n’était pas la lumière, mais il parut pour rendre témoignage à la lumière.

9 Cette lumière était la véritable lumière, qui, en venant dans le monde, éclaire tout homme. 10 Elle était dans le monde, et le monde a été fait par elle, et le monde ne l’a point connue. 11Elle est venue chez les siens, et les siens ne l’ont point reçue. 12 Mais à tous ceux qui l’ont reçue, à ceux qui croient en son nom, elle a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu, 13 lesquels sont nés, non du sang, ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l’homme, mais de Dieu.

14 Et la parole a été faite chair, et elle a habité parmi nous, pleine de grâce et de vérité; et nous avons contemplé sa gloire, une gloire comme la gloire du Fils unique venu du Père. 15 Jean lui a rendu témoignage, et s’est écrié: C’est celui dont j’ai dit: Celui qui vient après moi m’a précédé, car il était avant moi. 16 Et nous avons tous reçu de sa plénitude, et grâce pour grâce; 17 car la loi a été donnée par Moïse, la grâce et la vérité sont venues par Jésus-Christ. 18 Personne n’a jamais vu Dieu; le Fils unique, qui est dans le sein du Père, est celui qui l’a fait connaître.

Le Secret Admirable du Très Saint Rosaire – Cinquième Dizaine

CINQUIÈME DIZAINE

LA MANIÈRE SAINTE DE RÉCITER LE ROSAIRE

41ème Rose

116. Ce n’est pas proprement la longueur, mais la ferveur de la prière, qui plaît à Dieu et qui lui gagne le cœur. Un seul Ave Maria bien dit est d’un plus grand mérite que cent cinquante mal dits. Presque tous les chrétiens catholiques récitent le Rosaire, le chapelet ou du moins quelques dizaines d’Ave. Pourquoi donc y en a-t-il si peu qui se corrigent de leurs péchés et s’avancent dans la vertu, sinon parce qu’ils ne font pas ces prières comme il faut.

117. Voyons donc la manière qu’il faut les réciter pour plaire à Dieu et devenir plus saints.

Premièrement il faut que la personne qui récite le saint Rosaire soit en état de grâce ou du moins dans la résolution de sortir de son péché, parce que toute la théologie nous enseigne que les bonnes œuvres et les prières faites en péché mortel, sont des œuvres mortes, qui ne peuvent être agréables à Dieu ni mériter la vie éternelle; c’est en ce sens qu’il est écrit: Non est speciosa laus in ore peccatoris (Si 15,9).

La louange et le salut de l’ange et l’Oraison même de Jésus-Christ n’est pas agréable à Dieu lorsqu’elle sort de la bouche d’un pécheur impénitent: Populus hic labiis me honorat, cor autem eorum longe est a me (Mc 7,6).

Ces personnes qui se mettent de mes confréries, (dit Jésus-Christ), qui récitent tous les jours le chapelet ou le Rosaire, sans aucune contrition de leurs péchés, m’honorent de leurs lèvres, mais leur cœur est bien éloigné de moi.

J’ai dit: «ou du moins dans la résolution de sortir du péché», 1º parce que s’il fallait absolument être en grâce de Dieu pour faire des prières qui lui fussent agréables, il s’ensuivrait que ceux qui sont en péché mortel ne devraient point du tout prier, quoiqu’ils en aient plus de besoin que les justes, ce qui est une erreur condamnée par l’Église, et, ainsi, il ne faudrait jamais conseiller à un pécheur de dire son chapelet ou son Rosaire parce qu’il lui serait inutile; 2º parce que, si avec la volonté de demeurer dans le péché, et sans aucune intention d’en sortir, on s’enrôlait dans une confrérie de la Sainte Vierge, ou on récitait le chaplet, le Rosaire ou quelque autre prière, on se rendrait du nombre des faux dévots de la Sainte Vierge, et dévots présomptueux et impénitents, qui, sous le manteau de la Sainte Vierge, avec le scapulaire sur leur corps ou le rosaire à la main, crient: sainte Vierge, bonne Vierge, je vous salue, Marie, et cependant crucifient et déchirent cruellement Jésus-Christ par leurs péchés et tombent malheureusement, du milieu des plus saintes confréries de la Sainte Vierge, dans le milieu des flammes de l’enfer.

118. Nous conseillons le saint Rosaire à tout le monde: aux justes pour persévérer et croître dans la grâce de Dieu, et aux pécheurs pour sortir de leurs péchés. Mais à Dieu ne plaise que nous exhortions un pécheur à faire du manteau de la protection de la Sainte Vierge, un manteau de damnation pour voiler ses crimes, et à changer le Rosaire, qui est un remède à tous maux, en un poison mortel et funeste. Corruptio optimi pessima.

«Il faut être un ange en pureté, dit le savant Hugues, cardinal, pour approcher de la Sainte Vierge et réciter la Salutation angélique. Elle fit un jour voir à un impudique, qui récitait le saint Rosaire régulièrement tous les jours, de beaux fruits dans un vaisseau souillé d’ordures; il en eut horreur, et elle lui dit: « Voilà comme tu me sers, tu me présentes de belles roses dans un vaisseau sale et corrompu. Juge si je puis les avoir agréables »» (Rosier mystique, 8ème dizaine, ch. 1).

42ème Rose

119. Il ne suffit pas, pour bien prier, d’exprimer nos demandes par la plus excellente de toutes les manières d’oraison qui est le Rosaire, mais il faut encore y apporter une grande attention, car Dieu écoute plutôt la voix du cœur que celle de la bouche. Prier Dieu avec des distractions volontaires serait une grande irrévérence, qui rendrait nos Rosaires infructueux et nous remplirait de péchés. Comment ose-t-on demander à Dieu qu’il nous écoute, si nous ne nous écoutons pas nous-mêmes, et si, pendant que nous prions cette redoutable majesté qui fait tout trembler, nous nous arrêtions volontairement à courir après un papillon? C’est éloigner de soi la bénédiction de ce grand Seigneur et la changer dans la malédiction portée contre ceux qui font l’œuvre de Dieu négligemment: Maledictus qui facit opus Dei neglegenter (Jr 48,10).

120. Vous ne pouvez pas, à la vérité, réciter votre Rosaire sans avoir quelques distractions involontaires; il est même bien difficile de dire un Ave Maria sans que votre imagination toujours remuante ne vous ôte quelque chose de votre attention; mais vous pouvez le réciter sans distractions volontaires, et vous devez prendre toutes sortes de moyens pour diminuer les involontaires et fixer votre imagination.

A cet effet, mettez-vous en la présence de Dieu, croyez que Dieu et sa sainte Mère vous regardent, que votre bon Ange à votre main droite prend vos Ave Maria comme autant de roses, s’ils sont bien dits, pour en faire une couronne à Jésus et à Marie, et qu’au contraire, le démon est à votre gauche et rôde autour de vous, pour dévorer vos Ave Maria et les marquer sur son livre de mort, s’ils ne sont pas dits avec attention, dévotion et modestie; surtout ne manquez pas de faire les offrandes des dizaines en l’honneur des mystères, et de vous représenter, dans l’imagination, Notre-Seigneur et sa sainte Mère dans le mystère que vous honorez.

121. «On lit dans la vie du bienheureux Herman, de l’ordre des Prémontrés, que, lorsqu’il disait le Rosaire avec attention et dévotion, en méditant les mystères, la Sainte Vierge lui apparaissait toute brillante de lumière, avec une beauté et majesté ravissantes. Mais ensuite, sa dévotion s’étant refroidie et ne récitant plus son Rosaire qu’à la hâte, et sans attention, elle lui apparut le visage tout ridé, triste et désagréable. Herman, étonné d’un tel changement, la Sainte Vierge lui dit: « Je parais telle devant tes yeux, que je suis à présent dans ton âme, car tu ne me traites plus que comme une personne vile et méprisable. Où est le temps que tu me saluais avec respect et attention, en méditant mes mystères et admirant mes grandeurs? »» (Rosier mystique, 8ème dizaine, ch. 2).

43ème Rose

122. Comme il n’y a point de prière plus méritoire à l’âme et plus glorieuse à Jésus et à Marie que le Rosaire bien dit, il n’y en a point aussi qui soit plus difficile à bien dire et dans laquelle il soit plus difficile de persévérer, à cause particulièrement des distractions qui viennent comme naturellement dans la répétition si fréquente de la même prière.

Lorsqu’on dit l’office de la Sainte Vierge, ou les sept psaumes, ou quelques autres prières que le chapelet ou le Rosaire, le changement ou la diversité des termes dont ces prières sont conçues arrêtent l’imagination et récréent l’esprit, et par conséquent donnent facilité à l’âme pour les bien réciter. Mais dans le Rosaire, comme on y a toujours le même Pater et Ave à dire, et la même forme à garder, il est bien difficile qu’on ne s’y ennuie, qu’on ne s’y endorme et qu’on ne l’abandonne, pour prendre d’autres prières plus récréatives et moins ennuyeuses. C’est ce qui fait qu’il faut infiniment plus de dévotion pour persévérer dans la récitation du saint Rosaire que d’aucune autre prière, quand ce serait le psautier de David.

123. Ce qui augmente cette difficulté, c’est notre imagination, qui est si volage qu’elle n’est pas quasi un moment en repos, et la malice du démon si infatigable à nous distraire et à nous empêcher de prier. Que ne fait point ce malin esprit contre nous, tandis que nous sommes à dire notre Rosaire contre lui? Il augmente notre langueur et notre négligence naturelles. Avant de commencer notre prière, il augmente notre ennui, nos distractions et nos accablements; pendant que nous le prions, il nous accable de tous côtés, et il nous sifflera après que nous l’aurons dit avec beaucoup de peines et de distractions: «Tu n’a rien dit qui vaille; ton chapelet, ton Rosaire, ne vaut rien, tu ferais bien mieux de travailler et de faire tes affaires; tu perds ton temps à réciter tant de prières vocales sans attention; une demi-heure de méditation ou une bonne lecture vaudrait bien mieux. Demain, que tu seras moins endormi, tu prieras avec plus d’attention, remets le reste de ton Rosaire à demain.» Ainsi le diable, par ses artifices, fait souvent quitter le Rosaire tout à fait ou en partie, ou fait prendre le change ou le fait différer.

124. Ne le croyez pas, cher confrère du Rosaire, et prenez courage, quoique pendant tout votre Rosaire votre imagination n’ait été remplie que d’imaginations et pensées extravagantes, que vous avez tâché de chasser le mieux que vous avez pu, quand vous vous en êtes aperçu. Votre Rosaire est d’autant meilleur qu’il est plus méritoire; il est d’autant plus méritoire qu’il est difficile; il est d’autant plus difficile qu’il est naturellement moins agréable à l’âme et qu’il est plus rempli de misérables petites mouches et fourmis, qui, ne faisant que courir çà et là dans l’imagination malgré la volonté, ne donnent pas à l’âme le temps de goûter ce qu’elle dit et de se reposer dans la paix.

125. S’il faut que vous combattiez pendant tout votre Rosaire, contre les distractions qui vous viennent, combattez vaillamment les armes au poing, c’est-à-dire en continuant votre Rosaire, quoique sans aucun goût ni consolation sensible: c’est un terrible combat, mais salutaire à l’âme fidèle. Si vous mettez les armes bas, c’est-à-dire si vous quittez votre Rosaire, vous êtes vaincu, et pour lors, le diable, comme vainqueur de votre fermeté, vous laissera en paix et vous reprochera au jour du jugement votre pusillanimité et infidélité. Qui fidelis est in minimo et in majori fidelis est (Lc 16,10): «Celui qui est fidèle dans les petites choses le sera aussi dans les plus grandes.»

Celui qui est fidèle à rejeter les plus petites distractions à la moindre partie de ses prières, sera aussi fidèle dans les plus grandes choses. Rien n’est si sûr, puisque le Saint-Esprit l’a dit. Courage donc, bon serviteur et servante fidèle à Jésus-Christ et à la Sainte Vierge, qui avez pris la résolution de dire votre Rosaire tous les jours. Que la multitude des mouches (j’appelle ainsi les distractions qui vous font la guerre pendant que vous priez), ne soient pas capables de vous faire lâchement quitter la compagnie de Jésus et de Marie, dans laquelle vous êtes en disant votre Rosaire. Je mettrai ci-après des moyens de diminuer les distractions.

44ème Rose

126. Après avoir invoqué le Saint-Esprit, pour bien réciter votre Rosaire, mettez-vous un moment en la présence de Dieu et faites les offrandes des dizaines, comme vous verrez ci-après.

Avant de commencer la dizaine, arrêtez-vous un moment, plus ou moins, selon votre loisir, pour considérer le mystère que vous célébrez par la dizaine et demandez toujours, par ce mystère et l’intercession de la Sainte Vierge, une des vertus qui éclatent le plus dans ce mystère ou dont vous aurez le plus de besoin.

Prenez surtout garde aux deux fautes ordinaires que font presque tous ceux qui disent le chapelet ou le Rosaire:

La première, c’est de ne prendre aucune intention en disant leur chapelet, en sorte que, si vous leur demandez pourquoi ils disent leur chapelet, ils ne sauraient vous répondre. C’est pourquoi ayez toujours en vue, en récitant votre Rosaire, quelque grâce à demander, quelque vertu à imiter, ou quelque péché à détruire.

La seconde faute qu’on commet ordinairement en récitant le saint Rosaire, c’est de n’avoir point d’autre intention, en le commençant, que de l’avoir bientôt fini. Cela vient de ce qu’on regarde le Rosaire comme une chose onéreuse, qui pèse bien fort sur les épaules lorsqu’on ne l’a pas dit; surtout quand on s’en est fait un principe de conscience, ou quand on l’a reçu par pénitence et comme malgré soi.

127. C’est une pitié de voir comment la plupart disent leur chapelet ou leur Rosaire. Ils le disent avec une précipitation étonnante et ils mangent même une partie des paroles. On ne voudrait pas faire un compliment de cette manière ridicule au dernier des hommes, et on croit que Jésus et Marie en seront honorés!

Après cela, faut-il s’étonner si les plus saintes prières de la religion chrétienne restent quasi sans aucun fruit, et si, après mille et dix mille Rosaires récités, on n’en est pas plus saint?

Arrêtez, cher confrère du Rosaire, votre précipitation naturelle, en récitant votre Rosaire, et faites quelques pauses au milieu du Pater et de l’Ave, et une plus petite après les paroles du Pater et de l’Ave que j’ai marquées par une croix ci-après.

Notre Père qui êtes aux cieux + votre nom soit sanctifié + votre règne arrive + votre volonté soit faite + en la terre comme au ciel +.

Donnez-nous aujourd’hui + notre pain quotidien + et nous pardonnez nos offenses + comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés + et ne nous laissez point tomber dans la tentation + mais délivrez-nous du mal. Ainsi soit-il +.

Je vous salue, Marie, pleine de grâce + le Seigneur est avec vous + vous êtes bénie entre toutes les femmes + et béni est le fruit de votre ventre, Jésus +.

Sainte Marie, Mère de Dieu + priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant + et à l’heure de notre mort. Ainsi soit-il +.

Vous aurez d’abord de la peine à faire ces médiantes, par la mauvaise habitude que vous avez de prier à la hâte; mais aussi une dizaine dite ainsi posément vous sera plus méritoire que des milliers de Rosaires récités à la hâte, sans réfléchir ni s’arrêter.

128. «Le bienheureux Alain de la Roche et d’autres auteurs, entre autres Bellarmin, racontent qu’un bon prêtre conseilla à trois pénitentes qu’il avait, et qui étaient toutes trois sœurs, de réciter tous les jours dévotement le Rosaire, pendant un an, sans y manquer, pour former un bel habillement de gloire à la Sainte Vierge, et que c’était un secret qu’il avait reçu du ciel. Toutes les trois le dirent pendant un an. Le jour de la Purification, sur le soir, lorsqu’elles étaient couchées, la Sainte Vierge, accompagnée de sainte Catherine et de sainte Agnès, entra dans leur chambre, revêtue d’un habit tout brillant de lumière, sur lequel il y avait de tous côtés écrit en lettres d’or: Ave Maria gratia plena. La Reine des cieux approcha du lit de l’aînée des sœurs et lui dit: « Je vous salue, ma fille, qui m’avez si souvent et si bien saluée. Je viens vous remercier des beaux habits que vous m’avez faits. »

Les deux saintes vierges qui l’accompagnaient la remercièrent aussi et toutes trois disparurent.

Une heure après, la Sainte Vierge, avec ses deux compagnes, vint encore dans la chambre, habillée d’un habit vert, mais sans or et sans lumière, approcha du lit de la seconde sœur, la remercia de cet habit qu’elle lui avait fait, en disant son Rosaire. Mais comme cette seconde sœur avait vu la Sainte Vierge apparaître à sa sœur aînée avec beaucoup plus de brillant, elle lui en demanda la raison. « C’est, lui répondit Marie, qu’elle m’a fait de plus beaux habits, en disant mieux son Rosaire que toi. »

Environ une heure après, la Sainte Vierge apparut une troisième fois à la plus jeune des sœurs, habillée d’un haillon sale et déchiré et lui dit: « O fille, vous m’avez ainsi habillée, je vous en remercie. »

La jeune fille, couverte de confusion, s’écria: « Et quoi! ma maîtresse, je vous ai si mal habillée, je vous en demande pardon. Je vous demande du temps pour faire un plus bel habit, en récitant mieux mon Rosaire. » La vision ayant disparu et la plus jeune sœur fort affligée ayant dit à leur confesseur tout ce qui s’était passé, il les anima à dire pendant un an leur Rosaire avec plus de perfection que jamais, ce qu’elles firent. Au bout de l’année, le jour même de la Purification, la Sainte Vierge, accompagnée encore de sainte Catherine et de sainte Agnès qui portaient des couronnes, et habillée d’un habit merveilleux, leur apparut sur le soir et leur dit: « Soyez assurées, mes filles, du royaume des cieux, vous y entrerez demain avec grande allégresse. » A quoi toutes trois répondirent: « Notre cœur est préparé, notre chère Maîtresse, notre cœur est préparé. » La vision disparut. Cette même nuit il leur prit mal, elles envoyèrent chercher leur confesseur, reçurent les derniers sacrements et après avoir remercié leur confesseur de la sainte pratique qu’il leur avait enseignée. Après complies, la Sainte Vierge leur apparut encore, accompagnée d’un grand nombre de vierges, fit revêtir les trois sœurs de robes blanches, après quoi, elles marchèrent toutes trois pendant que les anges chantaient: « Venez, épouses de Jésus-Christ, recevez les couronnes qui vous sont préparées dans l’éternité »» (J. A. Coppestein, Beati F. Alani redivivi tractatus mirabilis, c. 70).

Apprenez plusieurs vérités de cette histoire: 1º combien il est important d’avoir de bons directeurs qui inspirent de saintes pratiques de piété et particulièrement le saint Rosaire; 2º combien il est important de réciter le Rosaire avec attention et dévotion; 3º combien la Sainte Vierge est bénigne et miséricordieuse envers ceux qui se repentent du passé et proposent de mieux faire; 4º combien elle est libérale à récompenser pendant la vie, à la mort et dans l’éternité, les petits services qu’on lui rend avec fidélité.

