Traité de la prière II – Chapitre CXXIII, CXXIV, CXXV

CXXIII.- Des autres vices des mauvais ministres.

1. Apprends, ma fille bien-aimée, la source véritable de toute cette corruption. C’est la sensualité, qui, avec l’amour-propre, triomphe de l’âme et la rend esclave, tandis que je l’ai affranchie avec le sang de mon Fils, lorsque tout le genre humain fut délivré de la servitude et de la puissance du démon, toute créature raisonnable participe à cette grâce, mais mes ministres sont particulièrement affranchis de la servitude du monde; ils sont choisis pour me servir et pour administrer les sacrements de la sainte Église. Je les ai rendus indépendants, et je ne veux pas qu’aucun prince temporel se fasse leur juge.

2. Sais-tu, ma fille bien-aimée, comment ils reconnaissent les grands bienfaits qu’ils ont reçus de moi? Ils me remercient en m’outrageant sans cesse par tant de vices et de crimes, que tu ne pourrais jamais les redire, et que tu n’aurais pas même la force de les entendre. Je veux t’en dire cependant encore quelque chose, pour que tu puisses gémir sur eux et en avoir compassion.

3. Ils devaient s’asseoir au banquet de la Croix par leurs saints désirs, et s’y nourrir du salut des âmes, pour m’honorer: toute créature raisonnable doit le faire mais ils doivent le faire bien davantage, puisque je les ai choisis pour distribuer le corps et le sang de Jésus crucifié, mon Fils, pour vous donner l’exemple d’une sainte vie et pour se rassasier de vos âmes, en suivant ma vérité avec une infatigable ardeur. Ils vont au contraire dans les tavernes; ils jurent et blasphèment, ils affichent publiquement leurs vices; ils deviennent, dans leur aveuglement, des animaux sans raison, et toutes leurs actions, toutes leurs paroles respirent le mal.

4. Ils ne savent plus ce que c’est que l’Office, et, s’ils le disent quelquefois, c’est avec les lèvres seulement, mais leur cœur est loin de moi. Ils se conduisent comme des libertins. Après avoir joué et perdu leur âme, ils jouent et risquent les biens de l’Église et ce qu’ils ont reçu en vertu du sang de mon Fils. Aussi les pauvres n’ont pas ce qui leur est dû; l’Église est dépouillée et n’a pas ce qui est nécessaire au culte. Comment peuvent-ils avoir soin de mon temple, puisqu’ils sont devenus les temples du démon? Cette pompe qu’ils devaient déployer dans l’Église pour honorer le sang de mon Fils, ils la mettent dans les maisons qu’ils habitent (Et quod etiam deterius est, ipsi faciunt veluti sponsus, qui sponsam propriam ornat: ita faciunt isti daemones incarnati, qui de substantia temporali suarum ecciesiarum ornant abominabiles atque daemoniacas suas concubinas, cum quibus inique, sceleratissime vivunt, et absque verecundia quacumque faciunt eas ad ecclesiam cum allis ambulare, atque divinis officiis interesse, dum ipsi miserabiles in altari consistunt ad consecrandum unigeniti Filii mei corpus et sanguinem. Nec erubescunt quod infelices illae concubinae filios eorunt ad manum adducant ut offerant una cum alio populo.).

5. O démons plus démons que les démons, si au moins vos iniquités étaient ignorées de ceux qui vous sont soumis! En les commettant secrètement, vous m’offenseriez et vous vous perdriez, mais vous ne perdriez pas le prochain par le scandale de votre vie. Vos exemples empêchent les autres de sortir du vice, et les font tomber dans des péchés semblables, et dans de plus grands encore. Est-ce la pureté que j’exige de mes ministres, surtout quand ils vont célébrer à l’Autel? Doivent-ils ainsi, le matin, l’âme et le corps souillés par le péché, se lever pour offrir le Sacrifice?

