Archives de catégorie : Indulgences

L’indulgence est la rémission devant Dieu de la peine temporelle due pour les péchés dont la faute est déjà effacée.

Le Dogme du Purgatoire – Seconde partie – Chapitres 16, 17

Chapitre 16 – Soulagement des âmes

Liturgie de l’Église – Commémoration des morts

La sainte Église possède une liturgie particulière pour les défunts: elle se compose des vêpres, des matines, des laudes et de la messe, appelée communément messe de Requiem. Cette liturgie aussi touchante que sublime, à travers le deuil et les larmes fait briller aux yeux des fidèles la consolante lumière de l’immortalité. Elle se déploie aux funérailles de ses enfants, et surtout au jour solennel de la Commémoration des morts. La sainte Messe y tient la première place, elle est comme le centre divin auquel toutes les autres prières et cérémonies se rapportent. Le lendemain de la Toussaint, à la grande solennité des Trépassés, tous les prêtres doivent célébrer le Sacrifice pour les défunts; tandis que les fidèles se font un devoir d’y assister, et même d’offrir la sainte Communion, des prières et des aumônes, pour soulager leurs frères du purgatoire.

Cette Fête des défunts n’est pas très anicienne. Dès le principe l’Église a prié pour ses enfants trépassés: elle chantait des psaumes, récitait des prières, offrait la sainte messe pour le repos de leurs âmes. Cependant nous ne voyons pas qu’il y eût une fête particulière pour recommander à Dieu tous les morts en général. Ce ne fut qu’au Xe siècle, que l’Église, toujours dirigée par le Saint-Esprit, institua la Commémoration de tous les fidèles défunts, pour engager les fidèles vivants à remplir avec plus de soin et de ferveur, le grand devoir de la prière pour les morts, prescrit par la charité chrétienne.

Saint Odilon

Le berceau de cette touchante solennité fut l’abbaye de Cluni. Saint Odilon (Premier janvier), qui en était abbé à la fin du Xe siècle, édifiait la France par sa charité envers le prochain. Étendant jusqu’aux morts sa commisération, il ne cessait de prier et de faire prier pour les âmes du purgatoire. Ce fut cette tendre charité qui lui inspira d’établir dans son monastère de Cluni ainsi que dans toutes les dépendances, la fête de la Commémoration de tous les trépassés. On croit, dit l’historien Bérault, qu’il y fut engagé par une révélation du ciel; car Dieu daigna manifester d’une manière miraculeuse combien la dévotion d’Odilon lui était agréable. Voici comme la chose est rapportée par les historiens.

Tandis que le saint Abbé gouvernait son monastère en France, un pieux ermite vivait dans une petite île sur les côtes de Sicile. Un pèlerin français qui revenait de Jérusalem, fut jeté sur ce rocher par une tempête. L’ermite qu’il alla visiter, lui demanda s’il connaissait l’abbaye de Cluni et l’Abbé Odilon ? « Assurément, répondit le pèlerin, je les connais et me fais gloire de les connaître « ; mais vous, comment les connaissez-vous ? Et pourquoi me faites-vous cette « question ? – J’entends souvent, répliqua le solitaire, les malins esprits se « plaindre des personnes pieuses, qui, par leurs prières et leurs aumônes, « délivrent les âmes des peines qu’elles souffrent en l’autre vie; mais ils se « plaignent principalement d’Odilon, Abbé de Cluni, et de ses religieux. Quand « donc vous serez arrivé dans votre patrie, je vous prie au nom de Dieu d’exhorter « ce saint Abbé et ses moines à redoubler leurs bonnes œuvres en faveur des « pauvres âmes. »

Le pèlerin se rendit à l’abbaye de Cluni et s’acquitta de sa commission. En conséquence, saint Odilon ordonna que dans tous les monastères de son institut, on fit tous les ans, le lendemain de la Toussaint, la commémoration de tous les fidèles trépassés, en récitant dès la veille les vêpres des morts et le lendemain les matines; en sonnant toutes les cloches et en célébrant une Messe solennelle pour les défunts. – On conserve encore le décret qui en fut dressé à Cluni, l’an 998, tant pour ce monastère que pour tous ceux de sa dépendance. Une pratique si pieuse passa bientôt à d’autres églises, et devint après quelque temps l’observance universelle de tout le monde catholique.

Chapitre 17 – Soulagement des âmes

Sacrifice de la Messe – Le Frère Jean de l’Alverne, à l’autel

Les annales de l’ordre séraphique nous parlent d’un saint religieux appelé Jean de l’Alverne: il aimait ardemment Notre-Seigneur Jésus-Christ, et embrassait dans le même amour les âmes rachetées par son sang et si chères à son Cœur. Celles qui souffrent dans les prisons du purgatoire avaient une large part à ses prières, à ses pénitences, à ses Sacrifices. Dieu daigna un jour lui faire voir les admirables et consolants effets du divin Sacrifice offert, le jour des morts, sur tous les autels. Le serviteur de Dieu célébrait la messe pour les défunts en cette solennité, lorsque ravi en esprit, il vit le purgatoire ouvert et les âmes qui en sortaient, délivrées par la vertu du Sacrifice de propitiation: elles ressemblaient à d’innombrables étincelles qui s’échappaient d’une fournaise ardente.

On s’étonnera moins des puissants effets de la sainte messe, si l’on se rappelle que ce sacrifice est identiquement le même que celui que le Fils de Dieu offrit sur la croix: c’est le même prêtre, dit le saint Concile de Trente, c’est la même victime; il n’y a que le mode d’immolation qui diffère: sur la croix l’immolation fut sanglante, sur nos autels elle est non-sanglante.

Or le sacrifice de la croix étant d’un prix infini, celui de l’autel est aux yeux de Dieu d’une valeur égale. Remarquons toutefois, que l’efficacité de ce divin sacrifice n’est appliquée aux défunts que partiellement, et dans une mesure connue de la seule justice de Dieu.

Sainte Madelaine de Pazzi

La passion de Jésus-Christ et son précieux sang, répandu pour notre salut, sont un océan inépuisable de mérites et de satisfactions. C’est par la vertu de cette passion sainte que nous obtenons tous les dons et toutes les miséricordes du Seigneur. La seule commémoration qu’on en fait par manière de prière, lorsqu’on offre à Dieu le sang de son Fils unique pour implorer sa miséricorde, cette prière, dis-je, appuyée ainsi sur la passion de Jésus-Christ, est d’une grande puissance devant Dieu. Sainte Madeleine de Pazzi avait appris de Notre-Seigneur à offrir au Père éternel le sang de son divin Fils: c’était une simple commémoration de la passion. Elle la faisait cinquante fois chaque jour; et dans une de ses extases, le Sauveur lui fit voir un grand nombre de pécheurs convertis et d’âmes du purgatoire délivrées par cette pratique: « Toutes les fois, ajouta-t-il, qu’une créature offre à mon Père ce sang par lequel « elle a été rachetée, elle lui offre un don d’un prix infini. » – Si telle est la valeur d’une offrande commémorative de la passion, que dire du sacrifice de la Messe, qui est le renouvellement véritable de cette même passion ?

Saint Malachie et sa sœur

Beaucoup de chrétiens ne connaissent pas suffisamment la grandeur des Mystères divins qui s’accomplissent sur nos autels; la faiblesse de leur foi se joignant au manque de connaissance, les empêche d’apprécier le trésor qu’ils possèdent dans le divin sacrifice, et le leur fait regarder avec une sorte d’indifférence. Hélas ! Ils verront plus tard avec de douloureux regrets combien, ils se sont trompés. La sœur de saint Malachie, archevêque d’Armagh en Irlande nous en offre un frappant exemple.

Dans sa belle Vie de S. Malachie (8 novembre), S. Bernard loue hautement la dévotion de ce prélat envers les âmes du purgatoire. N’étant encore que diacre, il aimait à assister aux funérailles des pauvres et à la messe qu’on célébrait pour eux; il accompagnait même leurs corps jusqu’au cimetière, avec d’autant plus de zèle, qu’il voyait ces malheureux d’ordinaire trop négligés après leur mort. Mais il avait une sœur qui, toute remplie de l’esprit du monde, trouvait que son frère, en se rapprochant ainsi des pauvres, se dégradait, s’avilissait, et sa famille avec lui. Elle lui en fit des reproches et montra par son langage qu’elle ne comprenait ni la charité chrétienne, ni la divine excellence du sacrifice de la messe. – Malachie n’en continua pas moins l’exercice de son humble charité, se contentant de répondre à sa sœur qu’elle oubliait les enseignements de Jésus-Christ, et qu’elle se repentirait un jour de ses paroles indiscrètes.

Cependant le ciel ne laissa pas impunie l’imprudente témérité de cette femme: elle mourut jeune encore, et alla rendre compte au souverain Juge de sa vie peu chrétienne. Malachie avait eu à se plaindre d’elle; mais quand elle fut morte, il oublia tous les torts qu’elle avait eus à son égard; ne pensant plus qu’aux besoins de son âme, il offrit le saint sacrifice et pria beaucoup pour elle. A la longue cependant, ayant à prier pour bien d’autres défunts, il perdit un peu de vue sa pauvre sœur. On peut croire, ajoute le P. Rossignoli, que Dieu avait permis cet oubli en punition de l’insensibilité qu’elle avait témoignée envers les trépassés.

Quoi qu’il en soit, elle apparut à son saint frère pendant son sommeil. Malachie la vit se tenant au milieu de la cour qui s’étendait devant l’église, triste, vêtue de noir, sollicitant sa compassion et se plaignant de ce que depuis trente jours il ne l’avait plus soulagée. Il se réveilla en sursaut et se rappela qu’en effet depuis trente jours il n’avait plus célébré la messe pour sa sœur. Dès le lendemain il recommença à offrir pour elle le saint sacrifice. Alors la défunte lui apparut à la porte de l’église, assise sur le seuil et gémissant de n’y pourvoir entrer. Il continua donc ses suffrages. Quelques jours après il la vit entrer dans l’église et s’avancer jusqu’au milieu, mais sans pouvoir, malgré tous ses efforts se rapprocher de l’autel. Il fallait donc l’aider davantage, et le Saint offrit d’autres messes. Enfin quelques jours après, il la vit près de l’autel, vêtue d’habits magnifiques, toute rayonnante de joie et délivrée de ses peines.

On voit par-là, ajoute S. Bernard, combien grande est l’efficacité du saint Sacrifice pour ôter les péchés, pour combattre les puissances adverses, et pour introduire au ciel les âmes qui ont quitté la terre.

Le Dogme du Purgatoire – Seconde partie – Chapitres 14, 15

Chapitre 14 – Soulagement des âmes

La sainte Messe. – Le Père Gérard.

Voici des effets surnaturels d’un genre différent, mais qui rendent également sensible la vertu de la messe pour les défunts. Nous le trouvons dans les mémoires du Père Gérard, missionnaire jésuite anglais et confesseur de la foi, pendant les persécutions d’Angleterre au XVIe siècle. Après avoir raconté comment il reçut l’abjuration d’un gentilhomme protestant, marié à l’une de ses cousines, le Père Gérard ajoute: « Cette conversion en amena une autre, entourée de circonstances assez extraordinaires. Mon nouveau converti alla voir un de ses amis, dangereusement malade: c’était un homme droit, retenu dans l’hérésie plus par illusion que pour d’autres motifs. Le visiteur le pressant vivement de se convertir et de penser à son âme, obtint de lui la promesse de se confesser. Il l’instruisit de tout, lui apprit à exciter dans son âme la douleur de ses péchés, et alla chercher un prêtre. Il eut beaucoup de peine à en trouver un, et pendant ce temps le malade mourut. – Avant d’expirer, le pauvre mourant avait souvent demandé si son ami reviendrait avec le médecin qu’il avait promis de lui amener: il appelait ainsi le prêtre catholique.