45ème Rose

129. J’ajoute qu’il faut réciter le saint Rosaire avec modestie, c’est-à-dire, autant qu’on peut, à genoux, les mains jointes, le rosaire en mains. Si cependant on est malade, on peut le dire en son lit; si on est en voyage, on peut le dire en marchant; si pour quelques infirmités on ne peut être à genoux, on peut le dire debout ou assis. On peut même le réciter en travaillant, lorsqu’on ne peut pas quitter son travail, pour satisfaire aux devoirs de sa profession, car le travail manuel n’est pas toujours contraire à la prière vocale.

J’avoue que notre âme étant limitée dans son opération, quand elle est attentive au travail des mains, elle en est moins attentive aux opérations de l’esprit, telle qu’est la prière; mais cependant, dans la nécessité, cette prière a son prix devant la Sainte Vierge, qui récompense plus la bonne volonté que l’action extérieure.

130. Je vous conseille de partager votre Rosaire en trois chapelets ou trois différents temps de la journée; il vaut mieux le partager ainsi que de le dire tout à la fois.

Si vous ne pouvez pas trouver assez de temps pour en dire le tiers de suite, dites-en une dizaine ici et une dizaine là; vous pourrez faire en sorte, malgré toutes vos occupations et affaires, que vous ayez dit votre Rosaire tout entier avant de vous mettre au lit.

Imitez en cela la fidélité de saint François de Sales. Étant un soir fort fatigué des visites qu’il avait faites pendant la journée, et étant près de minuit, il se ressouvint qu’il lui restait quelques dizaines de son Rosaire à dire, il se mit à genoux et les récita avant de se coucher, malgré tout ce que son aumônier, qui le voyait fatigué, lui pût dire pour l’engager à remettre à dire au lendemain ce qui lui restait de prières.

Imitez encore la fidélité, modestie et dévotion de ce saint religieux, dont parlent les chroniques de saint François, qui avait coutume, avant le dîner, de réciter un chapelet avec beaucoup d’attention et de modestie. J’en ai parlé ci-devant (7ème Rose).

46ème Rose

131. De toutes les manières de réciter le saint Rosaire, la plus glorieuse à Dieu, la plus salutaire à l’âme et la plus terrible au diable, c’est de le psalmodier ou réciter publiquement à deux chœurs.

Dieu aime les assemblées. Tous les anges et les bienheureux assemblés dans le ciel y chantent incessamment ses louanges. Les justes assemblés en plusieurs communautés sur la terre y prient en commun jour et nuit. Notre-Seigneur a expressément conseillé cette pratique à ses apôtres et disciples, et leur promit que toutes les fois qu’ils seraient au moins deux ou trois assemblés en son nom, il se trouverait au milieu de ceux qui sont assemblés pour prier en son nom et réciter sa même prière (Mt 18,20). Quel bonheur d’avoir Jésus-Christ en sa compagnie! Pour le posséder il ne faut que s’assembler pour dire le chapelet. C’est la raison pourquoi les premiers chrétiens s’assemblaient si souvent pour prier ensemble, malgré les persécutions des empereurs, qui leur défendaient les assemblées. Ils aimaient mieux s’exposer à la mort que de manquer à s’assembler pour avoir la compagnie de Jésus-Christ.

132. Cette manière de prier est plus salutaire à l’âme:

1º parce que l’esprit est ordinairement plus attentif dans une prière publique que dans une particulière;

2º quand on prie en commun, les prières de chaque particulier deviennent communes à toute l’assemblée et ne font toutes ensemble qu’une même prière, en sorte que, si quelque particulier ne prie pas si bien, un autre dans l’assemblée qui prie mieux supplée à son défaut. Le fort supporte le faible, le fervent embrase le tiède, le riche enrichit le pauvre, le mauvais passe parmi le bon. Comment vendre une mesure d’ivraie? Il ne faut pour cet effet que la mêler avec quatre ou cinq boisseaux de bon blé; le tout est vendu.

3º Une personne qui récite son chapelet toute seule n’a que le mérite d’un chapelet; mais si elle le dit avec trente personnes, elle a le mérite de trente chapelets. Ce sont les lois de la prière publique. Quel gain! quel avantage!

4º Urbain VIII, étant fort satisfait de la dévotion du saint Rosaire qu’on récitait à deux chœurs, en plusieurs lieux de Rome, particulièrement au couvent de la Minerve, donna cent jours d’indulgences toutes les fois qu’on le réciterait à deux chœurs: Toties quoties. Ce sont les termes de son bref qui commence: Ad perpetuam rei memoriam, an 1626. Ainsi, toutes les fois qu’on dit le chapelet en commun, on gagne cent jours d’indulgences.

5º C’est que cette prière publique est plus puissante, pour apaiser la colère de Dieu et attirer sa miséricorde, que la prière particulière, et l’Église, conduite par le Saint-Esprit, s’en est servie dans tous les temps de calamités et de misères publiques.

Le pape Grégoire XIII déclare, par sa bulle, qu’il faut pieusement croire que les prières publiques et processions des confrères du saint Rosaire avaient beaucoup contribué à obtenir de Dieu la grande victoire que les chrétiens gagnèrent au golfe de Lépante sur l’armée navale des Turcs, le 1er dimanche d’octobre en 1571.

133. «Louis le Juste, d’heureuse mémoire, assiégeant La Rochelle, où les hérétiques révoltés tenaient leurs forts, écrivit à la reine sa mère de faire faire des prières publiques pour la prospérité de ses armes. La reine résolut de faire réciter le Rosaire publiquement dans l’église des Frères prêcheurs du faubourg Saint-Honoré de Paris, ce qui fut exécuté par les soins de Monseigneur l’archevêque. On commença cette dévotion le 20 mai 1628. La reine mère et la reine régnante s’y rendirent, avec Monseigneur le duc d’Orléans, les cardinaux de la Rochefoucault et de Bérulle, plusieurs prélats, toute la cour et une foule innombrable de peuple. Monseigneur l’archevêque lisait à haute voix les méditations sur les mystères du Rosaire, il commençait ensuite le Pater et l’Ave de chaque dizaine et les religieux avec les assistants répondaient; après le chapelet, on portait l’image de la Sainte Vierge en procession, en chantant ses litanies.

On continua cette dévotion tous les samedis avec une ferveur admirable et une bénédiction du ciel évidente, car le roi triompha des Anglais à l’île de Ré et entra victorieux dans La Rochelle, le jour de la Toussaint de la même année» (Rosier mystique, 7ème dizaine, ch. 8). On voit par là quelle est la force de la prière publique.

134. Enfin le Rosaire récité en commun est bien plus terrible au démon, puisqu’on fait, par ce moyen, un corps d’armée pour l’attaquer. Il triomphe quelquefois fort facilement de la prière d’un particulier, mais si elle est unie à celle des autres, il n’en peut venir à bout que difficilement. Il est aisé de rompre une houssine toute seule; mais si vous l’unissez avec plusieurs autres et en faites un faisceau, on ne peut plus la rompre. Vis unita fit fortior. Les soldats s’assemblent en corps d’armée pour battre leurs ennemis; les méchants s’assemblent souvent pour faire leurs débauches et leurs danses; les démons même s’assemblent pour nous perdre; pourquoi donc les chrétiens ne s’assembleront-ils pas pour avoir la compagnie de Jésus-Christ, pour apaiser la colère de Dieu, pour attirer sa grâce et sa miséricorde, et pour vaincre et terrasser plus puissamment les démons?

Cher confrère du Rosaire, si vous demeurez à la ville ou à la campagne, auprès de l’église de la paroisse ou d’une chapelle, allez-y au moins tous les soirs, avec permission de monsieur le recteur de ladite paroisse, et là en compagnie de tous ceux qui voudront y venir récitez le chapelet à deux chœurs; faites la même chose dans votre maison ou celle d’un particulier du village, si vous n’avez pas la commodité de l’église ou de la chapelle.

135. C’est une sainte pratique que Dieu, par sa miséricorde, a établie dans les lieux ou j’ai fait des missions, pour en conserver et augmenter le fruit, pour empêcher le péché. On ne voyait dans ces bourgs et villages, auparavant que le chapelet y fût établi, que danses, débauches, dissolutions, immodesties, jurements, querelles, divisions; on n’y entendait que des chansons déshonnêtes, paroles à double entente. A présent on n’y entend que le chant des cantiques et la psalmodie du Pater et de l’Ave; on n’y voit que de saintes compagnies de 20, 30, 100 personnes et plus, qui chantent comme des religieux les louanges de Dieu à une heure réglée.

Il y a même des lieux où on récite le Rosaire en commun tous les jours, en trois temps de la journée. Quelle bénédiction du ciel! Comme il y a des réprouvés partout, ne doutez pas qu’il n’y ait, dans les lieux où vous demeurez, quelques méchants qui négligeront de venir au chapelet, qui s’en railleront peut-être même et feront tout ce qu’ils pourront, par leurs mauvaises paroles et leurs mauvais exemples, pour vous empêcher de continuer ce saint exercice; mais tenez bon. Comme ces malheureux doivent être à jamais séparés de Dieu et de son paradis, dans l’enfer, il faut qu’ici-bas, par avance, ils se séparent de la compagnie de Jésus-Christ et de ses serviteurs et servantes.

47ème Rose

136. Séparez-vous des méchants, peuple de Dieu, âmes prédestinées, et pour vous échapper et vous sauver du milieu de ceux qui se damnent par leur impiété, indévotion ou oisiveté, sans perdre le temps, récitez souvent le saint Rosaire avec foi, avec humilité, avec confiance et avec persévérance.

Premièrement, quiconque pensera sérieusement au commandement que Jésus-Christ nous a fait de prier toujours, à l’exemple qu’il nous a donné, aux besoins infinis que nous avons de la prière, à cause de nos ténèbres, ignorances et faiblesses et de la multitude de nos ennemis, certes, celui-là ne se contentera pas de réciter le Rosaire une fois tous les ans, comme la confrérie du Rosaire perpétuel demande, ni toutes les semaines, comme le Rosaire ordinaire prescrit, mais le récitera tous les jours, sans y manquer, comme le Rosaire quotidien marque, quoiqu’il n’en ait point d’autre obligation que celle de son salut.

Oportet: il faut, il est nécessaire semper orare, toujours prier, et non deficere (Lc 18,1), ne point cesser de prier.

137. Ce sont des paroles éternelles de Jésus-Christ, qu’il faut croire et pratiquer sous peine de damnation. Expliquez-les comme il vous plaira, pourvu que vous ne les expliquiez pas à la mode, afin de ne les pratiquer qu’à la mode. Jésus-Christ nous en a donné la vraie explication dans les exemples qu’il nous a laissés: Exemplum dedi vobis, ut quemadmodum ego feci, ita et vos faciatis (Jn 13,15). Erat pernoctans in oratione Dei (Lc 6,12). Comme si le jour ne lui eût pas suffi, il employait encore la nuit à la prière.

Il répétait souvent à ses apôtres ces deux paroles: Vigilate et orate (Mt 26,41). Veillez et priez. La chair est infirme, la tentation est proche et continuelle. Si vous ne priez toujours, vous y tomberez. Apparemment qu’ils crurent que ce que Notre-Seigneur leur disait n’était que de conseil, ils interprétèrent ces paroles à la mode, c’est pourquoi ils tombèrent dans la tentation et dans le péché, étant même dans la compagnie de Jésus-Christ.

138. Si vous voulez, cher confrère, vivre à la mode, et vous damner à la mode, c’est-à-dire de temps en temps tomber dans le péché mortel, et puis aller à confesse, éviter les péchés grossiers et criants, et conserver les honnêtes, il n’est pas nécessaire que vous fassiez tant de prières, que vous disiez tant de Rosaires; une petite prière le matin et le soir, quelques chapelets donnés en pénitences, quelques dizaines d’Ave Maria sur un chapelet à la cavalière, quand la fantaisie vous en prend, il n’en faut pas davantage pour vivre en honnête homme. Si vous en faisiez moins, vous approcheriez du libertinage; si vous en faites plus, vous approcheriez de la singularité et de la bigoterie.

139. Mais si, comme un vrai chrétien qui veut se sauver en vérité et marcher sur les traces des saints, vous voulez ne point tomber du tout en péché mortel, rompre tous les pièges et éteindre tous les traits enflammés du diable, il faut que vous priiez toujours comme a enseigné et ordonné Jésus-Christ.

Ainsi, il faut pour le moins que vous disiez votre Rosaire tous les jours ou quelques prières équivalentes.

Je dis encore pour le moins, car ce sera tout ce que vous pourrez faire avec votre Rosaire, tous les jours, que d’éviter tous les péchés mortels et de vaincre toutes les tentations, au milieu des torrents d’iniquité du monde, qui emportent souvent les plus assurés; au milieu des ténèbres épaisses qui aveuglent souvent les plus éclairés, au milieu des esprits malins qui, étant plus expérimentés que jamais, et ayant moins de temps à tenter, tentent avec plus de finesse et de succès.

Oh! quelle merveille de la grâce du saint Rosaire, si vous échappez au monde, au diable et à la chair et au péché et vous sauvez dans le ciel!

140. Si vous ne voulez pas croire ce que j’avance, croyez-en votre propre expérience. Je vous demande si, lorsque vous ne faisiez qu’un peu de prières qu’on fait dans le monde, et de la manière dont on les fait ordinairement, vous pouviez vous empêcher de faire de lourdes fautes et des péchés griefs qui ne vous paraissaient légers que par votre aveuglement. Ouvrez donc les yeux, et pour vivre et mourir en saint sans péché, du moins mortel, priez toujours; récitez tous les jours votre Rosaire, comme tous les confrères faisaient autrefois dans l’établissement de la confrérie (voir à la fin de ce livre la preuve de ce que j’avance). La Sainte Vierge le donnant à saint Dominique lui ordonna de le dire et faire dire tous les jours; aussi le saint ne recevait-il personne dans la confrérie qui ne fût dans la résolution de le dire tous les jours. Si, à présent, on ne demande dans la confrérie du Rosaire ordinaire que la récitation d’un Rosaire par semaine, c’est parce que la ferveur s’est ralentie, la charité s’est refroidie. On tire ce qu’on peut d’un mauvais prieur. Non fuit ab initio sic (Mt 19,8).

Il faut ici remarquer trois choses.

141. La première que si vous voulez vous enrôler dans la confrérie du Rosaire quotidien et participer aux prières et mérites de ceux qui y sont, il ne suffit pas d’être enrôlé dans la confrérie du Rosaire ordinaire, ou de prendre seulement la résolution de réciter son Rosaire tous les jours. Il faut de plus donner son nom à ceux qui ont le pouvoir d’enrôler. Il est bon de se confesser et communier à cette intention; la raison de ceci est que le Rosaire ordinaire ne renferme pas le quotidien, mais le Rosaire quotidien renferme le Rosaire ordinaire.

La seconde chose à remarquer est qu’il n’y a, absolument parlant, aucun péché, même véniel, à manquer de réciter le Rosaire de tous les jours, ni de toutes les semaines, ni de tous les ans.

La troisième, c’est que lorsque la maladie ou une obéissance légitime, ou la nécessité, ou l’oubli involontaire, sont cause que vous ne pouvez pas réciter votre Rosaire, vous ne laissez pas d’en avoir le mérite et vous ne perdez pas la participation aux Rosaires des autres confrères; ainsi il n’est pas absolument nécessaire que le jour suivant vous récitiez deux Rosaires, pour suppléer à un que vous avez manqué sans votre faute, comme je suppose. Si cependant la maladie ne vous permet de réciter qu’une partie de votre Rosaire, vous la devez réciter. Beati qui stant coram te semper. Beati qui habitant in domo tua, Domine, in saecula saeculorum laudabunt te (1 R 10,8; Ps 84,5). Bienheureux, Seigneur Jésus, les confrères du Rosaire quotidien qui, tous les jours, sont autour et dans votre petite maison de Nazareth, autour de votre croix sur le Calvaire, et autour de votre trône dans les cieux, pour méditer et contempler vos mystères joyeux, douloureux et glorieux. Oh! qu’ils sont heureux sur la terre par les grâces spéciales que vous leur communiquez, et qu’ils seront bienheureux dans le ciel où ils vous loueront d’une manière spéciale dans les siècles des siècles.

142. Secondement, il faut réciter le Rosaire avec foi, selon les paroles de Jésus-Christ: Credite quia accipietis et fiet vobis (Mc 11,24). Croyez que vous recevrez de Dieu ce que vous lui demandez, et il vous exaucera. Il vous dira: Sicut credidisti, fiat tibi (Mt 8,13): Qu’il vous soit fait comme vous avez cru. Si quis indiget sapientia, postulet a Deo; postulet autem in fide nihil haesitans (Jc 1,5-6): Si quelqu’un a besoin de la sagesse, qu’il la demande à Dieu, avec foi, sans hésiter, en récitant son Rosaire, et elle lui sera donnée.

143. Troisièmement, il faut prier avec humilité, comme le publicain; il était à deux genoux à terre, et non un genou en l’air ou sur un banc comme les orgueilleux mondains; il était au bas de l’église et non dans le sanctuaire comme le pharisien; il avait les yeux baissés vers la terre, n’osant regarder le ciel, et non la tête levée regardant çà et là comme le pharisien; il frappait sa poitrine, se confessant pécheur et demandant pardon: Propitius esto mihi peccatori (Lc 18,13) et non pas comme le pharisien qui se vantait de ses bonnes œuvres, qui méprisait les autres dans ses prières. Gardez-vous de l’orgueilleuse prière du pharisien qui le rendit plus endurci et plus maudit; mais imitez l’humilité du publicain dans sa prière qui lui obtient la rémission de ses péchés.

Prenez bien garde de donner dans l’extraordinaire et de demander et de désirer même des connaissances extraordinaires, des visions, des révélations et autres grâces miraculeuses que Dieu quelquefois a communiquées à quelques saints dans la récitation de leur chapelet et Rosaire. Sola fides sufficit (Pange lingua): la foi seule suffit présentement que l’Évangile et toutes les dévotions et pratiques de piété sont suffisamment établis.

N’omettez jamais la moindre partie de votre Rosaire dans vos sécheresses, dégoûts et délaissements intérieurs; ce serait une marque d’orgueil et d’infidélité; mais comme un brave champion de Jésus et Marie, sans rien voir, sentir, ni goûter, dites tout sèchement votre Pater et Ave, en regardant le mieux que vous pourrez les mystères.

Ne désirez point le bonbon et les confitures des enfants pour manger votre pain quotidien; mais pour imiter Jésus-Christ plus parfaitement dans son agonie, prolongez quelquefois votre Rosaire, lorsque vous sentirez plus de peine à le réciter: Factus in agonia prolixius orabat (Lc 22,43), afin qu’on puisse dire de vous ce qui est dit de Jésus-Christ, lorsqu’il était dans l’agonie de la prière: Il priait encore plus longtemps.

