Présentation de Jésus au Temple – La vertu de Syméon et la prophétie d’Anne.

Jésus dit:

« Deux enseignements, qui conviennent à tous, se dégagent de la description que tu as donnée.

En voici le premier: ce n’est pas au prêtre, plongé dans les rites, et avec l’esprit absent, mais à un simple fidèle que se dévoile la vérité.

Le prêtre toujours en relation avec la Divinité, appliqué au soin de tout ce qui se rapporte à Dieu, consacré à tout ce qu’il y a de plus élevé pour un être de chair, aurait dû voir tout de suite quel était le petit Enfant qu’on venait offrir au Temple ce matin-là. Mais pour qu’il pût le voir il lui aurait fallu un esprit vivant. Pas uniquement l’habit qui recouvrait un esprit sinon mort, du moins endormi.

S’il le veut, L’Esprit de Dieu peut tonner et secouer comme la foudre et le tremblement de terre même l’esprit le plus fermé. Il le peut. Mais généralement comme Il est Esprit d’ordre comme est Ordre Dieu en toutes ses Personnes et en sa manière d’agir, Il se répand et parle, je ne dis pas là où il rencontre un mérite suffisant pour recevoir son effusion – car alors il y en aurait bien peu qui auraient cette grâce et toi non plus ne jouirais pas de ses lumières – mais là où Il voit une suffisante « bonne volonté » pour attirer cette effusion.

Comment déploie-t-on cette bonne volonté? Par une vie qui, dans la mesure du possible, vient toute de Dieu. Dans la foi, l’obéissance, la pureté, la charité, la générosité, la prière. Pas dans les pratiques extérieures: dans la prière. Il y a moins de différence entre la nuit et le jour qu’entre les pratiques et la prière. La prière c’est une communion d’esprit avec Dieu d’où on sort revigoré et décidé à être toujours plus de Dieu. La pratique extérieure est une habitude quelconque avec des buts divers mais toujours égoïstes. Elle vous laisse comme vous êtes ou même avec en plus un péché de mensonge et de paresse.

Syméon avait cette bonne volonté. La vie ne lui avait pas épargné les angoisses et les épreuves. Mais il n’avait pas perdu sa bonne volonté. Les vicissitudes des années n’avaient pas entamé ni ébranlé la foi qu’il avait dans le Seigneur, dans ses promesses et n’avaient pas interrompu sa bonne volonté d’être toujours plus digne de Dieu. Et Dieu, avant que les yeux de son serviteur fidèle ne se ferment à la lumière du soleil, en attendant de s’ouvrir au Soleil de Dieu, rayonnant des Cieux ouverts à mon ascension après le Martyre, Dieu lui envoya un rayon de son Esprit qui le dirigea vers le Temple pour voir la Lumière même, venue au monde.

« Poussé par l’Esprit-Saint » dit l’Évangile (Luc 2, 27.). Oh! si les hommes savaient quel Ami parfait est l’Esprit-Saint! Quel Guide! Quel Maître! S’ils l’aimaient et l’invoquaient cet Amour de la Très Sainte Trinité, cette Lumière de la Lumière, ce Feu du Feu, cette Intelligence, cette Sagesse! Combien ils seraient plus instruits de ce qu’il est nécessaire de savoir!

Vois, Maria, voyez, mes enfants. Syméon a attendu toute une longue vie avant de « voir la Lumière », avant de savoir accomplie la promesse de Dieu. Mais il n’a jamais douté. Il ne s’est jamais dit: « C’est inutile que je persévère dans l’espérance et la prière ». Il a persévéré. Il a obtenu de « voir » ce que ne voient pas le prêtre et les membres du Sanhédrin orgueilleux et aveuglés: le Fils de Dieu, le Messie, le Sauveur, en ce corps d’enfant qui lui donnait tiédeur et sourires. Il a eu le sourire de Dieu, première récompense de sa vie honnête et pieuse, à travers mes lèvres de Bébé.

– Deuxième enseignement: les paroles d’Anne. Elle aussi prophétesse voit en Moi, Nouveau-Né, le Messie. Et cela, étant donné son don prophétique, lui est naturel. Mais, écoute, écoutez ce que, poussée par la foi et la charité, elle dit à ma Mère. Faites-en une lumière pour votre esprit qui tremble en ce temps de ténèbres, en cette Fête de la Lumière.

« À qui a donné un Sauveur ne fera pas défaut le pouvoir de donner son ange pour essuyer tes larmes, vos larmes ». Pensez que Dieu s’est donné Lui-même pour anéantir l’œuvre de Satan dans les esprits. Ne pourra-t-Il pas vaincre maintenant les satans qui vous torturent? Ne pourra-t-Il pas essuyer vos pleurs en mettant en fuite ces satans et en rendant la paix de son Christ? Pourquoi ne le Lui demandez-vous pas avec foi? Une foi vraie, irrésistible devant laquelle la rigueur de Dieu, indigné par vos fautes si nombreuses, tombe avec un sourire, tandis que le pardon arrive apportant l’aide qui en est sa conséquence et sa bénédiction qui est l’arc-en-ciel au-dessus de cette terre submergée par un déluge de sang voulu par vous-mêmes?

Réfléchissez: le Père, après avoir puni les hommes par le Déluge, se dit à Lui-Même et à son Patriarche: « Je ne maudirai plus la terre à cause des hommes parce que les sentiments et les pensées du cœur humain sont inclinés vers le mal dès l’adolescence. Je ne punirai plus tout être vivant comme je l’ai fait » (Genèse 9,9-15Promesse de Dieu à Noé sorti du déluge.). Et il est resté fidèle à sa parole, Il n’a plus envoyé de déluge. Mais vous, combien de fois vous êtes-vous dit et avez-vous dit à Dieu: « Si nous nous sauvons, cette fois, si Tu nous sauves, nous ne ferons plus jamais de guerres, jamais plus » et puis n’en avez-vous pas toujours fait de plus terribles? Combien de fois, menteurs, et sans respect pour le Seigneur et pour votre parole? Et pourtant Dieu vous aiderait, encore une fois, si la grande masse des fidèles l’appelait avec une foi et un amour irrésistibles.

Vous tous, qui trop peu nombreux pour contrebalancer la foule de ceux qui maintiennent toute vive la rigueur de Dieu, restez cependant dévoués à Dieu en dépit des menaces terribles de l’heure présente suspendues sur les têtes et qui croissent d’un instant à l’autre. Mettez votre angoisse aux pieds de Dieu. Lui saura vous envoyer son ange, comme il a envoyé le Sauveur au monde. Ne craignez pas. Restez unis à la Croix. Elle a toujours triomphé des embûches du démon qui par la férocité des hommes et les tristesses de la vie cherche à incliner au désespoir – c’est-à-dire à la séparation d’avec Dieu – les cœurs qu’il ne peut gagner d’une autre manière ».

Source