Ce qui arriva ensuite sembla montrer que Dieu avait agréé la bonne volonté du défunt. Les nuits qui suivirent sa mort, sa femme, une protestante, vit dans la chambre une lumière qui s’agitait autour d’elle et pénétra même dans son alcôve. Effrayée, elle voulut que ses filles de service couchassent dans la chambre; mais celles-ci ne virent rien, bien que la lumière continuât de paraître aux yeux de leur maîtresse. La pauvre Dame envoya chercher l’ami, dont son mari avait attendu le retour avec un si vif désir, lui exposa ce qui se passait, et demanda ce qu’il y avait à faire.

Cet ami, avant de répondre, consulta un prêtre catholique. Le prêtre lui dit que, probablement, cette lumière était pour la femme du défunt un signe surnaturel, par lequel Dieu l’invitait à revenir à la vraie foi. La Dame fut vivement impressionnée de cette parole: elle ouvrit son cœur à la grâce et se convertit à son tour.

Un fois catholique, elle fit célébrer la messe dans sa chambre pendant assez longtemps; mais la lumière revenait toujours. Le prêtre considérant les circonstances devant Dieu, pensa que le défunt, sauvé par son repentir accompagné du désir de la confession, se trouvait au purgatoire et avait besoin de prières. Il conseilla à la Dame de faire dire la messe pour lui pendant trente jours, conformément au vieil usage des catholiques anglais. La bonne veuve le fit; et la nuit du trentième jour, au lieu d’une lumière, elle en aperçut trois: deux semblaient en soutenir une autre. Les trois lumières entrèrent dans l’alcôve, puis montèrent au ciel pour ne plus revenir. – Ces lumières mystérieuses semblent avoir indiqué les trois conversions et l’efficacité du sacrifice de la messe pour ouvrir aux défunts l’entrée au ciel.

Le trentain ou les trente messes de S. Grégoire

Le trentain, ou les trente messes qu’on dit pendant trente jours consécutifs, n’est pas seulement un usage anglais, comme l’appelle le P. Gérard; il est aussi fort répandu en Italie et dans d’autres pays de la chrétienté. On appelle ces messes les trente messes de S. Grégoire, parce que la pieuse coutume en semble remonter à ce grand Pape. Voici ce qu’il rapporte dans ses Dialogues, liv. 4, cham. 40.

Un religieux de son monastère, appelé Juste, avait reçu et gardé en propriétaire trois écus d’or. C’était une faute grave contre son vœu de pauvreté; il fut découvert et frappé d’excommunication. Cette peine salutaire le fit rentrer en lui-même, et quelque temps après il mourut dans de vrais sentiments de repentir. Cependant S. Grégoire, pour inspirer à tous les frères une vive horreur du crime de propriété dans un religieux, ne leva pas pour cela l’excommunication; Juste fut enterré à l’écart, et on jeta dans la fosse les trois écus, pendant que les religieux répétaient tous ensemble la parole de S. Pierre à Simon le Magicien: Pecunia tua tecum sit in perditionem, que ton argent périsse avec toi.

Quelque temps après, le saint Abbé, jugeant que le scandale était assez réparé, et touché de compassion pour l’âme de Juste, fit appeler l’économe, et lui dit avec tristesse: « Depuis le moment de sa mort notre frère défunt est torturé « dans les flammes du purgatoire; nous devons par charité nous efforcer de l’en « délivrer. Allez donc, et à partir d’aujourd’hui, ayez soin que le saint Sacrifice « soit offert pour lui pendant trente jours: n’en laissez-passer aucun sans que « l’Hostie de propitiation soit immolée pour sa délivrance. »

L’économe obéit ponctuellement. Les trente messes furent célébrées dans le cours de trente jours. Or quand le trentième jour fut venu et que la trentième messe fut finie, le défunt apparut à un Frère appelé Copiosus en disant: « Bénissez Dieu, mon frère: aujourd’hui même je suis délivré et admis dans la « société des Saints. »

C’est depuis lors que s’établit le pieux usage de faire célébrer des trentains de messes pour les défunts.

Chapitre 15 – Soulagement des âmes

La sainte Messe – Eugénie d’Ardoye

Rien n’est plus conforme à l’esprit chrétien que le soin de faire offrir le saint Sacrifice pour le soulagement des défunts; et ce serait un bien grand mal si le zèle des fidèles à cet égard venait à se refroidir. Aussi Dieu semble multiplier les prodiges pour les empêcher de tomber dans ce funeste relâchement. Voici un fait attesté par un prêtre respectable du diocèse de Bruges, qui le tenait de source première, et en avait toute la certitude d’un témoin oculaire. Le 13 octobre 1849 mourut dans la commune d’Ardoye, en Flandre, la fermière Eugénie van de Kerchove, épouse de Jean Wybo, âgée de 52 ans. C’était une femme pieuse, charitable, faisant l’aumône avec une générosité proportionnée à l’aisance de sa condition. Elle eut jusqu’à la fin de sa vie une grande dévotion à la S. Vierge et pratiquait l’abstinence en son honneur le mercredi et le samedi de chaque semaine. Quoique sa conduite ne fût pas exempte de certains défauts domestiques, elle était du reste fort édifiante et même exemplaire.

Une servante, appelée Barbe Vannecke, âgée de 28 ans, fille vertueuse et dévouée, qui avait assisté sa maîtresse Eugénie dans sa dernière maladie, continua à servir son maître Jean Wybo, veuf d’Eugénie.

Environ trois semaines après sa mort, la défunte apparut à cette servante dans les circonstances que nous allons rapporter. C’était au milieu de la nuit: Barbe dormait profondément, lorsqu’elle s’entendit appeler trois fois distinctement par son nom. Elle s’éveille en sursaut, et voit son ancienne maîtresse, la fermière Wybo, en habit de travail, jupon et jaquette courte, assise sur le bord de son lit. A cette vue, chose remarquable, bien que saisie d’étonnement, Barbe ne fut point effrayée et conserva toute sa présence d’esprit.

L’apparition lui adressa la parole: Barbe, lui dit-elle d’abord, en prononçant simplement son nom. – Que désirez-vous, Eugénie ? répondit la servante. – Prenez, dit la maîtresse, le petit râteau que je vous ai fait mettre en place bien souvent, remuez le tas de sable dans la chambrette que vous connaissez. Vous y trouverez une somme d’argent: employer-la pour faire célébrer des messes, au taux de deux francs, à mon intention; car je suis encore dans les souffrances. – Je le ferai, Eugénie, répondit Barbe; et au même moment l’apparition disparut. La servante, toujours calme, se rendormit et reposa tranquillement jusqu’au lendemain.

A son réveil, Barbe se crut d’abord le jouet d’un songe; mais son esprit était si frappé, elle avait été si bien éveillée, elle avait vu son ancienne maîtresse sous une forme si nette et si vivante, elle avait entendu de sa bouche des indications si précises, qu’elle ne put s’empêcher de dire: « Ce n’est pas ainsi « qu’on rêve. J’ai vu ma maîtresse en personne, qui s’est montrée à mes yeux et « qui m’a parlé: ce n’est pas un songe, mais une réalité. » – Elle s’en va donc prendre le râteau désigné, fouille le sable et en retire bientôt une bourse, contenant la somme de cinq cents francs.

Dans ces circonstances étranges et exceptionnelles, la bonne fille crut devoir recourir aux conseils de son curé, et alla lui exposer ce qui était arrivé. Le vénérable abbé R. alors curé d’Ardoye, répondit que les messes demandées par la défunte devaient être célébrées; mais, pour disposer de la somme découverte, il fallait le consentement du fermier Jean Wybo. Celui-ci consentit volontiers à un si saint emploi de cet argent, et les messes furent célébrées pour la défunte au taux de deux francs.

Cette circonstance des honoraires doit être signalée, parce qu’elle répond aux pieuses habitudes de la défunte. Le taux fixé par le tarif diocésain était d’environ un franc et demi; mais l’épouse Wybo, par dévouement pour le clergé, obligé, à cette époque de disette, de soulager une foule de pauvres, donnait deux francs pour toutes les messes qu’elle faisait célébrer.

Deux mois après la première apparition, Barbe fut réveillée de nouveau au milieu de la nuit. Cette fois sa chambre était illuminée d’une vive clarté, et sa maîtresse Eugénie, belle et fraîche comme dans ses plus beaux jours, revêtue d’une robe éblouissante de blancheur, se tenait devant elle et la regardait avec un aimable sourire: Barbe, lui dit-elle d’une voix claire et intelligible, je vous remercie: je suis délivrée. – Après avoir prononcé ces mots, elle disparut, la chambre rentra dans l’obscurité, et la bonne servante, émerveillée de ce qu’elle venait de voir, fut inondée de bonheur. Cette apparition fit la plus vive impression sur son esprit et elle en a conservé jusqu’à ce jour le plus consolant souvenir. C’est d’elle que nous tenons tous ces détails, par l’intermédiaire du vénérable abbé L. qui était vicaire à Ardoye quand ces faits sont arrivés.

Lacordaire et le prince Polonais.

Le célèbre Père Lacordaire, au début des conférences sur l’immortalité de l’âme, qu’il adressait, peu d’années avant sa mort, aux élèves de Sorèze, leur racontait le fait suivant.

« Le Prince polonais de X.… incrédule et matérialiste avoué, venait de composer un ouvrage contre l’immortalité de l’âme; il était même sur le point de le livrer à l’impression, quand, se promenant un jour dans son parc, une femme tout en larmes se jette à ses pieds, et lui dit avec l’accent d’une profonde douleur: « Mon bon Prince, mon mari vient de mourir… En ce moment, son âme est « peut-être au purgatoire, dans les souffrances !… Je suis dans une telle indigence, que je n’ai « pas même la petite somme qu’il faudrait pour faire célébrer la messe des « défunts. Que votre bonté daigne me venir en aide en faveur de mon pauvre mari ! »

Quoique le gentilhomme se tint pour convaincu que cette femme était abusée par sa crédulité, il n’eut pas le courage de la repousser. Une pièce d’or se rencontre sous sa main; il la lui donne, et l’heureuse femme de courir à l’église, et de prier le prêtre d’offrir quelques messes pour son mari.

Cinq jours après, vers le soir, le prince, retiré et enfermé dans son cabinet, relisait son manuscrit et retouchait quelques détails, quand, levant les yeux, il voit à deux pas de lui un homme vêtu comme les paysans de la contrée. « Prince, lui dit l’inconnu, je viens vous remercier. Je suis le mari de cette pauvre « femme qui vous suppliait, il y a peu de jours, de lui donner l’aumône, afin de « faire offrir le sacrifice de la messe pour le repos de mon âme. Votre charité a « été agréable à Dieu: c’est lui qui m’a permis de venir vous remercier. »

Ces paroles dites, le paysan polonais disparaissait comme une ombre. – L’émotion du Prince fut indicible et eut pour lui ce résultat: il mit au feu son ouvrage, et se rendit si bien à la vérité que sa conversion fut éclatante; il persévéra jusqu’à la mort.

Le Dogme du Purgatoire – Seconde partie – Chapitres 12, 13

Chapitre 12 – Moyens de secourir les âmes

La sainte Messe

Non, de tout ce qu’on peut faire en faveur des âmes du purgatoire, il n’est rien d’aussi précieux que l’immolation du divin Sauveur à l’autel. Outre que c’est la doctrine expresse de l’Église, manifestée dans ses conciles, beaucoup de faits miraculeux, authentiques, ne laissent point de doute à cet égard.