144. Quatrièmement, priez avec beaucoup de confiance, laquelle est fondée sur la bonté et libéralité infinies de Dieu et sur les promesses de Jésus-Christ. Dieu est une source d’eau vive qui coule incessamment dans le cœur de ceux qui prient. Jésus-Christ est la mamelle du Père éternel toute pleine du lait de la grâce et de la vérité. Le plus grand désir qu’ait le Père éternel à notre égard, c’est de nous communiquer les eaux salutaires de sa grâce et de sa miséricorde, et il crie: Omnes sitientes venite ad aquas (Is 55,1): Venez boire de mes eaux par la prière, et quand on ne le prie pas il se plaint de ce qu’on l’abandonne: Me dereliquerunt fontem aquae vivae (Jr 2,13). C’est faire plaisir à Jésus-Christ de lui demander ses grâces et plus grand plaisir qu’on ne ferait à une mère nourrice, dont les mamelles sont toutes pleines, en lui suçant son lait. La prière est le canal de la grâce de Dieu et le tétin des mamelles de Jésus-Christ. Si on ne les suce pas par la prière comme doivent faire tous les enfants de Dieu, il s’en plaint amoureusement: Usque modo non petistis quidquam, petite et accipietis, quaerite et invenietis, pulsate et aperietur vobis (Jn 16,24; Mt 7,7). Jusqu’à ici vous ne m’avez rien demandé. Ah! demandez-moi et je vous donnerai, cherchez chez moi et vous trouverez; frappez à ma porte et je vous l’ouvrirai. De plus, pour nous donner encore plus de confiance à le prier, il a engagé sa parole: que le Père éternel nous accorderait tout ce que nous lui demanderions en son nom.

48ème Rose

145. Mais à notre confiance joignons, en cinquième lieu, la persévérance dans la prière. Il n’y aura que celui qui persévérera à demander, à chercher et à frapper, qui recevra, qui trouvera et qui entrera. Il ne suffit pas de demander quelques grâces à Dieu pendant un mois, un an, dix ans, vingt ans; il ne faut point s’ennuyer, et non deficere, il faut la demander jusqu’à la mort et être résolu ou à obtenir ce qu’on lui demande pour son salut ou à mourir, et même il faut joindre la mort avec la persévérance dans la prière et la confiance en Dieu et dire: Etiam si occiderit me, sperabo in eum (Jb 13,15): Quand il devrait me tuer, j’espérerais en lui et de lui ce que je lui demande.

146. La libéralité des grands et riches du monde paraît à prévenir par leurs bienfaits ceux qui en ont besoin, avant même qu’ils les leur demandent; mais Dieu, tout au contraire, montre sa magnificence à faire longtemps chercher et demander les grâces qu’il veut accorder, et plus la grâce qu’il veut faire est précieuse et plus longtemps il diffère de l’accorder:

1º Afin, par là, de l’augmenter encore davantage;

2º Afin que la personne qui la recevra en ait une grande estime;

3º Afin qu’elle se donne de garde de la perdre après l’avoir reçue; car on n’estime pas beaucoup ce qu’on obtient en un moment et à peu de frais.

Persévérez donc, cher confrère du Rosaire, à demander à Dieu par le saint Rosaire tous vos besoins spirituels et corporels et particulièrement la divine Sagesse qui est un trésor infini: Thesaurus est infinitus (Sg 7,14), et vous l’obtiendrez tôt ou tard infailliblement, pourvu que vous ne le quittiez point et que vous ne perdiez point courage au milieu de votre course. Grandis enim tibi restat via (1 R 19,7).

Car vous avez encore beaucoup de chemin à faire, beaucoup de mauvais temps à essuyer, beaucoup de difficultés à surmonter, beaucoup d’ennemis à terrasser, avant que vous ayez assez amassé de trésors de l’éternité, des Pater et Ave pour acheter le paradis et gagner la belle couronne qui attend un fidèle confrère du Rosaire.

Nemo accipiat coronam tuam (Ap 3,11): Prenez garde qu’un autre, plus fidèle que vous à dire son Rosaire tous les jours, ne vous l’enlève. Coronam tuam: elle était vôtre, Dieu vous l’avait préparée, elle était vôtre, vous l’aviez déjà demi gagnée par vos Rosaires bien dits, et parce que vous vous êtes arrêté en si beau chemin où vous courriez si bien, currebatis bene (Ga 5,7). Un autre, qui vous a devancé, y est arrivé le premier; un autre plus diligent et plus fidèle a acquis et payé, par ses Rosaires et bonnes œuvres, ce qui était nécessaire pour avoir cette couronne.

Quid vos impedivit? (Ga 5,7): Qui est-ce qui vous a empêché d’avoir la couronne du saint Rosaire? Hélas! les ennemis du saint Rosaire, qui sont en si grand nombre.

147. Croyez-moi, il n’y a que les violents qui la ravissent de force: Violenti rapiunt (Mt 11,12). Ces couronnes ne sont pas pour ces timides qui craignent les railleries et les menaces du monde. Ces couronnes ne sont pas pour ces paresseux et fainéants, qui ne disent leur Rosaire qu’avec négligence, ou à la hâte, ou par manière d’acquit, ou par intervalle, selon leur fantaisie. Ces couronnes ne sont pas pour ces poltrons qui perdent cœur et mettent les armes bas, quand ils voient tout l’enfer déchaîné contre leur Rosaire.

Si vous voulez, cher confrère du Rosaire, entreprendre de rendre service à Jésus et Marie en récitant le Rosaire tous les jours, préparez votre âme à la tentation: Accedens ad servitutem Dei, praepara animam tuam ad tentationem (Si 2,1). Les hérétiques, les libertins, les honnêtes gens du monde, les demi-dévots et faux prophètes, de concert avec votre nature corrompue et tout l’enfer, vous livreront de terribles combats, pour vous faire quitter cette pratique.

148. Pour vous prémunir contre les attaques, non pas tant des hérétiques et des libertins déclarés que des honnêtes gens selon le monde, et des personnes même dévotes à qui cette pratique ne revient pas, je veux vous rapporter ici simplement une petite partie de ce qu’ils pensent et disent tous les jours.

Quid vult seminiverbius ille? Venite, opprimamus eum, contrarius est enim (Ac 17,18; Sg 2,12), etc.: Que veut dire ce grand diseur de chapelets et de Rosaires, qu’est-ce qu’il marmotte toujours? quelle fainéantise! il ne fait rien autre chose que chapeleter, il ferait bien mieux de travailler, sans s’amuser à tant de bigoteries. Vraiment oui!… Il ne faut que dire son Rosaire, et les alouettes toutes rôties tomberont du ciel; le Rosaire nous apportera bien de quoi dîner. Le bon Dieu dit: Aide-toi, je t’aiderai. Pourquoi aller s’embarrasser de tant de prières? Brevis oratio penetrat coelos; un Pater et un Ave bien dits suffisent. Le bon Dieu ne nous a point commandé le chapelet ni le Rosaire; cela est bon, c’est une bonne chose quand on a le temps, mais on n’en sera pas moins sauvé pour cela. Combien de saints qui ne l’ont jamais dit?

Il y a des gens qui jugent tout le monde à leur aune, il y a des indiscrets qui portent tout à l’extrémité, il y a des scrupuleux qui mettent du péché où il n’y en a point, ils disent que tous ceux qui ne diront pas leur Rosaire seront damnés.

Dire son chapelet, cela est bon pour les femmelettes ignorantes, qui ne savent pas lire. Dire son Rosaire? Vaut-il pas mieux dire l’Office de la Sainte Vierge ou réciter les sept psaumes? Y a-t-il rien de si beau que ces psaumes que le Saint-Esprit a dictés?

Vous entreprenez de dire votre Rosaire tous les jours; feu de paille que tout cela, cela ne durera pas longtemps; ne vaut-il pas mieux en prendre moins et y être plus fidèle? Allez, mon cher ami, croyez-moi, faites bien votre prière soir et matin et travaillez pour Dieu pendant la journée, Dieu ne vous demande pas davantage. Si vous n’aviez pas, comme vous avez, votre vie à gagner, encore passe, vous pourriez vous engager à dire votre Rosaire; vous pouvez le dire les dimanches et fêtes à votre loisir, mais non pas les jours ouvriers, il vous faut travailler.

Quoi! avoir un si grand chapelet de bonne femme! J’en ai vu d’une dizaine, il vaut autant qu’un de quinze dizaines. Quoi! porter le chapelet à la ceinture, quelle bigoterie; je vous conseille de le mettre à votre cou, comme font les Espagnols; ce sont de grands diseurs de chapelets, ils portent un grand chapelet d’une main, tandis qu’ils ont dans l’autre une dague pour donner un coup de traître. Laissez là, laissez là ces dévotions extérieures, la vraie dévotion est dans le cœur, etc.

149. Plusieurs habiles gens et grands docteurs, mais esprits forts et orgueilleux, ne vous conseilleront guère le saint Rosaire; ils vous porteront plutôt à réciter les sept psaumes pénitentiaux ou quelques autres prières que celle-là. Si quelque bon confesseur vous a donné en pénitence un Rosaire à dire pendant quinze jours ou un mois, vous n’avez qu’à aller à confesse à quelqu’un de ces messieurs, pour que votre pénitence vous soit changée en quelques autres prières, jeûnes, messes ou aumônes.

Si vous consultez même quelques personnes d’oraison, qu’il y a dans le monde, comme elles ne connaissent point par leur expérience l’excellence du Rosaire, non seulement elles ne le conseilleront pas à personne, mais elles en détourneront les autres pour les appliquer à la contemplation, comme si le Rosaire et la contemplation étaient incompatibles, comme si tant de saints qui ont été dévots au Rosaire n’avaient pas été dans la plus sublime contemplation.

Vos ennemis domestiques vous attaqueront d’autant plus cruellement que vous êtes plus uni avec eux. Je veux dire les puissances de votre âme et les sens de votre corps, les distractions de l’esprit, les ennuis de la volonté, les sécheresses du cœur, les accablements et les maladies du corps, tout cela, de concert avec les malins esprits qui s’y mêleront, vous crieront: Quitte ton Rosaire, c’est lui qui te fait mal à la tête; quitte ton Rosaire, il n’y a point d’obligation sous peine de péché; n’en dis du moins qu’une partie, tes peines sont une marque que Dieu ne veut pas que tu le dises, tu le diras demain quand tu seras mieux disposé, etc.

150. Enfin, mon cher frère, le Rosaire quotidien a tant d’ennemis que je regarde comme une des plus signalées faveurs de Dieu que la grâce d’y persévérer jusqu’à la mort.

Persévérez-y et vous aurez la couronne admirable qui est préparée dans les cieux à votre fidélité: Esto fidelis usque ad mortem et dabo tibi coronam (Ap 2,10).

49ème Rose

151. Afin qu’en récitant votre Rosaire vous gagniez les indulgences accordées aux confrères du saint Rosaire, il est à propos de faire quelques remarques sur les indulgences.

L’indulgence en général est une rémission ou relaxation des peines temporelles, dues pour les péchés actuels, par l’application des satisfactions surabondantes de Jésus-Christ, de la Sainte Vierge et de tous les saints, qui sont renfermées dans les trésors de l’Église.

L’indulgence plénière est une rémission de toutes les peines dues au péché; la non plénière, comme de 100, 1.000 ans, plus ou moins, est la rémission d’autant de peines, qu’on aurait pu expier pendant cent ou mille années, si l’on avait reçu aussi longtemps à proportion des pénitences taxées par les anciens canons de l’Église. Or ces canons ordonnaient pour un seul péché mortel sept et quelquefois dix et quinze ans de pénitence, en sorte qu’une personne qui aurait fait vingt péchés mortels devait pour le moins faire sept, vingt années de pénitence, et ainsi du reste.

152. Pour que les confrères du Rosaire en gagnent les indulgences, il faut: premièrement qu’ils soient vraiment pénitents et confessés et communiés, comme disent les bulles des indulgences; deuxièmement qu’ils n’aient affection à aucun péché véniel, parce que l’affection au péché restant, la coulpe reste, et la coulpe restant, la peine n’est point remise; troisièmement il faut qu’ils fassent les prières et autres bonnes œuvres marquées par la bulle; et si, selon l’intention des papes, on peut gagner une indulgence non plénière, par exemple de 100 ans, sans gagner la plénière, il n’est pas toujours nécessaire pour les gagner d’être confessé et communié, comme sont les indulgences attachées à la récitation du chapelet et Rosaire, aux processions, aux rosaires bénits, etc. Ne négligez pas ces indulgences.

153. «Flammin et un grand nombre d’auteurs rapportent qu’une demoiselle de bon lieu nommée Alexandre, ayant été miraculeusement convertie et enrôlée dans la confrérie du Rosaire par saint Dominique, lui apparut après sa mort et lui dit qu’elle était condamnée à être sept cents ans en purgatoire pour plusieurs péchés qu’elle avait commis et fait commettre à plusieurs par ses vanités mondaines, le priant de la soulager et faire soulager par les prières des confrères du Rosaire, ce qu’il fit. Quinze jours après, elle apparut à saint Dominique, plus brillante qu’un soleil, ayant été délivrée si promptement par les prières que les confrères du Rosaire avaient faites pour elle. Elle avertit aussi le saint qu’elle venait de la part des âmes du Purgatoire, pour l’exhorter à continuer à prêcher le Rosaire et faire en sorte que leurs parents leur fassent part de leurs Rosaires, dont elles les récompenseraient abondamment quand elles seraient avancées dans la gloire» (Cavanac, Merveilles du S. Rosaire, ch. 8).

50ème Rose

154. Afin de vous faciliter l’exercice du saint Rosaire, voici plusieurs méthodes pour le réciter saintement, avec la méditation des mystères joyeux, douloureux et glorieux de Jésus et de Marie. Vous vous arrêterez à celle qui sera le plus à votre goût: vous pourrez vous en former vous-même une autre méthode particulière, comme plusieurs saints personnages ont fait.

La Trinité dans la bible, Jésus est-il Dieu?

La Trinité dans l’ancien testament – Deux personnes révélées dans le premier verset

Genèse 1, 1 Au commencement Dieu créa le ciel et la terre. La terre était informe et vide; les ténèbres couvraient l’abîme, et l’Esprit de Dieu se mouvait au-dessus des eaux.

Dieu étant Esprit, l’Esprit de Dieu est l’Esprit de l’Esprit (Dieu)

Genèse 1, 26  Puis Dieu dit: » Faisons l’homme à notre image, selon notre ressemblance, et qu’il domine sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, sur les animaux domestiques et sur toute la terre, et sur les reptiles qui rampent sur la terre. «

Dieu parle à au moins une autre personne quand Il dit : Faisons l’homme…

L’Esprit-Saint

Actes des Apôtres 2, 1 Comme le jour de la Pentecôte était arrivé, ils étaient tous ensemble au même (lieu). Tout à coup, il vint du ciel un bruit comme celui d’un violent coup de vent, qui remplit toute la maison où ils étaient assis. Et ils virent paraître des langues séparées, comme de feu; et il s’en posa (une) sur chacun d’eux. Et tous furent remplis d’Esprit-Saint, et ils se mirent à parler en d’autres langues, selon ce que l’Esprit leur donnait de proférer.

L’apôtre Jean reconnait Jésus comme Dieu et rapporte le témoignage de Jean-Le-Baptiste (le précurseur)

Jean 1: 1  Au commencement était le Verbe, et le Verbe était en Dieu, et le Verbe était Dieu. Il était au commencement en Dieu. Tout par lui a été fait, et sans lui n’a été fait rien de ce qui existe. En lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes, Et la lumière luit dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont point reçue. Il y eut un homme, envoyé de Dieu; son nom était Jean. Celui-ci vint en témoignage, pour rendre témoignage à la lumière, afin que tous crussent par lui: non que celui-ci fût la lumière, mais il avait à rendre témoignage à la lumière. La lumière, la vraie, celle qui éclaire tout homme, venait dans le monde. Il (le Verbe) était dans le monde, et le monde par lui a été fait, et le monde ne l’a pas connu. Il vint chez lui, et les siens ne l’ont pas reçu. Mais quant à tous ceux qui l’ont reçu, Il leur a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu, à ceux qui croient en son nom, Qui non du sang, ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l’homme, mais de Dieu sont nés. Et le Verbe s’est fait chair, et il a habité parmi nous, (et nous avons vu sa gloire, gloire comme celle qu’un fils unique tient de son Père) tout plein de grâce et de vérité.

Jésus parlant de la trinité

Mathieu 28, 16  Les onze disciples s’en allèrent en Galilée, sur la montagne que Jésus leur avait désignée. En le voyant, ils se prosternèrent; mais il y en eut qui doutèrent. Et Jésus s’approchant leur parla ainsi: » Toutes puissance m’a été donnée dans le ciel et sur la terre. Allez donc, enseignez toutes les nations, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, leur apprenant à observer tout ce que je vous ai commandé. Et moi, je suis avec vous toujours jusqu’à la fin du monde. «

Jean-Baptiste parlant de Jésus qui baptisera par l’Esprit-Saint

Matthieu 3:11 » Moi, je vous baptise dans l’eau pour le repentir; mais celui qui vient après moi est plus puissant que moi, et je ne suis pas digne de porter ses sandales; lui, il vous baptisera dans l’Esprit-Saint et le feu. Dans sa main est le van: il nettoiera son aire, il amassera son froment dans le grenier, et il brûlera la paille dans un feu qui ne s’éteint point. «

Nom de Dieu dans l’ancien testament

Exode 3,14 Moïse dit à Dieu: « Voici, j’irai vers les enfants d’Israël, et je leur dirai: Le Dieu de vos pères m’envoie vers vous. S’ils me demandent quel est son nom, que leur répondrai-je? » Et Dieu dit à Moïse: « Je suis celui qui suis » Et il ajouta: « C’est ainsi, que tu répondras aux enfants d’Israël: Celui qui est m’envoie vers vous. »

Exode 6,3  Je suis apparu à Abraham, à Isaac et à Jacob comme Dieu tout-puissant mais sous mon nom de Yahweh, je ne me suis pas fait connaître à eux.

Jésus se déclarant Dieu

Jean 8:57  Les Juifs lui dirent: « Vous n’avez pas encore cinquante ans, et vous avez vu Abraham? » Jésus leur répondit: « En vérité, en vérité, je vous le dis, avant qu’Abraham fut, je suis. » Alors ils prirent des pierres pour les lui jeter; mais Jésus se cacha, et sortit du temple.