6. O tabernacle du démon, où sont tes veilles de la nuit, et l’Office que tu devais réciter? où sont tes continuelles et ferventes prières? Pendant cette nuit même, tu devais te préparer aux fonctions que tu avais à remplir au commencement du jour, en t’examinant et en te reconnaissant indigne d’un si grand ministère; tu devais reconnaître que c’était ma bonté, et non pas ton mérite, qui te l’avait fait donner pour l’utilité des autres créatures.

CXXIV.- Combien sont coupables ces ministres prévaricateurs.

1. Songe, ma fille bien-aimée, que j’exige des fidèles et des prêtres, dans ce sacrement, toute la pureté que l’homme peut avoir sur terre. Tous, vous devez faire sans cesse vos efforts pour l’acquérir, et vous devez penser que si les anges eux-mêmes pouvaient se purifier, ils devraient le faire pour remplir un semblable ministère. Mais cela ne peut être; leur nature n’a pas besoin d’être purifiée, car la souillure du péché ne peut les atteindre. Je te dis seulement cela pour te faire comprendre quelle pureté je réclame de vous’ et surtout des prêtres dans ce Sacrement. Hélas! les malheureux font tout le contraire; car ils s’en approchent non seulement tout souillés de ces impuretés auxquelles vous êtes entraînés par votre fragile nature, quoique la raison, si le libre arbitre le veut, puisse dompter sa révolte; mais encore, loin de surmonter ces faiblesses, ils vont au delà, et commettent le péché que j’ai maudit.

2. Les insensés ont obscurci la lumière de leur intelligence, et ils ne voient plus la corruption et la fange où ils sont plongés. Ce péché me cause une si grande horreur, que, pour le punir, ma vengeance a englouti cinq villes. Ma justice ne pouvait les supporter, tant ce péché me fait horreur; et ce n’est pas à moi seulement, car il répugne aux démons même, que ces malheureux ont choisis pour maîtres. Ce n’est pas que le mal leur déplaise, ils ne peuvent aimer aucun bien; mais, parce qu’ils ont reçu une nature angélique, ils ne peuvent, à cause de cela, voir commettre une telle monstruosité; ils lancent, il est vrai, la flèche empoisonnée par le venin de la concupiscence; mais, quand s’accomplit l’acte du péché, ils s’enfuient, comme je te l’ai dit.

3. Rappelle-toi qu’avant la peste, je t’ai montré combien j’avais en horreur ce péché et combien le monde en était infecté. Je t’élevai alors au-dessus de toi-même dans l’ardeur de tes désirs, et je te fis voir l’univers tout entier. Tu vis ce malheureux péché dans presque toutes les conditions, et les démons qui s’enfuyaient pour ne pas le voir, et l’infection qu’il causait; la peine que tu en ressentais dans ton âme était si grande, que tu te croyais sur le point de mourir. Et tu n’apercevais pas pour toi et mes autres serviteurs un endroit où vous puissiez vous réfugier, car cette lèpre était répandue partout; tu ne trouvais aucun asile parmi les petits et les grands, parmi les vieux et parmi les jeunes; les religieux et les laïques; les maîtres et les serviteurs, presque tous avaient l’âme et le corps souillés de ce vice maudit.

4. Je t’ai montré cependant, au milieu de tous ces coupables, un grand nombre de préservés; car, parmi les méchants, j’ai toujours des élus, dont la vertu et les bonnes œuvres retiennent ma justice et m’empêchent de commander aux rochers d’écraser les coupables, à la terre de les engloutir, aux animaux de les dévorer, et aux démons d’emporter leur âme et leur corps. Je cherche même des moyens pour pouvoir leur faire miséricorde, en les faisant changer de vie: j’y emploie mes serviteurs qui sont purs de cette lèpre, et je les fais prier pour eux.