Religieux de Cîteaux délivré par l’Hostie salutaire

Nous avons déjà parlé d’un religieux de Clairvaux qui fut délivré du purgatoire par les prières de S. Bernard et de sa communauté. Ce religieux, dont la régularité avait laissé à désirer, était apparu après sa mort pour demander à S. Bernard des secours extraordinaires. Le saint Abbé avec tous ses fervents disciples, s’empressa de faire offrir des prières, des jeûnes et des messes pour le pauvre défunt. Celui-ci fut bientôt délivré, et apparut plein de reconnaissance à un vieillard de la communauté qui s’était intéressé plus particulièrement à lui. Interrogé sur l’œuvre d’expiation qui lui avait profité davantage, au lieu de répondre, il prit le vieillard par la main, le conduisit à l’église où l’on célébrait la messe en ce moment: « Voilà, dit-il en montrant l’autel, la grande force libératrice, qui a rompu mes chaînes, voilà le prix de ma rançon: c’est l’Hostie salutaire qui ôte les péchés du monde ! » (L’abbé Postel, Le purgatoire. Chap. 5. Cf. Rossign. Merv. 47.)

Le Bienheureux Henri Suzo

Voici un autre fait, rapporté par l’historien Ferdinand de Castille et cité par le Père Rossignoli. Il y avait à Cologne, parmi les étudiants des cours supérieurs de l’université, deux religieux dominicains d’un talent distingué, dont l’un était le Bienheureux Henri Suzo (25 janvier). Les mêmes études, le même genre de vie, et par-dessus tout le même goût pour la sainteté, leur avaient fait contracter une amitié intime, et ils se faisaient part mutuellement des faveurs qu’ils recevaient du ciel.

Quand ils eurent terminé leurs études, se voyant à la veille de se séparer pour retourner chacun dans leur couvent, ils convinrent et se promirent l’un à l’autre, que le premier des deux qui mourrait, serait secouru par l’autre, une année entière, de deux messes par semaine: le lundi, une messe de Requiem, selon l’usage, et le vendredi, celle de la Passion, autant que le permettraient les rubriques. Ils s’y engagèrent, se donnèrent le baiser-de-paix, et quittèrent Cologne.

Pendant plusieurs années ils continuèrent, chacun de son côté, à servir Dieu avec la plus édifiante ferveur. Le Frère, dont le nom n’est pas exprimé, fut le premier appelé au jugement, et Suzo en reçut la nouvelle avec de grands sentiments de soumission à la divine volonté. Quant à l’engagement qu’il avait pris, le temps le lui avait fait oublier. Il priait beaucoup pour son ami, s’imposait en sa faveur des pénitences nouvelles et bien des œuvres saintes, mais ne songeait point à dire les messes convenues.

Un matin qu’il méditait à l’écart dans une chapelle, il voit tout d’un coup paraître devant lui son ami défunt, qui, le regardant tendrement, lui reproche d’avoir été infidèle à une parole donnée, acceptée, sur laquelle il avait droit de compter avec confiance. – Le bienheureux, surpris, s’excusa de son oubli en énumérant les oraisons et mortifications qu’il avait faites, et qu’il continuait à faire pour un ami, dont le salut lui était aussi précieux que le sien même. « Est-ce donc, mon frère, ajouta-t-il, que tant de prières et de bonnes œuvres que j’ai offertes à Dieu pour vous, ne vous suffisent pas ? – » Oh ! non, non, mon frère, reprit l’âme souffrante; non, cela ne me suffit pas ! C’est le sang de Jésus-Christ qu’il faut pour éteindre les flammes dont je suis consumé; c’est l’auguste Sacrifice qui me rachètera de ces tourments épouvantables. Je vous en conjure donc, tenez votre parole, et ne me refusez pas ce que vous me devez en justice. »

Le Bienheureux s’empressa de répondre à cet infortuné qu’il s’acquitterait au plus tôt; et que, pour réparer sa faute, il célébrerait et ferait célébrer plus de messes qu’il n’en avait promis.

En effet, dès le lendemain, plusieurs prêtres à la prière de Suzo, s’unissant à lui, montaient à l’autel pour le défunt, et continuèrent les jours suivants cet acte de charité. Au bout de quelque temps, l’ami de Suzo lui apparut de nouveau, mais dans un tout autre état: il avait la joie sur le visage et une lumière très-pure l’environnait: « Oh ! merci, mon fidèle ami, lui dit-il; voici que, grâce au sang du Sauveur. Je suis délivré de l’épreuve. Je monte au ciel pour contempler Celui « que nous avons si souvent adoré ensemble sous les voiles eucharistiques. » Suzo se prosterna pour remercier le Dieu de toute miséricorde, et il comprit mieux que jamais l’inestimable prix du sacrifice auguste de nos autels (Rossignoli, Merveille 34, d’après Ferdinand de Castille).

Chapitre 13 – Soulagement des âmes

Sainte Elisabeth et la reine Constance

Nous lisons dans la vie de sainte Elisabeth de Portugal (8 juillet), qu’après la mort de sa fille Constance, elle connut le triste état de la défunte au purgatoire et le prix que Dieu exigeait pour sa rançon. La jeune princesse, mariée depuis peu au roi de Castille, fut ravie par une mort inopinée à l’affection de sa famille et de ses sujets. Elisabeth venait d’apprendre cette triste nouvelle, et elle se rendait avec le roi son mari dans la ville de Santarem, lorsqu’un ermite, sorti de sa solitude, se mit à courir derrière le cortège royal, en criant qu’il avait à parler à la reine. Les gardes le repoussaient; mais la Sainte s’étant aperçue de son insistance, donna ordre qu’on lui amenât ce serviteur de Dieu.

La sainte Messe

Dès qu’il fut en sa présence, il lui raconta que plus d’une fois, pendant qu’il priait dans son ermitage, la reine Constance lui était apparue et l’avait instamment conjuré de faire savoir à sa mère qu’elle gémissait au fond du purgatoire, qu’elle était condamnée à des peines longues et rigoureuses, mais qu’elle serait délivrée si pendant l’espace d’un an on célébrait chaque jour la Sainte Messe pour elle. – Les courtisans, qui avaient entendu cette communication, s’en moquaient tout haut, et traitaient l’ermite de visionnaire, d’intrigant ou de fou.

Quant à Elisabeth, elle se tourna vers le roi et lui demanda ce qu’il en pensait ? « Je crois, répondit le prince, qu’il est sage de faire ce qui vous est « marqué par cette voie extraordinaire. Après tout, faire célébrer des messes pour notre chère défunte, est une œuvre qui n’a rien que de très-paternel et de très chrétien. » – On chargea donc de ce soin un saint prêtre, Ferdinand Mendez.

Au bout de l’année, Constance apparut à sainte Elisabeth, vêtue de blanc et rayonnante de gloire. « Aujourd’hui, ma mère, lui dit-elle, je suis délivrée des peines du purgatoire et je monte au ciel. » – La sainte remplie de consolation et de joie se rendit à l’église pour remercier le Seigneur. Elle y trouva le prêtre Mendez qui lui déclara que, la veille, il avait fini de célébrer les trois cent soixante-cinq messes dont on l’avait chargé. La reine comprit alors que Dieu avait tenu la promesse qu’il lui avait faite par le pieux ermite, et elle lui en témoigna sa reconnaissance en versant d’abondantes aumônes dans le sein des pauvres.

S. Nicolas de Tolentino

Vous nous avez délivrés de nos persécuteurs et vous avez confondu ceux qui nous haïssaient (Psaume 43). Telles furent les paroles qu’adressèrent à l’illustre saint Nicolas de Tolentino les âmes qu’il avait délivrées en offrant pour elles le sacrifice de la messe. – une des plus grandes vertus de cet admirable serviteur de Dieu, dit le père Rossignoli (Merv. 21, Vie de S. Nic. de Tolentino, 10 sept.), fut sa charité, son dévouement pour l’Église souffrante. Pour elle il jeûnait souvent au pain et à l’eau, il se donnait des disciplines cruelles, il se mettait autour des reins une chaîne de fer étroitement serrée. Quand le sanctuaire s’ouvrit devant lui, et qu’on voulut lui conférer le sacerdoce, il recula longtemps devant cette sublime dignité; ce qui le décida enfin à se laisser imposer les mains, ce fut la pensée qu’en célébrant chaque jour, il pourrait assister plus efficacement ses chères âmes du purgatoire. De leur côté, les âmes qu’il soulageait par tant de suffrages, lui apparurent plusieurs fois pour le remercier ou pour se recommander à sa charité.

Pellegrino d’Osima

Il demeurait à Vallimanes, près de Pise, tout occupé de ses exercices spirituels, lorsqu’un samedi pendant la nuit, il vit en songe une pauvre âme en peine, qui le suppliait de vouloir bien, le lendemain matin, célébrer la sainte messe pour elle et pour quelques autres âmes, qui souffraient d’une manière affreuse au purgatoire. Nicolas reconnaissait très bien la voix, mais ne pouvait se rappeler distinctement la personne qui parlait ainsi. Il demanda donc qui elle était. – « Je suis, répondit l’apparition, votre défunt ami, Pellegrino d’Osima. Par « la miséricorde divine, j’ai évité les châtiments éternels par une sincère « pénitence, mais non les peines temporelles dues à mes péchés. Je viens au nom « de beaucoup d’âmes aussi malheureuses que moi, vous supplier d’offrir demain « la sainte messe pour nous: nous en espérons notre délivrance, ou du moins un « grand soulagement. » Le saint répondit avec sa bonté accoutumée: « Que le « Seigneur daigne vous secourir par les mérites de son sang précieux ! Mais cette « messe pour les morts, je ne puis la dire demain: c’est moi qui dois chanter au « chœur la messe conventuelle. – Ah ! Venez au moins avec moi, s’écria le « défunt, avec des gémissements et des larmes; je vous en conjure pour l’amour « de Dieu, venez contempler nos souffrances, et vous ne me refuserez plus: vous « êtes trop bon pour nous laisser dans de pareilles angoisses. »

Alors il lui sembla qu’il était transporté dans le purgatoire. Il vit une plaine immense, où une grande multitude d’âmes de tout âge et de toute condition étaient livrées à des tortures diverses et épouvantables: du geste et de la voix elles imploraient tristement son assistance. « Voilà, lui dit « Pellegrino, la situation de ceux qui m’ont envoyé vers vous. Comme vous êtes « agréable à Dieu, nous avons la confiance qu’il ne refuserait rien à l’oblation du « Sacrifice faite par vous, et que sa divine miséricorde nous délivrerait. »

A ce lamentable spectacle, le saint ne put retenir ses larmes. Il se mit aussitôt en prière pour soulager tant d’infortunés, et le lendemain matin il alla trouver son Prieur, lui rendit compte de sa vision et de la demande de Pellegrino concernant sa messe pour ce jour-là même. Le père Prieur, partageant son émotion, le dispensa pour ce jour et pour toute la semaine, de sa fonction d’hebdomadaire, afin qu’il pût offrir le saint sacrifice à l’intention demandée, et se consacrer tout entier au soulagement des pauvres âmes. Heureux de cette permission, Nicolas se rendit à l’église et célébra avec une dévotion extraordinaire la sainte Messe pour les défunts. Pendant toute la semaine, il continua d’offrir le saint sacrifice à la même intention, pratiquant en outre, jour et nuit des oraisons, des macérations et toutes sortes de bonnes œuvres.

A la fin de la semaine, Pellegrino lui apparut de nouveau, mais non plus dans un état de souffrance: il était revêtu d’une robe blanche, et environné d’une splendeur toute céleste, dans laquelle se montraient une foule d’autres âmes bienheureuses. Toutes ensemble lui rendaient grâces et l’appelaient leur libérateur, puis elles s’élevèrent au ciel en chantant le verset du Psalmiste: Salvasti nos de affligentibus nos, et odientes nos confudisti, vous nous avez délivrés de nos persécuteurs et vous avez confondu ceux qui nous haïssaient (Ps. 43). Les ennemis dont il est ici parlé sont les péchés, et les démons qui en sont les instigateurs.