Jean 10: 22 On célébrait à Jérusalem la fête de la Dédicace; c’était l’hiver; Et Jésus se promenait dans le temple, sous le portique de Salomon. Les Juifs l’entourèrent donc et lui dirent: « Jusques à quand tiendrez-vous notre esprit en suspens? Si vous êtes le Christ dites-le nous franchement. » Jésus leur répondit: « Je vous l’ai dit, et vous ne me croyez pas: les œuvres que je fais au nom de mon Père rendent témoignage de moi; Mais vous ne me croyez point, parce que vous n’êtes pas de mes brebis. Mes brebis entendent ma voix. Je les connais et elles me suivent. Et je leur donne une vie éternelle, et elles ne périront jamais, et nul ne les ravira de ma main. Mon Père qui me les a données, est plus grand que tous, et nul ne peut les ravir de la main de mon Père. Mon père et moi nous sommes un. » Les Juifs ramassèrent de nouveau des pierres pour le lapider. Jésus leur dit: « J’ai fait devant vous beaucoup d’œuvres bonnes qui venaient de mon Père: pour laquelle de ces œuvres me lapidez-vous? » Les Juifs lui répondirent: « Ce n’est pas pour une bonne œuvre que nous vous lapidons, mais pour un blasphème, et parce que, étant homme, vous vous faites Dieu; Jésus leur répondit: « N’est-il pas écrit dans votre Loi: J’ai dit: vous êtes des dieux? Si la Loi appelle dieux ceux à qui la parole de Dieu a été adressée, et si l’Écriture ne peut être anéantie, comment dites-vous à celui que le Père a sanctifié et envoyé dans le monde: Vous blasphémez, parce que j’ai dit: Je suis le Fils de Dieu? Si je ne fais pas les œuvres de mon Père, ne me croyez pas. Mais si je les fais, alors même que vous ne voudriez pas me croire, croyez à mes œuvres: afin que vous sachiez et reconnaissiez que le Père est en moi, et que je suis dans le Père. »

L’authenticité du saint suaire prouvée par les sciences

Saint Suaire de Turin

Saint-Suaire-Turin

C‘est à partir de 1898, date de sa photographie, que le Saint Suaire piqua la curiosité des savants. La technique et les lois scientifiques propres à cet art permirent de comprendre, pour la première fois, que le linge ne pouvait être une peinture. […]

Le Saint Suaire ne pouvait avoir été fait de main d’homme puisqu’il se comportait comme un négatif qui, une fois photographié, révélait en positif le portrait authentique d’un homme flagellé, couronné d’épines, crucifié. Cette démonstration de l’authenticité de la relique fut confirmée par la médecine comme l’attestèrent brillamment les travaux du docteur Barbet dans les années 1930.

Mais c’est en 1978 que le Saint Suaire va être passé au crible des sciences exactes et de la plus haute technologie. Une équipe de 32 chercheurs américains se constitue alors pour la réalisation d’un projet bien précis : « déterminer au moyen d’expériences non destructrices, la composition chimique et le caractère de la ou des images empreintes sur le Suaire ». Rogers, l’un des chercheurs du STURP (Shroud of Turin Research Project), exprime bien le sentiment général de ses collègues lors de leur arrivée à Turin avec plusieurs tonnes d’un matériel scientifique des plus sophistiqué : « J’étais réellement sûr à près de 150 % que nous allions entrer, passer 30 minutes à le regarder et décider que c’était un canular… sans qu’il vaille la peine de faire nos expériences… » Voici le bilan de 25 ans de recherches.

LE CONSENSUS DE LA COMMUNAUTÉ SCIENTIFIQUE

Anatomie, physiologie

Les taches de sang reproduisent exactement, chacune pour sa part, un écoulement naturellement formé à la surface d’une blessure, en parfaite conformité avec l’anatomie, la physiologie de la circulation et de la coagulation sanguine, avec la neurophysiologie et les phénomènes de conduction nerveuse. Ce qui exclue évidemment les capacités d’un faussaire du Moyen-Âge puisque les propriétés et caractéristiques de la circulation sanguine ne furent connues qu’au XVIe siècle. […]

Saint-Suaire – Taches de sang au front

Expertise médico-légale

Tissu du Saint Suaire Macrophotographie du tissu du Saint Suaire. Il est de lin, tissé en chevron.

Cette pièce de pur lin a donc enveloppé un vrai mort dont l’identité ne fait aucun doute : ce que l’on voit sur le Suaire, c’est l’image de Jésus-Christ flagellé, blessé à la tête comme par un bonnet d’épines serré sur les tempes et la nuque, transpercé aux poignets, aux cous de pieds et au flanc droit, enfin couché dans l’attitude de la sépulture.

Ce linceul nous est pourtant parvenu sans la moindre trace de décomposition, ni d’arrachement : les taches de sang n’ont pas été marquées par la séparation du linceul et du corps. […]

Physique
La définition de l’image est parfaite, et tient en échec toute tentative d’imitation artistique ou de reconstitution en laboratoire.

L’observation au microscope montre que les fibres du Linceul sont colorées individuellement et uniformément. L’intensité de l’image est fonction de la densité relative des fibres colorées, et inversement proportionnelle à la distance du corps au linge

Chimie
Les examens pratiqués directement sur le Suaire en 1978, ont permis de démontrer que l’image « n’est pas l’œuvre d’un artiste ».

L’image du corps, monochrome, n’est faite d’aucun pigment, ni d’un colorant ou d’une teinture quelconque, mais seulement d’une légère dégradation de la cellulose, due à une oxydation-déshydratation des fibrilles de surface. Il en résulte un jaunissement superficiel des fibres du tissu, apparenté à certaines roussissures d’incendie dont ce Linge porte la trace : les unes et les autres présentent les mêmes caractéristiques de réflexion spectrale et de fluorescence.

Les taches de sang sont composées d’hémoglobine et donnent un résultat positif au test de l’albumine, ainsi qu’à celui de la bilirubine. […]

Le problème fondamental de la formation de l’image, d’un point de vue scientifique, est que certaines explications, qui pourraient être retenues d’un point de vue chimique, sont exclues par la physique. Réciproquement, certaines explications physiques qui peuvent être séduisantes sont complètement exclues par la chimie. Comme le disait le professeur Gonella à frère Bruno au soir de la clôture du Congrès de Bologne en 1989 : « Cette image est techniquement inconcevable. Scientifiquement, elle ne doit pas, elle ne peut pas exister… Et pourtant le Saint Suaire existe ! » […]

Aussi ce fut pour toutes ces raisons que le STURP fut contraint de conclure à l’occasion du symposium de New London en 1981 : « Aucune méthode chimique ou physique connue ne peut rendre compte de la totalité de l’image, aucune combinaison de circonstances physiques, chimiques, biologiques ou médicales ne peut non plus expliquer adéquatement l’image […]. Ainsi la réponse à la question de savoir comment fut produite l’image et pourquoi, demeure, à l’heure actuelle [et encore aujourd’hui en 2004] comme dans le passé, un mystère. »

Sainte Face

La photographie
Le négatif photographique de l’empreinte corporelle tachée de sang fait surgir un portrait positif parfait, totalement inconnu des générations passées, et qui résiste, depuis quatre-vingt-dix ans, à toute tentative d’explication. C’est vraiment un « mystère », plutôt qu’une énigme ou qu’un simple « problème », bien que les données appartiennent au champ d’observation de la physique et de la chimie, et qu’elles soient mesurables en termes mathématiques. […]

Mathématiques
Non seulement l’image est négative, mais elle a enregistré le relief du corps. « Cette tridimensionnalité » de l’image, perçue par don Noël Noguier de Malijay dès 1898, étudiée par Gabriel Quidor au début du 20e siècle, fait depuis 1976 l’objet de rigoureux calculs mathématiques. […]

Comme Barbet l’avait pressenti, l’idée féconde à retenir des recherches de Vignon sur la genèse des empreintes était que l’intensité de la brunissure en chaque point de l’image, variait en raison inverse de la distance qui séparait de la toile chaque point du corps. C’est cette hypothèse que Jackson entreprit le premier de vérifier en utilisant la technologie que la NASA emploie dans l’étude du relief de la planète Mars.

Il fit appel à Bill Mottern, spécialiste des analyses d’images photographiques aux laboratoires Sandia. Mottern utilisa un Analyseur d’Image VP 8,appareil qui permet de rapporter les ombres d’une image brillante de sorte qu’elles occupent différents niveaux d’un relief vertical. […]

Gros plan de la Face, et silhouettes faciale et dorsale en bas, telles qu’elles apparaissent sur le terminal vidéo de l’analyseur d’images VP 8.

« Jackson lui tendit une image ordinaire en transparence du Suaire, de douze centimètres et demi sur sept centimètres et demi… Mottern l’introduisit dans sa machine et, négligemment, mit le contact.

« La seconde d’après, les deux hommes, bouche bée, contemplaient le résultat. Sur l’écran de télévision auquel était relié l’analyseur d’images, on voyait pour la première fois, de côté, l’image du Suaire, en trois dimensions, dans un relief parfait. Utilisant un mécanisme incorporé à l’appareil, Mottern fit tourner l’image pour présenter l’autre côté. L’effet était le même. Certains détails apparaissaient maintenant clairement, comme par exemple le fait que les cheveux épais et étroitement serrés étaient rassemblés sur la nuque, selon la coutume des Juifs de l’Antiquité. Une autre photographie du visage présente les mêmes effets de relief. »

Sur la silhouette faciale le genou est légèrement surélevé, dans une position qui lui est propre, à un niveau distinct de celui du visage ou de la poitrine. Les caractéristiques correspondantes se retrouvent sur la silhouette dorsale, où l’on aperçoit très distinctement la rondeur du mollet droit. « Lorsque j’ai vu cette image pour la première fois, déclare Jackson,j’ai compris ce qu’avait dû ressentir Secundo Pia en 1898 à la vue de sa première photographie. »

Le choc de la découverte était analogue en effet, à quatre-vingts ans de distance, pour ce physicien de l’ère spatiale. « La science spatiale déchiffre sur le Suaire », selon le titre de sa communication au Congrès de Turin, une caractéristique unique au monde, qui lui est tout à fait propre : la tridimensionnalité. Cette propriété est la loi même de l’image inscrite sur ce tissu puisqu’il ne se produit aucune déformation quand elle est transformée par les calculs de l’ordinateur. Au contraire cette transformation permet de manifester le modelé d’un corps humain dans ses proportions naturelles harmonieuses, de découvrir de nombreux détails nouveaux sur ce corps meurtri, et même de perfectionner l’image, de parachever son esthétique en isolant des accidents du textile et en révélant ainsi davantage « l’extraordinaire beauté du Crucifié ». […]

Par contre, si l’on introduit dans le VP 8 une photographie ordinaire « directionnelle », souligna à son tour Jumper clichés à l’appui, pour la transformer en image douée de relief vertical, on y constate des déformations évidentes : ce qui n’était qu’une ombre portée devient appendice proéminent… Une fois de plus « l’hypothèse selon laquelle l’image du suaire serait la création d’un artiste est exclue » par le caractère « non directionnel » de l’image. […]

Jumper et Jackson remarquèrent aussi un détail d’un intérêt prodigieux : un agrandissement en relief de la Face fait apparaître sur les paupières deux disques ressemblant à des monnaies. Ces monnaies devaient avoir pour rôle de maintenir les paupières fermées, selon une coutume hébraïque. Ils espérèrent parvenir un jour à identifier ces monnaies. […]

Le Père Francis, Filas, s.j., mathématicien, physicien et théologien, rappelé à Dieu en 1985.

Datation
C’est au Père Filas, le savant Jésuite de l’université Loyola de Chicago et membre du STURP, que reviendra le mérite de confirmer l’observation de Jumper par une stupéfiante et décisive découverte en août 1979.

Un agrandissement de l’empreinte, sur la paupière droite (fig. ci-bas), a permis au Père Filas de reconnaître l’empreinte d’une pièce de monnaie frappée sous Ponce Pilate : même dimension, même découpe, même effigie (la houlette d’astrologue), même exergue reconnaissable à quatre lettres bien lisibles, qu’une certaine piécette dûment cataloguée pour les années 16, 17 et 18, de Tibère César, soit 29, 30 et 31 de notre ère.

Découverte du Père Filas sur le Saint Suaire
Analyse tridimensionnelle du Saint Suaire
Les lettres Y CAI sont bien visibles, en haut à gauche, ainsi que la houlette et même le contour de la pièce.

Confirmée par l’analyse tridimensionnelle, la découverte s’est trouvée définitivement corroborée par sa fécondité même, en conduisant la science numismatique à un progrès inattendu. Quatre lettres grecques, Y CAI, suffisent en effet à reconstituer l’exergue TIBEPIO [Y KAI] CAPOC, « de Tibère César », à une anomalie près : un C latin remplace, sur le Saint Suaire, le K grec initial de KAICAPOC figurant sur toutes les monnaies de collection connues jusqu’en 1980.
Pièce de Ponce Pilate avec la houlette surmontée des lettres « CAICAPOC ».

Pièce de Ponce Pilate avec la houlette surmontée des lettres « CAICAPOC », avec ‘C’ latin au lieu de ‘K’ grec.

Or, les recherches du Père Filas l’ont conduit à découvrir coup sur coup, en 1981, deux pièces de collection frappées, sous Ponce Pilate, de la lettre C au lieu de la lettre K en initiale de KAICAPOC (figure à droite). Dès lors, à ceux qui l’accusaient d’être le jouet de son imagination et de prendre ses désirs pour la réalité, le Père Filas répondait que n’étant pas du tout numismate, il désirait si peu voir une pièce de Pilate qu’« avant de tomber accidentellement sur celle-ci, m’écrivait-il, je n’aurais pas distingué une pièce de Pilate d’un trou dans le mur ». Il dut donc consulter les spécialistes de la numismatique et c’est alors que sa découverte s’avéra si peu être l’œuvre de son imagination qu’elle procura un progrès positif à la numismatique elle-même en révélant que l’anomalie 1° constatée sur le Saint Suaire, 2° déjà reconnue comme d’usage courant en épigraphie, mais inconnue jusqu’alors en numismatique, 3° existait identiquement sur d’autres pièces de collection frappées sous Ponce Pilate où nul n’y avait jusqu’alors prêté attention.

À deux ans près, voilà le document daté, comme par une volonté expresse de Celui qui fut l’Artisan de cette Image imprimée sur tissu. La piécette le proclame : c’est « sous Ponce Pilate » que cet Homme a souffert. Cette ” estampille ” scelle d’une manière éclatante, du sceau même de Ponce Pilate, l’authenticité du Suaire et l’identité de l’Homme dont il a enveloppé le Corps précieux.

Conclusion scientifique

Parmi les membres du STURP, seuls Kenneth Stevenson, Habermas et le médecin légiste Robert Bucklin ont osé braver le tabou et conclure à cette identité après avoir fait la synthèse des travaux entrepris sur le Suaire : « L’image est l’empreinte d’un homme connu –Jésus de Nazareth –à un moment donné de l’histoire. L’image est peut-être une brûlure légère. Comment s’est-elle produite, nous ne le saurons peut-être jamais en termes scientifiques, parce que cela implique une action divine qui dépasse les lois de la nature. » […]

Quoique « cela semble le plus logique », le STURP refuse encore, à ce jour, d’envisager sérieusement « la possibilité » de cette « possible conclusion », sousprétexte que « la science n’est pas outillée pour traiter de telles questions » et que le « mécanisme aboutissant à une brûlure n’est pas techniquement croyable ». « Voilà qui n’est pas de bonne science », s’exclame Stevenson. En effet, « l’étude archéologique indique que l’homme était un Juif, crucifié par les Romains et enseveli selon les coutumes funéraires juives », avec cependant des particularités qui coïncident exactement avec les procédés exceptionnels qui ont marqué la crucifixion et la mise au tombeau de Jésus tels qu’ils nous ont été racontés par les quatre Évangiles : « Le cas de Jésus fut irrégulier. Il a été flagellé, couronné d’épines, cloué à sa Croix, percé au flanc (au lieu d’avoir les jambes brisées), enseveli avec honneur mais incomplètement, et son corps a quitté le linceul avant de se décomposer. »

« Le Nouveau Testament affirme que le corps de Jésus n’a pas été soumis à la corruption mais qu’il est ressuscité d’entre les morts. »

« Il n’y a aucune trace de décomposition sur le Suaire. De plus, les taches de sang sont anatomiquement parfaites et n’ont pas été marquées par la séparation du linceul et du corps. Ce parallèle est particulièrement intéressant parce que nous possédons de nombreux suaires funéraires anciens qui montrent des taches de corruption. »

De plus, Stevenson souligne que Jésus et l’Homme du Suaire ont tous deux été exécutés comme des criminels, et cependant enterrés avec honneur « dans du pur lin et individuellement ». […]

Stevenson calcule alors la probabilité « que deux hommes aient été crucifiés et ensevelis de cette manière ». En adoptant « volontairement une approche sceptique »,il parvient au chiffre de « 1 chance sur 82 944 000 que l’homme enseveli dans le Suaire ne soit pas Jésus ». Retenons la conclusion du statisticien professionnel : « Il n’existe aucune probabilité pratique que quelqu’un d’autre que Jésus-Christ fut enseveli dans le Suaire de Turin. » […]

Confrontée à l’ensemble de ces données convergentes, la datation médiévale du tissu par le radiocarbone est une aberration qu’il faut imputer non aux machines mais aux mauvaises gens qui s’en servirent. Elle tient donc davantage de l’enquête policière que de la rigueur scientifique comme vous pourrez le constater dans la rubrique suivante.

Source

La découverte de la photo de Jésus

Négatif photographique de la Sainte Face empreinte sur le Saint Suaire. On a dit que c’était une œuvre de Léonard de Vinci, ou d’un de ses disciples.

Admettons. Mais alors, il faudrait que le génie humain ait conçu ce chef-d’œuvre en “ positif ”, tel que nous le voyons là, chose à la rigueur concevable, puis l’ait exécuté en “ négatif ”. Voilà l’impossible !

Lorsque le Saint Suaire fut montré en public en 1898, à l’occasion d’une exposition d’Art sacré, il n’avait rien pour attirer l’attention  : «  sans beauté ni éclat  », comme le Serviteur souffrant annoncé jadis par le prophète (Is 53), son aspect si déroutant avait de quoi rebuter les connaisseurs d’art. Mais non pas les dévots.

On l’oublie trop  : cette dévotion est première, et si la science intervient, c’est par surcroît, comme une récompense et une aide dans le combat que la foi catholique doit soutenir contre l’impiété des incrédules.

C’est pourquoi il fut donné à un salésien précisément, don Noël Noguier de Malijay, de concevoir l’intuition géniale qui mit en branle la plus féconde recherche scientifique du vingtième siècle, appliquée avec toutes les ressources des méthodes éprouvées à un si singulier et si fascinant Objet. Il nous entraîne dans cette découverte  : «  Observant que les reliefs du Corps étaient marqués en teinte sombre, alors que les parties creuses ou fuyantes étaient en teinte claire, je ne tardai pas à assimiler l’image du Suaire à une espèce de cliché photographique négatif  », écrit le Père salésien, alors professeur de physique et de chimie au lycée international de Valsalice.

«  Prévoyant pouvoir obtenir directement sur la plaque photographique une image positive du Christ  », il s’employa aussitôt à demander l’autorisation de photographier la Relique. Secundo Pia, photographe officiel de l’Exposition, ne fut que l’exécutant, désigné par le Roi, de l’idée de don Noguier. Dans la nuit du 28 au 29 mai 1898, le négatif photographique révélait pour la première fois la parfaite image positive d’un homme réel, magnifique, grand et bien proportionné, d’une beauté athlétique et d’une admirable prestance que souligne un majestueux port de tête, parfaitement dégagé des épaules malheureusement rendues invisibles par suite de l’incendie de Chambéry. Découverte absolument inouïe et totalement imprévisible. Et encore incomprise, cent ans après.