5. Quelquefois je leur dévoile ces honteux péchés, pour qu’ils soient plus ardents à désirer leur salut, pour qu’ils m’invoquent avec une plus grande compassion et une plus vive douleur de ces outrages, et pour que j’exauce leurs prières comme j’ai exaucé les tiennes car, si tu te le rappelles, lorsque je te fis sentir quelque chose de cette infection, tu en souffrais tant, que tu n’en pouvais plus et que tu me disais: « O Père éternel, ayez pitié du moi et de toutes les créatures, ou bien retirez mon âme de mon corps, car il me semble que je ne puis plus y résister. Donnez-moi quelque soulagement et montrez-moi un lieu où, moi et vos autres serviteurs, nous puissions nous reposer, sans que cette lèpre puisse nous suivre et altérer la pureté de nos âmes et de nos corps ».

6. Je te répondis, en jetant sur toi un regard de tendresse: « Ma fille, votre repos est de rendre honneur et gloire à mon nom, et de m’offrir l’encens d’une continuelle prière pour ces malheureux dont les péchés méritent les rigueurs de mes jugements. Votre asile est Jésus crucifié, mon Fils unique; réfugiez-vous, cachez-vous dans la plaie de son côté; l’amour vous y fera goûter, par son humanité, ma nature divine. Dans son cœur entr’ouvert vous trouverez ma charité et celle du prochain; car, pour honorer son Père et accomplir les ordres que je lui avais donnés pour vous sauver, il a couru à la mort ignominieuse de la Croix. En voyant et en goûtant cet amour vous suivrez sa doctrine, et vous vous rassasierez au banquet de la Croix, en supportant avec charité, avec une véritable patience, votre prochain et les peines, les travaux, les fatigues, de quelque côté qu’elles viennent. C’est ainsi que vous vous sauverez et que vous éviterez la lèpre. C’est le moyen que je t’ai donné et que je donne à tous mes serviteurs « .

7. Cela n’empêcha pas ton âme de sentir cette infection, et ton intelligence de voir ces ténèbres; mais ma providence y pourvut, car, en participant au corps et au sang de mon Fils, Dieu et homme parfait, tels que vous les recevez à l’Autel, comme preuve de la vérité, l’infection fut détruite par le parfum que vous donne ce sacrement, et les ténèbres furent dissipées par la lumière que vous y trouvez. Un miracle de ma bonté fit rester l’odeur de ce Sang dans ta bouche, et tu en jouis pendant plusieurs jours.

8. Tu vois, ma fille bien-aimée, combien ce péché m’est odieux en toute créature: mais songe qu’il doit m’irriter bien davantage en ceux que j’appelle à vivre dans la continence, et surtout en ceux que j’ai séparés du monde par la vie religieuse ou par le sacerdoce, pour leur faire porter des fruits dans le corps mystique de l’Église. Vous ne pourrez jamais comprendre combien ce péché me déplaît plus en eux que dans tous ceux qui vivent dans le monde ou qui devraient vivre dans la continence.

9. Je t’ai dit qu’ils étaient des lampes placées sur le candélabre pour répandre ma lumière par leur vertu et par leur vie, et ils ne répandent que les ténèbres. Ils sont si pleins de ténèbres, qu’ils n’entendent pas la Sainte Écriture, où mes élus puisent la lumière avec la lumière surnaturelle que je leur donne. Parce qu’ils sont enflés d’orgueil et souillés d’impureté; ils ne voient et ne comprennent que l’écorce et la lettre, sans y trouver aucune saveur. Le goût de leur amour est vicié par l’amour-propre et corrompu par l’orgueil; ils ne se repaissent que d’impuretés et ne songent qu’à jouir de leurs plaisirs coupables. La cupidité, l’avarice les poussent au mal, qu’ils commettent publiquement sans honte; et ils exercent l’usure, que j’ai défendue et qui rend si misérables ceux qui s’y livrent.

CXXV.- Des maux que ces vices causent dans le monde.