Le Dogme du Purgatoire – Première partie – Chapitres 25, 26, 27

Chapitre 25 – Durée du purgatoire

L’abbaye de Latrobe

Le fait suivant a été rapporté avec preuve authentique par le journal le Monde, numéro du 4 avril 1860. Il s’est passé en Amérique, dans une abbaye de Bénédictins, située au village de Latrobe. Une série d’apparitions y avait eu lieu dans le courant de l’année 1859. La presse américaine s’en était emparée et avait traité ces graves questions avec sa légèreté ordinaire; et pour mettre fin à cette sorte de scandale, l’abbé Wimmer, supérieur de la maison, adressa aux journaux la lettre suivante: « Voici la vérité: dans notre abbaye de Saint-Vincent, près de Latrobe, le 10 septembre 1859, un novice a vu apparaître un religieux bénédictin, en costume complet de chœur. Cette apparition s’est renouvelée chaque jour depuis le 18 septembre jusqu’au 19 novembre, soit de onze heures à midi, soit de minuit à deux heures du matin. Le 19 novembre seulement le novice a interrogé l’esprit en présence d’un autre membre de la communauté, et lui a demandé quel était le motif de ses apparitions. – Il a répondu qu’il souffrait depuis soixante-dix-sept ans, pour avoir omis de célébrer sept messes d’obligation; qu’il était déjà apparu à diverses époques à sept autres bénédictins, mais qu’il n’avait pas été entendu; qu’il serait contraint d’apparaître encore après onze années, si lui, le novice, ne venait pas à son secours. – Enfin, l’esprit demandait que ces sept messes fussent célébrées pour lui; de plus, le novice devait pendant sept jours demeurer en retraite, gardant un profond silence; et pendant trente-trois jours, réciter trois fois par jour le psaume Miserere, les pieds nus et les bras en croix. »

Toutes ces conditions ont été remplies, à dater du 20 novembre jusqu’au 25 décembre: ce jour-là, après la célébration de la dernière messe, l’apparition a disparu.

« Pendant cette période, l’esprit s’était montré encore plusieurs fois, exhortant le novice dans les termes les plus pressants, à prier pour les âmes du purgatoire: car, disait-il, elles souffrent affreusement, et elles sont profondément reconnaissantes envers ceux qui concourent à leur délivrance. – Il ajouta, chose bien triste à dire, que des cinq prêtres déjà décédés à notre abbaye, aucun n’était encore au ciel: que tous souffraient dans le purgatoire. Je ne tire pas de conclusion, mais ceci est exact. »

Ce récit signé de la main de l’abbé est un document historique irrécusable. – Quant à la conclusion que le vénérable prélat nous laisse le soin de déduire de ces faits, elle est évidemment multiple. Qu’il nous suffise, en voyant un religieux souffrir depuis soixante-dix-sept ans en purgatoire, d’apprendre ce qu’il faut penser de la durée des expiations futures, tant pour les prêtres et les religieux, que pour les simples fidèles qui vivent au milieu de la corruption du monde.

Cent ans de supplices pour délai des derniers sacrements.

Une cause trop fréquente de la longue durée du purgatoire, c’est qu’on se prive du grand moyen établi par Jésus-Christ pour l’abréger, en tardant, quand on est gravement malade, à recevoir les derniers sacrements. Ces sacrements destinés à préparer les âmes au dernier passage, à les purifier des restes de leurs péchés et à leur épargner les expiations de l’autre vie, requièrent pour produire leurs effets, que le malade les reçoive avec les dispositions voulues. Or, pour peu qu’on diffère de les recevoir et qu’on laisse affaiblir les facultés de l’infirme, ces dispositions sont défectueuses. Que dis-je ? trop souvent il arrive que, par suite de ces délais imprudents, le malade vient à mourir, totalement privé de ces secours si nécessaires. La conséquence en est, si le défunt n’est pas damné, qu’il descend dans les plus profonds abîmes du purgatoire avec tout le poids de ses dettes.

Michel Alix (Hort. Past. tract. 6. Cf. Rossign. Merv. 86.) parle d’un ecclésiastique qui, au lieu de recevoir promptement les sacrements des infirmes, et de donner le bon exemple aux fidèles, se rendit coupable de négligence à cet égard et en fut puni par cent ans de purgatoire. Se trouvant gravement malade et en danger de mort, ce pauvre prêtre aurait dû s’éclairer sur son état et demander au plus tôt les secours que l’Église réserve à ses enfants pour l’heure suprême. Il n’en fit rien: et, soit que, par une illusion trop commune aux malades, il ne voulût pas s’avouer la gravité de sa situation, soit qu’il fût sous l’empire de ce fatal préjugé qui fait redouter à tant de faibles chrétiens la réception des derniers sacrements; il ne les demandait pas, il ne songeait pas à les recevoir. Mais on connaît les surprises de la mort: le malheureux différa et tarda si bien, qu’il mourut sans avoir le temps de recevoir ni Viatique ni Extrême-Onction. – Or, Dieu voulut en cette circonstance donner un grave avertissement. Le défunt vint lui-même révéler à un confrère qu’il était condamné à cent ans de purgatoire. « Je suis puni ainsi, dit-il, de mes retards à recevoir la grâce de la purification dernière. Si j’avais reçu les sacrements, comme j’aurais dû le faire, j’aurais échappé à la mort par la vertu de l’Extrême-Onction, et j’aurais eu le temps de faire pénitence. »

Chapitre 26 – Durée du purgatoire

La vénérable Catherine Paluzzi et la sœur Bernardine

Citons encore quelques exemples, qui achèveront de nous édifier sur la durée des expiations: nous y verrons que la divine justice se montre relativement sévère pour les âmes appelées à la perfection et qui ont reçu beaucoup de grâces. Au reste, Jésus-Christ ne dit-il pas dans l’Évangile qu’on exigera beaucoup de celui à qui l’on a donné beaucoup, et que l’on demandera plus à celui à qui l’on a plus confié (Luc. XII, 48.) ?

On lit dans la Vie de la vénérable Catherine Paluzzi qu’une sainte religieuse, morte entre ses bras, ne fut admise à l’éternelle béatitude qu’après une année entière de purgatoire. Catherine Paluzzi vécut saintement dans le diocèse de Nerpi, en Italie, où elle fonda un couvent de dominicaines. Là vivait avec elle une religieuse, nommée Bernardine, très avancée aussi dans les voies intérieures. Ces deux saintes âmes rivalisaient de ferveur et s’entraidaient à progresser de plus en plus dans la perfection où Dieu les appelait. L’historien de la vénérable les compare à deux charbons allumés qui se communiquent leurs ardeurs; et encore, à deux lyres accordées pour résonner ensemble et faire entendre un hymne d’amour perpétuel à la gloire du Seigneur.

Bernardine vint à mourir. Une maladie douloureuse, qu’elle supporta chrétiennement, la conduisit au tombeau. Avant d’expirer, elle dit à Catherine qu’elle ne l’oublierait pas devant Dieu, et si Dieu le permettait, qu’elle viendrait lui dire encore des paroles spirituelles, propres à contribuer à sa sanctification.

Catherine pria beaucoup pour l’âme de son amie, suppliant en même temps le Seigneur de lui permettre qu’elle vînt la visiter. Une année entière s’écoula, mais la défunte ne vint point.

Enfin le jour anniversaire de la mort de Bernardine, Catherine étant en oraison, aperçut un puits, d’où s’échappaient des torrents de fumée et de flammes, puis elle vit sortir de ce puits une personne, d’abord tout environnée de ténèbres. Peu à peu l’apparition se dégagea de ces nuages, s’éclaira, et enfin parut brillante d’un éclat extraordinaire. Dans cette personne glorieuse Catherine reconnut alors la sœur Bernardine, et courant à elle: « C’est vous, dit-elle, ma sœur bien-aimée ? Mais d’où donc sortez-vous ? Que signifie ce puits, cette fumée enflammée ? Est-ce seulement aujourd’hui que vous achevez votre purgatoire ? – Vous dites vrai, répondit l’âme: durant toute une année j’ai été retenue dans le lieu des expiations: et ce n’est qu’à cette heure que je vais être introduite dans la céleste Jérusalem. Pour vous, persévérez dans vos saints exercices: continuez à être charitable et miséricordieuse, vous obtiendrez miséricorde (Diario Domenic. Cf. Rossig. Merv. 100.). »

Les Frères Finetti et Rudolfini

Le fait suivant appartient à l’histoire de la Compagnie de Jésus. Deux scolastiques ou jeunes religieux de cet institut faisaient leurs études au collège Romain vers la fin du XVIe siècle, les FF. Finetti et Rudolfini. Tous deux étaient des modèles de piété et de régularité; tous deux aussi reçurent un avis du ciel, qu’ils découvrirent selon la règle au directeur de leur âme, Dieu leur avait fait connaître leur mort prochaine et l’expiation qui leur restait à faire au purgatoire: l’un devait y rester deux ans et l’autre quatre. Ils moururent, en effet, l’un après l’autre.

Leurs frères aussitôt firent pour leurs âmes les plus ferventes prières et toutes sortes de pénitences. Ils savaient que si la sainteté de Dieu impose à ses élus de longues expiations, elles peuvent être abrégées et remises entièrement par les suffrages des vivants.

Saint Pierre Claver et les deux pauvres femmes

Si Dieu est sévère pour ceux qui ont reçu beaucoup de connaissances et de grâces, il est d’autre part fort indulgent envers les pauvres et les simples, pourvu que ceux-ci le servent avec droiture et patience. – Saint Pierre Claver, de la Compagnie de Jésus, apôtre des nègres de Carthagène, connut le purgatoire de deux âmes, qui avaient vécu pauvres et humbles sur la terre: cette expiation se réduisait à quelques heures. Voici ce que nous lisons dans la vie de ce grand serviteur de Dieu (Vie de S. Pierre Claver par le P. Fleurian).

Il avait engagé une vertueuse négresse, nommée Angèle, à retirer chez elle une autre, appelée Ursule, percluse de tous ses membres, et toute couverte de plaies. Un jour qu’il allait la visiter, comme il le faisait de temps en temps, pour la confesser et lui porter quelques petites provisions, la charitable hôtesse lui dit d’un air affligé, qu’Ursule était sur le point d’expirer. Non, non, répondit le père en la consolant, elle a encore quatre jours à vivre, et elle ne mourra que samedi. Le samedi étant arrivé, il dit la messe à son intention, et sortit pour aller la disposer à la mort. Après avoir été quelque temps en prière: Consolez-vous, dit-il à l’hôtesse d’un air assuré, Dieu aime Ursule, elle mourra aujourd’hui; mais elle ne sera que trois heures en purgatoire. Qu’elle se souvienne seulement quand elle sera avec Dieu, de prier pour moi, et pour celle qui jusqu’ici lui a tenu lieu de mère. Elle mourut en effet à midi, et l’accomplissement d’une partie de la prophétie ne servit pas peu à faire ajouter foi à l’autre.

Ayant été un autre jour pour confesser une pauvre malade qu’il avait coutume de visiter, il apprit qu’elle venait d’expirer. Les parents étaient extrêmement affligés, et lui-même, qui n’avait pas cru qu’elle dût si tôt mourir, ne pouvait se consoler de ne l’avoir pas assistée dans ses derniers moments. Il se mit aussitôt en prière auprès du corps, puis se levant tout à coup d’un air serein: Une telle mort, dit-il, est plus digne de notre envie que de nos larmes: cette âme n’est condamnée qu’à vingt-quatre heures de purgatoire. Tâchons d’abréger le temps de ses peines par la ferveur de nos prières.

En voilà assez sur la durée des peines. Nous voyons qu’elles se prolongent pendant des espaces effrayants; les plus courtes même, vu leur rigueur, sont toujours longues. Tâchons donc de les abréger pour les autres, de les adoucir d’avance pour nous-mêmes, ou mieux encore, de les prévenir entièrement. Or, on les prévient en supprimant les causes. Quelles sont les causes ? quelle est la matière des expiations du purgatoire ?