Extrait de la CRC n° 367, mai 2000, p. 26-27

Source

Quelles-sont les preuves historiques de l’existence de Jésus ?

Introduction

Au XIXe siècle, un certain nombre de savants, issus de l’école «hypercritique», ont remis en cause l’historicité de l’existence de Jésus. C’est ce qu’on a appelé la « thèse mythiste ». Si aujourd’hui plus aucun universitaire sérieux n’adhère à cette théorie, elle continue néanmoins à être diffusée sur certains sites internet.

Cet article présentera les preuves de l’existence de Jésus, en évoquant différente preuves historiques primaires et secondaires.

Les sources chrétiennes

En dépit de leur caractère confessionnel, les sources chrétiennes demeurent des sources historiques de premier plan pour connaître la vie de Jésus. Leur principal atout est leur grande variété. En effet, même si aujourd’hui la plupart de ces écrits sont regroupés dans le Nouveau Testament, il ne faut pas oublier qu’ils constituent, à l’origine, des sources indépendantes et distinctes (1).

Nous disposons donc de quatre récits de la vie de Jésus (les « évangiles »), deux écrits par des témoins primaires (Matthieu et Jean), deux par des témoins secondaires (Marc et Luc), d’un récit complémentaire qui nous raconte les premières années de la communauté chrétienne (les Actes des apôtres), ainsi que de plusieurs lettres de disciples ou de personnes proches de Jésus. Or, en dépit de cette grande diversité, tous ces témoignages s’accordent sur l’existence de la personne de Jésus de Nazareth et sur sa crucifixion.

De plus ces informations sont aussi recoupées par plusieurs sources externes, qui sera divisé en deux parties : les sources romaines et les sources juives.

Les sources romaines

Du côté romain, l’existence des chrétiens est attestée dès l’époque de Néron, soit seulement quelques décennies après la mort de Jésus. Suite à l’incendie de Rome, la population soupçonne l’empereur d’avoir lui-même mis le feu à la ville. Ce dernier, pour se disculper, doit donc trouver des bouc-émissaires sur qui rejeter la faute et choisit pour cela les chrétiens. Deux textes nous rapportent cet évènement. Le premier texte, de Suétone est assez concis :

On livre au supplice les chrétiens, sorte de gens adonnés à une superstition nouvelle et dangereuse. (2)

Il révèle cependant que les Romains distinguaient déjà les chrétiens des autres Judéens et qu’ils étaient conscients de la nouveauté du christianisme. Mais c’est surtout un autre historien, Tacite, qui, à l’occasion du même événement, nous livre une description beaucoup plus détaillée :

Mais aucun moyen humain, ni les largesses du prince, ni les cérémonies pour apaiser les dieux ne faisaient céder l’opinion infamante d’après laquelle l’incendie avait été ordonné [par Néron]. En conséquence, pour étouffer la rumeur, Néron produisit comme inculpés et livra aux tourments les plus raffinés des gens, détestés pour leurs turpitudes, que la foule appelait « chrétiens ». Ce nom leur vient de Christ, que, sous le principat de Tibère, le procurateur Ponce Pilate avait livré au supplice ; réprimée sur le moment cette exécrable superstition faisait de nouveau irruption, non seulement en Judée, berceau du mal, mais encore à Rome, où tout ce qu’il y a d’affreux ou de honteux dans le monde converge et se répand. On commença donc par poursuivre ceux qui avouaient, puis, sur leur dénonciation, une multitude immense, et ils furent reconnus coupables, moins du crime d’incendie qu’en raison de leur haine pour le genre humain. A leur exécution on ajouta des dérisions, en les couvrant de peaux de bêtes pour qu’ils périssent sous la morsure des chiens, ou en les attachant à des croix, pour que, après la chute du jour, utilisés comme des torches nocturnes, ils fussent consumés. Néron avait offert ses jardins pour ce spectacle, et il donnait des jeux de cirque, se mêlant à la plèbe en tenue d’aurige, ou debout sur un char. Aussi, bien que ces hommes fussent coupables et eussent mérité les dernières rigueurs, soulevaient-ils la compassion, à la pensée que ce n’était pas dans l’intérêt, mais à la cruauté d’un seul qu’ils étaient sacrifiés. (3)

Nous voyons donc que la mort de Jésus sous Ponce Pilate était clairement connue. Par ailleurs, déjà à l’époque de Néron les chrétiens étaient assez nombreux à Rome, même si, par effet rhétorique, l’historien exagère probablement leur importance.

Les Sources juives

Du côté des Judéens, nous disposons de deux sources différentes : Flavius Josèphe (4) et les textes rabbiniques. Le premier texte de Flavius Josèphe concerne l’exécution de Jacques :

Anan convoqua une assemblée de juges et fit amener le nommé Jacques, frère de Jésus dit le Christ, et quelques autres, les accusa d’avoir transgressé la Loi et les livra à la lapidation. (5)

Ce passage confirme bien l’existence de Jacques et de Jésus, et nous voyons que les revendications messianiques de Jésus étaient connues de Flavius Josèphe, mais bien sûr pas « reconnues », puisque l’expression «dit le Christ » exprime une certaine prise de distance, et les revendications messianiques étaient assez nombreuses à cette époque.

Enfin, pour terminer ce panorama, il faut aussi évoquer les sources rabbiniques, et notamment le Talmud, qui mentionnent Jésus. Pour résumer simplement les choses, nous pouvons dire que, dans le Talmud, les rabbins reconnaissent l’existence de Jésus, sa naissance particulière, qu’ils attribuent cependant à la prostitution de Marie, sa descente en Egypte, ses miracles et sa crucifixion à la veille de Pâque.

Le principal problème du Talmud réside dans la difficulté pour l’historien de dater les documents qui le composent. Sa rédaction finale date des IVe-Ve siècles, mais les matériaux les plus anciens sont bien antérieurs. Concernant Jésus lui-même, les traditions les plus anciennes datent probablement du IIe siècle.

Témoignage externe

La « filière asiate »

Le témoignage explicite le plus ancien est celui de Papias de Hiérapolis. Papias était le responsable de l’Eglise de Hiérapolis (près de l’actuelle ville de Denizli, en Turquie) au début du deuxième siècle, dans les années 110-130. Il a donc lui-même été enseigné par des gens qui ont directement connu les apôtres. Il nous apprend que Matthieu avait écrit son évangile en « langue hébraïque », ce qui peut être de l’hébreu ou de l’araméen, et que Marc était le traducteur de Pierre. L’évangile de Marc est donc la mise par écrit en grec du témoignage de Pierre, qui lui parlait araméen.

Ces informations sont complétées quelques années plus tard par un autre asiate, Irénée de Lyon dans son ouvrage Contre les hérésies (III, 1, 1) qui nous parle cette fois des quatre évangiles :

« Ainsi Matthieu publia-t-il chez les Hébreux, dans leur propre langue, une forme écrite d’Evangile, à l’époque où Pierre et Paul évangélisaient Rome et y fondaient l’Eglise. Après la mort de ces derniers, Marc le disciple et l’interprète de Pierre, nous transmit lui aussi par écrit ce que prêchait Pierre. De son côté, Luc, le compagnon de Paul consigna en un livre l’Evangile que prêchait celui-ci. Puis Jean, le disciple du Seigneur, celui-là même qui avait reposé sur sa poitrine, publia lui aussi l’Evangile, tandis qu’il séjournait à Ephèse en Asie. »

Irénée était le responsable de l’Eglise de Lyon à la fin du deuxième siècle, mais il était aussi originaire d’Asie Mineure et plus précisément de Smyrne, une ville, dont le responsable de l’Eglise, Polycarpe était un disciple de Jean. Cette communauté est d’ailleurs une des sept Eglises mentionnées dans l’Apocalypse (1 : 11). Cette grande proximité chronologique et cette transmission directe garantissent la fiabilité des informations.

Les autres filières

Pour la fin du deuxième siècle, nous disposons aussi du témoignage d’autres auteurs (Clément d’Alexandrie ou Tertullien par exemple), venant de diverses régions (Syrie, Rome, Egypte, Afrique du Nord).

Nous ne connaissons pas avec autant de précision la chaîne de transmission de ces auteurs, néanmoins nous pouvons constater que tous, malgré des origines géographiques très diverses, sont en accord sur les quatre évangiles retenus et leur origine. Ces informations sont d’ailleurs indépendantes les unes des autres, puis que si elles se rejoignent sur les points essentiels, elles diffèrent sur les détails. Ainsi, certains auteurs situent la mise par écrit de l’Evangile par Marc peu avant la mort de Pierre (ce qui aurait permis à ce dernier de la « contrôler »), tandis que d’autres estiment qu’il l’a au contraire fait peu après (pour justement « compenser » la mort de l’apôtre).

De plus, nous disposons de plusieurs témoignages (la lettre dite de Clément de Rome, Justin Martyr) qui montrent que dès le premier siècle, les chrétiens avaient pris l’habitude de lire les évangiles, qu’ils appelaient les « mémoires des apôtres», et les lettres de Paul lors de leurs réunions.

Le témoignage des apôtres

Concentrons nous sur le cœur de la prédication de l’Eglise primitive (Actes 2) :

« Hommes Israélites, écoutez ces paroles! (Ndr : C’est Pierre qui parle) Jésus de Nazareth, cet homme à qui Dieu a rendu témoignage devant vous par les miracles, les prodiges et les signes qu’il a opérés par lui au milieu de vous, comme vous le savez vous-mêmes; cet homme, livré selon le dessein arrêté et selon la prescience de Dieu, vous l’avez crucifié, vous l’avez fait mourir par la main des impies. Dieu l’a ressuscité, en le délivrant des liens de la mort, parce qu’il n’était pas possible qu’il fût retenu par elle. (…) Que toute la maison d’Israël sache donc avec certitude que Dieu a fait Seigneur et Christ ce Jésus que vous avez crucifié. »

Pierre, et avec lui les autres disciples, affirment deux choses : Jésus, qui a été crucifié, est le Messie. Or cette double affirmation est tout simplement invraisemblable pour les Judéens de l’époque.

Il est intéressant de constater qu’aujourd’hui encore, en dehors du christianisme, lorsqu’une de ces deux affirmations est acceptée, l’autre est refusée. Ainsi, les juifs reconnaissent que Jésus a été crucifié, mais ils refusent de le considérer comme « Messie », tandis que les musulmans reconnaissent bien Jésus comme Messie, mais ils refusent sa crucifixion.

Ce constat peut sembler étrange aux chrétiens et, plus largement, aux personnes de culture chrétienne. En effet, même inconsciemment, deux millénaires de christianisme nous ont habitués à ce paradoxe et nous oublions souvent le scandale de cette affirmation. Mais un examen attentif des textes du Nouveau Testament nous révèle bien cette tension :

« Car puisque le monde, avec sa sagesse, n’a point connu Dieu dans la sagesse de Dieu, il a plu à Dieu de sauver les croyants par la folie de la prédication. Les Juifs demandent des miracles et les Grecs cherchent la sagesse: nous, nous prêchons Christ crucifié; scandale pour les Juifs et folie pour les païens, mais puissance de Dieu et sagesse de Dieu pour ceux qui sont appelés, tant Juifs que Grecs. Car la folie de Dieu est plus sage que les hommes, et la faiblesse de Dieu est plus forte que les hommes ».
1 Corinthiens 1 : 21-25.

Ce passage ne doit pas nous tromper et le style rhétorique de l’apôtre ne peut masquer son embarras. Paul est bien conscient que prêcher un messie crucifié est une folie et il le reconnaît. C’est pour cela qu’il ose parler de « folie de la prédication » et même de « folie de Dieu ». S’il avait pu inventer son propre évangile, il n’aurait certainement pas choisi une histoire aussi difficile à accepter pour ses auditeurs.

La résurrection : une solution de secours ?

On pourrait à ce stade objecter : mais la résurrection ne compense-t-elle pas le scandale de la crucifixion ?

A cela nous pouvons répondre non, car le problème n’est pas seulement que le Messie soit mort, mais qu’il soit mort de cette façon, c’est-à-dire par crucifixion. En effet, pour les Judéens, la crucifixion est une malédiction (Deutéronome 21 : 23).

En réalité, une seule solution aurait permis de résoudre ce problème, celle d’affirmer que Jésus n’a pas été crucifié. Cette idée a d’ailleurs été développée par certains groupes gnostiques, les docètes notamment, et sera ensuite reprise par les musulmans. Différentes thèses ont été envisagées et c’est finalement celle de la substitution qui l’a emportée : Dieu aurait remplacé Jésus sur la croix par une autre personne. Ainsi, on évitait le scandale du messie crucifié.

Si tous les chrétiens croient à la crucifixion de Jésus, tous ne la comprennent pas de la même manière et ne lui donnent pas le même sens théologique. Ainsi, au cours de l’histoire, de nombreuses doctrines ont été élaborées pour expliquer ce sacrifice (christus victor, théorie de la rançon, substitution pénale, etc.). Cette diversité de compréhension met bien évidence la difficulté posée par cet événement.

Toutefois, d’un point de vue historique, cette difficulté théologique est un atout, car elle peut être considérée comme une preuve solide de l’existence de Jésus.

En effet, en envisageant tous les problèmes posés par l’idée d’un Messie crucifié, il ne fait aucun doute que si les premiers chrétiens avaient voulu inventer un « Jésus », ils n’auraient jamais eu l’idée d’un messie crucifié et auraient plutôt imaginé un Jésus capable de séduire leurs auditeurs.

Conclusion

En conclusion, et pour paraphraser Simon Mimouni (2006, p. 80), nous pouvons dire que Jésus est certainement un des personnages les mieux attestés de l’Antiquité, et la diversité des sources le concernant rend la thèse mythiste insoutenable.

De plus le corps principal du Nouveau Testament (les Evangiles et les épîtres de Paul) a été très tôt fermement établi. Seuls quelques textes comme l’épître de Jude, la deuxième épître de Pierre ou les deux dernières épîtres de Jean, feront par la suite l’objet de discussions.

(1) Pour plus de détails sur l’indépendance des différents évangiles, voir l’article : Divergences et crédibilité des récits évangéliques. (http://didascale.com/divergences-et-credibilite-des-recits-evangeliques/)

(2) Suétone, Vie de Néron, 16

(3) Tacite, Annales XV, 44

(4) Brève bibliographie de Flavius Josèphe (http://didascale.com/flavius-josephe/)

(5) Flavius Josèphe, Antiquités judaïques, XX, 200

Source

La cité mystique de Dieu – Chapitre XI

Que le Tout-Puissant en la création de toutes choses eut notre Seigneur Jésus-Christ et sa très-sainte Mère présents, et qu’il élut et favorisa son peuple figurant ces mystères.

133. La Sagesse, parlant de soi-même, dit au chapitre huitième des Proverbes, qu’elle se trouva présente en la création de toutes choses avec le Très-Haut. Et j’ai déjà dit que cette sagesse est le Verbe incarné, qui était présent avec sa très-sainte Mère lorsque Dieu déterminait dans son entendement divin la création de tout le monde; car dans cet instant non-seulement le Fils était avec le Père éternel et avec le Saint-Esprit en l’unité de la nature divine, mais aussi l’humanité qu’il devait prendre était, en premier lieu de tout ce qui est créé, prévue et désignée dans l’entendement du Père éternel; et avec son humanité, sa très-sainte Mère, qui devait la lui administrer du plus pur de son sang. En ces deux personnes tous ses ouvrages furent prévus, et à leur considération le Très-Haut s’obligeait, à notre façon de parler, de ne pas faire cas de toutes les ingratitudes que le genre humant et les anges mêmes qui prévariquèrent pouvaient commettre, et de ne pas laisser pourtant de procéder à la création de ce qui restait à faire, et des autres créatures qu’il préparait pour le service de l’homme.

134. Le Très-Haut regardait son Fils unique humanisé et sa très-sainte Mère comme des modèles qu’il venait de former par la grandeur de sa sagesse et de son pouvoir, pour sen servir comme d’originaux, sur lesquels il copiait tout le genre humain; et parce que ces deux images avaient une grande ressemblance à sa divinité, toutes les autres aussi, par rapport à ces deux modèles, seraient formées sur cette ressemblance de la Divinité. Il créa aussi les choses matérielles qui sont nécessaires à la vie humaine, mais avec une telle sagesse, que quelques-unes servissent aussi de symboles qui représentassent en quelque façon les deux objets, Jésus-Christ et Marie, sur lesquels il arrêtait principalement sa vue, et auxquels elles devaient servir. C’est pourquoi il fit ces deux grandes lumières du ciel, le soleil et la lune, afin qu’en divisant la nuit d’avec le jour , elles nous représentassent le Soleil de justice, Jésus-Christ, et sa très-sainte Mère, qui est belle comme la lune , lesquels divisent le jour de la grâce de la nuit du péché; et par ses continuelles influences le soleil éclairant la lune, les deux ensemble éclairent toutes les créatures, depuis le firmament et ses astres jusqu’au bout de l’univers.

135. Il créa les autres choses et en augmenta la perfection, voyant qu’elles devaient servir à Jésus-Christ, à la très-pure Marie, et à leur considération aux autres hommes; auxquels il prépara, avant que de les tirer du néant, une table fort délicate, très-abondante et très-assurée, et bien plus mémorable que celle d’Assuérus, parce qu’il les devait créer pour ses plaisirs, et les convier aux saintes délices de sa connaissance et de son amour: il ne voulut pas, comme discret et magnifique Seigneur, que le convié attendit, mais que ce fût tout une même chose d’être créé et de se trouver assis à la table de sa connaissance et de son amour, afin qu’il ne fût point distrait en ce qu’il lui était si important, que de reconnaître et de louer son Créateur tout-puissant.

136. Au sixième jour de la création, il forma et créa Adam comme dans un état de trente-trois ans; le même âge que notre Seigneur Jésus-Christ devait avoir au ‘temps de sa mort, si semblable en son corps et en son âme à sa très-sainte humanité, qu’à peine on l’aurait distingué. D’Adam il forma Ève, qui ressemblait si fort à la sainte Vierge, qu’elle la représentait en tous 1e traits de son visage et en sa personne. Le Seigneur regardait avec une extrême complaisance et avec un amour égal ces deux portraits des deux originaux qu’il devait créer en son temps; et, en leur considération, il donna de grandes bénédictions à leurs copies, comme pour entretenir avec eux et avec leurs descendants un commerce de charité, jusqu’à ce que le jour arrivât auquel il devait former Jésus et Marie.