1.- Comment ceux qui ont de pareils vices pourraient-ils reprendre, corriger et punir ceux qui leur sont soumis? Leurs fautes leur ôtent nécessairement le courage et le zèle de la sainte justice; et si quelquefois ils veulent parler, les coupables savent leur dire: Médecin, guéris-toi d’abord (S. Luc, IV, 23), tu me soigneras ensuite, et je prendrai les remèdes que tu me diras. Il est plus vicieux que moi, et il me fait des reproches.

2. Celui-là fait mal qui veut reprendre les autres par sa parole, sans y ajouter une bonne et sainte vie. Qu’il soit bon ou mauvais, le supérieur doit toujours reprendre le vice dans ceux qui lui sont soumis; mais il fait mal de ne pas le combattre, surtout par ses exemples. Celui-là fait plus mal encore qui ne reçoit pas humblement la correction et qui ne change pas de conduite, que l’avertissement vienne d’un b’on ou d’un mauvais supérieur; car il nuit plus à lui-même qu’aux autres, et c’est lui qui sera puni de ses fautes.

3. Tous ces maux arrivent, ma très chère fille, parce que les pasteurs ne corrigent pas les autres par une bonne et sainte vie. Et pourquoi ne le font-ils pas? Parce qu’ils sont aveuglés par l’amour-propre, qui est la source de tous leurs vices. Ils ne songent qu’aux moyens de se procurer de Coupables jouissances. C’est l’unique pensée des pasteurs et du troupeau, des clercs et des religieux.

4. Hélas! ma douce fille, où est l’obéissance des religieux qui devraient vivre comme des anges dans leur Ordre, et qui sont pires que les démons! Ils sont choisis pour annoncer ma doctrine et ma vérité; mais le bruit de leur parole est inutile, ils ne produisent aucun fruit dans le cœur de leurs auditeurs. Leurs prédications sont plutôt faites pour plaire aux hommes et charmer leurs oreilles que pour m’honorer. Ils s’appliquent non pas à bien vivre, mais à bien parler. Ils ne sèment pas le bon grain de ma Vérité, et ne travaillent pas à arracher les vices et à faire renaître les vertus. Comme ils n’ont point arraché les épines de leur jardin, ils ne cherchent pas à enlever celles du jardin des autres.

5. Toute leur jouissance est de parer leur corps, leurs chambres, et d’aller causer dans la ville; ils ressemblent aux poissons, qui meurent dès qu’ils sont hors de l’eau. Ces religieux qui vivent si légèrement se perdent en quittant leur cellule, dont ils devraient faire un ciel; ils courent les rues, cherchant les maisons, de leurs parents et des gens, du monde; ils plaisent aux séculiers relâchés et aux supérieurs coupables, qui leur laissent toute liberté, au lieu, de les tenir sévèrement, Ces mauvais pasteurs ne s’inquiètent pas de voir leurs frères entre les mains du démon; souvent ils les lui livrent eux-mêmes.

6. Tous ces malheurs sont causés par les supérieurs qui ne veillent pas sur ceux qui leur sont confiés. Ils les laissent libres et les envoient eux-mêmes, comme s’ils ne connaissaient pas leurs misères et le dégoût qu’ils ont de leur cellule. C’est ainsi que vient pour, eux la mort. Tu ne pourrais jamais dire leur iniquité et par quels moyens déplorables ils m’offensent. Ils sont devenus les armes du démon, et ils répandent le poison de leur corruption au dedans et au dehors.

7. Ils scandalisent à la fois les séculiers et les religieux. Ils n’ont pas la charité fraternelle: tous veulent dominer, tous cherchent à posséder, contrairement au précepte et au vœu qu’ils ont fait. Ils ont promis d’observer la règle, et ils la violent; non, seulement ils ne l’observent pas, mais ils se jettent comme des loups affamés sur les agneaux qui veulent la suivre. Ils les accablent de mépris et de souillures. Les malheureux s’imaginent, en persécutant et en tournant en dérision les bons religieux, cacher leurs défauts, et ils les font paraître bien davantage. Voilà le maI qui désole les jardins de l’Église les saints Ordres établis et fondés par l’Esprit Saint.