Chapitre 27 – Cause des peines, matière des expiations du purgatoire

Pourquoi les âmes, avant d’être admises à voir la face de Dieu, doivent-elles ainsi souffrir? Quelle est la matière, quel est le sujet de ces expiations ? Qu’est-ce que le feu du purgatoire doit purifier et consumer en elles ? – Ce sont, répondent les docteurs, les souillures provenant de leurs péchés.

Mais que faut-il entendre ici par souillure ? D’après la plupart des théologiens, ce n’est pas la coulpe du péché, mais la peine ou la redevance de la peine, provenant du péché.

Pour le bien comprendre, il faut se rappeler que tout péché produit en l’âme un double effet, qu’on appelle la dette (reatus) de la coulpe et celle de la peine: il rend le pécheur non seulement coupable, mais encore digne d’une peine ou châtiment. – Or, après que la coulpe est pardonnée, d’ordinaire la peine reste à subir, en tout ou en partie, et elle doit être acquittée en cette vie ou en l’autre. – Les âmes du purgatoire n’ont plus aucune souillure de coulpe: ce qu’elles avaient de coulpe vénielle au moment de leur mort, a disparu dans l’ardeur de la pure charité dont elles se sont enflammées dans l’autre vie; mais elles portent toute la dette des peines qu’elles n’ont pas déposée avant de mourir.

Cette dette provient de toutes les fautes commises durant la vie, surtout des péchés mortels, remis, quant à la coulpe, par une sincère confession, mais qu’on a négligé d’expier par de dignes fruits de pénitence extérieure.

Doctrine de Suarez

Telle est la doctrine commune, que Suarez résume ainsi dans son traité du sacrement de Pénitence (Tom. 19 De pœnit. Disput. XI, sect. 4.): « Nous concluons donc, dit-il, que tous les péchés véniels avec lesquels un homme juste vient à mourir, sont remis quant à la coulpe, au moment où l’âme se sépare du corps, en vertu d’un acte d’amour de Dieu, et de contrition parfaite, qu’elle produit alors sur toutes ses fautes passées. En effet, l’âme en ce moment connaît parfaitement son état et les péchés dont elle est coupable devant Dieu, elle est en même temps maîtresse de ses facultés pour agir; d’autre part, du côté de Dieu, le secours le plus efficace lui est donné pour agir selon la mesure de grâce sanctifiante qu’elle possède. Il s’ensuit que, dans cette disposition parfaite, l’âme agit sans le moindre retard, se porte tout entière directement vers son Dieu, et se trouve dégagée, par un acte de souveraine détestation, de tous ses péchés véniels. Cet acte efficace et universel suffit pour les effacer quant à la coulpe. »

Toute souillure de coulpe a donc disparu; mais la peine reste à subir dans toute sa rigueur et pour toute sa durée, à moins que les âmes ne soient aidées par les vivants. Elles ne sauraient plus obtenir aucune remise par elles-mêmes, parce que le temps du mérite est passé: elles ne peuvent plus mériter, elles ne peuvent que souffrir et payer ainsi à la terrible justice de Dieu tout ce qu’elles lui doivent, jusqu’à la dernière obole: Usque ad novissimum quadrantem (Matth. V, 26.).

Sainte Catherine de Gênes

Ces dettes de peine sont des restes du péché, et une sorte de souillure, qui empêche la vision de Dieu et met obstacle à l’union de l’âme avec sa fin dernière. « La tache ou la coulpe du péché n’existant pas dans les âmes du purgatoire, écrit sainte Catherine de Gênes (Traité du purgatoire, chap. III.), il n’y a plus d’autre obstacle à leur union avec Dieu que les restes du péché dont elles doivent se purifier. Cet obstacle qu’elles sentent en elles, leur cause le supplice du dam dont je viens de parler, et retarde le moment, où l’instinct qui les porte vers Dieu comme leur souveraine béatitude, recevra sa pleine perfection. Elles voient clairement ce qu’est devant Dieu le plus petit empêchement causé par les restes du péché, et que c’est par nécessité de justice qu’il retarde le plein rassasiement de leur instinct béatifique. – De cette vue naît en elles un feu d’une ardeur extrême et semblable à celui de l’enfer, sauf la coulpe du péché. »

Pénitencerie apostolique – le don de l’indulgence

La célébration de l’Année jubilaire n’est pas seulement l’occasion particulière de profiter du grand don des indulgences que le Seigneur nous fait, à travers l’Église, mais elle est également une heureuse occasion pour rappeler à la considération des fidèles la catéchèse sur les indulgences. C’est pourquoi la Pénitencerie apostolique publie, pour ceux qui effectuent les visites jubilaires, cet avis sacré.

RAPPEL À CARACTÈRE GÉNÉRAL SUR LES INDULGENCES

1. L’indulgence est ainsi définie dans le «Code de Droit canonique» (can. 992) et dans le «Catéchisme de l’Église catholique» (n. 1471): «L’indulgence est la rémission devant Dieu de la peine temporelle due pour les péchés dont la faute est déjà effacée, rémission que le fidèle bien disposé obtient à certaines conditions déterminées, par l’action de l’Église, laquelle, en tant que dispensatrice de la rédemption, distribue et applique par son autorité le trésor des satisfactions du Christ et des saints».

2. En général, l’acquisition des indulgences exige des conditions déterminées (ci-dessous, nn. 3-4), et l’accomplissement d’œuvres déterminées (aux nn. 8-9-10 sont indiquées celles qui sont propres à l’Année Sainte).

3. Pour obtenir les indulgences, tant plénières que partielles, il faut, au moins avant d’accomplir les dernières exigences de l’œuvre indulgenciée, que le fidèle soit en état de grâce.

4. L’indulgence plénière peut être obtenue seulement une fois par jour. Mais pour l’obtenir, outre l’état de grâce, il est nécessaire que le fidèle

– possède la disposition intérieure, du détachement complet du péché, même seulement véniel;

– se confesse sacramentellement de ses péchés;

– reçoive la Sainte Eucharistie (il est certes mieux de la recevoir en participant à la Messe; mais, pour l’indulgence, seule la sainte communion est nécessaire);

– prie selon les intentions du Souverain Pontife.

5. Il est bon, mais pas nécessaire, que la Confession sacramentelle, et en particulier la sainte communion et la prière pour les intentions du Pape soient effectuées le jour même où l’on accomplit l’œuvre indulgenciée; mais il est suffisant, que ces saints rites et prières soient accomplis quelques jours (environ 20) avant ou après l’acte indulgencié. La prière selon l’intention du Pape est laissée au choix du fidèle, mais on suggère un «Notre Père» et un «Ave Maria». Pour diverses indulgences plénières il est suffisant d’effectuer une Confession sacramentelle, mais il est requis une sainte communion distincte et une prière distincte selon l’intention du Pape pour chaque indulgence plénière.

6. Les confesseurs peuvent changer, pour ceux qui en sont légitimement empêchés, l’œuvre prescrite ainsi que les conditions requises (exception faite bien sûr du détachement du péché, même véniel).

7. Les indulgences sont toujours applicables à soi­même ou aux âmes des défunts, mais elles ne sont pas applicables à d’autres personnes vivant sur terre.

ASPECTS PROPRES À L’ANNÉE JUBILAIRE

Les conditions nécessaires, ayant été décrites aux nn. 3-4, les fidèles peuvent acquérir l’indulgence jubilaire en accomplissant l’une des œuvres suivantes, regroupées ci-dessous en trois catégories.

8. Œuvres de piété ou religion

– Accomplir un pieux pèlerinage à un sanctuaire ou lieu jubilaire (pour Rome: une des quatre basiliques patriarcales – Saint-Pierre, Saint-Jean-de-Latran, Sainte Marie-Majeure, Saint-Paul-hors-les-Murs, ou bien à la basilique« Santa Croce in Gerusalemme », à la basilique « San Lorenzo al Verano », au Sanctuaire de la Madone du Divin Amour, à l’une des catacombes chrétiennes, et y participer à une Messe ou à une autre célébration liturgique (les Laudes ou les Vêpres), ou encore a un exercice de piété (Via Crucis, Rosaire, récitation de l’hymne « Akathistos » etc.),

– accomplir une pieuse visite, en groupe ou seul, à l’un des mêmes lieux jubilaires, en s’adonnant à l’adoration eucharistique et à des pieuses méditations, en les concluant par le «Notre Père», le «Credo» et une invocation à la Vierge Marie.

9. Œuvres de miséricorde ou de charité

– rendre visite, pendant une durée appropriée, à des frères dans le besoin ou en difficulté (malades, détenus, personnes âgées seules, personnes handicapées etc.), en accomplissant comme un pèlerinage vers le Christ présent en eux,

– ou bien soutenir par une contribution significative des ouvres à caractère religieux ou social (en faveur de l’enfance abandonnée, de la Jeunesse en difficulté, des personnes âgées indigentes, des étrangers dans divers pays à la recherche de meilleures conditions de vie),

– ou bien consacrer une partie appropriée de son temps libre à des activités utiles pour 1a communauté ou d’autres formes semblables de sacrifice.

10. Œuvres de pénitence

Au moins pendant une journée

– S’abstenir des consommations superflues (tabac, boisson alcoolisées etc.),

– ou jeûner,

– ou s’abstenir de manger de 1a viande (ou d’autres aliments selon les indications des épiscopats),

et allouer une somme convenable aux pauvres.

Donné à Rome, au Siège de la Pénitencerie apostolique, le 29 janvier 2000.

Source

Recueil de plusieurs indulgences

Extrait du Livre d’or des âmes du purgatoire

Recueil de plusieurs indulgences que tout Fidèle peut gagner, Et de celles qui sont attachées aux CHAPELETS ou ROSAIRES, nommés Brigittains, bénis par le Souverain Pontife, ou par celui à qui il en a accordé le pouvoir.

Résumé – Pense-bête des indulgences

1. Possible d’attacher l‘indulgence plénière du chemin de croix sur son crucifix
2. S’inscrire à la Confrérie du Saint-Rosaire
3. Porter son chapelet pieusement sur soi : 100 ans /jour
4. Faire Rosarié son chapelet : 2,025 jours/grain
5. Obtenir Indulgence plénière – Bénédiction des frères Croisier sur le chapelet
6. Indulgence Sainte-Brigitte

  • Indulgence plénière chaque fois qu’on s’approche des sacrements, si on récite trois chapelets par semaine, pour le triomphe de l’Église ;
  • 50 ans, une fois le jour, en récitant un chapelet dans une église où est établie la confrérie du saint Rosaire ;
  • 10 ans et 10 quarantaines, une fois le jour, en récitant un chapelet, étant au moins deux;
  • 7 ans et 7 quarantaines, à chaque jour du mois du Rosaire (octobre), en récitant un chapelet ;
  • 7 ans et 7 quarantaines, chaque semaine, en récitant trois chapelets durant la dite semaine.
  • 5 ans et 5 quarantaines, à chaque Je vous salue, Marie, si l’on prononce dévotement le nom de Jésus.

AVERTISSEMENT

Ne vous scandalisez pas, âmes lâches, de ce nombre étendu d’Indulgences, dont l’Église, notre mère commune, favorise ses enfants dans les jours de sa miséricorde. Cessez d’attaquer par vos blasphèmes ce que vous ignorez. Le mot Indulgence signifie pardon ou rémission. Toute Indulgence suppose nécessairement un péché commis : si l’on n’avait commis aucun péché, on n’aurait pas besoin d’Indulgence. Quoique le péché soit remis par la digne réception du Sacrement de Pénitence ; cependant, le châtiment que mérite le péché, n’est pas remis par l’absolution du Prêtre ; ce châtiment n’est remis dans cette vie, que par les pénitences proportionnées que les Confesseurs imposent, par celles qu’on pratique soi-même, et par les Indulgences qu’on s’efforce de gagner. Ce châtiment s’expie, après la mort, par les feux du Purgatoire. Plus vous êtes soigneux de gagner les Indulgences, plus vous abrégez les peines de l’autre vie.