137. Mais l’heureux. état auquel Dieu avait créé les deux premiers parents du genre humain dura fort peu: parce que, aussitôt qu’ils furent créés, l’envie du serpent, qui était comme à l’affût, s’éleva contre eux quoique Lucifer ne pût point apercevoir la formation d’Adam et d’Ève, comme il aperçut celle des autres créatures à l’instant qu’elles furent produites, car le Seigneur ne lui voulut point manifester l’ouvrage de la création de l’homme, ni la formation d’Ève de la côte d’Adam ; sa Majesté lui cachant tout cela l’espace de quelque temps, pendant lequel ils vécurent ensemble. Mais quand le démon eut vu la disposition admirable de la nature humaine sur tout le reste; la beauté de lame et celle du corps d’Adam et d’Ève, et qu’il eut connu l’amour paternel que le Seigneur leur portait, et qui les faisait maîtres et souverains de tout ce qui était créé, leur faisant espérer outre cela la vie éternelle, ce fut alors que la rage de ce dragon devint plus furieuse, et il n’y a aucune langue qui puisse exprimer les convulsions et les troubles que cette bête féroce eu conçut, son envie effrénée lui inspirant de leur ôter la vie. Il l’aurait fait comme un lion dévorant, s’il n’eut ressenti une force supérieure qui l’en empêchait mais il méditait et cherchait les moyens de les faire déchoir de la grâce du très-Haut et de les rendre rebelles à leur Créateur.

138. Lucifer s’éblouit ici et se trouva dans de grands doutes, parce que, comme le Seigneur lui avait manifesté dès le commencement que le Verbe se devait faire homme dans le sein de la très-sainte Vierge, sans lui déclarer ni en quel lieu, ni quand ce mystère se devait accomplir; il lui cacha la création d’Adam et la formation d’Ève, afin qu’il commençât dès lors à ressentir cette ignorance du mystère et du temps de l’incarnation. Or, comme sa colère et tous ses soins étaient tendus singulièrement contre Jésus-Christ et Marie, il douta qu’Adam ne fût sorti d’Ève, et qu’elle ne fût la Mère, et lui le Verbe incarné. Et le doute que le démon avait s’augmentait d’autant plus qu’il ressentait cette vertu divine qui l’empêchait de les offenser en leur vie. Mais comme il connut d’ailleurs les préceptes que Dieu leur fit incontinent (car ils ne lui furent point cachés, les découvrant dans la conférence qu’Adam et Ève en eurent ensemble), il sortait insensiblement de son doute, épiant les entretiens des deux premiers parents et sondant leur naturel, commençant dès lors à rôder autour d’eux comme un lion affamé , et à s’introduire dans leurs esprits par la connaissance de leurs inclinations. Néanmoins, jusqu’à ce qu’il en fût tout à fait désabusé, il chancelait toujours entre la haine irréconciliable qu’il portait à Jésus-Christ et à sa Mère, et la crainte qu’il avait d’être vaincu par lai: outre qu’il craignait que la Reine du ciel ne le vainquit, bien qu’elle ne fuit qu une pure créature, et non pas un Dieu.

139. Or, considérant le précepte qu’Adam et Ève avaient reçu, armé d’un mensonge trompeur, avec ce secours il résolut de les tenter, commençant de contredire et de s’opposer avec tous ses efforts à la volonté divine. Ce ne fut pas l’homme qu’il attaqua le premier, mais la femme, parce qu’il la connut d’un naturel plus délicat et plus faible; ayant plus d’espérance de remporter ses prétendus avantages sur elle, qu’il savait bien n’être pas aussi forte pour lui résister que Jésus-Christ, au cas qu’Adam l’eût été; outre qu’il avait conçu une très grande indignation contre elle, depuis le signe qu’il avait vu su ciel, et depuis les menaces que Dieu lui avait faites de cette femme. Toutes ces considérations l’entraînèrent et l’émurent plutôt contre Éve que contre Adam: avant que de se déclarer à elle, il lui envoya plusieurs pensées ou imaginations fortes et désordonnées comme ses avant-coureurs, pour la rendre en quelque façon disposée par les troubles que ses passions en recevraient. Et parce que j’en écrirai quelque chose dans un autre endroit, je ne m’étends pas ici à dire avec combien de violence et de cruauté il la tenta; il suffit a mon propos qu’on sache pour le présent ce que les Écritures saintes en disent, et c’est qu’il prit la forme d’un serpent, et que sous cette forme il parla à Ève , qui prêta l’oreille A sa conversation, qu’elle ne devait point écouter; puisqu’en l’écoutant et y répondant elle commença à y donner créance, et ensuite à transgresser le précepte pour soi, et enfin à persuader à son mari d’enfreindre la loi qu’il avait reçue, à son grand dommage et à celui de tous les autres, perdant potin eux et pour nous cet heureux état auquel le Très-Haut les avait mis.

140. Quand Lucifer vit leur chute, et que leur beauté intérieure par la grâce et la justice originelle s’était changée en la difformité du péché, le transport et le triomphe qu’il en témoigna à ses démons furent incroyables. Mais sa satisfaction ne fut pas de longue durée, parce qu’il connut d’abord avec combien de clémence (contre ce qu’il désirait) l’amour miséricordieux de Dieu s’était montré ù l’égard des criminels, et qu’il leur avait donné lieu de faire pénitence, d’en espérer le pardon et le retour de sa grâce; à quoi ils se disposaient par leur douleur et par leur contrition. Lucifer connut aussi qu’on leur rendait la beauté de la grâce et l’amitié du Seigneur, ce qui mit de nouveau dans le trouble tout l’enfer, voyant les heureux effets de la contrition. Et ses gémissements s’accrurent beaucoup plus, entendant la sentence que Dieu fulminait coutre les coupables, en laquelle le démon s’aveuglait, ne sachant à quoi se déterminer: et surtout ce lui fut un nouveau tourment d’ouïr qu’on lui renouvelait cette menace sur la terre: La femme t’écrasera la tête , comme elle lui avait été faite dans le ciel.

141. Les couches d’Ève se multiplièrent après le péché, par lequel se fit la distinction et la multiplication des bons et des mauvais, des élus et des réprouvés, les uns qui suivent Jésus-Christ notre Rédempteur et notre Maître, et les autres Satan. Les élus suivent leur chef par la foi, l’humilité, la charité, la patience et par toutes les vertus: et pour remporter le triomphe il sont secourus, aidés et embellis de la divine grâce et des dons que le même Seigneur et restaurateur de tous leur a mérités. Mais les réprouvés, sans recevoir des bienfaits et des faveurs semblables de leur cruel maître, ni en attendre d’autre récompense que la peine et la confusion éternelle de l’enfer, le suivent par orgueil, par présomption, par ambition, par toutes sortes d’ impuretés et de méchancetés, qui partent du père du mensonge et de l’auteur du péché.

142. Nonobstant ce péché, l’ineffable bénignité du Très-Haut leur donna sa bénédiction, afin qu’avec elle ils crussent, et que le genre humain se multipliait. Mais sa divine providence permit que le premier enfantement d’Ève portât les prémices du premier péché en la personne de l’injuste Caïn, et que le second figurait, en celle de l’innocent Abel , le réparateur du péché, notre Seigneur Jésus-Christ; commençant tout à la fois de le représenter en la figure et en l’imitation, afin qu’en la personne du premier juste commençassent la loi et la doctrine de Jésus-Christ, dont tous les autres doivent être disciples, en souffrant pour la justice et étant laits et opprimés des pécheurs, des réprouvés et de leurs propres frères . C’est pourquoi la patience, l’humilité et la douceur eurent leurs prémices en Abel; et en Caïn, l’envie et toutes les méchancetés qu’il pratiqua pour le bonheur du juste et pour sa propre perte, le méchant triomphant, et le bon endurant; et l’on trouve en ces spectacles le commencement de ceux qui devaient ensuite arriver dans le monde, composé de deux villes bien contraires, de Jérusalem pour les justes, et de Babylone pour les réprouvés, chacune ayant son chef pour le bonheur des uns et pour le malheur des autres.

143. Le Très-Haut voulut aussi que le premier Adam fût la figure du second en la manière de la création; puisque, par préférence au premier, il créa pour lui et ordonna la république de toutes les créatures, dont il le faisait le seigneur et le chef: ainsi il laissa passer plusieurs siècles avant que d’envoyer son Fils unique, afin qu’il trouvât eu la multiplication du genre humain un peuple dont il devait être 1e chef, le maître et le roi naturel, et afin qu’il ne fût pas un seul moment sans royaume et sans sujets; la sagesse divine disposant toutes choses avec cet ordre admirable, et voulant que celui qui avait été le premier dans l’intention, fût le dernier dans l’exécution.

144. Le temps s’approchant auquel le Verbe devait descendre du sein du l’ère éternel pour se revêtir de notre mortalité, Dieu élut et prévint un peuple choisi et très-noble, le plus admirable de tous ceux qui l’avaient précédé et qui devaient le suivre; et dans ce peuple une lignée illustre et sainte, dont le Verbe devait descendre selon la chair humaine. Je ne m’arrête pas à raconter cette généalogie de notre Seigneur Jésus-Christ, parce que cela n’est pas nécessaire et que les saints Évangélistes en font une assez ample mention . Je dis seulement, avec toutes les louanges que je puis rendre au Très-Haut, qu’il m’a découvert en plusieurs: occasions et en divers temps le grand amour qu’il porta à son peuple, les faveurs qu’il lui fit et les mystères qu il renfermait, comme ils ont ensuite été manifestés en sa sainte Église, sans que celui qui s’était constitué défenseur et protecteur d’Israël, ait jamais discontinué ses soins.

145. Il suscita des prophètes et de très-saints patriarches qui nous devaient montrer et annoncer de loin ce que nous possédons présentement, afin que nous l’honorions, connaissant la grande estime qu’ils firent de la loi de grâce, et avec combien d’élans et d’ardeur ils la souhaitèrent et la demandèrent. Dieu manifesta à ce peuple son esprit immuable par plusieurs révélations, et ils nous le manifestèrent par les Écritures, qui renferment des mystères immenses que nous devions développer et contraire par la foi, le Verbe incarné les ayant tous accomplis et autorisés, nous laissant par là une doctrine fidèle et assurée, et l’aliment spirituel des Écritures saintes pour sou Église. Et bien que les prophètes et les justes de ce peuple n’aient pu jouir de la vue corporelle de Jésus-Christ, néanmoins le Seigneur leur fut très-libéral en se manifestant à eux par les prophéties et en excitant leurs affections, afin qu’ils sollicitassent sa venue et et qu’ils demandassent la rédemption de tout le genre humain. L’assemblage uniforme de toutes ces prophéties, de tous les mystères et de tous les soupirs des anciens Pères, étaient pour le Très-Haut une musique très-harmonieuse qui raisonnait au plus profond de son sein; de manière (qu’à notre façon de parler) il suspendait le temps, et ne laissait pas de le hâter pour descendre sur la terre et pour venir converser avec les hommes.

146. Sans me trop arrêter sur ce que le Seigneur m’en a fait connaître, et pour arriver aux préparations que je cherche et que ce Seigneur fit pour envoyer le Verbe humanisé et sa très-sainte Mère au monde, je les dirai succinctement, selon l’ordre des Écritures saintes. La Genèse contient ce qui regarde le commencement et la création du monde pour le genre humain; le partage des terres et des peuples, le châtiment et la restauration du genre humain, la confusion des langues, l’origine du peuple élu, sa descente en Égypte; et plusieurs autres grands mystères que Dieu déclara à Moïse, afin de, nous faire connaître par son moyen l’amour et la justice qu’il avait montrés dès le commencement aux hommes, pour les attirer à sa connaissance et à son service, et pour marquer ce qu’il avait déterminé de faire à l’avenir.

147. L’Exode contient les aventures du peuple élu, les plaies et les châtiments que Dieu envoya pour le racheter avec mystère, la sortie d’Égypte et le passage de la mer, la loi écrite donnée avec tant d’appareils et de merveilles; et plusieurs autres, mystères qu’il opéra pour son peuple, affligeant quelquefois ses ennemis et d’autres fois ce même peuple, châtiant les uns comme un juge sévère, corrigeant l’autre comme un très-bon père, lui enseignant à connaître ses bienfaits dans les afflictions. Il fit de grands prodiges par la verge de Moïise, qui figurait la croix, ou le Verbe incarné devait être l’agneau sacrifié pour le remède des uns et pour la ruine des autres , comme la verge l’était et le fut en la mer Rouge, défendant le peuple en élevant autour de lui des remparts d’eau, et y faisant périr les Égyptiens. Et ainsi il formait un tissu avec tous ces mystères de la vie des saints, mêlée de joies et de pleurs, de tristesse et de consolation; copiant avec une sagesse infinie et une providence admirable toutes ces mystérieuses vicissitudes, sur la vie et sur la mort prévue de notre Seigneur Jésus-Christ.

148. Dans le Lévitique on décrit et on ordonne plusieurs sacrifices et cérémonies légales pour apaiser Dieu, parce qu’ils signifiaient l’Agneau qui se devait sacrifier pour tous, et ensuite nous immoler avec lui à sa Majesté divine, lorsqu’il exécuterait dans le temps la vérité de ces sacrifices et de ces figures. Il déclare aussi les vêtements du souverain prêtre Aaron, figure de Jésus-Christ, quoiqu’il ne doive pas être d’un ordre si inférieur, mais selon l’ordre de Melchisédech .

149. Les Nombres contiennent les demeures du désert, figurant la conduite que le Père voulait garder avec la’ sainte Église, avec son Fils unique fait homme et avec la sacrée Vierge; et aussi avec les autres juges; car, selon les divers sens, ils sont tous renfermés dans ces événements de la colonne de feu, de la manne, de la pierre dont l’eau sortit, et de plusieurs autres grands mystères qu’ils contiennent en d’autres choses. Ils renferment aussi les mystères qui sont attachés aux divers nombres, contenant en tout de très-profonds secrets.

150. Le Deutéronome est comme une seconde loi, qui n’est pas différente, mais réitérée d’une autre manière, et une figure plus singulière de la loi évangélique; parce que l’incarnation du Verbe devant être différée (par les secrets jugements de Dieu et pour les raisons de convenance connues à sa divine sagesse), ce même Dieu renouvelait et préparait des lois qui eussent quelque, conformité avec celles qu’il devait ensuite établir par son Fils unique.

151. Josué introduit le peuple de Dieu en la terre de promission, et la lui distribue, ayant passé le Jourdain, faisant des actions héroïques et figurant assez clairement notre Rédempteur, tant en son nom qu’en ses œuvres; en quoi il représenta la destruction des royaumes que le démon possédait, et la séparation qui se fera des bons d’aveu les méchants au dernier jour.

152. Après Josué (le peuple avant déjà pris possession de la terre promise et désirée, qui représentait premièrement et singulièrement l’Église que Jésus-Christ s’était acquise par le prix de son sang), suit le livre des juges, que Dieu ordonnait pour la conduite de son peuple, particulièrement dans les guerres qu’il souffrait des Philistins et des autres ennemis ses voisins, pour ses péchés et ses idolâtries continuelles; mais il le protégeait et le délivrait quand il se convertissait à lui par la pénitence et par le changement de vie. On raconte dans ce livre ce que firent ces deux femmes fortes et vaillantes, Débora et Jabel, l’une jugeant le peuple et le délivrant d’une grande oppression; l’autre contribuant à la victoire qu’il remporta sur ses ennemis: toutes ces histoires étant des figures manifestes et des témoignages évidents de ce qui se passe dans l’Église.

153. En suite du livre des Juges, nous lisons ceux des Rois, que les Israélites demandèrent pour se conformer au gouvernement des autres peuples. Ces livres contiennent de grands mystères de la venue du Messiel a mort du grand prêtre Héli et celle du roi Saül signifient l’abrogation de la loi ancienne. Sadoc et David figurent le nouveau règne et la prêtrise de Jésus-Christ et l’Église, avec le petit nombre qu’il devait y avoir en comparaison du reste du monde. Les autres rois d’Israël et de Juda et leurs captivités dénotent d’autres grands mystères de cette sainte Église.

154. Dans ces temps vint le très-patient Job, dont les paroles sont si mystérieuses, qu’il n’y en a aucune sans quelque profond mystère de la vie de notre Seigneur Jésus-Christ, de la résurrection des morts et du jugement dernier, en la même chair que chaque homme aura eue dans le monde; de la violence, des ruses et des attaques du démon. Et surtout Dieu le proposa à tous les mortels comme un miroir de patience, afin que nous apprissions tous par ses exemples comment nous devons souffrir les afflictions après la mort de Jésus-Christ, que nous avons présente, puisque, avant quelle arrivât et le prévoyant de si loin, ce saint l’imita avec tant de patience.

155. Mais en la grande multitude des prophètes que Dieu envoya à son peuple pendant le règne de ses rois, car il en avait alors un plus grand besoin, il se trouve tant de mystères, que le Très-Haut n’en laissa aucun de ceux qui regardent la venue du Messie et sa loi,, qu’il ne lui révélât et déclarât, ayant tenu la même conduite avec les anciens pères et patriarches, quoique d’une manière plus éloignée. Et tout cela n’aboutissait qu’à multiplier les représentations et les images du Verbe incarné, lui préparer un peuple et figurer la loi qu’il devait établir.

156. Il mit en dépôt entre les mains des trois grands patriarches Abraham, Isaac et Jacob, de grands et de très précieux gages, pour pouvoir, s’appeler le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, voulant s’honorer de ce nom pour les honorer eux-mêmes, manifestant leur dignité, leurs excellentes vertus et les divins secrets qu’il leur avait confiés, afin qu’ils donnassent à Dieu un nom si honorable. Il éprouva le patriarche Abraham en lui commandant de sacrifier Isaac , pour faire cette représentation si claire de ce que le Père éternel devait faire avec son Fils unique. Mais quand ce père obéissant voulut exécuter le sacrifice, le même Seigneur qui l’avait ordonné l’en empêcha, afin que l’exécution d’une action si héroïque fût réservée au seul Père éternel, sacrifiant en effet son Fils unique, et qu’il fût dit qu’Abraham ne l’avait fait qu’en la seule menace; en quoi il parait que le zèle de l’amour divin fut fort comme la mort . Mais il n’était pas convenable qu’une figure si expresse restât imparfaite; c’est pourquoi elle fut achevée par le sacrifice qu’Abraham fit du bélier, qui figurait aussi l’Agneau qui devait ôter les péchés du monde .

157. Il montra à Jacob cette mystérieuse échelle chargée de divers secrets et de sens mystiques . Le plus grand fut qu’elle représentait le Verbe humanisé, qui est la voie et l’échelle par où nous montons au Père, duquel il descendit pour nous visiter; et par son moyen les anges qui nous éclairent et qui veillent à notre garde, montent et descendent, nous portant en leurs mains ; afin que nous ne soyons pas maltraités des pierres des erreurs, des hérésies et des vices dont le chemin de la vie mortelle est rempli; ne laissant pas de monter malgré ces obstacles en sûreté, par cette échelle avec la foi et l’espérance, depuis cette sainte Église, qui est la maison de Dieu et la porte du ciel et de la sainteté, jusqu’au lieu de notre bonheur.

158. Il montra à Moïse, pour le constituer dieu de Pharaon et chef de son peuple, ce buisson mystique qui était ardent sans se consumer , pour marquer en prophétie la personne divine cachée sous notre humanité, sans que l’humain dérogent au divin, et sans que le divin consumât ce qui était humain. Et outre ce mystère la virginité perpétuelle de la Mère du Verbe y était aussi figurée, non-seulement quant au corps, mais aussi quant à l’âme; car pour être fille d’Adam, revêtue et dérivée de cette nature embrasée du premier péché, elle n’en serait point souillée ni offensée.