8. Un Ordre en lui-même ne peut être gâté et corrompu par les défauts des inférieurs et des supérieurs; celui qui veut y entrer ne doit pas faire attention à ceux qui sont mauvais, mais il doit s’appuyer sur la règle qui ne peut faiblir, et ne la point abandonner jusqu’à la mort. Les jardins de la vie religieuse sont ainsi désolés par les supérieurs et les inférieurs relâchés qui n’observent pas la règle, ne tenant aucun compte des usages, et ne faisant leurs cérémonies que pour plaire au public et cacher leurs vices.

9. Tu vois qu’ils n’observent pas leur premier vœu, qui est d’obéir à leurs constitutions. Je te parlerai ailleurs de l’obéissance. Ils ont également promis d’observer la pauvreté volontaire et la continence. Comment l’observent-ils? Vois les propriétés et les richesses qu’ils possèdent, contrairement à la charité qui devrait leur faire partager tous ces biens avec leurs frères, comme l’exige leur règle. Ils ne veulent engraisser qu’eux et leurs animaux: une bête nourrit ainsi les autres. Tandis que leurs pauvres frères meurent de froid et de faim, ils sont bien vêtus et, bien nourris: ils ne pensent pas aux autres, et ne veulent pas se trouver avec eux à la pauvre table du réfectoire. Leur bonheur est de se trouver où ils peuvent s’emplir de viande et satisfaire leur gloutonnerie.

10. Peuvent-ils observer, ainsi leur troisième vœu de continence? Un estomac chargé ne rend pas l’esprit chaste: aussi deviennent-ils lascifs, et sentent-ils des mouvements désordonnés qui les font tomber de faute en faute. Leur richesse les entraîne aussi dans de grandes chutes; car, s’ils n’avaient rien à dépenser, ils ne vivraient pas dans le désordre et n’auraient pas des relations coupables. L’amour et l’amitié fondés sur l’intérêt ou le plaisir, et non sur la parfaite charité, ne durent pas quand on n’a rien à donner.

11. Les malheureux, dans quelle misère les précipite le péché! et je les avais élevés à une si grande dignité! Ils fuient l’église comme la peste; et s’ils s’y trouvent, ils prient des lèvres, mais leur cœur est loin de moi. Ils ont pris l’habitude d’aller à l’Autel sans aucune préparation, comme ils iraient à une table ordinaire. Tous ces maux et bien d’autres dont je ne veux plus te parler, pour ne pas souiller tes oreilles, tous ces maux sont causés par les mauvais supérieurs, qui ne corrigent pas et ne punissent pas les fautes de leurs inférieurs. Ils n’ont aucun zèle pour la règle, parce qu’ils ne l’observent pas eux-mêmes.

12. Ils imposent bien les grands fardeaux de l’obéissance à ceux qui veulent l’observer, et ils les punissent même des fautes qu’ils n’ont pas commises. Ils agissent ainsi parce que la perle de la justice ne brille pas en eux. L’injustice les fait au contraire poursuivre de leur haine et de leurs rigueurs ceux qui mériteraient leur affection et leur bienveillance, tandis qu’ils aiment et favorisent ceux qui sont les membres du démon et ils leur confient les charges de l’Ordre. Ils vivent comme des aveugles; et comme des aveugles aussi, ils distribuent les fonctions et gouvernent leurs inférieurs. S’ils ne se corrigent pas, ils tomberont dans la damnation éternelle, et ils auront à rendre compte des âmes de leurs inférieurs devant moi, le souverain Juge; ils ne pourront se justifier, et ils recevront le châtiment qu’ils méritent.