L’Indulgence est donc la rémission de la peine temporelle due au péché, accordée entièrement ou en partie aux pénitents bien disposés ; car il y a deux sortes d’indulgences, l’Indulgence plénière et l’Indulgence limitée.

L’Indulgence plénière est la rémission entière de toute la peine temporelle due au péché ; de sorte que si vous êtes assez heureux de la gagner dans toute sa plénitude, vous entrez dans le Ciel sans passer même par les flammes du Purgatoire : mais qu’il est rare de la gagner dans toute sa plénitude ! Il faut pour cet effet, non seulement être exempt de tout péché mortel, mais encore de tout péché véniel, mais encore de la moindre affection au péché véniel. Qui peut se flatter de se trouver dans cet heureux état ? Ce qui doit consoler dans cette incertitude, c’est que si on ne gagne pas l’Indulgence dans toute sa plénitude, on en gagne au moins une partie ; il faut donc à cet effet y apporter les plus grandes dispositions.

L’Indulgence limitée est la rémission d’une partie de la peine temporelle due au péché, telles sont les Indulgences de quarante jours, de cent jours, de 100 ans, 200 ans, &c. J’entends quelqu’un s’écrier : Quelle folie ! D’accorder des Indulgences de cent ans, de deux cents ans ! Vivrai-je cent ans, deux cents ans ? Langage hérétique, puisque vous blâmez la pratique de l’Église, votre Mère. Sachez que quand l’Église favorise ses enfants de ces sortes d’Indulgences, c’est comme si elle leur disait : Vous méritez pour tel péché de faire pénitence pendant quarante jours, je vous en accorde la rémission si vous faites ce que je vous ordonne. Vous méritez pour tel péché de faire pénitence pendant cent ans, deux cents ans si vous viviez ; je vous en accorde le pardon. Combien, dont les péchés sont si énormes et si multipliés, que s’ils vivaient 1000 ans, 2000 ans, ils ne seraient pas encore à bout des pénitences qu’ils devraient faire pour effacer entièrement la peine temporelle due à leurs péchés !

Admirez donc la bonté libérale de l’Église, qui nous procure un moyen si sûr et si abondant ; car elle est dépositaire d’un trésor inépuisable, composé des mérites infinis de J. C., des satisfactions surabondantes de la Sainte Vierge, et d’un grand nombre de Saints, d’où les Indulgences tirent leur force, leur vertu et leur efficacité ; et l’Église, usant du pouvoir que J. C., son Chef invisible, lui a donné, en enrichit les Fidèles dans leur besoin. Ainsi, gagnant une Indulgence, nous participons dès-lors aux mérites infinis de J. C., aux satisfactions surabondantes de la Sainte Vierge et des Saints. Ce n’est pas au fond que l’intention de l’Église, en accordant des Indulgences, soit de diminuer les pénitences qu’on peut faire, mais elle a intention de suppléer au défaut de celles qu’on n’est pas en état de pratiquer. Ainsi, quoique je gagne une Indulgence, je ne suis pas pour cela dispensé de faire des pénitences convenables et proportionnées autant qu’il est en mon pouvoir. Ne perdons jamais l’occasion d’en profiter, elles nous entretiendront dans un esprit de ferveur ; elles suppléeront au défaut de pénitence que nous devons, mais que nous ne pouvons faire ; elles abrégeront les peines de l’autre vie.

Pour gagner les Indulgences plénières, il faut (suivant un Décret du 9 Décembre 1765, donné par Clément XIII) se confesser, quand même on ne se sentirait pas coupable d’un péché mortel, à moins qu’on ne soit dans l’usage de se confesser une fois la semaine ; car alors, quand la conscience ne reproche aucune faute mortelle, on peut gagner l’Indulgence sans recourir à son Confesseur. Il faut encore communier, à moins que le Bref de l’Indulgence ne l’exige pas. Il faut enfin remplir les autres conditions, et prier pendant quelque temps pour les fins prescrites par le Souverain Pontife, ou l’Évêque qui accorde l’Indulgence.

Pour satisfaire à ces fins, il suffit généralement de dire cinq Pater et cinq Ave, en se conformant à l’intention de celui qui accorde l’Indulgence.

Pour gagner les Indulgences partielles, c’est-à-dire, de sept ans, de cent ou de quarante jours, il faut également être en état de grâce, et faire ce qui est prescrit pour chacune en particulier.

Toutes ces différentes Indulgences n’ont point été réduites par les Souverains Pontifes Clément XIII et Clément XIV, successeurs des Papes qui les ont accordées.

Avant de commencer les bonnes œuvres ou prières qui sont marquées pour une Indulgence plénière ou partielle, il sera très-bon de les offrir à Dieu en ces termes, ou autres équivalents :

Je vous offre, ô mon Dieu, l’action (ou les prières) que je vais faire pour la gloire de votre Saint Nom, pour l’exaltation de votre Sainte Église, l’extirpation des schismes et des hérésies, la paix entre les Princes chrétiens ; en un mot, pour toutes les intentions de cette même Église. Je vous demande pardon, Seigneur, de tous mes péchés ; daignez me faire miséricorde, je vous en prie au nom du Sang précieux que vous avez répandu pour moi, des mérites de la Sainte Vierge et de tous les Saints. Ainsi soit-il. 5 Pater et 5 Ave pour gagner l’Indulgence plénière.

Indulgence que tout Fidèle peut gagner.

PREMIÈRE PARTIE.

I. Chaque Fidèle qui, après s’être confessé, assiste religieusement à l’Office de la Fête-Dieu, gagne quatre cents jours d’Indulgence pour la Messe ; autant, soit pour Matines, soit pour Vêpres ; cent soixante jours pour chacune des Petites Heures, et la moitié de ces Indulgences, s’il assiste aux mêmes Offices pendant l’Octave ; par conséquent deux cents jours pour la Messe, autant pour Matines ou pour Vêpres, et quatre-vingts jours pour chaque Petites Heures.

II. Ceux qui se saluent, l’un en disant laudetur Jesus Christus, ou loué soit Jésus-Christ ; et l’autre en répondant in soecula, dans tous les siècles, ou semper, toujours, ou amen, ainsi soit-il, gagneront cent jours d’Indulgences, en vertu des Brefs de Sixte IV, et de Benoît XIII. Ces deux Pontifes ont de plus accordé l’Indulgence plénière, pour l’article de la mort, à ceux qui auraient coutume de se saluer ainsi, pourvu que dans ces derniers moments ils invoquent et prononcent de cœur, s’ils ne le peuvent pas de bouche, ces noms sacrés de Jésus et de Marie ; enfin, ces deux Papes ont accordé les mêmes Indulgences, non seulement aux Prédicateurs, mais aux simples Fidèles qui introduiront cette pratique.

III. Le même Sixte IV a accordé trois cents jours d’Indulgences à ceux qui récitent dévotement les Litanies de Jésus, et deux cents à ceux qui disent celles de la Sainte Vierge.

IV. Ceux qui tous les vendredis récitent cinq fois le Pater et l’Ave, vers les trois heures après midi, pour demander à Dieu, outre les fins ordinaires, la conversion des Pécheurs, à peu près dans le temps où le Sauveur du monde est mort pour nous, gagnent une Indulgence de cent jours, que Benoît XIV attacha à cette sainte pratique, dès la première année de son Pontificat.

V. Innocent XII a accordé sept années et sept quarantaines d’Indulgence à ceux qui, un cierge ou un flambeau à la main, accompagnent le Saint Sacrement, lorsqu’on le porte aux malades ; trois années et trois quarantaines à ceux qui le font porter, ne pouvant le porter eux-mêmes, cinq années et cinq quarantaines à ceux qui l’accompagnent sans porter de lumières.

VI. Indulgences accordées à ceux et celles qui récitent de bouche et de coeur les Actes de Foi, d’Espérance et de Charité.

Le Pape Benoît XIV, considérant combien les Actes des trois Vertus Théologales sont nécessaires au salut, confirme par son décret du 28 Janvier 1756, la Bulle du Pape Benoît XII, du 15 Janvier 1728, par laquelle il accorde à tous les fidèles de l’un et de l’autre sexe, qui réciteront de bouche et de cœur, tous les jours, pendant le mois, les Actes de Foi, d’Espérance et de Charité ;

I°. Une Indulgence plénière qu’ils pourront gagner une fois le mois et le jour qu’ils choisiront, auquel s’étant confessé et ayant communié, ils prieront dévotement pour la concorde entre les Princes Chrétiens, pour l’extirpation de l’hérésie , pour l’exaltation de l’Église notre Sainte Mère. (Pour remplir l’intention du Souverain Pontife, il suffit de dire cinq Pater et cinq Ave.) Laquelle Indulgence ils pourront appliquer aux morts.

2°. Une Indulgence plénière à l’article de la mort.

3°. Une Indulgence de sept ans et sept quarantaines qu’ils pourront gagner une fois chaque jour, et qu’ils pourront appliquer aux morts. Le Pape Benoît XIV ajoute que l’on pourra gagner cette Indulgence de sept ans et de sept quarantaines, autant de fois chaque jour que l’on récitera les susdits actes, et que l’on pourra les appliquer aux morts.

Actes de Vertus Théologales, insérés dans la Bulle de Benoît XIV.

ACTE DE FOI.

Mon Dieu, je crois en vous, et tout ce que croit et enseigne votre Sainte Église ; je le crois, parce que c’est vous, ô mon Dieu, qui l’avez dit et révélé, et que vous êtes la souveraine vérité qui ne pouvez vous tromper, ni nous tromper.

ACTE D’ESPÉRANCE.

Mon Dieu, j’espère en vous, et mon salut éternel avec les grâces et les secours nécessaires pour y arriver ; je l’espère par les mérites de Jésus-Christ mon Sauveur, parce que vos miséricordes sont infinies, et que vous êtes fidèle à vos promesses.

ACTE DE CHARITÉ.

Mon Dieu, je vous aime de tout mon cœur, et par-dessus toutes choses, parce que vous êtes infiniment bon et infiniment aimable ; j’aime mon prochain comme moi-même, pour l’amour de vous, et parce que vous me le commandez.

Le Pape Benoît XIV fait remarquer que toutes ces Indulgences ne sont point attachées à une certaine formule, mais qu’on pourra se servir de celle que l’on voudra, pourvu que les motifs particuliers à chaque vertu y soient exprimés.

VII.Indulgences accordées à ceux ou celles qui récitent l’Angelus au son de la Cloche.

On nous avertit le matin, à midi et le soir, de réciter l’Angelus, pour remercier Dieu du bienfait de l’Incarnation, et pour invoquer la Sainte Vierge qui a eu tant de part à ce grand Mystère.

Le Pape Benoît XIII, a accordé par un Bref de 1724,

I. Cent jours d’Indulgence à tous ceux qui, le matin ou à midi, ou le soir, récitent dévotement, et à genoux, cette prière, au son de la cloche.

2. Une Indulgence plénière une fois le mois, en tel jour que l’on voudra choisir, pourvu que l’on se soit confessé, et qu’on ait communié en ce jour là, et qu’on prie pour la concorde entre les Princes, pour l’extirpation des hérésies, et pour l’exaltation de l’Église, notre Sainte Mère. Pour remplir l’intention du Souverain Pontife, il suffit dire cinq Pater et cinq Ave.

Le Pape Benoît XIV, en confirmant la même Indulgence, le 20 Avril 1742, a marqué que :

I. L’Angelus se dirait debout depuis les premiers Vêpres du Samedi, jusqu’au soir du Dimanche suivant.

2. Que pendant le temps Pascal on pourra réciter en la place de l’Angelus, le Regina coeli, avec le Verset et l’Oraison Deus qui per resurrectionem, &c.