159. Il fit aussi David selon le modèle de son cœur , afin qu’il pût dignement chanter les miséricordes du Très-Haut , comme il le fit, comprenant dans ses psaumes tous les mystères, non-seulement de la loi de grâce, mais aussi de la loi écrite et de la loi naturelle. Les témoignages, les jugements et les œuvres du Seigneur n’étant pas seulement en sa bouche, mais en ayant aussi le cœur pénétré pour les méditer jour et nuit . Et par le pardon qu’il fit des injures, il fut une vive image ou figure de Celui qui devait pardonner les nôtres; c’est pourquoi il reçut les plus claires et les plus assurées promesses de la venue du Rédempteur du monde.

160. Salomon, roi pacifique, et en cela figure du véritable Roi des rois, fit éclater sa sagesse en manifestant par diverses écritures les mystères de Jésus-Christ, singulièrement dans la métaphore des Cantiques, où il renfermait les mystères du Verbe incarné, de sa très-sainte Mère, de l’Église et des fidèles. Il enseigna aussi en différentes manières la morale pour régler les mœurs, et plusieurs autres écrivains ont reçu dé cette fontaine les eaux de vérité et de vie.

161. Mais qui pourra dignement exagérer le bienfait du Seigneur, d’avoir tiré de son peuple la glorieuse troupe de ses saints prophètes, auxquels la Sagesse éternelle a abondamment élargi la grâce de prophétie, éclairant son Église par tant de flambeaux, qui commencèrent de nous montrer de fort loin le Soleil de justice et les rayons qui devaient rejaillir de ses œuvres en la loi de grâce? Les deux grands prophètes Isaïe et Jérémie furent choisis pour nous annoncer, avec autant de douceur que de force, les mystères de l’incarnation du Verbe, de sa naissance, de sa vie et de sa mort. Isaïe nous promit qu’une vierge concevrait et enfanterait, et nous donnerait un fils qui s’appellerait Emmanuel , et qu’un petit enfant naîtrait pour nous, qui porterait son empire sur ses épaules , annonçant avec tant de clarté tout ce qui reste de la vie de Jésus-Christ, que sa prophétie parut un évangile. Jérémie déclara la nouvelle merveille que Dieu devait opérer dans une fille, qu’elle aurait en son sein un fils, qui seul pouvait être le Christ, Dieu et homme parfait . Il annonça qu’il serait vendu, il décrivit sa passion, ses opprobres et sa mort. La réflexion que je fais sur ces prophètes me remplit d’admiration. Isaïe demande que le Seigneur envoie de la pierre du désert au mont de la fille de Sion , l’Agneau qui doit dominer le monde, parce que cet Agneau, qui est le Verbe incarné, était, quant à la divinité, au désert du ciel, qui est ainsi appelé à cause qu’il n’y avait point encore d’hommes. Et il s’appelle pierre à cause de la situation, de la fermeté et du repos éternel dont il jouit. Le mont où il demande qu’il vienne est, au sens mystique, la sainte Église, et premièrement la très-sainte Vierge, fille de la vision de paix, qui est Sion. Et le prophète l’interpose pour médiatrice pour obliger le Père éternel d’envoyer l’Agneau son Fils unique, parce qu’il n’y avait personne dans tout le reste du genre humain qui pût l’obliger si fort f avancer l’incarnation, que le mérite d’une si excellente mère, qui devait avoir la gloire de revêtir cet Agneau de la peau et de la toison de sa très-sainte humanité: et c’est ce que contient cette très-douce prière et cette prophétie d’Isaïe.

162. Ézéchiel vit aussi cette mère vierge en la figure ou métaphore de cette porte fermée, qui ne devait être ouverte que pour le seul Dieu d’Israël, et par laquelle aucun, autre homme n’entrerait. Habacuc contempla notre Seigneur Jésus-Christ en la croix, et prophétisa par de profonds discours les mystères de la rédemption et les effets admirables de la passion et de la mort de notre Rédempteurs Joël St la description de la terre des douze tribus, figure des douze apôtres qui devaient être chefs de tous les enfants de’ l’Église. Il annonça aussi la venue du Saint-Esprit sur les serviteurs et les servantes du Très-Haut, marquant le tempe de la venue et de la vie de Jésus-Christ. Tous les autres prophètes l’annoncèrent par différents endroits, parce que le Très-Haut voulut que tout ce qui concernait la rédemption du genre humain fût dit, prophétisé et figuré si longtemps auparavant et si copieusement, que toutes ces œuvres admirables pussent rendre témoignage de l’amour et, du soin que Dieu eut pour les hommes, et combien il prétendait d’enrichir son Église, ôter à notre tiédeur et à notre lâcheté toute d’excuses, puisque pour les seules ombrés et figures, ces anciens pères et prophètes furent enflammés de l’amour divin, et rendirent au seigneur des cantiques de louange et de gloire; et nous, qui nous trouvons dans la vérité et dans le beau jour de la grâce, sommes ensevelis dans un oubli criminel de tant de bienfaits, et abandonnons la lumière pour chercher les ténèbres.

La cité mystique de Dieu – Chapitre VI

Du doute que je proposai au Seigneur sur la doctrine des chapitres précédents, et la réponse que j’en eus.

72. J’eus un doute touchant l’intelligence et la doctrine des deux chapitres précédents, fondée sur ce que j’avais ouï dire à des personnes doctes que cette doctrine était débattue et disputée dans les écoles. Le doute fut: que si la cause et le motif principal pour que le Verbe divin se fit homme fut de le faire chef et premier né de toutes les créatures , et de communiquer, par le moyen de l’union hypostatique avec la nature humaine, ses attributs et ses perfections, en la manière convenable, afin de glorifier par grâce les prédestinés; et que si de prendre une chair passible et de mourir pour l’homme fut un décret comme d’une seconde fin: cela étant ainsi véritable, comment y a-t-il tant de diverses opinions sur ce sujet dans l’Église? et la plus commune opinion est que le Verbe éternel descendit du ciel comme dans le dessein principal de racheter les hommes par le moyen de sa très-sainte mort et passion.

73. Je proposai avec humilité ce doute su Seigneur, pet sa Majesté daigna m’y répondre, me donnant une intelligence et une lumière fort grandes qui me firent comprendre plusieurs mystères que je ne pourrai pas expliquer, parce que les paroles dont le Seigneur se servit dans sa réponse contiennent et signifient beau coup de choses. Voici ce qu’il me dit: «Sache, mon épouse et ma colombe, que je veux répondre à ton doute, et t’enseigner dans ton ignorance comme ton Père et comme ton Mettre. Tu dois donc savoir que la fin principale et légitime du décret que je fis de communiquer ma divinité en la personne du Verbe unie hypostatiquement à la nature humaine, fut la gloire qui devait rejaillir de cette communication, sur mon nom et sur toutes les créatures capables de recevoir celle que je leur préparais. Et ce décret se serait sans doute exécuté dans l’incarnation, quand même le premier homme n’eût pas péché, parce que ce fut un décret absolu et sans condition en sa substance. Ainsi ma volonté devait être efficace; je devais en premier lieu me communiquer à l’âme et à l’humanité unie au Verbe. Et cela convenait ainsi! à mon équité et à la rectitude de mes couvres: et bien qu’il fit dernier dans l’exécution, il fut pour tant premier dans l’intention. Et si je retardai d’envoyer mon Fils inique, ce fut parce que je déterminai auparavant de lui préparer dans le monde un peuple élu, saint et composé de justes, qui seraient, supposé le péché commun, comme des roses parmi les épines des autres pécheurs. Et ayant vu la chute du genre humain, je déterminai par un décret exprès que le Verbe viendrait en forme passible et mortelle pour racheter son peuple, dont il était le chef, afin de manifester et de faire connaître davantage mon amour infini aux hommes, et de donner à mon équité et à ma justice une due satisfaction; que si celui qui pécha était homme et le premier à recevoir l’être, le Rédempteur fut a aussi homme et le premier en dignité : et afin que les hommes connussent en cela la brièveté du péché et qu’il n’y eût qu’un seul amour en toutes les âmes, puisque leur Créateur, leur Vivificateur, leur Rédempteur et Celui qui les doit juger est un seul Et je voulus aussi les attirer à moi et les obliger à cette reconnaissance et à cet amour, ne les punissant pas, comme je punis les anges apostats, que je condamnai sans ressource; mais je voulus attendre leur repentir, leur pardonner et leur donner un souverain remède, exerçant la rigueur de ma justice sur la personne de mon Fils unique , pendant que les hommes recevaient les plus grands effets de ma miséricorde.»

74. «Et afin que tu comprennes mieux ce que j’ai à répondre à ton doute, je veux que tu remarques que, comme il n’y a aucune succession de temps dans mes décrets et que je n’en ai pas besoin dans mes opérations ni dans mes conceptions, ceux qui disent que le Verbe s’incarna pont racheter le monde, disent bien; et ceux qui disent qu’il se serait incarné quoique l’homme n’eût pas péché, a parlent bien aussi, si on l’entend selon la vérité parce que si Adam n’eût pas péché, il serait descendu du ciel en la forme qui aurait été propre à cet état; mais parce qu’il pécha, je fis le second a décret, qu’il descendrait passible: car le péché étant survenu, il fallait qu’il le réparât de la manière qu’il le fit. Et parce que tu souhaites de sa

voir comment ce mystère de l’incarnation du Verbe se serait exécuté si l’homme se fût conservé dans l’état d’innocence, tu dois remarquer que la forme humaine aurait été la même en substance, mais elle aurait eu le don d’impassibilité et d’immortalité. Il aurait vécu et conversé avec les hommes tel qu’il était depuis qu’il ressuscita, jusqu’à ce qu’il monta aux cieux. Les mystères et les secrets divins auraient été manifestés à tous; et il aurait plusieurs fois découvert sa gloire, comme il fit une seule fois dans son état mortel; manifestant à tous dans cet heureux état d’innocence ce qu’il ne montra dans l’autre qu’à trois de ses apôtres; ils auraient tous vu mon Fils unique dans une grande gloire, et sa conversation les aurait extrêmement consolés; ils n’auraient mis aucun obstacle à ses divins effets, parce qu’ils auraient été sans péché. Mais le péché a tout désolé, tout corrompu et tout empêché, et à cause du péché il a été convenable qu’il vint passible et mortel.»

75. «Et s’il y a dans ces divins secrets et dans les autres mystères des opinions diverses dans mon Église, cela vient de ce que je découvre différemment mes mystères: car aux uns j’en découvre quelques-uns, aux antres j’en manifeste d’autres; parce que tous les mortels ne sont pas capables d’en recevoir toute la lumière. Il n’était pas aussi convenable que je donnasse à un seul la science de toutes choses, pendant cette vie voyageuse; puisque même dans la gloire ils ne la reçoivent que par portions, et je ne la leur distribue que selon la proportion de l’état et du mérite d’un chacun, et a selon que ma providence l’a déterminé; car je n’en a devais seulement la plénitude qu’à l’humanité de a mon Fils unique, et à sa Mère par rapport à lui. Les autres hommes ne la reçoivent pas toute, ni toujours si claire qu’il ne leur reste quelque doute; et c’est pour cet effet qu’ils se l’acquièrent par leurs travaux et par l’usage des lettres et des sciences. Et, bien qu’il y ait dans mes Écritures plusieurs vérités a relevées; comme je laisse bien souvent les docteurs dans leur lumière naturelle, quoique je la leur communique quelquefois d’en haut, il s’ensuit de là qu’on entend diversement les mystères, qu’on a trouve des explications différentes, plusieurs sens dans les Écritures, et qu’un chacun suit son opinion selon qu’il la conçoit. Et, bien que la fin de a plusieurs soit bonne, que la lumière et la vérité ne soit qu’une en substance, on l’entend et on en use pourtant selon la diversité des opinions et des inclinations, les uns suivant un docteur, les autres un e autre: d’où naissent entre eux les disputes.»

76. «Que si la plus commune opinion est que le Verbe descendit du ciel avec intention principale de racheter le monde, l’une de plusieurs raisons qu’il y a, est que le mystère de la rédemption et la fin de ses œuvres sont plus connus et manifestes a pour s’être exécutés, et si souvent réitérés dans les Écritures; et qu’au contraire la fin de l’impassibilité ne fut ni exécutée, ni décrétée absolument, ni expressément, tout -ce qui appartenait à cet état ayant été caché, et personne ne le pouvant savoir avec certitude, sinon celui à qui j’en donnerai la lumière on révélerai les secrets de cet état et de l’amour que nous portons à la nature humaine. Et bien que ceci pourrait sensiblement toucher les mortels, s’ils le pesaient et le pénétraient comme il faut; néanmoins le décret et les couvres de la rédemption de leur misérable chute sont plus puissants et plus efficaces pour les mouvoir et les porter à la connaissance et à la gratitude de mon amour infini, qui est la fin de mes œuvres. C’est pour cela que ma providence permet que ces motifs et ces mystères leur soient plus présents et plus familiers, parce qu’il est ainsi convenable. Remarque, ma fille, qu’une œuvre peut bien avoir deux fins quand l’une est supposée sous quelque condition, comme il arriva dans cette occasion: car si l’homme ne péchait pas, le Verbe ne descendrait pas en forme passible; et s’il péchait, il serait passible et mortel Ainsi, quoi qu’il arrivât, le décret de l’incarnation a n’aurait pas laissé de s’accomplir. Je veux qu’on reconnaisse et qu’on estime les mystères de la rédemption, et qui on les ait toujours présents pour m’en rendre les actions de grâces qui m’en sont dues. Mais je veux aussi que les hommes reconnaissent le Verbe incarné pour leur chef et pour la cause finale de la création de tout le reste de la nature humaine; parce qu’il fat, après ma bénignité, a le principal motif que j’eus de donner l’être aux créatures. Ainsi il doit être révéré non-seulement pour avoir racheté le genre humain, mais aussi pour avoir été la cause de sa création.»

77. «Sache, ma chère épouse,, que je permets et dispose que les docteurs aient bien souvent des opinions différentes, et que les uns disent la vérité, et les autres, fondés sur leurs lumières naturelles, disent ce qui est douteux; quelquefois je permets qu’ils disent ce qui n’est pas, bien qu’il ne disconvienne point avec l’obscure vérité de la foi, en laquelle tous les fidèles sont fondés; d’autres fois ils disent ce qui est possible à leur manière. Et par cette variété l’on va à la découverte de la vérité et de la lumière, et l’on en développe mieux les mystères cachés, car le doute sert d’aiguillon à l’entendement pour rechercher la vérité, et en cela la cause de leur dispute est sainte et honnête. Et l’on connaît aussi, après tant de diligences et tant d’applications des plus savants docteurs, qu’il y a dans mon Église une science qui les rend plus éminents en sagesse que les sages du monde., et qu’il y en a un au-dessus de tous qui enseigne et corrige les sages, qui est moi, qui seul sais, comprends, pèse et mesure toutes choses , sans pouvoir être a mesuré ni compris; et qu’en vain les hommes recherchent et épluchent mes jugements et mes secrets , si étant le principe et l’auteur de toute v sagesse et de toute science, je ne leur en donne l’intelligence et la lumière . Je veux que les mortels, en connaissant cela, me louent, me glorifient et me rendent d’éternelles actions de grâces.»

78. «Je veux aussi que les saints docteurs s’acquièrent plus de grâce, plus de lumière et plus de gloire parleur louable, honnête et saint travail; et que la vérité se découvre et se purifie d’autant plus qu’on s’approche davantage de sa source, et qu’on recherche et pénètre avec humilité les mystères et les œuvres admirables de ma droite, afin qu’ils en participent, et qu’ils jouissent du pain de l’intelligence de mes Écritures. J’ai usé d’une grande providence envers les docteurs et les savants, bien que leurs opinions et leurs doutes aient été si opposés et leurs fins si différentes; parce que quelquefois elles sont à mon plus grand honneur et à ma gloire; et d’autres fois ce n’est que pour s’impugner et se contredire pour d’autres fins terrestres; et par cette émulation et cette passion ils ont procédé et procèdent inégalement. Mais nonobstant tout cela je les ai conduits, régis, éclairés et protégés de telle sorte, que la vérité s’en est beaucoup découverte et manifestée, et la lumière en a été plus grande pour pénétrer plusieurs de mes perfections a et de mes merveilles, et mes Écritures ont été si hautement interprétées, que j’en ai eu de l’agrément. Ce qui a été cause que la fureur de l’enfer a élevé son trône d’iniquité avec une envie incroyable (et principalement dans ces temps présents), pour combattre la vérité; prétendant d’engloutir le Jourdain et d’obscurcir par les hérésies et les fausses «doctrines la lumière de la sainte foi, contre laquelle il a semé la fausseté de son ivraie par le ministère des hommes. Mais le reste de l’Église et ses vérités sont dans un très-parfait degré, et les fidèles catholiques, bien que plongés et aveuglés dans plusieurs autres misères, en reçoivent la foi et une lumière très-parfaite; et quoique je les appelle tous par un amour paternel à ce bonheur, le nombre des élus qui veuille me répondre est fort petit .»

79. «Je veux aussi que tu saches, ma fille, qu’encore que je permette par ma providence qu’il y ait plusieurs opinions entre les docteurs, afin que mes témoignages viennent à une plus grande connaissance, ayant intention que la moelle de mes divines Écritures soit manifestée aux mortels par le moyen de leurs louables diligences, de leurs études et de leurs travaux; néanmoins il me serait fort agréable et d’un grand service que les savants amortissent en eux l’orgueil, s’éloignassent de l’envie et de l’ambition, de la vaine gloire, des autres passions et des vices qui naissent de ces sortes de contestations, et qu’ils arrachassent le mauvais grain que les mauvais effets de telles occupations sèment, et que je laisse pour le présent, afin que le bon ne a soit pas arraché avec le mauvais.» Le Très-Haut me répondit tout cela et plusieurs autres choses que je ne puis manifester. Bénie soit éternellement sa Majesté de ce qu’elle a bien voulu éclairer mon ignorance et la satisfaire avec tant d’abondance et de miséricorde, sans dédaigner la petitesse d’une fille indiscrète et inutile en tout. Que tous les esprits bienheureux lui rendent grâces et le louent sans fin dans le ciel, et les hommes justes sur la terre.

Les Instructions Spirituelles de Saint Séraphim de Sarov

Dieu

Saint Séraphim de Sarov

Dieu est un feu qui réchauffe et enflamme les cœurs et les entrailles. Si nous sentons dans nos cœurs le froid qui vient du démon – car le démon est froid – ayons recours au Seigneur et il viendra réchauffer notre cœur d’un amour parfait, non seulement envers lui, mais aussi envers le prochain. Et la froidure du démon fuira devant sa Face. Là où est Dieu, il n’y a aucun mal… Dieu nous montre son amour du genre humain non seulement quand nous faisons le bien, mais aussi quand nous l’offensons méritant sa colère…Ne dis pas que Dieu est juste, enseigne saint Isaac le Syrien… David l’appelait » juste « , mais son Fils nous a montré qu’il est plutôt bon et miséricordieux. Où est sa Justice? Nous étions des pécheurs, et le Christ est mort pour nous (Homélie 90).