3. Ceux qui ne savent pas le Regina coeli, diront l’Angelus à l’ordinaire, les uns et les autres debout.

4. Ceux qui ne savent ni l’un ni l’autre, diront une fois le Pater et l’Ave.

VIII. Indulgences accordées à ceux qui sont dans l’usage de faire l’Oraison;

La pratique de l’Oraison et de la Méditation a toujours été regardée comme le plus puissant moyen de se soutenir dans la vraie piété, et de revenir de ses égarements passés. Sans esprit d’Oraison, point d’esprit intérieur : sans esprit intérieur, qu’est-ce qu’un Chrétien ? C’est un airain sonnant, c’est une cymbale retentissante, c’est un vaisseau vide qui fait beaucoup de bruit, et qui ne produit rien ; c’est pourquoi les Souverains Pontifes, pénétrés des grands avantages de l’Oraison, et des grands maux qui suivent le défaut d’Oraison, ont encouragé les Fidèles à une si sainte pratique, accordant d’amples Indulgences à toutes les personnes qui s’y appliqueraient.

Le Pape Benoît XIV, ce grand Prince, qui dans l’espace de dix-sept ans, a gouverné l’Église avec tant de dignité, ce grand Pape, par sa Bulle donnée à Rome, à Ste.-Marie-Majeure, sous l’Anneau du Pêcheur, la sixième année de son Pontificat, le 16 Décembre 1746 ; Bulle adressée à tous les Primats, Patriarches, Archevêques et Évêques de l’Univers Chrétien. Le Pape s’exprime en ces termes :

Nos vénérables Frères, Salut et Bénédiction, &c.

I. Nous remettons, dans la forme ordinaire de l’Église, à tous et à chacun de ceux qui, dans les Églises, enseigneront en public ou en particulier la manière de méditer, de faire oraison de quelque façon que ce soit, aux personnes qui l’ignorent, comme à tous et à chacun de ceux qui assisteront à ces prières et instructions, sept années d’Indulgence et sept quarantaines, autant de fois que, dans un esprit de pénitence, il communieront et prieront pour l’union entre les Princes Chrétiens, pour l’extirpation des hérésies.

2. Nous accordons encore miséricordieusement en notre Seigneur, une fois chaque mois, Indulgence plénière à ceux et à celles qui, pendant un mois, feront tous les jours une demi-heure, ou au moins un quart d’heure, l’Oraison mentale, sans interruption ; qui, s’étant confessés, feront les prières, suivant l’intention du Souverain Pontife, laquelle Indulgence ils pourront aussi appliquer, par forme de suffrage, aux âmes des Fidèles trépassés.

DEUXIÈME PARTIE.

Indulgences accordées aux Chapelets ou Rosaires nommés Brigittains, bénis par le Souverain Pontife, ou par celui à qui il en a accordé le pouvoir.

INSTRUCTION PRÉLIMINAIRE.

HENRY VIII, Roi d’Angleterre, accablé par les différents troubles excités dans son royaume, chargea les Religieux de St.-Sauveur, dits de Ste.-Brigitte, qui vivaient en grande odeur de Sainteté, de faire des Prières extraordinaires pour obtenir du Dieu, par l’intercession de la Sainte Vierge, la paix et la tranquillité du royaume. Henry, reconnaissant de la signalée faveur qu’il croyait devoir aux Prières ferventes de ces Saints Religieux, voulut leur témoigner combien il y était sensible. Il leur demanda quelle preuve ils exigeaient de sa libéralité. Ces Saints Religieux, plus avides des biens spirituels que des biens temporels, supplièrent le Roi d’obtenir du Souverain Pontife la permission, primative à leur ordre, de bénir les Chapelets et Dizaines, avec l’application de quelques Indulgences. Le Pape Alexandre VI, à la prière du Roi, accorda à tous les Prieurs de l’Ordre de Saint-Sauveur, dits de Sainte-Brigitte, de bénir les Chapelets et Dizaines, en y appliquant les Indulgences suivantes :

Savoir : qu’on gagnerait cinq cents jours d’Indulgence, toutes les fois qu’on dira un Ave Maria sur chaque grain. Cette Bulle fut donnée en 1500.

Le Pape Léon X, par sa Bulle du 10 Juillet 1515, a réduit à cent jours d’Indulgence sur chaque Oraison Dominicale, sur chaque Salutation Angélique, sur chaque Symbole des Apôtres qu’on réciterait.

Outre l’Indulgence susdite de cent jours, le même Pape accorde l’Indulgence de sept années et de sept quarantaines à quiconque récitera le Rosaire entier de quinze dizaines, lorsqu’il est béni.

Il accorde encore la même Indulgence de sept ans et de sept quarantaines à ceux qui réciteront ensemble le même Rosaire ou Chapelet, comme si chacun avait récité ledit Chapelet en particulier et seul. Cette Bulle à perpétuité de Léon X, est conservée dans la maison des Pères Brigittains, à Cologne.

Le Pape Alexandre VII a fortifié et ratifié la même Bulle. Le pape Clément XI a confirmé la Bulle de Léon X en 1703.

Dans la suite, le Pape Innocent XI ayant encore réduit plusieurs Indulgences, on s’imagina que celle des Pères Brigittains n’avait plus de force ; les Pères de cet Ordre s’adressèrent à la sacrée Congrégation des Indulgences ; ils obtinrent un Décret de confirmation l’an 1595.

I. Pour gagner cette Indulgence, il faut avoir un Chapelet de cinq à six dizaines : il doit être béni par un Prieur de l’Ordre des Brigittains.

2. Il faut réciter les trois premiers Chapelets, suivant les intentions de notre Saint Père le Pape. Le premier pour le Pape, le second pour l’Église, le troisième pour celui qui l’a béni. Ensuite de quoi on gagne toutes les Indulgences applicables pour soi-même ou pour les âmes du Purgatoire, et non pour les vivants.

3. Il faut avoir le Chapelet entre les doigts, et tenir un des grains pour gagner l’Indulgence ; car le porter dans sa poche, sans le toucher, on ne gagnerait pas l’Indulgence.

4. On ne peut vendre ce Chapelet, il perdrait ses Indulgences. On ne peut en mourant le donner à d’autres, se réservant quelques Indulgences pour le repos de son âme ; et celui à qui on le laisse est obligé de dire les trois premiers Chapelets comme ci-dessus, avant de pouvoir gagner les Indulgences.

5. Si on perd un grain de son Chapelet, ledit Chapelet a toujours le même privilège ; il faudrait qu’on perdît la moitié dudit Chapelet, pour en être privé ; mais les grains qu’on remplace, s’ils ne sont bénis, n’ont pas d’Indulgence.

6. On peut se servir de deux Chapelets Brigittains, un à la maison, l’autre à l’Église, pourvu qu’on récite sur chacun les trois premiers Chapelets, comme ci-dessus.

Il y a en France, au Diocèse de Senlis, le Couvent de Saint-Sulpice-du-Désert, possédé par les Religieux de l’Ordre du Sauveur, dits de Sainte-Brigitte.

(Les Missionnaires de Saint-Laurent-sur-Sèvre, en Poitou, Diocèse de la Rochelle, ont obtenu du Pape Benoît XIII, par un Bref à perpétuité, donné le 20 Octobre 1728, la permission de bénir, pendant le cours de leur mission, les Chapelets-Brigittains.) Le motif sur lequel se fonde le Souverain Pontife, c’est qu’ils s’efforcent de soutenir et d’étendre partout la dévotion du St.-Rosaire. Ce Bref a été certifié véritable par les Sieurs Dauphin et Joseph Arot, banquiers expéditionnaires en Cour de Rome, à Rennes, le 12 Novembre 1729.
Indulgences accordées par le Pape Clément XI aux Couronnes ou Rosaires Brigittains.

Quiconque récitera ledit Chapelet, au moins de cinq dizaines chaque jour, pendant un an entier, choisira un jour au moins dans l’année, ayant un véritable regret de ses péchés, s’étant confessé et communié, priera pour la paix entre les Princes Chrétiens, pour l’extirpation des hérésies, et pour l’exaltation de l’Église, notre Sainte Mère, gagnera l’Indulgence plénière de tous ses péchés, avec le pouvoir de l’appliquer aux âmes des Fidèles trépassés. Clément XI, 22 Septembre 1714.
Indulgences accordées par le Pape Benoît XIV, aux mêmes Couronnes ou Rosaires Brigittains.

Celui qui aura coutume de réciter ledit Chapelet, au moins de cinq dizaines une fois la semaine, et s’étant confessé, et ayant communié le jour de la fête de Ste. Brigitte, visitera l’Église de sa Paroisse ou une autre Église, y priera Dieu, comme à l’article précédent, gagnera l’indulgence plénière de tous ses péchés.

2. Quiconque, à l’article de la mort, recommandera son âme à Dieu, étant confessé et ayant communié, ou s’il ne peut le faire, étant au moins contrit, dira Jésus au fond de son cœur, ne pouvant le dire de bouche, gagnera l’Indulgence plénière de tous ses péchés.

3. Celui qui aura coutume de réciter ledit Chapelet chaque jour, pendant un mois de suite, et étant confessé et ayant communié le jour qu’il aura choisi dans l’espace de ce mois, visitera une Église, et y priera Dieu comme ci-dessus, gagnera l’Indulgence plénière de tous ses péchés.

4. Quiconque, portant sur soi ledit Chapelet, priera à genoux, au son de la cloche, pour quelque agonisant, gagnera chaque fois l’Indulgence de quarante jours.

5. Quiconque ayant chez soi ledit Chapelet, et se repentant de ses péchés, fera l’examen de sa conscience et dira trois fois le Pater et l’Ave, gagnera l’Indulgence de vingt jours.

6. Celui qui, tenant le même Chapelet, assistera les jours de Fêtes ou les jours ouvriers à la Ste. Messe, ou entendra la parole de Dieu, ou accompagnera le Saint Viatique, quand on le porte aux malades, ou ramènera quelque pécheur dans la voie du salut, ou fera quel qu’autre œuvre pieuse en l’honneur de Notre-Seigneur Jésus-Christ, ou de la bienheureuse Vierge Marie, ou de Sainte Brigitte, et récitera trois Pater et trois Ave, gagnera l’Indulgence de cent jours.

7. Chacun peut gagner toutes ces Indulgences pour soi, ou les appliquer par manière de suffrage aux âmes du Purgatoire. (Benoît XIV, du 20 Mars 1742). La sacrée Congrégation des Indulgences et saintes Reliques, renouvelant le Décret du 26 Novembre 1714, défend à tous en général, et à chacun en particulier, de vendre ces Chapelets ou Rosaires, parce qu’ils sont bénis, ni de les prêter même sans déterminer de temps. Si on le fait, ils perdront les Indulgences qui y étaient attachées. Toutefois, par un autre Décret Apostolique, du 18 Février 1745, ces Indulgences auront leur valeur pour celui qui a prêté le Chapelet, et non pour celui qui l’a emprunté ; et que si l’on vient à perdre quelqu’un de ces Chapelets, on n’en puisse substituer d’autres à leur place, qu’ils n’oient été auparavant bénis par les susdits Pères, ou autres Prêtres qui en ont reçu le pouvoir.

Tout ceci est traduit de l’Italien, imprimé à Rome, l’an 1743, avec la permission de la sacrée Congrégation des Indulgences.
Indulgences Plénières.

I. A l’article de la mort, si, étant confessé et ayant communié, et dans le cas qu’on ne le puisse faire, si, étant vraiment contrit, on recommande son âme à Dieu, et si on invoque, sinon de bouche, au moins dans son cœur, le Saint Nom de Jésus.

2. Chaque année, aux Fêtes de Noël, des Rois, de Pâques, de l’Ascension, de la Pentecôte, de la Sainte Trinité, de la Fête Dieu, de la Purification de l’Annonciation, de l’Assomption, de la Nativité de la Sainte Vierge, de la Nativité de Saint Jean-Baptiste, des Saints Apôtres Pierre et Paul, André, Jacques, Jean, Thomas, Philippe, Jacques, Barthelemi, Matthieu, Simon, Jude, Matthias, Joseph, et le jour de la Fête de tous les Saints, pourvu que, répétant de ses péchés, on se confesse, on communie, et qu’on récite cinq Pater et cinq Ave, suivant les intentions de notre Saint Père le Pape.
Indulgences de plusieurs années.