Des raisons pour lesquelles le Christ est venu en ce monde

  1. L’amour de Dieu pour le genre humain. » Oui, Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique pour que tout homme qui croit en lui ne périsse pas mais ait la vie éternelle » (Jn 3, 16).
  2. Le rétablissement dans l’homme déchu de l’image divine et de la ressemblance à cette image, comme le chante de l’Église (Premier Canon de Noël, chant 1).
  3. Le salut des âmes. » Car Dieu n’a pas envoyé son Fils dans le monde pour condamner le monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui » (Jn 3, 17).

De la foi

Avant tout, il faut croire en Dieu, » car il existe et se fait le rémunérateur de ceux qui le cherchent » (He 11, 6). La foi, selon saint Antioche, est le début de notre union à Dieu… La foi sans les œuvres est morte (Jc 2, 26). Les œuvres de la foi sont : l’amour, la paix, la longanimité, la miséricorde, l’humilité, le portement de croix et la vie selon l’Esprit. Seule une telle foi compte. Il ne peut pas y avoir de vraie foi sans œuvres.

De l’espérance

Tous ceux qui espèrent fermement en Dieu sont élevés vers lui et illuminés par la clarté de la lumière éternelle. Si l’homme délaisse ses propres affaires pour l’amour de Dieu et pour faire le bien, sachant que Dieu ne l’abandonnera pas, son espérance est sage et vraie. Mais si l’homme s’occupe lui-même de ses affaires et se tourne vers Dieu seulement quand il lui arrive malheur et qu’il voit qu’il ne peut s’en sortir par ses propres moyens – un tel espoir est factice et vain. La véritable espérance cherche, avant tout, le Royaume de Dieu, persuadée que tout ce qui est nécessaire à la vie d’ici-bas sera accordé par surcroît. Le cœur ne peut être en paix avant d’avoir acquis cette espérance.

De l’amour de Dieu

Celui qui est arrivé à l’amour parfait de Dieu vit en ce monde comme s’il n’y vivait pas. Car il se considère comme étranger à ce qu’il voit, attendant avec patience l’invisible… Attiré vers Dieu, il n’aspire qu’à le contempler…

De quoi faut-il munir l’âme ?

– De la parole de Dieu, car la parole de Dieu, comme dit Grégoire le Théologien, est le pain des anges dont se nourrissent les âmes assoiffées de Dieu.

Il faut aussi munir l’âme de connaissances concernant l’Église : comment elle a été préservée depuis le début jusqu’à nos jours, ce qu’elle a eu à souffrir. Il faut savoir ceci non dans l’intention de gouverner les hommes, mais en cas de questions auxquelles on serait appelé à répondre. Mais surtout il faut le faire pour soi-même, afin d’acquérir la paix de l’âme, comme dit le Psalmiste : » Paix à ceux qui aiment tes préceptes, Seigneur « , ou » Grande paix pour les amants de ta loi » (Ps 118, 165).

De la paix de l’âme

Il n’y a rien au-dessus de la paix en Christ, par laquelle sont détruits les assauts des esprits aériens et terrestres. » Car ce n’est pas contre les adversaires de chair et de sang que nous avons à lutter, mais contre les Principautés, contre les Puissances, contre les Régisseurs de ce monde de ténèbres, contre les esprits du mal qui habitent les espaces célestes » (Ep 6, 12). Un homme raisonnable dirige son esprit à l’intérieur et le fait descendre dans son cœur. Alors la grâce de Dieu l’illumine et il se trouve dans un état paisible et suprapaisible : paisible, car sa conscience est en paix ; suprapaisible, car au-dedans de lui il contemple la grâce du Saint-Esprit…

Peut-on ne pas se réjouir en voyant, avec nos yeux de chair, le soleil ? D’autant plus grande est notre joie quand notre esprit, avec l’œil intérieur, voit le Christ, Soleil de Justice. Nous partageons alors la joie des anges. L’Apôtre a dit à ce sujet » Pour nous, notre cité se trouve dans les cieux » (Ph 3, 20). Celui qui marche dans la paix, ramasse, comme avec une cuiller, les dons de la grâce. Les Pères, étant dans la paix et dans la grâce de Dieu, vivaient vieux. Quand un homme acquiert la paix, il peut déverser sur d’autres la lumière qui éclaire l’esprit… Mais il doit se souvenir des paroles du Seigneur : » Hypocrite, enlève d’abord la poutre de ton œil, et alors tu verras clair pour enlever la paille de l’œil de ton frère » (Mt 7, 5).

Cette paix, Notre Seigneur Jésus Christ l’a laissée à ses disciples avant sa mort comme un trésor inestimable en disant : » Je vous laisse ma paix, je vous donne la paix » (Jn 14, 27). L’Apôtre en parle aussi en ces termes : » Et la paix de Dieu qui surpasse toute intelligence gardera vos cœurs et vos pensées en Jésus-Christ » (Ph 4, 7).Si l’homme ne méprise pas les biens de ce monde, il ne peut avoir la paix. La paix s’acquiert par des tribulations. Celui qui veut plaire à Dieu doit traverser beaucoup d’épreuves. Rien ne contribue plus à la paix intérieure que le silence et, si possible, la conversation incessante avec soi-même et rare avec les autres. Nous devons donc concentrer nos pensées, nos désirs et nos actions sur l’acquisition de la Paix de Dieu et crier incessamment avec l’Église : » Seigneur ! Donne-nous la paix ! «

Comment conserver la paix de l’âme ?

De toutes nos forces il faut s’appliquer à sauvegarder la paix de l’âme et à ne pas s’indigner quand les autres nous offensent. Il faut s’abstenir de toute colère et préserver l’intelligence et le cœur de tout mouvement inconsidéré. Un exemple de modération nous a été donné par Grégoire le Thaumaturge. Abordé, sur une place publique, par une femme de mauvaise vie qui lui demandait le prix de l’adultère qu’il aurait soi-disant commis avec elle, au lieu de se fâcher, il dit tranquillement à son ami : Donne-lui ce qu’elle demande. Ayant pris l’argent, la femme fut terrassée par un démon. Mais le saint chassa le démon par la prière.

S’il est impossible de ne pas s’indigner, il faut au moins retenir sa langue… Afin de sauvegarder la paix, il faut chasser la mélancolie et tâcher d’avoir l’esprit joyeux… Quand un homme ne peut suffire à ses besoins, il lui est difficile de vaincre le découragement. Mais ceci concerne les âmes faibles. Afin de sauvegarder la paix intérieure, il faut éviter de juger les autres. Il faut entrer en soi-même et se demander «

Où suis-je ? « Il faut éviter que nos sens, spécialement la vue, ne nous donnent des distractions : car les dons de la grâce n’appartiennent qu’à ceux qui prient et prennent soin de leur âme.

De la garde du cœur

Nous devons veiller à préserver notre cœur de pensées et d’impressions indécentes. » Plus que sur toute chose, veille sur ton cœur, c’est de lui que jaillissent les sources de la vie » (Pr 4, 23). Ainsi naît, dans le cœur, la pureté. » Bienheureux les cœur purs, car ils verront Dieu » (Mt 5, 8).Ce qui est entré de bon dans le cœur, nous ne devons pas inutilement le répandre à l’extérieur : car ce qui a été amassé ne peut être à l’abri des ennemis visibles et invisibles que si nous le gardons, comme un trésor, au fond du cœur.

Le cœur, réchauffé par le feu divin, bouillonne quand il est plein d’eau vive. Si cette eau a été versée à l’extérieur, le cœur se refroidit et l’homme est comme gelé.

De la prière

Ceux qui ont décidé de vraiment servir Dieu doivent s’exercer a garder constamment son souvenir dans leur cœur et à prier incessamment Jésus Christ, répétant intérieurement : Seigneur Jésus Christ, Fils de Dieu, aie pitié de moi, pécheur… En agissant ainsi, et en se préservant des distractions, tout en gardant sa conscience en paix, on peut s’approcher de Dieu et s’unir à lui. Car, dit saint Isaac le Syrien, à part la prière ininterrompue, il n’y a pas d’autre moyen de s’approcher de Dieu (Homélie 69).

A l’église, il est bon de se tenir les yeux fermés, pour éviter les distractions ; on peut les ouvrir si l’on éprouve de la somnolence ; il faut alors porter son regard sur une icône ou sur un cierge allumé devant elle. Si pendant la prière notre esprit se dissipe, il faut s’humilier devant Dieu et demander pardon… car, comme dit saint Macaire » l’ennemi n’aspire qu’à détourner notre pensée de Dieu, de sa crainte et de son amour » (Homélie 2).
Lorsque l’intelligence et le cœur sont unis dans la prière et que l’âme n’est troublée par rien, alors le cœur s’emplit de chaleur spirituelle, et la lumière du Christ inonde de paix et de joie tout l’homme intérieur.

De la lumière du Christ

Afin de recevoir dans son cœur la lumière du Christ il faut, autant que possible, se détacher de tous les objets visibles. Ayant au préalable purifié l’âme par la contrition et les bonnes œuvres, ayant, pleins de foi au Christ crucifié, fermé nos yeux de chair, plongeons notre esprit dans le cœur pour clamer le Nom de Notre Seigneur Jésus Christ ; alors, dans la mesure de son assiduité et de sa ferveur envers le Bien-Aimé, l’homme trouve dans le Nom invoqué consolation et douceur, ce qui l’incite à chercher une connaissance plus haute.

Quand par de tels exercices l’esprit s’est enraciné dans le cœur, alors la lumière de Christ vient briller à l’intérieur, illuminant l’âme de sa divine clarté, comme le dit le prophète Malachie : » Mais pour vous qui craignez son Nom, le soleil de justice brillera, avec le salut dans ses rayons » (Ml 3, 20). Cette lumière est aussi la vie, d’après la parole de l’Évangile : » De tout être il était la vie, et la vie était la lumière de hommes » (Jn 1, 4).

Quand l’homme contemple au-dedans de lui cette lumière éternelle, il oublie tout ce qui est charnel, s’oublie lui-même et voudrait se cacher au plus profond de la terre afin de ne pas être privé de ce bien unique – Dieu.

De l’attention

Celui qui suit la voie de l’attention ne doit pas se fier uniquement à son propre entendement, mais doit se référer aux Écritures et comparer les mouvements de son cœur, et sa vie, à la vie et à l’activité des ascètes qui l’ont précédé. Il est plus aisé ainsi de se préserver du Malin et de voir clairement la vérité.

L’esprit d’un homme attentif est comparable à une sentinelle veillant sur la Jérusalem intérieure. A son attention n’échappe ni » le diable (qui) comme un lion rugissant, rôde cherchant qui dévorer » (1 P 5, 8), ni ceux qui » ajustent leur flèche à la corde pour viser dans l’ombre les cœurs droits » (Ps 10, 2). Il suit l’enseignement de l’Apôtre Paul qui a dit : » C’est pour cela qu’il vous faut endosser l’armure de Dieu, afin qu’au jour mauvais vous puissiez résister » (Ep 6, 13). Celui qui suit cette voie ne doit pas faire attention aux bruits qui courent ni s’occuper des affaires d’autrui… mais prier le Seigneur : » De mon mal secret, purifie-moi » (Ps 18, 13).

Entre en toi-même et vois quelles passions se sont affaiblies en toi ; lesquelles se taisent, par suite de la guérison de ton âme ; lesquelles ont été anéanties et t’ont complètement quitté. Vois si une chair ferme et vivante commence à pousser sur l’ulcère de ton âme – cette chair vivante étant la paix intérieure. Vois aussi quelles passions restent encore – corporelles ou spirituelles ? Et comment réagit ton intelligence ? Entre-t-elle en guerre contre ces passions, ou fait-elle semblant de ne pas les voir ? Et de nouvelles passions ne se sont-elles pas formées ? En étant ainsi attentif, tu peux connaître la mesure de la santé de ton âme.

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Extrait des Instructions spirituelles, dans Irina Goraïnoff, Séraphim de Sarov, Éditions Abbaye de Bellefontaine et Desclée de Brouwer, 1995. 

Le Christ Miséricordieux

La genèse de l’image est liée à une vision du Christ Miséricordieux que Soeur Faustine a eue le 22 février 1931, au monastère de Plock (Pologne). Pendant cette vision, le Christ lui a commandé de peindre une image avec une inscription en bas : Jésus, j’ai confiance en Toi (Jezu, ufam Tobie) : « Un soir, dans ma cellule »- dit Soeur Faustine dans son « Petit Journal » – « je vis Jésus vêtu d’une tunique blanche, une main levée pour bénir, la seconde touchant son vêtement sur la poitrine. De la tunique entrouverte sortaient deux grands rayons, l’un rouge, l’autre pâle. (…) Après un moment Jésus me dit » :

« Peins un tableau selon l’image que tu vois, avec l’inscription : Jésus, j’ai confiance en Toi. Je désire qu’on honore cette image, d’abord dans votre chapelle, puis, dans le monde entier » (47).

L’expression de l’image est étroitement liée à la liturgie du premier dimanche après Pâques (la Fête de la Miséricorde). L’Eglise lit ce jour-là l’Evangile selon Saint Jean sur l’apparition du Christ Ressuscité dans le Cénacle et l’institution du sacrement de pénitence (Jn 20, 19-29). Le tableau représente le Sauveur Ressuscité, qui apporte la paix aux hommes par la rémission des péchés, au prix de Sa Passion et de Sa mort sur la Croix. Les rayons de sang et d’eau sortant du Coeur (invisible sur le tableau) transpercé par la lance, ainsi que les stigmates de la Passion laissés par le crucifiement, rappellent les événements du Vendredi Saint (Jn 19, 17-18, 33-37). L’image de la Miséricorde Divine réunit donc ces deux événements Evangéliques qui parlent le plus clairement de l’Amour Miséricordieux de Dieu pour l’homme. Le caractère distinctif de ce portrait du Christ Ressucité est constitué par les deux rayons : L’un rouge et l’autre pâle. Lorsque Soeur Faustine avait demandé à Jésus la signification des rayons, Il lui a répondu :

« Ces deux rayons indiquent le sang et l’eau : le rayon pâle signifie l’eau, qui justifie les âmes ; le rayon rouge signifie le sang, qui est la vie des âmes… Ces deux rayons jaillirent des entrailles de ma Miséricorde, alors que mon Coeur, agonisant sur la Croix, fut ouvert par la lance » (299).

Il faut comprendre par ces paroles du Seigneur Jésus que l’âme est purifiée par les sacrements de Baptème et de pénitence, et elle se nourrit à profusion de l’Eucharistie, ainsi les deux rayons désignent les Saints sacrements mais aussi la Sainte Eglise née du côté transpercé du Christ et Nouvelle Alliance de Dieu avec l’homme conclue dans le sang de Jésus, ils désignent aussi les grâces et les dons de l’Esprit Saint dont l’eau est le symbole biblique. le Seigneur Jésus dit encore :

« Heureux, celui qui vivra dans leur ombre, car la main juste de Dieu ne l’atteindra pas » (299).

Souvent appelé » le tableau de la Miséricorde Divine « , l’icône dévoile explicitement l’Amour de Dieu pour l’homme ainsi que la grande Miséricorde Divine qui fut révélée pleinement dans le Mystère Pascal de la Rédemption, et qui s’accomplit sans cesse dans les sacrements de l’Eglise. L’icône est un vase pour puiser des grâces et un signe rappelant aux fidèles la nécessité d’avoir confiance en Dieu et de faire Miséricorde à leur prochain. Les paroles situées en bas de l’icône expriment elles aussi, l’attitude de confiance : Jésus, j’ai confiance en Toi. Jésus, a Lui-même demandé que l’icône rappelle la nécessité de pratiquer la charité, par ces paroles :

« Par cette image, je donnerai beaucoup de grâces aux âmes, elle doit leur rappeler les exigences de ma Miséricorde, car même la Foi la plus forte (163) ne sera rien sans l’action » (742).

La vénération de cette icône consiste en une prière pleine de confiance, liée à des actes de Miséricorde. Au culte de l’image Jésus a attaché les promesses suivantes : la grâce du salut, de grands progrès dans la voie de la perfection chrétienne, la grâce de bien mourir ainsi que toutes sortes de grâces et de biens nécessaires pour vivre ici-bas, pourvu que l’on prie avec confiance.

Paroles du Seigneur Jésus à Soeur Faustine :

« Je donne aux hommes un vase, avec lequel ils doivent venir puiser la grâce à la source de la Miséricorde. Ce vase, c’est cette image avec l’inscription : Jésus, j’ai confiance en Toi » (327).

« Par cette image j’accorderai beaucoup de grâces aux âmes, que chaque âme ait donc accès à elle » (570).
« Je promets que l’âme qui honorera cette image ne sera pas perdue. Je lui promets aussi la victoire sur ses ennmis dès ici-bas, et spécialement à l’heure de la mort. Moi-même, je la défendrai comme ma propre gloire » (48).

« Les flammes de la Miséricorde me brûlent, je veux les répandre sur les âmes humaines » (50) .

« Oh ! quelle douleur elles me causent, quand elles ne veulent pas les recevoir (…). Dis à l’humanité douloureuse de se blottir dans mon Coeur Miséricordieux et je la comblerai de paix » (1074).

« L’humanité ne trouvera pas la paix tant qu’elle ne se tournera pas avec confiance vers ma Miséricorde » (300).

« Parle au monde de ma Miséricorde, que l’humanité entière apprenne à connaître mon insondable Miséricorde. C’est un signe pour les derniers temps, après viendra (230) le jour de la justice. Tant qu’il en est temps, que les hommes aient recours à la source de ma Miséricorde, qu’ils profitent du sang et de l’eau qui ont jailli pour eux » (848).

« Avant de venir comme Juge équitable, j’ouvre d’abord toutes grandes les portes de ma Miséricorde. Qui ne veut pas passer par la porte de ma Miséricorde, doit passer par la porte de ma justice… » (1146).

Acte de consécration à Jésus Miséricordieux

Très Miséricordieux Jésus, Ta bonté est infinie et les trésors de Tes grâces sont inépuisables. J’ai une confiance sans borne en Ta Miséricorde qui dépasse toutes Tes œuvres (Ps 144, 9). Je me consacre totalement et sans réserves à Toi, afin de vivre et de tendre à la perfection chrétienne dans les rayons qui jaillirent de Ton Divin Coeur transpercé sur la Croix.

Je désire propager Ta Miséricorde en accomplissant des œuvres spirituelles et corporelles de Miséricorde, et particulièrement en convertissant les pécheurs, en aidant les pauvres, en consolant les affligés et les malades, en priant pour les agonisants et les âmes qui souffrent au purgatoire.

Protège-moi, car, devant servir à Ta propre gloire, je crains tout de ma faiblesse, mais, en même temps, j’espère tout obtenir de Ton inépuisable Miséricorde. Ô Bon Sauveur, puisse l’humanité entière connaître l’abîme insondable de Ta Miséricorde, avoir confiance en sa toute-puissance et la glorifier ici-bas et dans l’éternité.
Amen.

Source