I. Qui fera les mêmes choses aux autres Fêtes de Notre-Seigneur et de Notre-Dame, sept ans et sept quarantaines.

2. Les Dimanches et Fêtes de l’année, cinq ans et cinq quarantaines.

3. Aux jours ouvriers, cent jours.
Indulgences pour plusieurs jours.

I. Qui enseignera la Doctrine chrétienne, ou le Catéchisme à l’Église, à la maison, à ses parents, à ses domestiques, deux cents jours.

2. Qui visitera les prisonniers ou les malades dans les Hôpitaux et ailleurs, s’employant avec piété à leur soulagement spirituel et corporel, deux cents jours.

3. Qui, au son pour les morts, dira le De profundis, cent jours.

4. Qui, le vendredi, pensera dévotement à la Passion et à la Mort de Jésus-Christ, disant trois Pater et Ave, cent jours.

5. Qui, ayant un vrai repentir de ses péchés, avec un ferme propos de s’en corriger, fera l’examen de sa conscience, et dira avec dévotion trois Pater et trois Ave, ou qui fera les mêmes prières en l’honneur de la Sainte Trinité, ou cinq Pater et cinq Ave en l’honneur des cinq plaies de Notre-Seigneur Jésus-Christ, cent jours.

6. Qui priera dévotement pour les Agonisants, disant au moins un Pater et un Ave, cinquante jours.

7. Qui se préparera à dire la sainte Messe, ou à recevoir la Sainte Communion, ou à réciter l’Office divin, ou celui de la Sainte Vierge, cinquante jours.
Conditions requises pour gagner toutes ces Indulgences, que N. S. Père le Pape accorde aux Chapelets, Rosaires, Croix et Médailles bénis par sa Sainteté, ou par ceux à qui elle en a donné le pouvoir.

I. Il faut que ces Médailles soient d’or, d’argent, de cuivre ou d’autre pareil métal : point d’étain, de plomb, de matière fragile.

2. Qu’elles soient seulement des Saints canonisés ou insérés au Martyrologue Romain.

3. Que ces Médailles, aussi bien que les Croix ou Chapelets, ne passent pas la personne de ceux à qui elles auront été accordées ou par eux distribuées la première fois.

4. Qu’on ne les puisse donner à d’autres, ni donner, ni prêter, ni leur en substituer d’autres, si on vient à les perdre.

5. Il faut porter sur soi les Chapelets et Médailles portatives ; mais on peut garder dans sa chambre ou autre lieu décent de sa maison, les Croix, Crucifix et autres images d’Indulgences, en faisant devant elles les Prières prescrites.

6. S’il vient à manquer quelque chose à ces Médailles, les Indulgences cessent.

7. On ne peut avec une de ces Médailles, faire gagner en mourant l’Indulgence plénière.

8. On ne peut, par des Messes dites à un Autel où il y aura de ces Crucifix, gagner l’Indulgence.

9. On peut gagner ces Indulgences pour soi, et les appliquer aux âmes du Purgatoire.

10. Il n’est pas nécessaire de dire le Chapelet tout entier ; il suffit d’en dire la moitié au moins, ou ce que l’on pourra ; on gagne toujours sur le Credo, Pater et Ave, cent jours d’Indulgence sur chaque grain.

11. Ceux qui sont dans la Confrérie du Rosaire, ou qui sont obligés par pénitence de le réciter, satisfont à leur obligation, et gagnent l’Indulgence.

12. Les Croix, Médailles et Chapelets ne peuvent servir à faire gagner les Indulgences à autres personnes qu’à celles à qui ils ont été concédés pour la première fois.

Tout ceci est extrait du Formulaire des Indulgences, imprimé à Rome, l’an 1758.

PRIÈRE DE SAINT BERNARD

A LA TRÈS-SAINTE VIERGE.

Memorare, ô piissima Virgo Maria, non esse auditum à saeculo, quemquam ad tua currentem praesidia, tua implorantem auxilia, tua petentem suffragia, esse derelictum. Ego tali animatus confidentiâ, ad te Virgo, Virginum Mater, curro, ad te venio, coram te gemens peccator assisto ; noli, Mater Verbi, verba mea despicere, sed audi propitia et exaudi. Amen.

Monstra te esse Matrem, Qui pro nobis natus,
Sumat per te preces, Tulit esse tuus.
La même Prière en français.

Souvenez-vous, ô très-pieuse Vierge Marie, qu’on n’a jamais ouï dire qu’aucun de ceux qui ont eu recours à votre protection, imploré votre secours, et demandé vos suffrages, ait été abandonné. Animé d’une pareille confiance, ô Vierge, Mère des Vierges, je cours et viens à vous, et gémissant sous le poids de mes péchés, je me prosterne à vos pieds O Mère du Verbe, ne méprisez pas mes prières ; mais écoutez-les favorablement, et daignez les exaucer.

Faites voir que vous êtes notre Mère, et que celui qui, pour nous sauver, a bien voulu naître de vous, reçoive par vous nos prières.

Sileat misericordiam tuam, Virgo beata, si quis est qui invocatam te in necessitatibus suis, sibi meminerit defuisse. S. Bernard.
_________________________

L’Éminente sainteté de Marie, sa dignité de Mère de Dieu, la gloire dont elle jouit, le pouvoir qu’elle a reçu sur la terre et dans le Ciel, la tendresse qu’elle a pour tous les hommes, qu’elle regarde comme ses enfants, toutes ces qualités doivent inspirer à tous les Fidèles une vive et affectueuse dévotion pour elle. On ne peut trop les exhorter à lui adresser souvent la prière composée par S. Bernard. On peut assurer que depuis qu’elle est établie dans l’Église, elle a eu les plus heureux succès. Ce fut par elle que Saint François de Sales, fatigué depuis un mois par une cruelle idée de réprobation, recouvra dans un moment la paix que des torrents de larmes n’avoient pu lui procurer. Ce fut par elle que M. Bernard, si célèbre par sa tendresse pour les prisonniers, eut le bonheur de convertir un malheureux qui, condamné au supplice de la roue, ne voulait pas entendre parler de Dieu, ni des tourments qu’il prépare aux endurcis.

MARIA, ô nomen sub quod nemini desperandum ! S. Aug.

MARIE, ô Nom sous lequel personne ne doit désespérer.

Les indulgences

1471 La doctrine et la pratique des indulgences dans l’Église sont étroitement liées aux effets du sacrement de Pénitence.

Qu’est-ce que l’indulgence ?

«L’indulgence est la rémission devant Dieu de la peine temporelle due pour les péchés dont la faute est déjà effacée, rémission que le fidèle bien disposé obtient à certaines conditions déterminées, par l’action de l’Église, laquelle, en tant que dispensatrice de la rédemption, distribue et applique par son autorité le trésor des satisfactions du Christ et des saints «(Paul VI, const. ap. «Indulgentiarum doctrina», Norme 1).

«L’indulgence est partielle ou plénière, selon qu’elle libère partiellement ou totalement de la peine temporelle due pour le péché «(ibid, Norme 2). «Tout fidèle peut gagner des indulgences pour soi-même ou les appliquer aux défunts «(⇒ CIC, can. 994).

Les peines du péché

1472 Pour comprendre cette doctrine et cette pratique de l’Église il faut voir que le péché a une double conséquence. Le péché grave nous prive de la communion avec Dieu, et par là il nous rend incapables de la vie éternelle, dont la privation s’appelle la «peine éternelle «du péché. D’autre part, tout péché, même véniel, entraîne un attachement malsain aux créatures, qui a besoin de purification, soit ici-bas, soit après la mort, dans l’état qu’on appelle Purgatoire. Cette purification libère de ce qu’on appelle la «peine temporelle «du péché. Ces deux peines ne doivent pas être conçues comme une espèce de vengeance, infligée par Dieu de l’extérieur, mais bien comme découlant de la nature même du péché. Une conversion qui procède d’une fervente charité, peut arriver à la totale purification du pécheur, de sorte qu’aucune peine ne subsisterait (cf. Cc. Trente : DS 1712-1713 ; 1820).

1473 Le pardon du péché et la restauration de la communion avec Dieu entraînent la remise des peines éternelles du péché. Mais des peines temporelles du péché demeurent. Le chrétien doit s’efforcer, en supportant patiemment les souffrances et les épreuves de toutes sortes et, le jour venu, en faisant sereinement face à la mort, d’accepter comme une grâce ces peines temporelles du péché ; il doit s’appliquer, par les œuvres de miséricorde et de charité, ainsi que par la prière et les différentes pratiques de la pénitence, à se dépouiller complètement du «vieil homme «et à revêtir «l’homme nouveau «(cf. Ep 4, 24).

Dans la communion des saints

1474 Le chrétien qui cherche à se purifier de son péché et à se sanctifier avec l’aide de la grâce de Dieu ne se trouve pas seul. «La vie de chacun des enfants de Dieu se trouve liée d’une façon admirable, dans le Christ et par le Christ, avec la vie de tous les autres frères chrétiens, dans l’unité surnaturelle du Corps mystique du Christ, comme dans une personne mystique «(Paul VI, const. ap. «Indulgentiarum doctrina «5).

1475 Dans la communion des saints «il existe donc entre les fidèles – ceux qui sont en possession de la patrie céleste, ceux qui ont été admis à expier au purgatoire ou ceux qui sont encore en pèlerinage sur la terre – un constant lien d’amour et un abondant échange de tous biens «(ibid.). Dans cet échange admirable, la sainteté de l’un profite aux autres, bien au-delà du dommage que le péché de l’un a pu causer aux autres. Ainsi, le recours à la communion des saints permet au pécheur contrit d’être plus tôt et plus efficacement purifié des peines du péché.

1476 Ces biens spirituels de la communion des saints, nous les appelons aussi le trésor de l’Église, «qui n’est pas une somme de biens, ainsi qu’il en est des richesses matérielles accumulées au cours des siècles, mais qui est le prix infini et inépuisable qu’ont auprès de Dieu les expiations et les mérites du Christ Notre Seigneur, offerts pour que l’humanité soit libérée du péché et parvienne à la communion avec le Père. C’est dans le Christ, notre Rédempteur, que se trouvent en abondance les satisfactions et les mérites de sa rédemption (cf. He 7, 23-25 ; 9, 11-28)».

1477 «Appartiennent également à ce trésor le prix vraiment immense, incommensurable et toujours nouveau qu’ont auprès de Dieu les prières et les bonnes œuvres de la bienheureuse Vierge Marie et de tous les saints qui se sont sanctifiés par la grâce du Christ, en marchant sur ses traces, et ont accompli une œuvre agréable au Père, de sorte qu’en travaillant à leur propre salut, ils ont coopéré également au salut de leurs frères dans l’unité du Corps mystique «(Paul VI, const. ap. «Indulgentiarum doctrina «5).

Obtenir l’indulgence de Dieu par l’Église

1478 L’indulgence s’obtient par l’Église qui, en vertu du pouvoir de lier et de délier qui lui a été accordé par le Christ Jésus, intervient en faveur d’un chrétien et lui ouvre le trésor des mérites du Christ et des saints pour obtenir du Père des miséricordes la remise des peines temporelles dues pour ses péchés. C’est ainsi que l’Église ne veut pas seulement venir en aide à ce chrétien, mais aussi l’inciter à des œuvres de piété, de pénitence et de charité (cf. Paul VI, loc. cit. 8 ; Cc. Trente : DS 1835).

1479 Puisque les fidèles défunts en voie de purification sont aussi membres de la même communion des saints, nous pouvons les aider entre autres en obtenant pour eux des indulgences, de sorte qu’ils soient acquittés des peines temporelles dues pour leurs péchés.

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